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Et si les tabacs français changeaient de patrons ? mars 3 2008

Publié par jing in : Enquêtes, Mes papiers au CFJ , ajouter 1 commentaire
Depuis 2004, les investisseurs d’origine chinoise ont changé de stratégie et se sont concentrés sur le secteur des tabacs et bars-tabac. Enquête dans ce secteur traditionnel en pleine mutation.

Si vous venez de la gare Saint-Lazare, le premier bar-tabac, en montant, rue Amsterdam, est tenu par un couple chinois. Ceci n’est pas un scoop. Plus d’un tiers de bureaux de tabac d’île de France ont changé de patron. Désormais, les Français matinaux s’habitueront à dire Bonjour aux copains, mais Nihao au garçon et au patron.

La queue s’allonge devant le comptoir de loto, des courants froids entrent de temps en temps avec les nouveaux arrivants et se mêlent avec la chaleur de l’intérieur. L’odeur du café flotte dans l’air, les sonneries bring-bring-bring de la machine à sous ne s’arrêtent pas. Dès 7 heures du matin, le tabac prépare son ouverture Soit deux heures avant d’accueillir le premier client.

Les Huang vivent ici depuis deux ans. Chaque journée démarre de bonne heure : cinq heures et demie en semaine et six heures le week-end. « Il est vrai que le métier demande qu’on travaille beaucoup plus, mais c’est aussi un milieu stable et presque sans risque de concurrence. »

Le patron, M.Huang se voit dans un secteur sécurisant où chaque investissement est garanti d’avoir son rendement. Mais son parcours pour entrer sur le marché est quasiment la copie de celui du n’importe quel jeune immigré de Wenzhou, ville sur la côte est de la Chine.

Huang est arrivé en France en 1989 avec des compatriotes, après avoir vu s’évaporer toute l’épargne de sa vie dans la « commission d’agence » qui l’a aidé à partir, et redémarrer une nouvelle vie avec les « poches vides ».

Il a dû travailler dans la restauration, la bagagerie, l’habillement avant d’intégrer l’année suivante la légion étrangère et partir pour la guerre de Golfe. Il est rentré de la guerre en 1991, et s’est installé à Paris. C’est là qu’il ouvre successivement ses deux bazars avant de s’intéresser au secteur tabac, Le secteur est de plus en plus prisé par la communauté d’immigrés de Wenzhou.

« Dans notre communauté,qui est nichée au sein de la communauté chinoise à Paris, on est très solidaire. On suit souvent ce que font les autres, parce qu’on voit qu’il a dégagé du profit. » Il ne cherche pas à cacher les mœurs de sa communauté. Celui qui s’est lancé dans le tabac en 2004, un Wenzhounais aussi, est sans doute à l’origine de la tendance, les autres répétant son succès.

Le tabac est racheté à un ancien patron français provincial, lassé de la vie routinière en tabac après 30 ans de travail. Il part en retraite avec une petite fortune. « Nous, nous avons acheté un instrument de travail, un outil d’investissement », dit le patron Huang. Cet outil, le couple le fait beaucoup plus travailler que ses prédécesseurs.

« Le tabac ferme plus tard qu’il y a deux ans avec le patron français, surtout le week-end » dit Pierre, 28 ans, habitant du quartier qui fréquente le lieu depuis 10 ans. « Tant mieux pour nous, puisque c’est ça le commerce de proximité. »

Que ce soit pour des raisons budgétaires ou stratégiques, le tabac est resté tel qu’il était depuis toujours. Le décor n’a pas été changé, l’agencement non plus. Pas une seule journée d’interruption depuis le changement de titulaire. La volonté est de maintenir le bureau de tabac dans sa fonction traditionnelle : « Le tabac, c’est la France profonde, on n’a pas besoin de rajouter des raviolis chinois à emporter à la vente des cigarettes! Quand même! »

Quant au personnel, M. Huang avait voulu garder l’ancien, histoire de conserver la clientèle qui s’y est habituée. Mais aujourd’hui il ne reste plus qu’un seul ancien garçon, qui travaille mieux. Puisque le tabac est près de la gare, les gens viennent et partent. Il y a des gens qu’on ne voit plus, il y a de nouveaux visages qui commencent à êtres repérés. Après tout, un patron français part, un chinois s’installe, la vie continue, dans un secteur qui a subi peu de changement.

Près de la place Nation se situe une agence spécialisée dans la vente de commerces et de pas-de-porte, la TNC (Transactions Nation Commerces). Créée en 2004, elle est gérée par un Français d’origine vietnamienne et cambodgienne. Cette agence est très connue au sein de la communauté chinoise, surtout pour les chinois qui s’intéressent au secteur tabac.

