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Photo Trottoir : 7 sans-abri parisiens photographient leur quotidien avril 28 2008

Publié par Paul Gypteau in : Dans les foyers , ajouter 1 commentaire

Durant 4 jours, 7 sans-abri parisiens ont eu carte-blanche pour photographier leur quotidien.

Après une première présentation à Paris mi-avril, leurs clichés seront exposés en province puis au Parlement européen à l’automne.

Extraits en images.

Une jeunesse sans adresse janvier 10 2008

Publié par Paul Gypteau in : Dans les foyers , 2commentaires

Aujourd’hui en France, un SDF sur 4 a moins de 25 ans. “Envoyé Spécial” s’intéresse ce soir à ce sujet et décortique un problème passé sous silence. “Sans travail, sans logement et sans famille, ils sont la frange la plus précarisée, la plus démunie et la plus fragile de la jeunesse française”, annonce la chaîne dans le synopsis de l’émission.

Ce soir 10 janvier, à 20h50, sur France 2. Un reportage de Jérémie Drieu et Emmanuel Morel.

Centres d’hébergement : les sans-papiers en sursis janvier 10 2008

Publié par Paul Gypteau in : Dans les foyers , 1 commentaire seulement

Les sans-papiers ne sont plus les bienvenus dans les centres d’hébergement d’urgence qui privilégient désormais la réinsertion et le long terme. Au grand dam des travailleurs sociaux.

Centres d’hébergement : les sans-papiers en sursis

Les travailleurs sociaux sont inquiets pour les sans-papiers. Le plan d’action pour l’accès au logement, voté dans le feu de l’action médiatique des Enfants de Don Quichotte en janvier 2007, a changé la donne. Il a converti de nombreux centres d’hébergement d’urgence (CHU) en centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) qui permettent un séjour plus long, allant jusqu’à plusieurs années.

Une chance pour la réinsertion des sans-abri qui peuvent se concentrer sur leurs démarches, sans avoir à se soucier d’un lit où dormir. Mais un retour de bâton considérable pour les sans-papiers. « Le but d’un CHRS est d’accompagner les hébergés sur le chemin de la réinsertion. Cela passe par la recherche d’un emploi et l’accès au logement. Or, un sans-papiers est de fait exclu du marché du travail et du logement », explique Monique (1) une assistante sociale.  Sans existence juridique et sans perspective d’évolution, les clandestins ne répondent pas aux critères des centres de stabilisation

Associations : « une consigne officieuse »

Les acteurs de terrain pointent du doigt les Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) qui profiteraient de ce changement de statut pour donner un coup de balai dans les centres d’hébergement. « Dans certains foyers, on frise actuellement les 60 % de sans-papiers, la DDASS nous demande de ramener ce chiffre à 10 % », déplore l’assistante sociale, amère. « Cette consigne officieuse nous a été donnée il y a quelques mois, ça va avec la politique ambiante. À terme, les services sociaux nous ont fait comprendre que des fermetures administratives étaient à craindre si on ne respectait pas cet objectif », conclut la jeune femme.

Interrogée par téléphone, la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS), qui gère les huit départements d’Ile-de-France, dément. « Nous ne mettons ni pression ni limite sur le nombre de personnes sans-papiers hébergées dans les CHRS», affirme un responsable, avant de préciser que les antennes départementales peuvent parfois avoir « des positions différentes »

Sur la limite de 10 % de sans-papiers avancée par les associations, la DRASS déclare ne pas être au courant : « Je ne peux pas vous dire ». L’organisme, qui a alloué 246 millions d’euros aux associations d’Ile-de-France en 2007 (CHU, CHRS et hôtels sociaux confondus), affirme ne pas intervenir dans la politique d’accueil des associations.

« On ne travaille pas avec le ministère de l’Intérieur »

« On fait attention à la durée du séjour de l’hébergé lors de sa demande de renouvellement au bout de six mois, mais on ne travaille pas avec le ministère de l’Intérieur pour vérifier si les personnes sont en situation régulière ou pas », l’organisme. « Les DDASS ne sont pas habilitées à donner ce genre de consignes seules. Elles obéissent à des directives données par le gouvernement », rétorque un autre travailleur social.

