L’UOIF rassemble les musulmans au Bourget
11 05 2008Quelque 120 000 musulmans se sont réunis au Bourget pour la 25ème rencontre annuelle des musulmans de France. Organisé par l’UOIF, le plus grand rassemblement de musulmans en France s’est étendu sur quatre jours (du 8 au 11 mai), avec pour thème : la famille. Cette année, la rencontre a été marquée par la présence de Tariq Ramadan (ci-dessous) et par l’intervention du vice-président de l’UOIF, Fouad Alaoui.
A un mois des élections du Conseil français du culte musulman, celui-ci a annoncé que le “moment du changement était arrivé”. Il souhaite que le CFCM devienne “libre et indépendant”, détaché des enjeux diplomatiques. Le candidat à la succession du président sortant Dalil Boubakeur a critiqué la “léthargie” actuelle du CFCM qui “n’arrive pas à porter un projet qui satisfasse les musulmans de France”.
Ces derniers sont des dizaines de milliers à s’être déplacés samedi pour assister aux nombreuses conférences sur la famille et pour flâner parmi les stands du salon. Un aperçu de l’événement en six photos sur la journée de samedi.
Très attendu. Tariq Ramadan, professeur d’islamologie et petit-fils du fondateur des Frères musulmans, Hassan El Banna, est intervenu, pour la première fois depuis des années, au rassemblement annuel de l’UOIF. Devant des fidèles en “surnombre” selon les organisateurs, les femmes à gauche, les hommes à droite, il a défendu le mariage libre. “Le mariage forcé n’est pas islamique car le mariage c’est d’abord le consentement d’un homme et d’une femme.” Pendant quarante minute, il a répété devant un auditoire captivé que le mariage devait d’abord répondre à des envies et non à une obligation. “Trop de femmes et d’hommes pensent qu’il suffit de se marier dans la foi et les principes et finissent par se déchirer. “
Reconnaissant que certaines femmes musulmanes n’étaient pas traitées d’égal à égal avec leur mari, il a rappelé que le Prophète Mahomet avait toujours laissé “ses femmes aller au bout de leur potentialité”. Dans le couple, “il ne faut pas que l’un se développe et l’autre se perde, a-t-il ajouté. Il faut la même autonomie et le même épanouissement”.
Photos : Alexis Jacquet

Fringues à foison. Dans le salon, beaucoup de musulmanes se ruent vers les stands de vêtements. Les tuniques multicolores bon marché s’arrachent. Et les exposants sont débordés, comme ceux du stand de Kadi Mode (photo) où l’affluence ne faiblit pas depuis ce matin. Plus loin, les livres et gadgets technologiques sont aussi très prisés. Les moins sollicités sont les bénévoles qui militent pour la construction de mosquées locales. Ils tentent avec difficulté de recueillir quelques pièces en haranguant les visiteurs.
Femmes voilées. Les femmes du Comité 15 mars et libertés ont tenu un discours alarmant sur les entraves à la pratique de leur religion.
Constituées en association depuis la loi du 15 mars 2004 qui interdit le voile à l’école, elles ont recueilli, depuis, de nombreux témoignages de jeunes femmes exclues des lycées. Il s’agit d’une “atteinte aux libertés religieuses”, a affirmé la présidente Fatima Ayache. “Cette loi n’est qu’un début, il va y avoir un effet de contagion.” Sans nuance, elle a déploré l’existence d’un “courant généralisé et grandissant de négation religieuse”. Le Comité 15 mars et libertés a déposé, samedi, un recours contre cette loi devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Déjeuner halal. La salle de restauration est pleine à craquer. On y mange sandwich halal ou fricassés et on y boit du Mecca Cola, tout en partageant sa table avec des musulmans venus de toute l’Europe. “On mange ensemble, on partage, on fait des rencontres et tout le monde est gai”, s’exclame Halima, 52 ans, venue de Roubaix.
“Plein de frères et sœurs”. Chez les jeunes femmes musulmanes, le même discours revient souvent : “Ici, on se sent bien”.
“Une noire voilée qui marche dans les rues de Saint-Disiez (Haute-Marne), on la regarde bizarrement”, raconte Fanta Fadiga, 16 ans (photo). On entend souvent des gens nous dire de retourner dans notre pays”. “Ici, au moins, il y a plein de frères et sœurs”, ajoute son amie, Amina (photo).
C’est également le sentiment que partage Noria, 26 ans, “soulée” par les remarques récurrentes des non musulmans. “On nous scrute, on nous demande tout le temps si on n’a pas chaud sous notre voile…” Pour elle, la femme musulmane n’est asservie à aucun homme, elle n’est “soumise qu’à Dieu”.
Emmanuelle Msika
Catégories : Flash'actu, Foi







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