D’après l’agence, la tendance des Asiatiques à racheter des bureaux de tabac est nette : pendant la seule l’année 2007, l’agence a géré une cinquantaine de cessions. Janvier et février 2008 enregistrent déjà 18 ventes. En deux mois seulement ! La loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics a provoqué effectivement 20% de baisse de vente, mais le rebond se prépare dès la fin janvier.

Dans les autres pays européens où la loi est déjà en vigueur, la baisse dans le secteur bar-tabac se situe aux alentours de 5%. « On s’adapte à la loi, à la nouvelle manière de fumer, mais on n’abandonne pas une habitude en raison d’une contrainte. On ne supprimera pas le tabac. » nous explique Claude Hinh, fondateur et directeur de l’agence. En plus, les aides de l’état, après la mise en œuvre de la loi, augmenteront de 8% à 8.5%, ce qui compensera, du moins en France. En quelque sorte, les vendeurs de tabac travaillent pour l’état, comme les receveurs d’impôts.

L’enquête d’honorabilité sur la personne qui sollicite l’achat d’un bureau de tabac est longue et rigoureuse : cette personne doit avoir la nationalité française. Elle doit justifier d’une manière très détaillée chaque revenu enregistré sur son propre compte. 33% au moins doivent provenir du produit des ventes réalisées au bureau de tabac.

Au départ, la vente du tabac est un secteur réservé aux retraités militaires français. C’est pourquoi la plupart des acheteurs chinois sont des retraités de la légion étrangère. Leur engagement leur permet ensuite d’accéder à la nationalité française.

Mais, un autre phénomène émerge : les jeunes tenanciers de tabac sont souvent les chinois de la deuxième génération. Ils sont déjà français et leurs parents chinois ont plus de facilité à investir dans l’achat d’un bureau de tabac pour leurs enfants, après avoir vendu le restaurant qu’ils ont maintenu pendants de longues années.

Dans la mentalité chinoise, les parents ont à cœur que le futur de leurs enfants soit garanti. Le secteur du tabac leur semble alors parfait : les restaurants voient augmenter le niveau de concurrence. Et ils affrontent la pénurie de personnel de restauration. En revanche, le tabac, comme la pharmacie et le taxi, représente un métier réglementé, et protégé par l’Etat. La concurrence n’existant presque pas, le nombre de bureaux de tabac en France reste stable.

Voici un secteur emblématique de la « France profonde » repris progressivement par des étrangers, Chinois, Arabes… Dans quelques années, le secteur bar-tabac pourrait ainsi devenir le véritable creuset du métissage culturel. Avec le paradoxe de patrons étrangers cherchant à maintenir la tradition française. J.H.

Quand le carême ne délivre plus du mal février 18 2008

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La Fille aînée de l’Eglise ne pratique plus beaucoup le carême. Les lieux saints à Paris voient plus de monde à Noël qu’à Pâques. Restent les rituels qui rappellent le sens d’un carême qui ne signifie plus vraiment l’austérité.

« Mes grands parents qui aiment la musique et les beaux offices de la messe pratiquent encore le carême. Mes parents un peu moins, je le pratiquais quand j’étais petite, mais plus du tout maintenant, » explique Anne-Sophie, étudiante de 27 ans, « on le respecte de moins en moins, ça se perd…»

Pour Yves Trocheris, vicaire à Saint-Eustache, le carême dont les fidèles ont souvent plus de 30 ans, est plus pratiqué dans les monastères ou dans les familles « traditionnelles » à l’ouest de Paris. On y constate aussi plus de jeunes pratiquants, dans le secteur pour les étudiants comme Saint-Germain-des-Près.

« C’est une façon de vivre le divin, un temps que l’on prend pour confronter la réalité du Dieu. » C’est ainsi que le Prêtre de Saint-Eustache désigne le sens du carême, période de jeûne de quarante jours avant Pâques.

À la suite des Hébreux, qui ont marché 40 ans dans le désert, et du Christ, demeuré 40 jours au désert avant le début de sa vie publique, les fidèles sont invités à se tourner vers Dieu pendant le Carême. Cette année, entre le Mercredi des Cendres et la fête des Rameaux qui précède la Semaine Sainte, le carême comprend cinq dimanches. Pendant cette période, les Chrétiens pratiquent le jeûne, l’aumône et la prière. Pour le jeûne, par exemple, on mange moins riche (se passer d’un repas) et on se passe du viande le vendredi. « Les fidèles se rappellent que même les éléments les plus ordinaires de la vie, comme l’alimentation, doivent êtres offerts à Dieu car tout vient du Dieu. » explique le prête.

