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“Après la rue” récompensé décembre 9 2007

Publié par Paul Gypteau in : Le buzz , 3commentaires

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“Après la rue” a été récompensé par les Rencontres du blog d’expression locale, organisées ce vendredi 7 décembre à Alençon. Après le vote des internautes et la décision du jury, ce blog a été primé dans la catégorie Social et Santé. Une mention spéciale a été décernée au blog de l’UPI d’Alençon.

Merci aux visiteurs qui ont voté pour moi ainsi qu’aux organisateurs de ces Rencontres. Merci également aux hommes et aux femmes qui, fragilisés par la rue, acceptent de me faire partager leurs expériences et leurs parcours.

Dédié à la réinsertion, j’espère que ce blog permet de sensibiliser les internautes à la problématique de l’exclusion sociale.

Voici le palmarès par catégorie

Un centre d’hébergement, comment ça marche ? décembre 4 2007

Publié par Paul Gypteau in : Dans les foyers , ajouter 1 commentaire

Retour au centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) d’Emmaüs, rue des Pyrénées dans le 20e arrondissement de Paris. J’avais rencontré plusieurs hébergés lors de mes précédents passages au foyer. Cette fois, c’est Souleymane Bâ, le chef de service qui me reçoit, pour m’expliquer le fonctionnement du foyer.

Souleymane Bâ - Chef de service

Avant de devenir un centre de stabilisation (CHRS) en octobre dernier, le foyer de la rue des Pyrénées a d’abord été un centre d’hébergement d’urgence. Mais quelle est la différence entre ces deux statuts ? « Dans le cas d’un CHU, on reste dans l’optique de l’urgence. Dans un foyer de réinsertion, on peut séjourner de 6 mois à un an » explique Souleymane Bâ, le chef de service du centre de 46 ans, qui œuvre chez Emmaüs depuis 1992. Ce n’est toutefois pas un objectif à terme, car la finalité du passage dans l’établissement est bien sûr d’en sortir.

Les personnes accueillies se trouvent déjà dans une dynamique d’insertion et cheminent vers l’autonomie. Tous n’ont pas connu la rue avant d’arriver ici. Beaucoup ont d’abord posé leurs valises dans des structures d’urgence temporaires. « Un CHRS est beaucoup plus sympa, les conditions de vie sont plus agréables. Par exemple, on place deux hébergés par chambres, voire en chambres individuelles dans certains cas » souligne le responsable du centre, fine moustache et veste en velours marron qui recouvre une chemise rayée. Mais la place est chère et les sollicitations nombreuses. « On reçoit jusqu’à 20 appels par jour ».

Parmi les 54 hébergés que compte le centre, la majorité travaille. Missions d’intérim, CDD à temps partiel et quelques rares CDI comptent parmi les emplois exercés. Beaucoup se qualifient eux-mêmes de ‘travailleurs pauvres’ : leur activité salariée ne leur permet pas de présenter suffisamment de garanties aux bailleurs lorsqu’ils cherchent un logement.

Quelle porte de sortie après ces longs mois de flottement passés au foyer ? S’ils sont nombreux à trouver des logements par eux-mêmes en déposant des demandes auprès des organismes sociaux, d’autres sont aiguillés vers des structures sociales. Les maisons relais et les résidences sociales, où l’on peut rester plus de deux ans, font partie du dispositif. Le demandeur peut aussi s’orienter vers un hôtel social – Emmaüs en gère plusieurs – qui ont des capacités d’accueil plus importantes. Ils peuvent à ce titre bénéficier de l’allocation de logement temporaire (ALT) et l’aide personnalisée au logement (APL).

Le centre d’hébergement : retour à la responsabilisation

L’apprentissage de la responsabilisation passe par une contribution financière à hauteur des moyens de chacun. « Chaque hébergé verse 15 % de ses propres revenus et s’occupe de l’entretien de sa chambre » explique Souleymane Bâ. Quand on parle d’insertion, elle ne concerne pas que le monde professionnel. Le foyer a aussi dû tordre le cou aux préjugés entretenus par le voisinage. ‘Oui à l’ouverture de foyers sociaux, mais pas à côté de chez soi’ résume l’idée que beaucoup se font. « Les relations avec les gens du coin sont vitales, on fait les courses à la supérette d’à côté. C’est une manière de se débarrasser des idées reçues ».