Dans les foyers et les centres d’hébergement, l’angoisse gagne. « On continuera toujours à accepter des sans-papiers, sinon ça serait contraire à notre éthique », relativise Marc (1), chef de service d’un CHRS du 20e arrondissement de Paris. D’autres sont bien plus inquiets. « Certains sans-papiers sont horrifiés. J’en viens parfois à les questionner pour savoir s’ils n’ont pas de famille dans leur pays d’origine, pour voir si je ne peux pas les convaincre de rentrer. Jamais je n’aurais pensé avoir à demander ça un jour », s’indigne une assistante sociale parisienne. « Parfois on transfère des sans-papiers de centre en centre, ce qui permet de prolonger leur séjour. Ça devient glauque. Heureusement que cette directive est suspendue pendant le plan grand froid», poursuit-elle.

Un répit temporaire. « Dès le printemps, on sera bien obligés de s’y plier. »

 (1) les prénoms ont été changés

Un centre d’hébergement, comment ça marche ? décembre 4 2007

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Retour au centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) d’Emmaüs, rue des Pyrénées dans le 20e arrondissement de Paris. J’avais rencontré plusieurs hébergés lors de mes précédents passages au foyer. Cette fois, c’est Souleymane Bâ, le chef de service qui me reçoit, pour m’expliquer le fonctionnement du foyer.

Souleymane Bâ - Chef de service

Avant de devenir un centre de stabilisation (CHRS) en octobre dernier, le foyer de la rue des Pyrénées a d’abord été un centre d’hébergement d’urgence. Mais quelle est la différence entre ces deux statuts ? « Dans le cas d’un CHU, on reste dans l’optique de l’urgence. Dans un foyer de réinsertion, on peut séjourner de 6 mois à un an » explique Souleymane Bâ, le chef de service du centre de 46 ans, qui œuvre chez Emmaüs depuis 1992. Ce n’est toutefois pas un objectif à terme, car la finalité du passage dans l’établissement est bien sûr d’en sortir.

Les personnes accueillies se trouvent déjà dans une dynamique d’insertion et cheminent vers l’autonomie. Tous n’ont pas connu la rue avant d’arriver ici. Beaucoup ont d’abord posé leurs valises dans des structures d’urgence temporaires. « Un CHRS est beaucoup plus sympa, les conditions de vie sont plus agréables. Par exemple, on place deux hébergés par chambres, voire en chambres individuelles dans certains cas » souligne le responsable du centre, fine moustache et veste en velours marron qui recouvre une chemise rayée. Mais la place est chère et les sollicitations nombreuses. « On reçoit jusqu’à 20 appels par jour ».

Parmi les 54 hébergés que compte le centre, la majorité travaille. Missions d’intérim, CDD à temps partiel et quelques rares CDI comptent parmi les emplois exercés. Beaucoup se qualifient eux-mêmes de ‘travailleurs pauvres’ : leur activité salariée ne leur permet pas de présenter suffisamment de garanties aux bailleurs lorsqu’ils cherchent un logement.

Quelle porte de sortie après ces longs mois de flottement passés au foyer ? S’ils sont nombreux à trouver des logements par eux-mêmes en déposant des demandes auprès des organismes sociaux, d’autres sont aiguillés vers des structures sociales. Les maisons relais et les résidences sociales, où l’on peut rester plus de deux ans, font partie du dispositif. Le demandeur peut aussi s’orienter vers un hôtel social – Emmaüs en gère plusieurs – qui ont des capacités d’accueil plus importantes. Ils peuvent à ce titre bénéficier de l’allocation de logement temporaire (ALT) et l’aide personnalisée au logement (APL).

Le centre d’hébergement : retour à la responsabilisation

L’apprentissage de la responsabilisation passe par une contribution financière à hauteur des moyens de chacun. « Chaque hébergé verse 15 % de ses propres revenus et s’occupe de l’entretien de sa chambre » explique Souleymane Bâ. Quand on parle d’insertion, elle ne concerne pas que le monde professionnel. Le foyer a aussi dû tordre le cou aux préjugés entretenus par le voisinage. ‘Oui à l’ouverture de foyers sociaux, mais pas à côté de chez soi’ résume l’idée que beaucoup se font. « Les relations avec les gens du coin sont vitales, on fait les courses à la supérette d’à côté. C’est une manière de se débarrasser des idées reçues ».

