L’@utisme

Le blog sur l’autisme et les troubles envahissants du développement (TED).

DANS “J’TE SOUHAITE AU REVOIR” SANDRINE BONNAIRE JOUE UNE AUTISTE

Posted by estelle on janvier 28th, 2008

Sabine BonnaireA l’occasion de la projection de son film « Elle s’appelle Sabine » (photo de Sabine Bonnaire extraite du film), organisée par la Fondation Orange, la comédienne Sandrine Bonnaire a répondu aux questions des spectateurs. Elle en a profité pour parler de son nouveau film, qu’elle a co-écrit avec son mari Guillaume Laurant, et dans lequel elle joue Patricia, une jeune autiste. « J’te souhaite au revoir », comme « Elle s’appelle Sabine », sort mercredi dans les salles. Extraits des échanges.

Avec votre premier film, « Elle s’appelle Sabine », vous avez voulu interpeller sur les carences de la prise en charge des personnes avec autisme. Quel est l’objectif de « J’te souhaite au revoir » ?

Sandrine Bonnaire : A l’opposé d’ « Elle s’appelle Sabine » qui montre la réalité, « J’te souhaite au revoir » est une fiction. J’ai co-écrit le scénario avec mon mari, Guillaume Laurant. Nous avons voulu faire une sorte de diptyque réalité-fiction. Mais le film s’inspire d’une histoire vraie qui s’est passée dans le foyer où se trouve Sabine (foyer de vie de Montmoreau Saint-Cybard, ndlr). Un jour un train est tombé en panne. Les voyageurs ont trouvé refuge dans le foyer et ont été accueillis par des autistes et handicapés mentaux. Le film raconte la rencontre entre ces gens dits « normaux » et les handicapés. Il montre combien il est difficile pour chacun d’accepter la différence. Et il pose la question « qu’est-ce que la normalité ? »

« Elle s’appelle Sabine », très critique envers l’hôpital psychiatrique, a été diffusé à la télévision en septembre 2007 et sort en salle ce mercredi. Les réactions des psychiatres ont-elles été violentes ?

Sabine BonnaireSandrine Bonnaire : Je n’ai pas eu énormément de retours. Quelques lettres de psychiatres pas très contents mais c’est tout. J’ai reparlé avec les professionnels qui ont suivi Sabine (ci-contre) et leurs avis sont très partagés (à lire le dossier de Libération). Je tiens à préciser que mon discours n’est pas dirigé contre l’hôpital. Je m’interroge sur le fait d’y rester trop longtemps. L’hôpital n’est pas et ne peut pas être un lieu de vie, mais bien un lieu de soins ponctuels. Les autistes peuvent bénéficier de certains soins mais la prise de médicaments ne les guérira pas. Ils doivent être accompagnés pour mener une vie respectable.

Votre sœur Sabine a retrouvé sa dignité grâce à la prise en charge adaptée dont elle bénéficie dans le centre en Charente. Votre film a-t-il aussi eu un effet positif sur son comportement ?

Sabine BonnaireSandrine Bonnaire : Sabine*(ci-contre) va beaucoup mieux depuis le film. Elle a fait d’énormes progrès qui se voient physiquement : son corps est en train de se réparer. C’est le résultat du formidable travail de l’équipe du centre. Je pense que le film a une certaine vertu thérapeutique. A sa sortie, elle le regardait tous les jours. Les éducateurs l’ont encouragée à espacer les visionnages, pour arriver à une fois par semaine maintenant. Après le film, l’équipe, comprenant mieux le passé de Sabine, a décidé de diminuer progressivement les doses de médicaments. Les sorties en famille sans éducateur sont désormais possible. Avec mes quatre sœurs, nous étions devenues des mères pour Sabine. Aujourd’hui, nous sommes de nouveau des sœurs.

A la vue de ses évolutions encourageantes, votre sœur peut-elle espérer récupérer ses capacités intellectuelles ?

Sandrine Bonnaire : Difficile de répondre. Sabine est très encadrée et stimulée. Elle voit une psychologue par semaine, un psychiatre et vit en permanence avec les éducateurs. Mais elle est fatiguée de ses doses de médicaments très fortes. Elle est dans un laisser-aller. Jouer du piano ne lui fait plus envie, par exemple, et sa mémoire lui fait défaut. Alors on lui propose autre chose comme de se mettre aux percussions. Une façon d’allier son désir de frapper et sa sensibilité à la musique.

*Sabine Bonnaire a été diagnostiquée comme psycho infantile avec des comportements autistiques en 2001.

