Les maires priés de créer des carrés confessionnels

27 02 2008

Funéraire. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a demandé aux maires de favoriser la création de carrés musulmans et juifs dans les cimetières. Dans une circulaire du 19 février, elle souligne que « si le principe de laïcité des lieux publics, en particulier des cimetières, doit être clairement affirmé, il apparaît souhaitable, par souci d’intégration des familles issues de l’immigration, de favoriser l’inhumation de leurs proches sur le territoire français. »

En France, on compte 70 carrés musulmans dans les cimetières. C’est peu pour une population comprenant plus de cinq millions de musulmans. A défaut, la plupart des familles d’origine étrangère renvoient le corps du défunt dans son pays d’origine. Les autres doivent accepter une inhumation pas toujours conforme aux règles religieuses (l’orientation des tombes, la durée illimitée des sépultures, etc.).

La ministre a donc décidé de rappeler aux maires, qui assurent la police des funérailles et des cimetières, d’encourager le rapprochement des personnes de même confession. « Le développement d’espaces confessionnels me paraît être la solution à privilégier pour résoudre les difficultés qui me sont le plus souvent signalées, » a-t-elle affirmé tout en rappelant le caractère laïc des parties communes des cimetières.

Emmanuelle Msika



Confidences à Allah

24 02 2008

Confidences à Allah, de Saphia AzzeddineMonologue. Confidences à Allah est le premier roman de Saphia Azzeddine. C’est un livre léger, drôle, cru jusqu’à rendre mal à l’aise parfois.

Il dessine l’histoire d’une pauvre bergère maghrébine, Jbara. Une fille de 16 ans, socialement condamnée : elle n’a pas d’argent, pas d’éducation et vit dans un village paumé. Son seul confident, c’est Allah.

Je Lui en veux un peu à Allah de m’avoir laissée pourrir dans ce trou à rats. A droite il y a des montagnes, à gauche il y a des montagnes. Et au milieu, il y a nous, notre tente en peau de chèvre et notre troupeau de brebis.

Elle a une foi inébranlable en Allah, elle lui parle continuellement sans jamais s’y soumettre. Elle commente sa vie, perpétuel mélange de sujétion à l’homme et de liberté. Elle défie et rejette son dieu quand sa vie s’enfonce dans le miséreux. Mais pour elle, les mauvais choix ne sont que la faute des hommes. Et maudits soient ceux qui se servent de cette religion pour justifier leurs actes.

Extraits :

Un fkih c’est en général le plus idiot du village qui ne veut pas bosser pour de vrai alors un jour il décide de devenir imam. […] Les fkih ce sont des dangers publics qui bouffent gratos, qui vivent à l’œil sur le dos des pauvres et des ignorants. De vrais enfoirés que tous les pauvres gens respectent et craignent, en plus. Mon père le premier.

L’auteure conserve cette liberté d’écriture tout au long de son roman.

Le fkih, ce fils de pute, il lui a dit que la chose la plus haram du haram (péché, NDLR) c’est de ne plus être vierge. Décidément ! Dans l’absolu, moi je ne vois pas ce que ça change d’être trouée ou pas, mais apparemment ce trou-là est au centre du monde depuis des milliers d’années. Ça obsède tous les bonhommes. Et c’est même pas le leur, bordel !

Pour en savoir plus sur l’auteure, voici un entretien avec Saphia Azzeddine réalisé par les éditions Léo Sheer, le 8 janvier dernier :

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Emmanuelle Msika