La légende Oum Kalsoum à Paris

23 06 2008

La diva. On l’a appelée la quatrième pyramide, la première dame d’Egypte ou encore la voix des Arabes. Oum Kalsoum, artiste légendaire née en 1904, a chanté dans presque toutes les capitales arabes, où elle a toujours reçu un accueil triomphal. L’unique fois où elle s’est produite en Occident, c’était à Paris, à l’Olympia, en novembre 1967. L’institut du monde arabe consacre à l’artiste égyptienne une exposition jusqu’au 2 novembre. Personnalités du monde artistique et du monde politique s’y sont déjà rendues. Plus de 30 ans après sa mort, ils se souviennent d’Oum Kalsoum, et racontent.

Interview à l’Institut du monde arabe, le 16 juin, d’Eric Delpont, commissaire de l’exposition, Farouk Hosni, ministre égyptien de la Culture, Khaled Hafez, artiste peintre égyptien et Jack Lang, ancien ministre de la Culture.

Voir le diaporama sonore (cliquer sur “captions” pour voir les légendes)

Emmanuelle Msika



L’orientalisme confiné aux caves des musées parisiens

1 06 2008

Art. L’orientalisme a fait irruption au musée d’Orsay. Mais les jours sont comptés avant que ces tableaux ne disparaissent à nouveau dans les réserves du musée. Représentatives du courant artistique du 19e siècle qui s’est intéressé aux cultures turques, maghrébines et arabes, ces œuvres ont été sorties et présentées au public à l’occasion de la nuit des musées, le 17 mai dernier.

Pour cet événement, Stéphane Guégan, chef du service culturel du musée d’Orsay, et sa collègue Rosa Djaoud avaient conçu un parcours orientaliste d’une dizaine d’œuvres encore exposées. Certains tableaux n’avaient pas vu le jour depuis vingt ans, comme Esclave d’amour et lumière des yeux (ci-dessous). Esclave d’amour et lumière des yeux, d’Etienne Dinet

Cette œuvre d’Etienne Dinet, peinte vers 1900, est restée très célèbre jusque dans les années 1930-1940, avant d’être totalement déconsidérée et qualifiée de “vulgaire” ou “kitsch”. Converti à l’islam dans les années 1910, Etienne Dinet a vécu entre la France et l’Algérie, partagé entre deux cultures. La plupart de ses tableaux ont été peints à ses retours d’Algérie. En France, sa palette riche et raffinée a laissé quasi indifférent.

En revanche, ses œuvres ont été très prisées par les collectionneurs arabes, comme celles d’autres peintres français de l’orientalisme : Théodore Chassériau, Jules-Alexis Muenier, Gustave Guillaumet ou Léon Belly. “Les collectionneurs arabes ont joué un rôle décisif, confirme Stéphane Guégan. Ils ont permis d’avoir une autre approche en montrant que ces tableaux ne sont pas des caricatures du monde arabo-musulman.” Le regard des occidentaux sur ces artistes a commencé à changer dans les années 1980. Pour preuve : aujourd’hui, leurs œuvres deviennent presque inaccessibles en salle de ventes.

Le lendemain du Ramadan, d’Etienne Dinet, 1895Mais dans les salles d’exposition, elles restent très discrètes. Aucun espace n’est consacré à l’orientalisme au musée d’Orsay, par exemple, alors que ses réserves comportent une centaine d’œuvres consacrées. “Ces collections sont mal étudiées et mal exploitées par les historiens de l’art en France”, explique Stéphane Guégan. Il y a un déficit de recherche et d’intérêt pour le domaine.”

Contrairement aux pays européens et aux Etats-Unis, l’orientalisme n’est pas considéré comme une catégorie en France. Pélerins allant à La Mecque, Léon Belly, 1861“Il serait tant de s’y mettre, estime Stéphane Guégan. L’orientalisme n’est pas là pour régler le problème des banlieues mais pour contribuer à faire changer le discours et la vision de l’islam.” Depuis peu, le musée d’Orsay a un nouveau directeur, Guy Cogeval. Un changement de direction qui ouvre de nouvelles perspectives à l’art orientaliste.

