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Quand le carême ne délivre plus du mal février 18 2008

Publié par jing in : Mes papiers au CFJ, Divers , ajouter 1 commentaire
La Fille aînée de l’Eglise ne pratique plus beaucoup le carême. Les lieux saints à Paris voient plus de monde à Noël qu’à Pâques. Restent les rituels qui rappellent le sens d’un carême qui ne signifie plus vraiment l’austérité.

« Mes grands parents qui aiment la musique et les beaux offices de la messe pratiquent encore le carême. Mes parents un peu moins, je le pratiquais quand j’étais petite, mais plus du tout maintenant, » explique Anne-Sophie, étudiante de 27 ans, « on le respecte de moins en moins, ça se perd…»

Pour Yves Trocheris, vicaire à Saint-Eustache, le carême dont les fidèles ont souvent plus de 30 ans, est plus pratiqué dans les monastères ou dans les familles « traditionnelles » à l’ouest de Paris. On y constate aussi plus de jeunes pratiquants, dans le secteur pour les étudiants comme Saint-Germain-des-Près.

« C’est une façon de vivre le divin, un temps que l’on prend pour confronter la réalité du Dieu. » C’est ainsi que le Prêtre de Saint-Eustache désigne le sens du carême, période de jeûne de quarante jours avant Pâques.

À la suite des Hébreux, qui ont marché 40 ans dans le désert, et du Christ, demeuré 40 jours au désert avant le début de sa vie publique, les fidèles sont invités à se tourner vers Dieu pendant le Carême. Cette année, entre le Mercredi des Cendres et la fête des Rameaux qui précède la Semaine Sainte, le carême comprend cinq dimanches. Pendant cette période, les Chrétiens pratiquent le jeûne, l’aumône et la prière. Pour le jeûne, par exemple, on mange moins riche (se passer d’un repas) et on se passe du viande le vendredi. « Les fidèles se rappellent que même les éléments les plus ordinaires de la vie, comme l’alimentation, doivent êtres offerts à Dieu car tout vient du Dieu. » explique le prête.

Mardi Gras, l’occasion de nombreuses soirées-crêpes déguisées, des spectacles, permet une entrée en Carême dans la joie. « Nous sommes tous des « catho de base », on fête le Mardi Gras, mais la suite est beaucoup moins drôle. Du coup, on ne pratique pas le carême. » avouent Didier et Estelle, un couple de quadragénaires. Et leurs deux fils de 7ans et 9ans, ne savent même pas ce qu’est le carême.

« On prend de la distance avec la pratique de la foi. Le nombre de personnes qui la pratique est très restreint. C’est un fait de société, une nouvelle forme de culture qui s’instaure dans la société française depuis déjà un certain temps. » précise y Yves Trocheris.

Le Carême est aussi un ultime temps de la préparation pour les adultes qui vont devenir chrétiens le soir de Pâques en recevant le baptême. Lors de la messe des Cendres, les prêtres marquent le front des fidèles d’une croix avec un peu de cendre, c’est un appel à la conversion. La couleur villette de leurs vêtements liturgiques signifie l’attente et la préparation à célébrer la résurrection de Jésus. Les fidèles, eux, portent du blanc, signe de la joie et de la résurrection. Dans certaines paroisses, on partage un bol de riz à l’issue de la messe, c’est un geste de partage. Le sermon est le moment où on invite les fidèles à réfléchir sur le vécu de leur foi.