Mardi Gras, l’occasion de nombreuses soirées-crêpes déguisées, des spectacles, permet une entrée en Carême dans la joie. « Nous sommes tous des « catho de base », on fête le Mardi Gras, mais la suite est beaucoup moins drôle. Du coup, on ne pratique pas le carême. » avouent Didier et Estelle, un couple de quadragénaires. Et leurs deux fils de 7ans et 9ans, ne savent même pas ce qu’est le carême.

« On prend de la distance avec la pratique de la foi. Le nombre de personnes qui la pratique est très restreint. C’est un fait de société, une nouvelle forme de culture qui s’instaure dans la société française depuis déjà un certain temps. » précise y Yves Trocheris.

Le Carême est aussi un ultime temps de la préparation pour les adultes qui vont devenir chrétiens le soir de Pâques en recevant le baptême. Lors de la messe des Cendres, les prêtres marquent le front des fidèles d’une croix avec un peu de cendre, c’est un appel à la conversion. La couleur villette de leurs vêtements liturgiques signifie l’attente et la préparation à célébrer la résurrection de Jésus. Les fidèles, eux, portent du blanc, signe de la joie et de la résurrection. Dans certaines paroisses, on partage un bol de riz à l’issue de la messe, c’est un geste de partage. Le sermon est le moment où on invite les fidèles à réfléchir sur le vécu de leur foi.

Quand l’humanité voyage janvier 27 2008

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Chine. 5100 enfants dont plus de 4500 filles ont accès à l’éducation grâce aux actions de l’association Couleurs de Chine1, qui s’occupe depuis 1998 de parrainages d’enfants des minorités ethniques dans le nord de la province du Guangxi.

Espoirs

Peu de Français connaît Couleurs de Chine, les Chinois « métropolitains » non plus. Mais pour les enfants des minorités ethniques dans le nord de la province du Guangxi, située dans le sud de la Chine, c’est là où se trouvent leurs « Gan Ma » (deuxièmes mères) qui leur apportent de la lumière et de l’espoir de la vie.

Émue par les difficultés de scolarisation des petites filles dans de nombreux villages de montagnes du sud de la Chine, Françoise Grenot-Wang a fondé l’association en 1998. Cette Française avait déjà travaillé en 1997 dans la région des Grandes montagnes Miao au Guangxi, comme interprète d’une équipe de Médecins sans Frontières. Dans le cadre de ce travail, elle a pu voir, entendre et rencontrer des paysans des minorités ethniques qui vivent encore dans une grande pauvreté. « Ils sont vus par les Hans2 comme ethniquement inférieurs, ils n’ont pas le même accès au travail qu’eux ». Françoise explique avec un mandarin parfait, « Beaucoup de minorités ethniques sont même chassées de leurs villages par les Hans pour que ces derniers puissent reprendre leurs maisons en bois et les transformer en boutiques commerciales pour le tourisme », dans ses souvenirs, beaucoup d’émotions.

En effet, dans la plupart des écoles de villages Miao, Yao et Dong, quasiment aucune fille n’était scolarisée car le coût de la scolarité—préconisée gratuite par le gouvernement Chinois—est trop élevée pour leurs familles dont le revenu annuel monétaire par tête est inférieur à 50 euros. Pour ceux-ci, d’ailleurs, la priorité de scolarisation va aux garçons.

Pendant une décennie, Couleurs de Chine a développé ses relais régionaux (à Lyon, à Montpellier et à Nantes) en France et ses relais en Chine (Pékin, Shanghai, Guangzhou et Hongkong). Jusqu’à 2007, elle a réussi à unir 2.350 parrains, majoritairement Français, qui aident les petites filles tout au long de leur scolarité en versant 50 euros par an pour les Fille Filleuleétudes primaires et un peu plus pour les études supérieures : collège, lycée, université. Les parrainages sont généralement individuels : chaque parrain aide un enfant en recevant sa carte de parrainage, la photo de l’enfant avec son nom tenu à la main. Le parrain peut entretenir une correspondance régulière avec l’enfant tout au long de l’année scolaire, celle-ci étant suivie par un contrôle régulier de bulletins scolaires. Les dons financiers des mécénats viennent remplir le fort besoin de la construction d’école et alimentent l’aide aux instituteurs. On compte parmi les mécénats Orange et Suez. Plusieurs entreprises et institutions françaises, dont Air France, ont également participé aux dons matériaux : équipements informatiques, offres de cartables etc. En 2007, 5100 filleuls ont bénéficié cette aide humanitaire. « On voit l’éducation comme un arme pour eux de se développer » Françoise est convaincue qu’elle n’est la seule à y croire.