Emmanuelle Msika

 

Quelques tableaux à voir actuellement au musée d’Orsay :

Etienne Dinet. Esclave d’amour et lumière des yeux ; Légende arabe
Léon Belly. Pélerins allant à La Mecque
Théodore Chassériau. Chefs de tribus arabes se défiant au combat
Jules-Alexis Muenier. Le port d’Alger
Pierre-Auguste Renoir. La mosquée, fête arabe ; Le ravin, paysage algérien
Gustave Guillaumet. Laghouat, Sahara algérien
Henri Regnault. Exécution sans jugement sous les rois maures de Grenade

Un site intéressant sur la peinture orientaliste : http://orientaliste.free.fr



Les filles voilées parlent

28 04 2008

Les filles voilées parlentTémoignages. Elles ont toutes choisi de porter le voile. Sans soumission ni pression. Dans Les filles voilées parlent, 44 femmes musulmanes de France racontent ce qu’elles ont vécu après la loi du 15 mars 2004, interdisant les signes religieux ostensibles dans les lieux publics. Cet ouvrage, selon l’un des auteurs, Pierre Tevanian, c’est l’histoire de “celles pour qui les mots d’ordre d’”interdiction des signes ostensibles” ou de “neutralité de l’espace public” n’ont été synonymes ni de “réaffirmation de la laïcité” ni d’”émancipation” ni de “promotion du vivre ensemble”, mais tout simplement, prosaïquement, d’humiliation, d’exclusion, d’injures ou même d’agressions.”

Celles qui ont accepté de parler sont des lycéennes expulsées, des mamans voilées “humiliées” et des femmes actives “discriminées”. Extraits :

Lamia, en première au lycée de Trappes (Yvelines) : Dans le règlement intérieur, ils avaient écrit “interdiction de tout couvre-chef”, mais en fait c’était : “couvre-chef interdit aux musulmanes”. Au début de l’année, ils faisaient la chasse aux bandeaux, aux casquettes et à tout couvre-chef, mais dès qu’ils se sont débarrassés de nous, ils ont laissé des filles porter des bandeaux. Ils ont même accepté des grandes boucles d’oreilles en forme de croix. Ça passait inaperçu, alors que pour nous, il y avait des radars à l’entrée, qui nous attendaient toute la journée.

Etre enfermée pendant deux mois dans une salle, sans profs, sans travail, sans conseils, c’est une pression énorme. On voit les jours passer, on prend du retard, avec le proviseur qui demande sans arrêt : “Alors, vous l’enlevez ?” C’est dur.

Keltoum, au lycée de Mantes-la-Jolie (Yvelines) : La manière dont on nous a traitées et dont on nous a parlé m’a vraiment blessée, agressée, humiliée. Nous enfermer dans une salle à l’écart, comme des bêtes enragées, nous priver de scolarité (alors que c’était l’année du bac), subir menaces et pression de la part de l’équipe pédagogique, tout cela a été psychologiquement très dur.

Melaaz, lycéenne à Paris : J’ai perdu toute confiance en moi : car lorsque la société entière et les médias nous montrent comme des filles soumises, fragiles et “marginales”, on finit forcément par le croire et par s’auto-exclure de la société. On perd tout espoir en l’avenir. C’est une véritable blessure psychologique, impossible à cicatriser.

Sfane, Montreuil-sous-Bois : J’avais des tas de projets, mais la société me rejette ! Je voulais devenir une scientifique, mais avec un foulard, est-ce possible ? […] On ne s’est jamais adressé à nous pour savoir pourquoi le foulard était si important pour nous, et pourquoi ça nous faisait si mal de l’enlever.

Naima, lycéenne à Orly (Val-de-Marne) : Voile = symbole de l’inégalité entre l’homme et la femme ? Mais pour qui nous prend-on ? Pour des arriérées qu’il faut civiliser parce que nous ne savons pas, nous, que nous sommes des femmes, et que nous n’avons pas à nous rabaisser devant les hommes ? […] J’ai envie de crier, car tout cela s’est passé sans que nous n’ayons rien pu faire. Nos souffrances, on s’en fout.