Karine Cornument - Travailleur social

Comme tout CHRS, celui de la rue des Pyrénées accompagne les hébergés et déploie aussi sa pléiade d’acteurs de terrain. Deux travailleurs sociaux s’entretiennent avec les nouveaux arrivants dès leur arrivée. « Il y a d’abord une phase d’observation de six jours, pour s’assurer que la structure correspond bien au profil de l’hébergé, ajoute Souleymane, puis le contrat est signé au septième jour. » Le bilan est ensuite tiré toutes les deux semaines.

Quels sont profils qui composent cette équipe ? Le responsable du centre, deux travailleurs sociaux, cinq auxiliaires socio-éducatifs (« les permanents de nuit »). Ce sont eux qui « connaissent le mieux les hébergés ». Enfin, on retrouve aussi trois compagnons, qui « veillent sur la quiétude du centre » et s’occupe principalement de l’intendance et des ateliers.

Jacques Deroo : « Je tire mon énergie de la rage » novembre 21 2007

Publié par Paul Gypteau in : Interviews , 5commentaires

Ancien sans-abri, Jacques Deroo est le fondateur du Village de l’espoir. Situé à Ivry-sur-Seine, ce village unique en son genre accueille des anciens SDF sur le chemin de la réinsertion. Interview.

Jacques Deroo

Comment est né ce village ?

L’idée était dans les tiroirs depuis 18 ans. Les incendies des immeubles et des hôtels à Paris en 2003 m’ont plongé dans la rage et m’ont poussé à ressortir le dossier.
Je me suis inspiré des chalets inutilisés dans les campings puis je me suis demandé pourquoi on ne pourrait pas en installer sur des terrains non constructibles inutilisés à Paris. Les pouvoirs publics et les collectivités étaient emballés par le projet, mais m’ont fait comprendre qu’ils n’en voulaient pas chez eux.

” Le Village garde toute son indépendance “

Puis les tentes du Canal St Martin sont arrivées. La merde a été exposée au grand jour : les SDF étaient visibles et les élections présidentielles approchaient. Une réponse forte était nécessaire. Jean-Louis Borloo m’a proposé d’ouvrir ce village sous le titre des « Salauds de pauvres ». L’association « Le cœur des Haltes » nous a donné le support administratif nécessaire pour porter le projet. Mais le village garde toute son indépendance. Après j’ai magouillé avec Vautrin (ex-ministre déléguée à la cohésion sociale sous l’ancien gouvernement, ndlr) et on a tout installé. En 5 semaines le terrain était viabilisé et on a installé tous les mobil-homes.

A l’origine, vous vouliez installer ces structures sur des chantiers, pourquoi ?

Pour pouvoir déplacer les mobil-homes de chantier en chantier, pour que les mecs puissent toujours avoir du boulot. Le problème est que si on avait construit plutôt que d’installer ces mobil-homes, il aurait fallu demander un permis de construire que personne ne nous aurait donné. Maintenant, on se retrouve dans une situation où un projet porté par l’UMP est mis en œuvre dans une mairie communiste, ce qui crée des problèmes.

” Je me sers de mon expérience comme d’une boîte à outils “

Vous-même avez été SDF pendant 15 mois après avoir passé plus de sept mois en prison. Quelles leçons tirez-vous aujourd’hui de votre parcours ?

Je m’en sers comme d’une boîte à outils. Un jour quelqu’un m’a tendu la main à l’Armée du Salut. J’ai été amené rapidement à diriger un centre, puis tout s’est enchaîné. Après je me suis aperçu que je pouvais aider les autres. Ça fait maintenant 23 ans. Ma femme et mes filles m’ont beaucoup aidé. Toute ma famille travaille dans le social.

Quelle est la différence entre votre collectif « Salauds de pauvres » et d’autres associations comme les Enfants de don Quichotte ?