Pour les ethniques minoritaires des Grandes montagnes, dont les cultures étant considérées comme des sous-cultures et menacées par un processus de disparition, Couleurs de Chine s’engage parallèlement aux actions du sauvegarde de leur patrimoine culturelle en donnant aides à fabriquer des tissus traditionnels et à protéger des objets culturels fragiles au temps. « C’est très triste de voir une culture mourir sous les yeux…» raconte Françoise qui y est installée depuis dix ans.

Certains parrains français sont arrivés aux villages pour rencontrer leurs filleuls, lors qu’ils entrent dans des maisons en bois et voient leurs photos collées à côté de la photo de famille, beaucoup sont très émus. Ils ne se communiquent pas par la langue, un sourire suffit.

Note1: site officiel Couleurs de la Chine : http://www.couleursdechine.org/

Note 2 : Han est le terme désignant l’ethnie majoritaire en Chine, qui constitue 91% de la population.

Under the skin of Paul West décembre 3 2007

Publié par jing in : Mes papiers au CFJ, Interviews , ajouter 1 commentaire

The « Merde » series being a bestseller in England and in France, Stephen Clark succeeds in making the story of Paul West–and partly of himself, a mirror for English and French, both of whom want to look at the other side.

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« It’s fantastic ! » Stephen Clark gives a good mark without hesitation to his 14-year-old life experience in France, as an Englishman. Sitting in a Parisien café, opposite the smoke-filled section, his casual wear and dark blue scarf make him no different from the French around him. Only the no-joking facial expression and the rather hilarious jokes would remind you of his « black humour » - a cliché for her Majesty’s subjects’ idea of what is amusing.

« Clichés are true »

« I don’t write clichés in my books, » he says, no jokes. His clichés-are-clichés-because-they-are-true logic would make you feel absolutely stupid to have mentioned this word. Of course we all have stereoptyed visions about others—do not mention you are English. If you think this way, here are some examples he cites that you may wonder if you have come across : In a restaurant, when being asked « is there any no-smoking section », the waiter would say no, turn around and walk away ; In a Parisian bank, when the woman in front of the counter is being asked « Why are you being so impolite to me, I’m the client », she would say « Sorry, Madam, if you don’t like our bank, choose another bank. »

These are called the Parisian bad service stereotypes, but they do exist and they just happened to you.

« I try to make everything exaggerated, but based on reality » he explained, « Paul West is a character in the novel, but he is not me… » is this another joke ? If you look closely at the story , you’ll find some traces of his own life. When he tells you that he used to try to run a business—to be a publisher, but he stopped as the bureaucracy in France is so complicated and so expensive, wouldn’t that remind you of some poor Paul West, back from his trouble-filled holiday in central France, who tries to start selling English teas but gets into trouble again with the « Ministère de la Francophonie » who forces him to translate his menu into French, even « sandwich » or « a cup of tea » ?

 

« We love each other’s country, but we just don’t admit it »

It’s easier to have a business in England, maybe that’s what you’d conclude from the story he tells you. But think about it, « God save la France » sold 200,000 copies whilst a normal first novel sells only 1,000 copies, why this French interest in books written by the English? « One year in the Merde » also become a bestseller and a must-have book in England, why do the English want to know what Paul West’s life is like in France ?

Funnily enough, maybe we have to admit, that despite the « clichés » that the English and the French have about each other, they are still interested in each other and indeed fascinated by each other.

« We love each other’s country, but we just don’t admit it » Stephen said.  « That’s why I said my days in France have been fantastic… from my very first job » he added. « In France, the company has no stress, people have no stress at all, they work and they take holidays, that was fantastic. » he smiled, remembering the old days.

 Obviously, he doesn’t like Nicolas Sarkozy who vows to change this France he loves so much.  For him, France remains a slow country, and it never changes and it doesn’t need to change.

« The fascination between the English and the French is as great as ever. »Stephen doesn’t try to hide his affection, « history changes, politics changes but the English and the French are still fascinated by each other. » he confirmed, it’s not a joke.

À la poursuite d’une histoire d’un Anglais sauvé en France décembre 3 2007

Publié par jing in : Mes papiers au CFJ, Interviews , ajouter 1 commentaire
Après « God save la France », les aventures de Paul West en France se poursuivent dans « God save les françaises », récemment sorti dans l’hexagone. La version française d’une « multisaveur » histoire d’un Anglais sauvé en France. Interview avec l’auteur.

