PLAN AUTISME 2008-2010 : LES REACTIONS
Posted by estelle on mai 18th, 2008
Les associations de parents d’enfants autistes ont salué l’annonce du plan autisme 2008-2010 tout en s’interrogeant quant à son ampleur et à sa mise en application. Extraits.
- Sandrine Bonnaire, comédienne et réalisatrice du film « Elle s’appelle Sabine » qui dénonce les carences de prise en charge de l’autisme en France : « On voudrait forcément plus, mais c’est bon à prendre, il faut positiver. » Concernant les 4.100 places qui seront créées en cinq ans, « bien sûr ce n’est pas suffisant, il y a tellement de demandes et de besoins. Les choses ne peuvent pas se faire comme ça. C’est à la fois une goutte d’eau, mais il y a des progrès sur le plan de la qualité. »
- L’Unapei (Union nationale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales), qui regroupe 650 associations, « salue l’effort fait par les pouvoirs publics qui, cependant, ne comblera qu’une partie des besoins et du retard important pris par la France en matière d’accueil et d’accompagnement des personnes autistes. » « Les efforts nécessaires » en faveur des personnes autistes « ne sauraient exonérer les pouvoirs publics de pourvoir à l’accueil et à l’accompagnement des dizaines de milliers d’autres personnes déficientes intellectuelles. »
- M’Hammed Sajidi, président de Léa pour Samy, association de parents d’enfants autistes qui a manifesté devant le ministère de la Santé pour dénoncer le plan autisme : « La prise en charge éducative dont parle le gouvernement, ainsi que les places qui seront créées le seront dans des structures hospitalières, donc encore et toujours sous l’égide des psychiatres ». « C’est un plan scandaleux dans un système verrouillé par un milieu psychiatrique puissant. Comment peut-on encore se permettre d’ignorer la maltraitance que subissent les autistes dans les hôpitaux ? ». « Beaucoup d’argent va à des choses inefficaces et coûteuses alors qu’on peut faire beaucoup mieux avec moins ».
- Autisme-France : Le plan « semble montrer une volonté politique de faire évoluer favorablement la situation de l’autisme en France », mais il « manque cruellement de précisions sur sa mise en oeuvre concrète sur le terrain ». « Le pilotage des mesures semble confié uniquement au secteur sanitaire », ajoute l’association. Elle regrette que « seulement 4.100 places sur 5 ans » soient proposées « alors qu’il naît chaque année entre 6.000 et 8.000 bébés autistes ». Elle craint également que « les stratégies éducatives et comportementales ne soient pas mises en avant, alors qu’elle représentent une attente importante des familles ». « On prévoit au mieux de recenser les méthodes et de pratiquer une expérimentation au compte-gouttes », alors que ces approches « ont fait leurs preuves à l’étranger depuis des années ».
- Marcel Hérault, de Sésame-Autisme : « Il faut encourager le développement du secteur médico-social en multipliant les petites structures et aussi motiver les éducateurs ». « Il ne faudra pas qu’on fasse de la garderie, mais qu’on s’appuie sur l’intelligence et l’affectivité des autistes pour qu’ils réussissent à vivre comme les autres. »
- Elaine Hardiman-Taveau d’Asperger Aide : « J’attends de voir par qui vont être formés les formateurs », ajoutant que ces maladies « sont mal connues des professionnels français ».