Nicolas César travail pour plusieurs médias aquitains : Sud radio, Objectif Aquitaine ou Aqui!. En tant que journaliste, il s’intéresse à la question des sans-papiers. En tant que citoyen aussi. Entretien.

Marie Bolinches : A quelle occasion avez-vous traité le sujet des sans-papiers à Bordeaux?

Nicolas César : La dernière fois, c’était pour Aqui!. J’ai fait un article sur la libération de Kébé Talibé. Il se trouve d’ailleurs dans une situation incompréhensible : pour l’expulser, l’administration avait besoin du feu vert des autorités ivoiriennes qui n’est jamais venu. Même s’il n’est plus en centre de rétention, reste sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français. Il faut quand même savoir que Kébé Talibé est intégré dans la société, sa femme est française et il parle parfaitement français.

M.B : On vous sent assez impliqué sur ce thème, cela ne pose-t-il pas un problème pour dans votre métier?

N.C : Oui, c’est un sujet qui me tient à coeur. Ecrire un article sur les sans-papiers c’est une façon de m’insurger contre la politique de Nicolas Sarkozy. De toute façon, le journalisme objectif n’existe pas. Il suffit de lire Libération pour comprendre que c’est un journal de gauche. Mais en tant que journaliste, mon rôle est d’informer les gens, alors j’évite les jugements de valeurs. Je n’ai pas vocation, sauf si j’écrivais un éditorial, à dire ce que je pense.

M.B : Quelles sont vos sources?

N.C : L’AFP [Agence France Presse, la première agence de presse française], pour les cas comme celui de Kébé Talibé. Après, les avocats et les associations nous contactent également. Les avocats restent la meilleure des sources, avec eux on peux avoir facilement accès aux dossiers. A moi ensuite, en tant que journaliste de déterminer ce qui est susceptible d’intéresser nos lecteurs.

M.B : Et du côté des sources institutionnelles?

N.C : la préfecture a communiqué sur Kébé Talibé, mais ça reste un cas exceptionnel.

M.B : Comment traite-t-on la question des sans-papiers? Y a- t- il des contraintes particulières?

N.C : C’est un sujet qui demande un travail de recoupement et de vérification plus important. Il faut vraiment faire attention à ce que l’on écrit, on ne peut pas se permettre de se tromper. Souvent on traite cette question à travers des témoignages, ou dans les faits divers. En matière de protection des sources, par exemple, les précautions sont les mêmes que dans cette rubrique. Je ne donne ni le nom, ni le prénom des personnes interviewées, souvent à leur demande. C’est valable pour les sans-papiers mais aussi pour les militants, qui pourraient être fichés et avoir des ennuis. De toute façon, le nom et le prénom n’apportent pas grand chose au lecteur en terme d’information.

One Response to “Nicolas César, journaliste : “sur les sans-papiers, pas le droit à l’erreur””

  1. OLIVIE Maryse says:

    Présidente de l’association PARTENIA33, 74 rue Buffon, 33130 - BEGLES.
    Nous avons une famille algérienne qui vient de recevoir une OQTF qui va obliger la famille à être renvoyéee alors que la maman a un diabète aggravé de type 1. C’est à dire qu’elle a une pique journalière d’insuline. Le père travaille, il est chef de chantien en CDI, il a des bulletins de salaires, il paye un loyer, les enfants de 17 et 18 ans préparent pour l’une un CPA de comptabilité et pour l’autre un CAP d’électricien. Ils ont encore une année scolaire à faire. La préfecture reste sourde à cette situation qui correspond bien pourtant à un étranger malade. C’est pratique en effet pour le médecin de la DDASS ne ne cocher que des cases sans avoir à se soucier de l’humain.
    Par ailleurs, notre président, lorsque il attendait avec les enfants d’ingrid Bétancourt des nouvelles de son arrivée a dit textuellement que la France était prête à accueillir tous ls farques qui accepteraient de déposer les armes. Moi, cela me révolte. On va accepter des maffieux et des tueurs, leur donner le droit d’asile, et nos propres immigrés, intégrés, travaillant officiellement ou au noir, avec ou pas des récipissés, il les renvoie dans leur pays ou bien les fait mettre en centre de rétention. Il arrive un moment ou chaque français doit se positionner. Il n’a pas été élu pour de telles infamies.

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