Karine Cornument - Travailleur social

Comme tout CHRS, celui de la rue des Pyrénées accompagne les hébergés et déploie aussi sa pléiade d’acteurs de terrain. Deux travailleurs sociaux s’entretiennent avec les nouveaux arrivants dès leur arrivée. « Il y a d’abord une phase d’observation de six jours, pour s’assurer que la structure correspond bien au profil de l’hébergé, ajoute Souleymane, puis le contrat est signé au septième jour. » Le bilan est ensuite tiré toutes les deux semaines.

Quels sont profils qui composent cette équipe ? Le responsable du centre, deux travailleurs sociaux, cinq auxiliaires socio-éducatifs (« les permanents de nuit »). Ce sont eux qui « connaissent le mieux les hébergés ». Enfin, on retrouve aussi trois compagnons, qui « veillent sur la quiétude du centre » et s’occupe principalement de l’intendance et des ateliers.

Prendre la température, sur la pointe des pieds novembre 7 2007

Publié par Paul Gypteau in : Dans les foyers , ajouter 1 commentaire

355 rue des Pyrénées. On y est. Je pousse la porte, avec 5 minutes d’avance. J’ai rendez-vous à 17h avec Souleymane Bâ, le responsable du centre.

Foyer Emmaüs


Dans le salon, une jeune femme aux yeux bleus debout derrière le comptoir d’accueil essaie tant bien que mal de se faire comprendre par un hispanophone qui ne parle pas le français. « Esto no es posible » articule-t-elle avec un bon accent. C’est Karine, une salariée du foyer. Elle m’annonce auprès de Souleymane. Casquette noire vissée sur ses cheveux blonds, sweat foncé qui arbore les initiales ‘FBI’, jogging bleu marine et baskets aux pieds, on imagine qu’elle se prépare à aller courir. Mais c’est une activité tout aussi sportive qui occupe sa soirée.

Karine est « un peu une maîtresse de maison » selon ses mots. La jeune femme de 27 est en fait salariée de l’association. Elle est à la fois « médiatrice, négociatrice, agent d’accueil, auxiliaire socio-éducatif » et rappelle aussi parfois les « règles de citoyenneté aux hébergés ». Un vrai sacerdoce.

« Tout le monde peut être admis, papiers ou pas »

Ce foyer est l’une des quinze structures parisiennes gérées par Emmaüs. Un responsable de centre, deux travailleurs sociaux, cinq salariés et plusieurs compagnons Emmaüs veillent sur les 55 ‘accueillis’ que compte le foyer. Ils sont d’origine française, maghrébine, africaine et d’Europe de l’Est. Ces rescapés de la misère ont tous été orientés par les services sociaux avant d’atterrir rue des Pyrénées. « Tout le monde peut être admis, papiers ou pas. A condition d’avoir au moins 18 ans, de ne pas être totalement désocialisé et de ne pas présenter de pathologie » précise-t-on chez Emmaüs. Les ‘accueillis’ peuvent poser leurs valises pendant un mois. Une période renouvelable qui se prolonge parfois jusqu’à trois mois. « Une participation symbolique d’1,50 € par nuit est demandée, souligne Karine, l’hébergé dispose de deux semaines maximum pour rencontrer un travailleur social après son arrivée ». « On n’est pas dans une logique d’assistanat, on cherche à créer une dynamique. Ici, c’est une maison de vie, le but c’est d’avancer, pas de stagner. C’est un peu la pyramide de Maslow » souligne-t-elle.

Le foyer ouvre aussi ses portes durant la journée à des personnes dans le besoin qui sont de passage, « pour rester dans l’esprit de l’abbé Pierre ». C’est le cas de ce quadragénaire, « né à Issy-les-Moulineaux », que j’ai rencontré dans le salon. (more…)

Lumière sur un foyer d’hébergement Emmaüs novembre 7 2007

Publié par Paul Gypteau in : Dans les foyers , ajouter 1 commentaire

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Emmaüs m’ouvre les portes de son foyer d’hébergement de la rue des Pyrénées, dans le 20e arrondissement de Paris, pour quelques mois. Ce centre de stabilisation accueille des femmes et des hommes seuls sur le chemin de la réinsertion. Je m’y rendrai régulièrement pour les rencontrer, ainsi que les acteurs sociaux sur le terrain.

Cette première approche est délicate car le contact est difficile à établir avec les hébergés. Se faire connaître prend du temps. Leur confiance se mérite. C’est une démarche longue. Je relate ici mon premier passage au foyer il y a tout juste une semaine, ainsi que mes impressions. En vrac.