Archive for November, 2007

Là bas si j’y suis, émission de Daniel Mermet diffusée sur France Inter en semaine à partir de 15 heures s’intéressait jeudi et vendredi à la question des centres de rétention, avec un reportage en deux parties de Pascale Pascariello intitulé “Eloignement forcé”.

Mardi 20 novembre

« Libérez Kebe, et tous les sans papiers ». Le cri du cœur vient des abords du palais de Justice. Au départ scandé par une trentaine de militants, il est ensuite repris par le camion d’un des principaux syndicats, lors de son passage devant l’édifice. Alors que le cortège des enseignants, cheminots et des autres salariés en grève défile, les militants en faveur du droit des sans papiers lancent des slogans, tractent et hissent les banderoles. « Pour moi toutes les revendications d’aujourd’hui sont liées », explique Maryse, du comité de soutien pour Kebe Talibe et du collectif de soutien aux sans papiers. « Ils sont une main d’ oeuvre exploitée, bon marché. Ce problème fait partie des revendications salariales ». Sabrina, elle, est venue ce matin, à l’origine pour soutenir la grève de l’enseignement public. Mais la jeune femme de 28 ans « tenait à être là aussi pour les sans papiers », une population que l’on doit « encore plus soutenir », selon elle. Pour Sabrina, c’est une dérive de plus de la politique du gouvernement actuel. Pour Maryse, le problème est ancien déjà : « Depuis des décennies, les populations sont matraquées d’informations sur les politiques d’immigration restrictives, alors nous, on essaye de lutter ».

Ils sont venus pour Kebe Talibe, mais aussi pour tous les autres, ceux dont le cas est peu ou pas médiatisé. « Kebe est devenu un symbole, parce qu’il est lui même à la tête d’un collectif de sans-papiers. Mais tous les jours, des anonymes sont arrêtés ou placés en rétention », tient à rappeler François.

« Prêts à mourir pour survivre, c’est là le paradoxe »

Pour Maryse, la condition des sans-papiers en France révèle une atteinte grave aux Droits de l’homme. « C’est la liberté de circulation qui est touchée » estime François. « Je trouve ahurissant que les multinationales occidentales pillent les richesses des pays en voie
de développement et empêchent les personnes de ces pays de venir chercher du travail ici »
ajoute-t-il. Puis il lance : « Quand on voit que ces personnes sont prêtes à mourir pour survivre, c’est là le paradoxe, et qu’après on voit comment elles sont traitées une fois ici… ». Ce « partisan de la cause, selon ses propres mots, évoque alors son histoire personnelle : « Après mes études, j’ai dû quitter ma région, très rurale, parce qu’il n’y avait pas de travail pour moi là bas. Et la situation est la même, que l’on vienne d’Afrique, d’Amérique du Sud ou du Cantal. Pourquoi faire une différence ? ».

Marie Bolinches

Talibé Kébé était un militant acitf pour le droit des sans papiers

Retour au centre de rétention administrative de Bordeaux pour Talibé Kébé.

Mercredi 31 octobre, il était arrêté par la police devant la gare Bordeaux Saint Jean, alors qu’il venait de rendre visite à sa famille. Cet Ivoirien, lui même sans papier, présidait le collectif pour le droit des sans papiers de Montreuil (93).

Arrivé en France en 2003, Talibé Kébé avait fait une première demande d’asile qui avait été rejetée. Sa deuxième demande d’asile politique auprès de la préfecture de Bobigny est toujours en cours d’examen.

Le cinq novembre dernier, l’homme a été débouté de sa demande d’annulation de reconduite à la frontière. Motif : le juge a estimé qu’ aucune régularisation n’était en cour à la préfecture de Seine Saint Denis.

Un collectif de soutien s’est créé pour l’occasion, et plusieurs manifestations ont eu lieu.