Les défenseurs des sans-papiers se joignent au « Mardi noir »
Posted by: Marie Bolinches, in Papiers d' actualitéMardi 20 novembre
« Libérez Kebe, et tous les sans papiers ». Le cri du cœur vient des abords du palais de Justice. Au départ scandé par une trentaine de militants, il est ensuite repris par le camion d’un des principaux syndicats, lors de son passage devant l’édifice. Alors que le cortège des enseignants, cheminots et des autres salariés en grève défile, les militants en faveur du droit des sans papiers lancent des slogans, tractent et hissent les banderoles. « Pour moi toutes les revendications d’aujourd’hui sont liées », explique Maryse, du comité de soutien pour Kebe Talibe et du collectif de soutien aux sans papiers. « Ils sont une main d’ oeuvre exploitée, bon marché. Ce problème fait partie des revendications salariales ». Sabrina, elle, est venue ce matin, à l’origine pour soutenir la grève de l’enseignement public. Mais la jeune femme de 28 ans « tenait à être là aussi pour les sans papiers », une population que l’on doit « encore plus soutenir », selon elle. Pour Sabrina, c’est une dérive de plus de la politique du gouvernement actuel. Pour Maryse, le problème est ancien déjà : « Depuis des décennies, les populations sont matraquées d’informations sur les politiques d’immigration restrictives, alors nous, on essaye de lutter ».
Ils sont venus pour Kebe Talibe, mais aussi pour tous les autres, ceux dont le cas est peu ou pas médiatisé. « Kebe est devenu un symbole, parce qu’il est lui même à la tête d’un collectif de sans-papiers. Mais tous les jours, des anonymes sont arrêtés ou placés en rétention », tient à rappeler François.
« Prêts à mourir pour survivre, c’est là le paradoxe »
Pour Maryse, la condition des sans-papiers en France révèle une atteinte grave aux Droits de l’homme. « C’est la liberté de circulation qui est touchée » estime François. « Je trouve ahurissant que les multinationales occidentales pillent les richesses des pays en voie
de développement et empêchent les personnes de ces pays de venir chercher du travail ici » ajoute-t-il. Puis il lance : « Quand on voit que ces personnes sont prêtes à mourir pour survivre, c’est là le paradoxe, et qu’après on voit comment elles sont traitées une fois ici… ». Ce « partisan de la cause, selon ses propres mots, évoque alors son histoire personnelle : « Après mes études, j’ai dû quitter ma région, très rurale, parce qu’il n’y avait pas de travail pour moi là bas. Et la situation est la même, que l’on vienne d’Afrique, d’Amérique du Sud ou du Cantal. Pourquoi faire une différence ? ».
Marie Bolinches

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