Archive for December 10th, 2007

Nicolas César travail pour plusieurs médias aquitains : Sud radio, Objectif Aquitaine ou Aqui!. En tant que journaliste, il s’intéresse à la question des sans-papiers. En tant que citoyen aussi. Entretien.

Marie Bolinches : A quelle occasion avez-vous traité le sujet des sans-papiers à Bordeaux?

Nicolas César : La dernière fois, c’était pour Aqui!. J’ai fait un article sur la libération de Kébé Talibé. Il se trouve d’ailleurs dans une situation incompréhensible : pour l’expulser, l’administration avait besoin du feu vert des autorités ivoiriennes qui n’est jamais venu. Même s’il n’est plus en centre de rétention, reste sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français. Il faut quand même savoir que Kébé Talibé est intégré dans la société, sa femme est française et il parle parfaitement français.

M.B : On vous sent assez impliqué sur ce thème, cela ne pose-t-il pas un problème pour dans votre métier?

N.C : Oui, c’est un sujet qui me tient à coeur. Ecrire un article sur les sans-papiers c’est une façon de m’insurger contre la politique de Nicolas Sarkozy. De toute façon, le journalisme objectif n’existe pas. Il suffit de lire Libération pour comprendre que c’est un journal de gauche. Mais en tant que journaliste, mon rôle est d’informer les gens, alors j’évite les jugements de valeurs. Je n’ai pas vocation, sauf si j’écrivais un éditorial, à dire ce que je pense.

M.B : Quelles sont vos sources?

N.C : L’AFP [Agence France Presse, la première agence de presse française], pour les cas comme celui de Kébé Talibé. Après, les avocats et les associations nous contactent également. Les avocats restent la meilleure des sources, avec eux on peux avoir facilement accès aux dossiers. A moi ensuite, en tant que journaliste de déterminer ce qui est susceptible d’intéresser nos lecteurs.

M.B : Et du côté des sources institutionnelles?

N.C : la préfecture a communiqué sur Kébé Talibé, mais ça reste un cas exceptionnel.

M.B : Comment traite-t-on la question des sans-papiers? Y a- t- il des contraintes particulières?

N.C : C’est un sujet qui demande un travail de recoupement et de vérification plus important. Il faut vraiment faire attention à ce que l’on écrit, on ne peut pas se permettre de se tromper. Souvent on traite cette question à travers des témoignages, ou dans les faits divers. En matière de protection des sources, par exemple, les précautions sont les mêmes que dans cette rubrique. Je ne donne ni le nom, ni le prénom des personnes interviewées, souvent à leur demande. C’est valable pour les sans-papiers mais aussi pour les militants, qui pourraient être fichés et avoir des ennuis. De toute façon, le nom et le prénom n’apportent pas grand chose au lecteur en terme d’information.