Je suis très copain avec Augustin (Legrand, ndlr). Le seul problème est qu’il ne peut pas continuer à râler s’il ne se met pas les mains dans le cambouis. Les médias s’imaginent qu’on est en guerre, on m’a même proposé des émissions télé pour m’affronter à Augustin sur un plateau de télé. Mais nos idées sont quasiment les mêmes. Disons que moi j’applique ce que je dis, à partir du moment où j’ai les moyens de faire, je fais mon boulot.

Selon vous, comment va évoluer le village ?

Le bail a été renouvelé pour 5 ans. Le village a aujourd’hui fait ses preuves. C’est une marche pour les travailleurs pauvres qui n’ont pas les moyens d’avoir un logement. On est aussi en train de préparer des villages pour les plus cassés.
Avant la fin 2008, un village devrait ouvrir par département ainsi qu’une vingtaine en région parisienne, ce qui fait 118. Il fallait d’abord prouver que le concept était viable. C’est le cas. Vingt personnes quitteront bientôt le Village pour s’installer dans leur propre logement.

” J’ai lancé un appel à 1 000 camping-cars “

Aujourd’hui je laisse leur chance aux pouvoirs publics. Si ça n’avance pas, on les attend au tournant. J’ai lancé un appel à 1 000 camping-cars de toute l’Europe sur Internet, 900 ont déjà répondu présent. J’ai l’intention de les faire passer sur les Champs Elysées. Mais j’évite d’en parler pour l’instant. Étant donné que les RG m’ont mis sur écoute, je prends mes précautions.

Quelle est votre recette de la réinsertion ?

Il faut refuser l’assistanat. Les couples qui n’ont que le RMI (610 euros) quand ils arrivent participent à hauteur de 90 euros au loyer. On ne prend en charge ni le transport ni la nourriture. Si on veut demain pouvoir les renvoyer dans un logement, ils doivent être dans les mêmes conditions.

” Je tire mon énergie de la rage “

Vous témoignez de votre parcours dans votre dernier livre « Salauds de pauvre – Une histoire d’amour » (éd. Gutenberg). D’où puisez-vous votre énergie ?

C’est la rage qui m’a fait remonter. Je suis passé au travers beaucoup de choses pour monter ce village. Quand on veut s’accrocher, on peut. Quand j’étais dans le métro, qu’on m’a craché dessus et on m’a insulté, ça m’a donné assez de rage pour que dans ma vie jamais personne ne m’empêche d’avancer. Je tire mon énergie de la rage, de la colère que j’ai constamment de voir que tous les ans on répète les mêmes conneries et que tous les ans on dit que ne les fera plus. Le village a ouvert le 27 mars, deux jours avant on avait balancé des cocktails Molotov dans mon appartement (l’enquête est toujours en cours, ndlr). On a été les premiers SDF du village. C’est dur.

Pourquoi avoir refusé la mission que vous a proposée Christine Boutin ?

Je ne suis pas un énarque. Je veux rester qui je suis, dans mon milieu. Je suis à l’aise dans ce village, qu’est-ce que je j’irais faire dans un bureau ? Augustin s’est retrouvé dans la même position. Tout ce qu’on voulait c’était le faire taire mais la stratégie était réfléchie. S’il disait oui, on aurait dit qu’il s’était fait acheter. S’il disait non, le gouvernement lui aurait reproché de râler mais de ne rien vouloir faire. Il a finalement refusé.

” Je connais bien les médias et je sais les téléguider “

Votre projet a pris une ampleur médiatique considérable. Quelles relations entretenez-vous avec la presse ?

La seule chose qui fait peur aux pouvoirs publics c’est les médias. Je suis harcelé en permanence. Depuis le début de l’année j’ai dû donner environ 1 500 interviews. Mais il faut savoir ce qu’on veut. Ou je les envoie balader au risque qu’ils m’envoient balader quand j’aurai besoin d’eux, ou je joue le jeu en mettant le village en permanence devant les caméras. Je n’ai jamais refusé une seule interview. Aujourd’hui je connais bien les médias et je sais les téléguider.

Etes-vous satisfait de l’évolution de la situation des SDF en France ?

Je suis très content que ce village ait ouvert. Heureux, loin de là. C’est une petite goutte d’eau dans un océan. Comment on pourrait être content quand on sait que 7 000 personnes dorment toutes les nuits dans les rues de Paris ? Je ne suis même pas certain qu’on ait envie de les aider.