Malika, mère de deux enfants, interdite d’accompagnement scolaire pour port de voile, Montreuil-sous-Bois : Quel regard les autres enfants vont-ils porter sur cet enfant dont la maman n’a pas “le droit” d’accompagner ? Quel regard l’enfant va-t-il porter sur cette école qui choisit entre les “bonnes” et les “mauvaises” mamans ? Quel regard va-t-il porter sur sa mère ? Mon fils a beaucoup souffert de me voir exclue.

Infos pratiques : Les filles voilées parlent, Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian. Edition La fabrique, 2008. 18 euros.

Emmanuelle Msika



Les nouveaux jardins de la Grande Mosquée

5 04 2008

Végétation. La Grande Mosquée fait peau neuve. Ses jardins viennent d’être rénovés après trois ans de vide végétal. Pour la première fois, la mosquée de Paris a réussi à concilier art du jardin arabe et climat parisien.

Jardins de la grande mosquéeDepuis l’entrée de la mosquée, par la place du Puits de l’Ermite, les jardins de la cour d’honneur se laissent entrevoir. D’influence hispano-mauresque, ils sont conçus comme un havre de paix préservé. Des fontaines, des bassins et des canaux axiaux agrémentent la cour et les rayons du soleil se réfléchissent sur les murs blancs qui l’entourent. Mais ce qui fait tout le charme de ces jardins, c’est la végétation, tout juste replantée, comme les glycines, le figuier, le magnolia, les grenadiers ou l’ensemble de jeunes fruitiers. « Tout était déséquilibré, les mosaïques fissurées, le carrelage fracassé et beaucoup de plantes n’ont pas survécu au climat », déplore Zoubir Salhi, des services généraux de la Grande Mosquée. « Il a fallu retrouver des essences et des arbres pour faire un jardin de type hispano-mauresque tout en tenant compte du climat parisien », ajoute-il.

Les jardins de la Grande MosquéeÀ l’origine de ce travail, une historienne des jardins de France : Isabelle Levêque, qui s’est plongée dans les archives du lieu. Une étape indispensable pour préserver la culture musulmane. Elle s’est aussi inspirée de modèles étrangers, comme l’Alhambra, pour retrouver les ornements et plantations traditionnels : bordures de parterres, grands arbres, plantes en pot et cyprès d’Italie.

Les glycines, le long des galeries, sont les seuls vestiges conservés dans la cour d’honneur. Tout ce qui n’avait « pas de sens dans ce jardin », comme le laurier, le chêne ou les bambous, a été éliminé. L’administration de la mosquée n’a pas non plus souhaité planter d’arbres fruitiers, pour éviter que les visiteurs ne viennent y cueillir les fruits. Pourtant, on aperçoit des orangers dans des pots de terre, car un retraité, habitué de la Grande mosquée, est venu les planter discrètement. « On ne les a pas déterrés pour ne pas lui faire de la peine », explique Zoubir Salhi, irrité. « Mais je pique une colère quand j’arrive le lundi et que je trouve une nouvelle plante ! » Et cela arrive souvent, car dans ces jardins, chacun aime apporter sa pierre.

Emmanuelle Msika



Confidences à Allah

24 02 2008

Confidences à Allah, de Saphia AzzeddineMonologue. Confidences à Allah est le premier roman de Saphia Azzeddine. C’est un livre léger, drôle, cru jusqu’à rendre mal à l’aise parfois.

Il dessine l’histoire d’une pauvre bergère maghrébine, Jbara. Une fille de 16 ans, socialement condamnée : elle n’a pas d’argent, pas d’éducation et vit dans un village paumé. Son seul confident, c’est Allah.

Je Lui en veux un peu à Allah de m’avoir laissée pourrir dans ce trou à rats. A droite il y a des montagnes, à gauche il y a des montagnes. Et au milieu, il y a nous, notre tente en peau de chèvre et notre troupeau de brebis.

