Toilettes à la musulmane

19 05 2008

Insolite. Il a inventé les toilettes modernes. Tarek Shaaban a voulu faciliter la vie des musulmans en créant les “toilettes-bidet 2 en 1“. Tarek Shaaban présente les toilettes-bidet 2en1Il s’agit de wc munis d’une petite douche installée directement sur le bord intérieur. Très pratique pour faire ses ablutions. “Les musulmans utilisent généralement une bouteille d’eau placée à côté des toilettes pour se laver. Mais c’est difficile à utiliser, notamment pour les enfants”, explique Tarek Shaaban. Et pour le confort, l’usager pourra régler la température de la douchette jusqu’à 38°.

Tarek Shaaban n’a pas fini de surprendre. Il a déjà déposé le brevet de sa prochaine invention : les toilettes économiques dont la chasse d’eau sera remplie à partir de l’eau sale de la douche.

Emmanuelle Msika



L’UOIF rassemble les musulmans au Bourget

11 05 2008

Quelque 120 000 musulmans se sont réunis au Bourget pour la 25ème rencontre annuelle des musulmans de France. Organisé par l’UOIF, le plus grand rassemblement de musulmans en France s’est étendu sur quatre jours (du 8 au 11 mai), avec pour thème : la famille. Cette année, la rencontre a été marquée par la présence de Tariq Ramadan (ci-dessous) et par l’intervention du vice-président de l’UOIF, Fouad Alaoui.

A un mois des élections du Conseil français du culte musulman, celui-ci a annoncé que le “moment du changement était arrivé”. Il souhaite que le CFCM devienne “libre et indépendant”, détaché des enjeux diplomatiques. Le candidat à la succession du président sortant Dalil Boubakeur a critiqué la “léthargie” actuelle du CFCM qui “n’arrive pas à porter un projet qui satisfasse les musulmans de France”.
Ces derniers sont des dizaines de milliers à s’être déplacés samedi pour assister aux nombreuses conférences sur la famille et pour flâner parmi les stands du salon. Un aperçu de l’événement en six photos sur la journée de samedi.

 

Tariq RamadanTrès attendu. Tariq Ramadan, professeur d’islamologie et petit-fils du fondateur des Frères musulmans, Hassan El Banna, est intervenu, pour la première fois depuis des années, au rassemblement annuel de l’UOIF. Devant des fidèles en “surnombre” selon les organisateurs, les femmes à gauche, les hommes à droite, il a défendu le mariage libre. “Le mariage forcé n’est pas islamique car le mariage c’est d’abord le consentement d’un homme et d’une femme.” Pendant quarante minute, il a répété devant un auditoire captivé que le mariage devait d’abord répondre à des envies et non à une obligation. “Trop de femmes et d’hommes pensent qu’il suffit de se marier dans la foi et les principes et finissent par se déchirer. “

Une foule médusée écoute le discours de Tariq RamadanReconnaissant que certaines femmes musulmanes n’étaient pas traitées d’égal à égal avec leur mari, il a rappelé que le Prophète Mahomet avait toujours laissé “ses femmes aller au bout de leur potentialité”. Dans le couple, “il ne faut pas que l’un se développe et l’autre se perde, a-t-il ajouté. Il faut la même autonomie et le même épanouissement”.

Photos : Alexis Jacquet

Des stands de vêtements bondés, des vendeurs débordés

Fringues à foison. Dans le salon, beaucoup de musulmanes se ruent vers les stands de vêtements. Les tuniques multicolores bon marché s’arrachent. Et les exposants sont débordés, comme ceux du stand de Kadi Mode (photo) où l’affluence ne faiblit pas depuis ce matin. Plus loin, les livres et gadgets technologiques sont aussi très prisés. Les moins sollicités sont les bénévoles qui militent pour la construction de mosquées locales. Ils tentent avec difficulté de recueillir quelques pièces en haranguant les visiteurs.

Femmes voilées. Les femmes du Comité 15 mars et libertés ont tenu un discours alarmant sur les entraves à la pratique de leur religion. Constituées en association depuis la loi du 15 mars 2004 qui interdit le voile à l’école, elles ont recueilli, depuis, de nombreux témoignages de jeunes femmes exclues des lycées. Il s’agit d’une “atteinte aux libertés religieuses”, a affirmé la présidente Fatima Ayache. “Cette loi n’est qu’un début, il va y avoir un effet de contagion.” Sans nuance, elle a déploré l’existence d’un “courant généralisé et grandissant de négation religieuse”. Le Comité 15 mars et libertés a déposé, samedi, un recours contre cette loi devant la Cour européenne des droits de l’homme.

La salle de restauration à l'heure du déjeuner Déjeuner halal. La salle de restauration est pleine à craquer. On y mange sandwich halal ou fricassés et on y boit du Mecca Cola, tout en partageant sa table avec des musulmans venus de toute l’Europe. “On mange ensemble, on partage, on fait des rencontres et tout le monde est gai”, s’exclame Halima, 52 ans, venue de Roubaix.

 

“Plein de frères et sœurs”. Chez les jeunes femmes musulmanes, le même discours revient souvent : “Ici, on se sent bien”. Fanta, Amina et ses copines sont venues écouter les prédicateurs et acheter des vêtements“Une noire voilée qui marche dans les rues de Saint-Disiez (Haute-Marne), on la regarde bizarrement”, raconte Fanta Fadiga, 16 ans (photo). On entend souvent des gens nous dire de retourner dans notre pays”. “Ici, au moins, il y a plein de frères et sœurs”, ajoute son amie, Amina (photo).

C’est également le sentiment que partage Noria, 26 ans, “soulée” par les remarques récurrentes des non musulmans. “On nous scrute, on nous demande tout le temps si on n’a pas chaud sous notre voile…” Pour elle, la femme musulmane n’est asservie à aucun homme, elle n’est “soumise qu’à Dieu”.

 

Emmanuelle Msika



Elections du CFCM, la Grande Mosquée refuse d’y participer

3 05 2008

La Grande Mosquée de ParisElections. La Grande Mosquée de Paris refuse de participer aux élections du Conseil français du culte musulman (CFCM), prévues le 8 juin prochain. Elle a qualifié d’”iniques” les critères de représentativité de l’organe représentatif des musulmans de France, lors d’une conférence de presse samedi 3 mai. Elle conteste surtout le mode de désignation des délégués qui votent pour la constitution des Conseil régionaux du culte musulman (CRCM), étape préliminaire aux élections du CFCM.

Le nombre de délégués est calculé en fonction de la surface des lieux de culte : 1000 m² donne droit à 10 délégués. La Mosquée de Paris estime que cela profite surtout à “des lieux de culte récemment édifiés, en périphérie urbaine voire dans les campagnes, qui ont des surfaces importantes” et favorise “l’émergence d’une représentativité qui ne reflète en rien la sociologie de l’islam”. En conséquence, elle “ne peut admettre de se voir reléguée à un rôle secondaire et une place insignifiante, voire fantomatique”.

Dalil Boubakeur, le président du CFCM, a par ailleurs rappelé que cela fait “des années” qu’ils dénoncent “ces critères de représentativité comme injustes”. De son côté, le ministère de l’Intérieur, qui souhaite que toutes les instances musulmanes participent à ces élections, a affirmé à l’AFP que ces critères sont fixés par le CFCM lui-même. Il a ajouté que, depuis 2003, “aucune initiative” n’avait été prise par sa présidence pour les modifier.

Emmanuelle Msika