Avez-vous reçu un écho favorable de la part du public ?

Le public trouve que les initiatives envers les sans-abri sont excellentes mais préfèrent qu’on monte les projets chez les autres. Si on ouvre un centre d’hébergement dans Paris, les gens vont hurler.

Des gens pointent du doigt votre mégalomanie, que leur répondez-vous ?

J’ai toujours dit que j’avais un ego démesuré. C’est indispensable pour montrer qu’on a toujours raison.

Prix du blog d’expression locale novembre 16 2007

Publié par Paul Gypteau in : Le buzz , 1 commentaire seulement

Prix du blog d'expression locale

Pour la 2e année, les Rencontres nationales du blog d’expression locale récompensent les meilleurs blogs d’actualité. L’opération est destinée à favoriser les échanges entre les blogueurs locaux.

Ce blog est en lice dans la catégorie “Social et santé”. Votez pour moi… jusqu’au 30 novembre !

Manifestation de solidarité avec le DAL novembre 13 2007

Publié par Paul Gypteau in : Le buzz , 1 commentaire seulement

Entre 800 personnes selon la police et 2 500 selon les organisateurs ont manifesté dimanche dans les rues de Paris pour exprimer leur solidarité avec les mal-logés. Les manifestants, partis de la rue de la Banque où un campement de mal-logés est installé depuis plus d’un mois, ont défilé aux cris de “Un toit c’est la loi !”. Tous ont répondu à l’appel du Droit au logement (DAL).

Plusieurs formations politiques étaient présentes, dont le Parti communiste (PC), la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et les Verts. D’autres mouvements, dont la Ligue des droits de l’Homme et Alternative libertaire étaient aussi dans les rangs. Le Parti socialiste, pour sa part, était absent du cortège.

Comme le soulignent les personnes en voie de réinsertion, la question du logement est un pivot indispensable pour prendre le chemin de l’autonomie.

Quelques photos et vidéos de la manifestation, avec l’actrice Josiane Balasko en tête de cortège.

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Monsieur Boumadaf : précaire mais heureux novembre 11 2007

Publié par Paul Gypteau in : Portraits , 4commentaires

« La moustache, c’est la balayette d’amour »

A 82 ans, cet Algérien a posé ses valises au foyer Emmaüs Sainte-Anne, une structure autonome implantée dans le complexe hospitalier du même nom. « J’y suis arrivé il y a un mois » dit-il en sortant la petite carte bleue de la poche intérieure de sa veste, qui mentionne la date de son arrivée. Mais « Monsieur Boumadaf », comme le surnomment ses amis du foyer, n’en est pas à son premier séjour en centre d’hébergement d’urgence (CHU). « Je les connais bien, j’en ai fait beaucoup à Paris. »

Cette figure locale des foyers d’accueil ne fait pas qu’enchaîner les séjours dans les centres Emmaüs. Il collectionne aussi les conquêtes, qu’il accumule comme on enfile des perles. « Du matin au soir, je drague et je me balade » claironne notre lover du troisième âge, cheveux poivre et sel plaqués en arrière agrémentés d’une petite moustache bien taillée. « La moustache, c’est la balayette d’amour » précise-t-il. Il pétille. « A la Bastille, toutes les filles me connaissent ». Mais nul besoin de changer d’arrondissement pour trouver de « nouvelles jeunes filles ». Casanova poursuit. « Je vais souvent voir les filles à la sortie du lycée d’à côté, tout le monde me connaît depuis le temps » confie-t-il. Il invoque aussi parfois son grand âge pour user de stratagèmes tendancieux. « Une main qui glisse sur la poitrine d’une jolie fille et je m’excuse aussitôt en disant que c’est la faute de mon Parkinson ». Eclats de rire.
Il ne s’agit pas de perversité, mais d’un art de vivre. Le chéri de ses dames est émouvant et ne se « prend pas au sérieux ». Sa cravate Mickey lui confère un look aussi loufoque qu’attendrissant. (more…)

Une géographie de la misère ? novembre 9 2007

Publié par Paul Gypteau in : Le buzz , ajouter 1 commentaire
Le Secours catholique
publie son rapport

logo.gifDans son rapport annuel rendu jeudi, le Secours catholique montre que la misère change de visage selon les régions. Il souligne que les personnes aidées parviennent à se débrouiller plus facilement dans les grandes villes, où les possibilités d’aides et d’emplois sont plus nombreuses que dans les zones rurales. Le manque de transports est notamment pointé du doigt.