Elle a une foi inébranlable en Allah, elle lui parle continuellement sans jamais s’y soumettre. Elle commente sa vie, perpétuel mélange de sujétion à l’homme et de liberté. Elle défie et rejette son dieu quand sa vie s’enfonce dans le miséreux. Mais pour elle, les mauvais choix ne sont que la faute des hommes. Et maudits soient ceux qui se servent de cette religion pour justifier leurs actes.

Extraits :

Un fkih c’est en général le plus idiot du village qui ne veut pas bosser pour de vrai alors un jour il décide de devenir imam. […] Les fkih ce sont des dangers publics qui bouffent gratos, qui vivent à l’œil sur le dos des pauvres et des ignorants. De vrais enfoirés que tous les pauvres gens respectent et craignent, en plus. Mon père le premier.

L’auteure conserve cette liberté d’écriture tout au long de son roman.

Le fkih, ce fils de pute, il lui a dit que la chose la plus haram du haram (péché, NDLR) c’est de ne plus être vierge. Décidément ! Dans l’absolu, moi je ne vois pas ce que ça change d’être trouée ou pas, mais apparemment ce trou-là est au centre du monde depuis des milliers d’années. Ça obsède tous les bonhommes. Et c’est même pas le leur, bordel !

Pour en savoir plus sur l’auteure, voici un entretien avec Saphia Azzeddine réalisé par les éditions Léo Sheer, le 8 janvier dernier :

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Emmanuelle Msika



A l’origine de l’alphabet arabe

27 01 2008

Histoire. Les Phéniciens sont les grands inventeurs de l’alphabet. Cette civilisation, à découvrir à l’Institut du monde arabe, est à l’origine de quasiment tous les systèmes alphabétiques. Marins, marchands, artisans, les Phéniciens ont connu leur apogée vers 1100 avant JC sur un territoire correspondant au Liban actuel, la Phénicie, qui se composait d’un ensemble de cités tournées vers la mer. On y a retrouvé des tablettes d’argile gravées, premiers témoignages de cette écriture. C’est l’Abbé Barthélémy en 1758 qui a déchiffré cet alphabet composé de 22 lettres dont la lecture linéaire se faisait de droite à gauche, comme en arabe.

La comparaison avec les 29 lettres arabes est flagrante. Exemple avec la première lettre, aleph, qui signifie boeuf. Aleph était d’abord représentée par une tête de boeuf. Puis le dessin a été simplifié. En arabe, aleph est devenu alif.

Les tableaux ci-dessous soulignent les autres ressemblances. 

L’alphabet phénicien : 

bœuf (’aleph = /’/) aiguillon (lamed = /l/)
maison (beth = /b/) eau (mem = /m/)
chameau (gimel = /g/) poisson (nun = /n/)
porte (daleth = /d/) poisson (sâmekh = /s/)
[ = /h/] œil (‘ain = /‘/)
clou (waw = /w/) bouche (pe = /p/)
arme (zain = /z/) [san = /s/]
[heth = /h/] [qoppa = /q/]
[thet = /t/] tête (resh = /r/)
bras (yodh = /j/) dent (sin = /s/)
paume (kaph = /k/) croix (tau = /t/)

Alphabet arabe (à lire de droite à gauche) :

Alphabet arabe, à lire de droite à gauche

Le phénicien s’est répandu en Orient et en Occident. Il a également été le précurseur de l’alphabet grec, araméen ancien, palmyrénien, syriaque et hébreu.

A voir : La Méditerranée des Phéniciens. De Tyr à Carthage. A l’Institut du Monde arabe jusqu’au 20 avril 2008. Tous les jours sauf le lundi.