Best-seller à l’outre-mer et vendus 200.000 exemplaires en France, « God save la France », histoire d’un jeune Anglais en France, sait parfaitement saisir les curiosités des Français et des Anglais envers l’un et l’autre.
La tentative de l’auteur était pourtant simple : quand il a vu sortir « one year in Province » de Peter Mayle qui commence le calendrier du livre par le mois de janvier, il a eu l’idée de le corriger. « Si tu connais bien la France, tu saurerais que les Français pensent l’année commence vraiment en Septembre, pendant la période de rentrée ». Le reste de l’histoire, tout le monde le connaît : il a commencé un livre qui parle de la vrai France, pas celui avec les paysans anciens et de l’huile d’olive.
À la sortie du livre, S. Clarke n’attendait pas ce grand succès ni un tel envie des lecteurs de savoir comment un jeune diplômé Anglais se débrouille quand il démarque de la France. Il a fait imprimer 200 exemplaires, et au fur et à mesure il recevait des commandes, il a fait imprimer plus, il les délivrait aux librairies ou il les envoyait par la post aux clients après le travail ou le week-end. C’était une époque magnifique pour lui, une période où il se bat pour trouver sa place dans une vie « à la française » , une vie bien différente que la sienne. « Paul West est un personnage dans mon roman, mais je ne suis pas lui.– Apparemment, S.Clarke n’aime pas la définition de biographie de son roman, même pas la définition « partiellement biographique ». « Mais les histoires de mes personnages sont très humaines. Paul West, il essaie de survivre, il cherche à avoir une parfaite copine, il tente de monter une affaire lui-même… c’est très humain, non ?» S. Clarke a souri.
La vie continue, ce journaliste écrivain britannique continue à vivre son histoire en France. Paul West, lui aussi, continue ses batailles pour trouver son bonheur en France dans le deuxième livre de ses aventures à la version française. En France depuis déjà un an, il comprend mieux le français, mais il a encore eu mal à comprendre pourquoi les Français disent ce qu’il disent. Au fond, il reste profondément Anglais, même il est installé en France. Il part de Paris pour la France centrale, où il rencontre des problèmes avec les communautés locales, beaucoup plus sophistiquée et plus compliquée que ce qu’il ne pense. Après son retour à Paris, il a tout de suite eu des soucis quand il essaie de faire marcher une affaire sur la vente des thés anglais. Mais le ministère de la francophonie lui force de traduire son menu en français, même pour un « sandwich » ou « a cup of tea » et il est aussi obligé d’apprendre à ses employeurs comment être polis aux clients…pour ce pauvre héro, la bureaucratie française est tellement compliquée et difficile à changer. Une histoire qui s’inscrit dans la vraie vie et qui fait allusion à celle de l’auteur quand il voulait devenir éditeur pour publier ses livres.
Cet humour mélangé de l’amour pour la vie, de rires jaunes, de la tristesse et de la joie n’est pas la moquerie. « Je ne les critique pas, je les taquine », S.Clarke ne cherche pas à cacher ses affections pour les Français, « et tu ne taquines pas quelqu’un qui tu détestes. »
« Mon histoire en France est fantastique pour moi. » l’auteur l’a dit avec un sourire de satisfaction. Peut-être l’histoire basée sur la vie, sur la quête du bonheur dans un pays étranger est déjà une belle histoire, il suffit de la raconter, car elle mêle celle d’un personnage fictif, celle de l’auteur et celle de tout le monde.

« Le rapport de confiance, il ne faut pas en jouer » novembre 22 2007

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Deux jours après l’ouverture du procès Lili, étudiante chinoise soupçonnée d’espionnage industriel chez l’équipementier Valeo alors qu’elle effectuait son stage en 2005, M. Dmytrus s’exprime en tant que chef du Cabinet Blanc, agence spécialiste en aide et en protection des intérêts de l’entreprise privée.

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Dans les entreprises, les statuts des stagiaires sont souvent flous : ils sont là, ils repartent après quelques mois…on a impression qu’ils sont un peu à la fois à l’intérieur et à l’extérieur. Lili est accusée au nom d’un « abus de confiance ». Quelle est la bonne gestion des stagiaires, notamment stagiaires étrangers, pour une entreprise ? Faut-il leur faire confiance en matière de données de l’entreprise ?