Rappelons que Nicolas Sarkozy s’est engagé, mi-octobre, à réduire la pauvreté d’au moins un tiers en cinq ans.

Prendre la température, sur la pointe des pieds novembre 7 2007

Publié par Paul Gypteau in : Dans les foyers , ajouter 1 commentaire

355 rue des Pyrénées. On y est. Je pousse la porte, avec 5 minutes d’avance. J’ai rendez-vous à 17h avec Souleymane Bâ, le responsable du centre.

Foyer Emmaüs


Dans le salon, une jeune femme aux yeux bleus debout derrière le comptoir d’accueil essaie tant bien que mal de se faire comprendre par un hispanophone qui ne parle pas le français. « Esto no es posible » articule-t-elle avec un bon accent. C’est Karine, une salariée du foyer. Elle m’annonce auprès de Souleymane. Casquette noire vissée sur ses cheveux blonds, sweat foncé qui arbore les initiales ‘FBI’, jogging bleu marine et baskets aux pieds, on imagine qu’elle se prépare à aller courir. Mais c’est une activité tout aussi sportive qui occupe sa soirée.

Karine est « un peu une maîtresse de maison » selon ses mots. La jeune femme de 27 est en fait salariée de l’association. Elle est à la fois « médiatrice, négociatrice, agent d’accueil, auxiliaire socio-éducatif » et rappelle aussi parfois les « règles de citoyenneté aux hébergés ». Un vrai sacerdoce.

« Tout le monde peut être admis, papiers ou pas »

Ce foyer est l’une des quinze structures parisiennes gérées par Emmaüs. Un responsable de centre, deux travailleurs sociaux, cinq salariés et plusieurs compagnons Emmaüs veillent sur les 55 ‘accueillis’ que compte le foyer. Ils sont d’origine française, maghrébine, africaine et d’Europe de l’Est. Ces rescapés de la misère ont tous été orientés par les services sociaux avant d’atterrir rue des Pyrénées. « Tout le monde peut être admis, papiers ou pas. A condition d’avoir au moins 18 ans, de ne pas être totalement désocialisé et de ne pas présenter de pathologie » précise-t-on chez Emmaüs. Les ‘accueillis’ peuvent poser leurs valises pendant un mois. Une période renouvelable qui se prolonge parfois jusqu’à trois mois. « Une participation symbolique d’1,50 € par nuit est demandée, souligne Karine, l’hébergé dispose de deux semaines maximum pour rencontrer un travailleur social après son arrivée ». « On n’est pas dans une logique d’assistanat, on cherche à créer une dynamique. Ici, c’est une maison de vie, le but c’est d’avancer, pas de stagner. C’est un peu la pyramide de Maslow » souligne-t-elle.

Le foyer ouvre aussi ses portes durant la journée à des personnes dans le besoin qui sont de passage, « pour rester dans l’esprit de l’abbé Pierre ». C’est le cas de ce quadragénaire, « né à Issy-les-Moulineaux », que j’ai rencontré dans le salon. (more…)

Lumière sur un foyer d’hébergement Emmaüs novembre 7 2007

Publié par Paul Gypteau in : Dans les foyers , ajouter 1 commentaire

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Emmaüs m’ouvre les portes de son foyer d’hébergement de la rue des Pyrénées, dans le 20e arrondissement de Paris, pour quelques mois. Ce centre de stabilisation accueille des femmes et des hommes seuls sur le chemin de la réinsertion. Je m’y rendrai régulièrement pour les rencontrer, ainsi que les acteurs sociaux sur le terrain.

Cette première approche est délicate car le contact est difficile à établir avec les hébergés. Se faire connaître prend du temps. Leur confiance se mérite. C’est une démarche longue. Je relate ici mon premier passage au foyer il y a tout juste une semaine, ainsi que mes impressions. En vrac.