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« Huis-Clos » à Osny-Pontoise novembre 10 2007

Publié par jing in : Mes papiers au CFJ, Reportages , rétrolien
À 35 km au Nord-Ouest de Paris se situe un monde fermé. 760 détenus hommes y vivent en marge de la société. La lourde porte d’entrée est poussée… Impressions parfois étonnées.

« Attends, attends, attends…donne-moi le truc…donne… » le jeune homme essaie de glisser sa demande pendant que la surveillante, qui vient de lui distribuer son repas du midi, referme la porte de sa cellule. Devant lui, une chaîne tendue bloque la sortie. Mais la porte de fer est claquée, verrouillée par un simple clic. Il se met à frapper et commence à hurler en demandant : « Tu l’as sur toi…? Putain…» « Je suis sûr que c’est le Chinois, c’est pas moi…» la réponse vient d’une autre cellule fermée de l’autre côté du couloir, un peu plus loin. « Il est rentré, lui ?…» une troisième voix s’élève juste à côté – c’est ainsi que les âmes enfermées dans les cellules se parlent, se communiquent.

 

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La maison d’arrêt du Val d’Oise se situe à 35 km au Nord?Ouest de Paris. Mise en service en 1991, elle connaît un surpeuplement en accueillant 760 prévenus ainsi que les condamnés à des courtes peines alors qu’elle n’a que 580 places. Visite guidée dans les bâtiments où se font leurs activités quotidiennes et leurs lieux de vie.

Espace de vie : 9m2 pour déambuler

Cela pourrait être une chambre normale, petite certes. Mais tout change une fois que la porte se ferme en claquant derrière soi. Tout d’un coup, l’air s’arrête, se solidifie dans cette cellule de 9m2, le temps ralentit ses pas dans l’attente, une attente qu’on dirait sans fin. Un lit couvert par le drap vert foncé, une chasse d’eau isolée par une paroi pliable et un robinet placé dans un coin – les détenus n’ont pas besoin d’autres choses dans cet espace : la douche est commune, trois fois par semaine minimum et les repas leur sont distribués. Quand on déambule, on entend nos pas ; quand on se parle, on entend nos échos. Une déambulation solitaire.

La seule chose qui s’étend vers le lointain, c’est le regard. Au travers les grilles de la fenêtre, entourée par des barbelés, le regard s’étend jusqu’à l’infini, jusqu’aux monts de certains coteaux en pleine campagne. De temps en temps, un oiseau intrus passe dans le regard et vole très vite au-delà des monts.

À l’intérieur, 9m2 pour déambuler, mais, par la fenêtre, l’esprit peut se promener jusqu’à la sortie.

Ateliers : une autre façon pour s’exprimer

« Je vous demande par ce courrier de bien vouloir me laisser récupérer mon tableau de l’atelier peinture afin de le remettre à ma famille au parloir. Je vous remercie de votre compréhension » a écrit ZHU Li Guang le 30 septembre 2007 dans une lettre à l’administration de la maison d’arrêt. Le courrier a été collé sur sa peinture, un paysage, exposée dans l’atelier. On y voit un pêcheur assis à côté d’un lac calme comme de la glace ; plus loin, un pont de bois sur lequel l’eau coule tranquillement, encore plus loin, une montagne qui s’estompe dans la brume du matin. C’était une peinture traditionnelle chinoise dont les sujets comme le pêcheur exprime souvent la quête du calme interne après une vie agitée. Le pécheur dans sa peinture croit-t-il au vieux proverbe chinois : « même l’or n’achètera pas un pêcheur qui tourne la tête vers le bien » ? Sa demande a été agréée le 3 octobre 2007 par la maison d’arrêt.

D’autres ateliers, comme celui de sculpture, sont aussi remplis des œuvres accomplies, parfois magnifiques, des détenus. Certes, ils ont prouvé qu’ils ne sont pas moins doués que les autres. Mais privés de beaucoup de droits, dont celui de s’informer et de s’exprimer, ils doivent trouver des alternatives. Peindre, étudier, faire du sport… c’est leur deuxième chance pour se cultiver, et réintégrer plus tard les normes sociales.

Pour le directeur Didier Voituron, le but est de « travailler avec les détenus pour un projet de sortie », d’où l’importance de la formation en prison. Ils travaillent, prennent des cours, lisent à la bibliothèque, comme nous, mais différemment. « C’est une dynamique, car même dans la prison, on ne laisse pas les gens pourrir. »

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