Dmytrus : Dans l’affaire Lili, tant qu’elle n’est pas condamnée par la justice, je crois en son innocence. Mais elle est bien l’auteur d’une appropriation de données confidentielles, ce qui est à l’encontre de l’acte confidentiel qu’elle avait signé (…) Personnellement, je suis toujours partant sur l’idée que pour les stagiaires étrangers—surtout extérieurs de l’union européenne, on doit appliquer une gestion plus rigoureuse et réglementée dans les entreprises françaises. Je ne suis ni nationaliste ni raciste, mais pourquoi prendre des stagiaires étrangers s’il y a déjà un bon profil parmi les stagiaires français ? L’affaire Lili n’est pas le premier, beaucoup d’entreprises françaises ont vécu la même histoire. Après, effectivement, c’est une question de contexte. Une entreprise qui veut développer son marché en Chine, c’est normale qu’elle prend un stagiaire chinois(e)…tout dépend du contexte. Mais sinon, je préconise les entreprises de prendre les stagiaires français. Et puis, le rapport de confiance, il ne faut pas en jouer non plus. Il est à noter que tous les accès aux informations sensibles des stagiaires doivent systématiquement précéder par la demande d’autorisation d’entreprise. À partir de ces principes-là, on peut parler de la confiance.

Peut-on parler de la défaillance du système des donnés confidentiels chez Valeo? Comment peut-on le mieux protéger ?

Dmytrus : Oui, effectivement, c’est une défaillance de la protection des données informatisées. Ce que nous préconisons, c’est que les entreprises aient une attestation de confidentialité, que l’on ne peut pas dévoiler. A chaque consultation des données, il faut l’autorisation. Il faut que les données consultables fassent l’objet d’une procédure de protection, aussi par le système de décryptage avec le mot de passe. En tout cas, pour chaque donnée sensible, l’auteur doit être le seul à avoir le code.

Si Lili était une Italienne ou une Mexicaine, aurait-elle été accusée ? Donc pour vous, est-elle une victime fantasme sur la Chine ?

Dmytrus : c’est une question liée à la politique. Je crois que si c’est le cas, c’est parce que l’affaire a eu lieu dans un contexte très concurrentiel. Surtout dans le plan économique et technique, la concurrence est mondiale, avec les contrefaçons de la Chine qui provoquent la peur des entreprises qui détiennent la technique. La méthode de fabrication, pour la société comme Valeo, elle est vitale. Mais comme je vous ai dit précédemment, tant qu’elle n’est pas condamnée, elle est pour moi innocente. (J.H)

 

« Huis-Clos » à Osny-Pontoise novembre 10 2007

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À 35 km au Nord-Ouest de Paris se situe un monde fermé. 760 détenus hommes y vivent en marge de la société. La lourde porte d’entrée est poussée… Impressions parfois étonnées.

« Attends, attends, attends…donne-moi le truc…donne… » le jeune homme essaie de glisser sa demande pendant que la surveillante, qui vient de lui distribuer son repas du midi, referme la porte de sa cellule. Devant lui, une chaîne tendue bloque la sortie. Mais la porte de fer est claquée, verrouillée par un simple clic. Il se met à frapper et commence à hurler en demandant : « Tu l’as sur toi…? Putain…» « Je suis sûr que c’est le Chinois, c’est pas moi…» la réponse vient d’une autre cellule fermée de l’autre côté du couloir, un peu plus loin. « Il est rentré, lui ?…» une troisième voix s’élève juste à côté – c’est ainsi que les âmes enfermées dans les cellules se parlent, se communiquent.

 

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La maison d’arrêt du Val d’Oise se situe à 35 km au Nord?Ouest de Paris. Mise en service en 1991, elle connaît un surpeuplement en accueillant 760 prévenus ainsi que les condamnés à des courtes peines alors qu’elle n’a que 580 places. Visite guidée dans les bâtiments où se font leurs activités quotidiennes et leurs lieux de vie.

Espace de vie : 9m2 pour déambuler

Cela pourrait être une chambre normale, petite certes. Mais tout change une fois que la porte se ferme en claquant derrière soi. Tout d’un coup, l’air s’arrête, se solidifie dans cette cellule de 9m2, le temps ralentit ses pas dans l’attente, une attente qu’on dirait sans fin. Un lit couvert par le drap vert foncé, une chasse d’eau isolée par une paroi pliable et un robinet placé dans un coin – les détenus n’ont pas besoin d’autres choses dans cet espace : la douche est commune, trois fois par semaine minimum et les repas leur sont distribués. Quand on déambule, on entend nos pas ; quand on se parle, on entend nos échos. Une déambulation solitaire.

La seule chose qui s’étend vers le lointain, c’est le regard. Au travers les grilles de la fenêtre, entourée par des barbelés, le regard s’étend jusqu’à l’infini, jusqu’aux monts de certains coteaux en pleine campagne. De temps en temps, un oiseau intrus passe dans le regard et vole très vite au-delà des monts.