Emmanuelle Msika



Entre Islam et démocratie

2 12 2007

Lire. Mahnaz Shirali, sociologue iranienne, travaille auprès des jeunes depuis dix ans. En 2001, elle était l’auteure de « Comment peut-on être jeune en Iran ? ». Aujourd’hui, elle publie un livre sur les jeunes musulmans marginalisés des banlieues françaises : « Entre islam et démocratie. Parcours de jeunes Français d’aujourd’hui ». Dominique Schnapper, sociologue française renommée, explique en préface la problématique de l’auteure : « l’Islam de la « clôture dogmatique », qui interdit le libre exercice de la pensée […], peut-il s’ouvrir à la démocratie, fondée sur l’esprit critique, et la valeur de la critique ? »

Ouvrage de Mahnaz Shirali La force de cet ouvrage repose principalement sur les deux ans d’enquête de 2003 à 2005 pendant lesquelles Mahnaz Shirali a recueilli les témoignages de plus de 150 jeunes musulmans de 18 à 25 ans. Ces jeunes Français issus de l’immigration et marginalisés dans les banlieues parisiennes sont le « produit d’une intégration inachevée et ambiguë », explique-t-elle. Le regard de la sociologue se pose essentiellement sur une jeunesse victime de conditions sociales défavorisées qui s’estime trompée par des discours d’égalité et de liberté : « On nous a menti » est une phrase qui revient régulièrement.
L’auteure se plonge dans l’histoire de ces Français issus de l’immigration avant d’aborder la tension qui existe chez ces jeunes entre la désillusion de la démocratie et la séduction de l’Islam. Pour elle, cette désillusion est en grande partie responsable du « réveil musulman » : des jeunes qui pensent pouvoir trouver dans l’Islam les principes d’égalité qu’ils n’ont pas vus dans la démocratie. Une part importante de l’ouvrage est consacrée aux prédicateurs musulmans qui ont une capacité à « assujettir » les jeunes marginalisés qui portent une confiance illimitée en Dieu et « ses représentants ».
Néanmoins, les questions qui fâchent sur l’Islam n’ont pas abouti, fait remarquer Mahnaz Shirali. Un manque minimisé par la richesse des autres témoignages obtenus avec difficulté sur un terrain peu favorable aux chercheurs encore plus mal perçus que la police.

Infos pratiques : « Entre islam et démocratie. Parcours de jeunes Français d’aujourd’hui », Mahnaz Shirali.
Armand Colin. 22,50 euros.

 

Emmanuelle Msika



Les arts de l’Islam

23 11 2007

Unique. Des chefs-d’œuvre de l’Islam sont exposés en ce moment au Musée des Arts Décoratifs à Paris. Le mot n’est pas trop fort pour des pièces uniques longtemps déconsidérées par les musées français. Les Arts Décoratifs se sont enrichis grâce aux legs de collectionneurs tels les marchands Dikran Koechlin ou Charles Vignier. Les 300 pièces exposées dans la grande nef et dans les deux allées mitoyennes viennent de tout le monde musulman, depuis le XIIIe siècle et jusqu’au XIX siècle : l’Espagne, l’Egypte, la Syrie, le Maghreb, l’Iran et l’Asie centrale.Première entrevue du prince Hömay et de la princesse Homâyun
Les œuvres provenant d’Iran et de Turquie sont les plus impressionnantes. Coup de cœur pour la célèbre miniature timouride Houmay et Houmayoun qui date de 1430-1440 (ci-contre).

Les fragments de céramique en forme d’étoiles à huit branches sont également à voir, tout comme les encadrements iraniens peints à la gouache.
En revanche, les œuvres du Maghreb sont beaucoup plus restreintes. Il faut dire que la France coloniale a admiré tardivement les arts de cette région Elles sont disposées dans la seconde allée, aux côtés des reproductions faites par des artistes français inspirés par l’orientalisme. Cette dernière partie de l’exposition manque peut-être d’éclairage historique. Elle montre surtout que les chefs-d’œuvre de l’Islam dont disposent les musées français sont très rares.

Iran 13ème siècleLes Arts Décoratifs et le Louvre ont prévu de rassembler leurs collections en 2010 dans un nouveau département consacré aux arts de l’Islam.

Infos pratiques : “Purs décors? Chefs-d’oeuvre de l’Islam aux Arts Décoratifs”. Jusqu’au 13 janvier 2008. Musée des Arts Décoratifs. 107 rue de Rivoli. Paris 1er.

Emmanuelle Msika