7 Responses to “DANS “J’TE SOUHAITE AU REVOIR” SANDRINE BONNAIRE JOUE UNE AUTISTE”

  1. dany Says:

    votre action, lorsque je vous vois avec Sabine, me bouleverse. Je souffre moi-même terriblement d’avoir perdu mon trésor de 20 ans récemment : elle n’était pas comme les autres mais quel bonheur elle m’a donné ! C’était l’amour de ma vie

  2. sylvette heurtel Says:

    Bonjour, j’ai mis un lien vers votre site depuis mon blog à propos de l’album: Pibi, mon étrange ami.
    Cordialement. Sylvette

  3. claire lacoste Says:

    merci à vous ? MERCI DE CE PARTAGE
    ma fille a 26 ans , de structures psychiatriques en structures psychiatriques depuis 2002, un long cheminement vers une forme de schizophrénie lourde résistante à tout traitement, délires de persécution : violence verbale et depuis peu physique, l’empêchent de concrétiser un projet sur une structure de jour.
    comme tous les parents “d’adultes handicapés” nous nous battons pour qu’elle puisse trouver un peu d’autonomie car nous ne pourrons pas toujours faire face: et comme beaucoup je vous demande où pourrions-nous nous adresser pour trouver un centre de vie comme celui de SABINE mais pour troubles schizophréniques???? je sais qu’il nous faut sortir des sentiers battus mais comment ? PEU DE PLACE peu de mots pour exprimer , espérer.

  4. Estelle Says:

    Bonjour,
    C’est une information difficile à avoir.
    Je vous renvoie vers des gens qui auront peut-être des réponses.
    J’ai trouvé les coordonnées de la Fédération Nationale des Associations d’(ex) Patients en PSYchiatrie :
    FNAP Psy
    33, rue Daviel
    75013 Paris
    Tél. : 01 43 64 85 42
    Fax : 01 42 82 14 17
    Site internet : www.fnappsy.org
    et celle de l’Union nationale des amis et familles de
    malades psychiques : Unafam
    12, Villa Compoint
    75017 Paris
    Tél. : 01 53 06 30 43
    Fax : 01 42 63 44 00
    E-mail : infos@unafam.org
    Ils doivent avoir des antennes régionales dans l’annuaire.
    Je vous donne aussi le site web d’une association qui est récente mais qui a peut-être des contacts. Il y a une permanence téléphonique: http://www.schizo-oui.com/
    J’espère que vous trouverez votre réponse.
    Estelle

  5. claire lacoste Says:

    merci à vous je ne retrouvais plus le site !
    bien sincèrement claire lacoste

  6. claire lacoste Says:

    PS je lance des balles , je n’y croyais pas , unafam et fnap psy je connais mais le troisième site peut s’avérer intéressant.
    bien sincèrement claire lacoste re!

  7. fiorina marie-josé Says:

    Je suis maman d’un enfant autiste de 37 ans. Avec lui nous (son père, notre autre fils et nos deux filles) avons vécu un vrai calvaire dans la critique et la solitude sociale et le plus difficile à vivre (le rejet) familial. Je me suis battue autant que j’ai pu pour mon fils autiste en essayant de préserver au maximum son frère et ses 2 soeurs. Actuellement, je n’en peux plus. Mon fils Didier (autiste) est en hôpital psy depuis 15 ans. Mon autre fils Pascal après une longue dépression n’arrive pas à trouver du travail à long terme en informatique. Mes filles l’une au conservatoire supérieur en Allemagne en violoncelle et l’autre en violon ont beaucoup de mal à se vendre professionnellement ayant, elles aussi, fait une dépression (Pourtant elles ont travaillé avec de grands professionnels et ont toujours été considérées comme talentueuses et douées). Elles manquent encore pas mal d’assurance. Quand à moi, épuisée et désespérée, j’ai frôlé la mort plusieurs fois. Seul mon mari s’en est mieux sorti, car pour échapper à tout ça, il s’est réfugié pendant de nombreuses années dans le travail (10 à 12 heures par jour). Actuellement, comme nous devons encore aider nos enfants financièrement, cela devient si dur que nous risquons de perdre notre maison. Mais le plus dur ,c’est la solitude. Je suis pupille de la nation (donc pas de famille). Quand à la famille de mon mari, avoir été de la Dass et avoir un enfant autiste, cela faisait trop pour eux. Donc, je me sens très seule. Quand Sandrine Bonnaire a raconté comment elle avait fait pour trouver un établissement pour sa soeur, malgré l’amitié que j’ai pour elle et surtout pour ce qu’elle représente sur le plan humain, j’étais tristement jalouse, même si je me réjouissais pour elle. Dans les moments difficiles, j’ai essayé souvent d’interpeler les politiques, vainement. Combien d’autres familles dont la vie a été brisée par l’arrivée d’un enfant autiste ?

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