À l’intérieur, 9m2 pour déambuler, mais, par la fenêtre, l’esprit peut se promener jusqu’à la sortie.

Ateliers : une autre façon pour s’exprimer

« Je vous demande par ce courrier de bien vouloir me laisser récupérer mon tableau de l’atelier peinture afin de le remettre à ma famille au parloir. Je vous remercie de votre compréhension » a écrit ZHU Li Guang le 30 septembre 2007 dans une lettre à l’administration de la maison d’arrêt. Le courrier a été collé sur sa peinture, un paysage, exposée dans l’atelier. On y voit un pêcheur assis à côté d’un lac calme comme de la glace ; plus loin, un pont de bois sur lequel l’eau coule tranquillement, encore plus loin, une montagne qui s’estompe dans la brume du matin. C’était une peinture traditionnelle chinoise dont les sujets comme le pêcheur exprime souvent la quête du calme interne après une vie agitée. Le pécheur dans sa peinture croit-t-il au vieux proverbe chinois : « même l’or n’achètera pas un pêcheur qui tourne la tête vers le bien » ? Sa demande a été agréée le 3 octobre 2007 par la maison d’arrêt.

D’autres ateliers, comme celui de sculpture, sont aussi remplis des œuvres accomplies, parfois magnifiques, des détenus. Certes, ils ont prouvé qu’ils ne sont pas moins doués que les autres. Mais privés de beaucoup de droits, dont celui de s’informer et de s’exprimer, ils doivent trouver des alternatives. Peindre, étudier, faire du sport… c’est leur deuxième chance pour se cultiver, et réintégrer plus tard les normes sociales.

Pour le directeur Didier Voituron, le but est de « travailler avec les détenus pour un projet de sortie », d’où l’importance de la formation en prison. Ils travaillent, prennent des cours, lisent à la bibliothèque, comme nous, mais différemment. « C’est une dynamique, car même dans la prison, on ne laisse pas les gens pourrir. »

Le chocolat a la cote! octobre 29 2007

Publié par jing in : Mes papiers au CFJ, Reportages , ajouter 1 commentaire
Se déroulant depuis vendredi à Paris, le 13ème Salon du Chocolat veut mettre en valeur ce produit unique au grand public. Difficile de résister aux tentations.

Salon du Chocolat

En Octobre, le chocolat est à la mode.

Des bouquets de fleurs au plein milieu du salon du chocolat ? Dans le stand du « fleuriste du chocolat », nombreux sont les visiteurs qui papillonnent autour des fleurs attrayantes avec les sourires. Quand on y regarde de plus près, l’impression est de se fondre dans les couleurs vives et éblouissantes, comme une abeille qui collecte les saveurs du printemps. Et quand les gourmands dégustent délicatement les pétales, on voit leurs clins d’oeil : On est bien au milieu d’un jardin…en Chocolat !

Ouvert depuis vendredi, le 13ème Salon du Chocolat Grand Public1 accueille sur 12.000m2 d’exposition près de 150 chocolatiers venus du monde entier, plus de 400 participants et des pays producteurs de plus en plus nombreux. Plus de 100.000 de visiteurs s’y sont pressés dès le premier jour. Et c’est avec curiosité et plaisir que les visiteurs découvrent la grande chaîne du cacao et les secrets de fabrication de leur denrée préférée. C’est le cas de Marie-Laure, étudiante de 20ans, qui fait ses escales gourmandes dans les stands avec un sourire sucré comme le chocolat : « Nous, les consommateurs gourmands du chocolat, nous avons envie de voir comment naître un chocolat. C’est un vrai plaisir de regarder, écouter, et puis déguster et sentir… ».

Il est vrai que « le chocolat pour tous », leitmotiv du salon, veut mettre en valeur ce produit unique qui s’est démocratisé par son industrialisation et qui gagne ses lettres de noblesse grâce à l’artisanat.

Les défilés de robes en chocolat « tendances Chocolat » 2007 devient un événement à ne manquer sous aucun prétexte pour les visiteurs : les robes en chocolat associent talents des couturiers et des chocolatiers. Autour de la scène, des centaines de visiteurs admirent l’originalité des robes en chocolat et la beauté des filles qui les portent. Un concours de « Miss chocolat » s’organise après le défilé pour sélectionner la fille la plus « chocolat » aux yeux des spectateurs. L’atelier sensoriel « Parfums de Chocolat », créé par Thierry Mugler Parfums, permet à 15 personnes, chaque heure, d’apprendre à reconnaître les différents accords des grands parfums et d’en comprendre la symbolique. En apprenant à sentir et à ressentir, les visiteurs découvrent les secrets du chocolat. Le soin du corps « Soins Cacao » prospère aussi en attirant les visiteurs dans des activités renouvelées et attrayantes : ils peuvent prendre soins de leurs corps sur le salon avec l’épilation au chocolat et la découverte de nouveaux produits au beurre de cacao de la gamme Palmer’s.

