Les nouveaux jardins de la Grande Mosquée
5 04 2008Végétation. La Grande Mosquée fait peau neuve. Ses jardins viennent d’être rénovés après trois ans de vide végétal. Pour la première fois, la mosquée de Paris a réussi à concilier art du jardin arabe et climat parisien.
Depuis l’entrée de la mosquée, par la place du Puits de l’Ermite, les jardins de la cour d’honneur se laissent entrevoir. D’influence hispano-mauresque, ils sont conçus comme un havre de paix préservé. Des fontaines, des bassins et des canaux axiaux agrémentent la cour et les rayons du soleil se réfléchissent sur les murs blancs qui l’entourent. Mais ce qui fait tout le charme de ces jardins, c’est la végétation, tout juste replantée, comme les glycines, le figuier, le magnolia, les grenadiers ou l’ensemble de jeunes fruitiers. « Tout était déséquilibré, les mosaïques fissurées, le carrelage fracassé et beaucoup de plantes n’ont pas survécu au climat », déplore Zoubir Salhi, des services généraux de la Grande Mosquée. « Il a fallu retrouver des essences et des arbres pour faire un jardin de type hispano-mauresque tout en tenant compte du climat parisien », ajoute-il.
À l’origine de ce travail, une historienne des jardins de France : Isabelle Levêque, qui s’est plongée dans les archives du lieu. Une étape indispensable pour préserver la culture musulmane. Elle s’est aussi inspirée de modèles étrangers, comme l’Alhambra, pour retrouver les ornements et plantations traditionnels : bordures de parterres, grands arbres, plantes en pot et cyprès d’Italie.
Les glycines, le long des galeries, sont les seuls vestiges conservés dans la cour d’honneur. Tout ce qui n’avait « pas de sens dans ce jardin », comme le laurier, le chêne ou les bambous, a été éliminé. L’administration de la mosquée n’a pas non plus souhaité planter d’arbres fruitiers, pour éviter que les visiteurs ne viennent y cueillir les fruits. Pourtant, on aperçoit des orangers dans des pots de terre, car un retraité, habitué de la Grande mosquée, est venu les planter discrètement. « On ne les a pas déterrés pour ne pas lui faire de la peine », explique Zoubir Salhi, irrité. « Mais je pique une colère quand j’arrive le lundi et que je trouve une nouvelle plante ! » Et cela arrive souvent, car dans ces jardins, chacun aime apporter sa pierre.
Emmanuelle Msika







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