« Nous voulons, au travers des événements, animations et happenings chocolat, prouver que le rapport que nous entretenons avec le chocolat évolue » s’explique Maeva, une professionnelle du salon. « Aujourd’hui, le chocolat est beaucoup plus qu’un produit lié seulement au goût, il devient culturel et il est lié au plaisir, plaisir à la vue, plaisir à l’odorat, plaisir au toucher… bref, les plaisirs de vie.»

Le Français n’est pas le seul à être gourmand. Parmi les visiteurs, beaucoup d’étrangers. « Chocolatement » occidentalisés, les Japonais n’hésitent pas à venir nombreux à déguster et découvrir. Devant la marque Madame SETSUKO, ils se réjouissent d’avoir retrouvé un goût à la tokyoïte. Leurs voisins, les Chinois sont quant à eux en train de prendre goût de cette denrée occidentale. « Beaucoup de chocolatiers présents ici ne sont pas reconnus en Chine, les goûts du chocolat produits en Amérique du Sud, en Afrique ou en Indonésie sont très différents de ceux que nous produisons en Asie. Les chocolats produits en Chine ont un goût beaucoup plus sucrée—ce qui est adapté au goût des Chinois pour le chocolat, mais là, le goût dans la bouche me semble plus naturel et plus fin », explique Min, une jeune Chinoise de 18 ans, se pressentant comme « une expert du chocolat » en Chine.

Rien d’étonnant donc que les métaphores « nouveau pétrole » ou de l’ « or brun » s’imposent comme une ambition qui veut faire le chocolat un trait d’union entre les hommes et une nouvelle source d’échanges culturels dans le XXIème Siècle.

Salon du Chocolat

Note 1 : le salon du chocolat se déroule de 19 octobre au 22 octobre 2007 à la Porte Versaille, Halles 5/2 et 5/3.

Comme un étang chez “les grenouilles” octobre 23 2007

Publié par jing in : Mes papiers au CFJ, Reportages , ajouter 1 commentaire
Chez Frog Pub, les « grenouilles » coassent, chantent et dansent. Le parfum de la bière maison flotte dans l’air, l’écume mousse dans les verres.

The Frog Bar

La petite flamme espiègle saute dans le verre rouge posé sur la table, émettant la chaleur et la joie. Autour, c’est la retrouvaille d’un groupe de potes. « La dernière fois qu’on s’est mis ensemble remonte il y a six ans, ce bar anglais venait de s’ouvrir (…) aujourd’hui on s’est dit, tiens, c’est peut-être pas mal de retourner au Frog Pub. » C’est par ce don nostalgique que le batteur Vincent a voulu ramener son « groupe d’ado » à l’endroit où leur passion pour la musique avait démarré. Lui qui, en 2001, était venu au Frog Pub avec son groupe de musique avant de partir en Angleterre démarrer sa carrière de batteur.

Ouvert depuis six ans, le Frog Pub niché dans un pittoresque village Cours St-Emillion, a connu un véritable brassage de clientèle : « Il y a quelques années, comme c’est un Pub anglais, on avait que des Anglais, des Australiens, des Canadiens. Ils sont venus pour passer leurs soirées dans un groupe fermé (…) Mais aujourd’hui, comme vous pouvez le voir, on a des gens un peu de toutes les langues, en dépit du menu qui s’écrit entièrement en anglais(…) c’est vraiment un brassage…» a expliqué Lubo, DJ restaurant du bar qui a travaillé pour la maison depuis son ouverture.

Un brassage de langues et de cultures, sans exclure une technique du brassage « de maison » bien particulière. Chaque bière de Frog Pub est brassée par les six gros brassins installés au chaussé du bar. Sur chaque machine costaude s’affiche un poster du « grand patron » The Frog. Nombreux sont ceux qui se reposent sur les canapés verts en dégustant la mousse qui déborde par fois du verre. « Le goût est très léger, mais on le garde pendant longtemps dans la bouche » décrit ainsi une fille irlandaise en souriant.

La musique d’ambiance se mêle avec le tumulte des discussions, la fumée de cigarettes s’embrouille avec celui des flammes, l’odeur des bougies se répand avec le parfum de la bière…un étang de brassage, un étang de vie.