Ça me soul ! Les nouveaux talents de la musique soul


Nina Simone dans la peau

Comme elle, elle est noire et américaine. Comme elle, elle chante d’une voix modelée par le gospel. Comme elle, elle aime la France. Lisa Doby, sans revendiquer de filiation, ne peux nier les ressemblances avec la « grande prêtresse de la soul ».

En 2003, Nina Simone, la diva de la musique soul, disparaissait. Celle qui incarnait aux yeux des Noirs américains, une icône du combat pour l’égalité des droits civils laissait derrière elle une empreinte musicale indélébile. Avec Ray Charles, Marvin Gaye et d’autres, elle avait participé à la création de ce genre devenu mythique : la soul music. Un genre qui, pour certain, a disparu aujourd’hui.

Pourtant, dès que Lisa Doby entonne les premières notes de ses chansons, rivée devant son piano et que les spectateurs entassés dans un club enfumé commencent à faire claquer leurs doigts, il suffit de laisser parler l’évidence. Même voix phénoménale, propre à ceux qui ont appris à chanter sur les bancs d’une église. Même silhouette, même envie de faire partager l’intensité du moment. Comme son illustre aînée, Lisa Doby est originaire de Caroline du Nord. Alors, irrémédiablement, le parallélisme se fait.

« Je suis extrêmement reconnaissante envers les artistes, dont Nina Simone, qui ont dû se battre et subir des choses terribles pour me permettre d’être sur scène aujourd’hui », explique-t-elle, un tremolo dans la voix. La musique pour Lisa Doby est donc un moyen de rendre hommage, tout en continuant cette lutte. Sur scène, elle reprend régulièrement des classiques de la « grande prêtresse de la soul », à l’instar de Feeling Good, enregistré en 1965. « La force de Nina Simone est d’avoir toujours su avec ses chansons raconter des histoires qui ont une véritable portée », explique la jeune femme, qui s’est installée en France depuis une dizaine d’années. Avant elle, Nina Simone avait choisi de passer les dernières années de sa vie en Provence.

Strange Fruit

C’est le hasard qui a amené Lisa Doby à vivre à Strasbourg, après qu’elle eut été repérée par Patricia Kaas en 1995. Choriste de la star française pendant près de deux ans, elle a choisi d’entamer une carrière solo. Le hasard pas tout à fait, puisque l’artiste avait décidé d’apprendre le français à l’université, afin de se rendre en Afrique et revenir sur les traces de ses ancêtres. C’est chose faite aujourd’hui. Deux femmes, deux destins marqués au fer rouge par les souffrances d’un peuple.

Il y a quarante ans, Nina Simone chantait Strange Fruit, qui dénonçait « ces étranges fruits, ces corps noirs » pendus aux arbres des Etats Sud des Etats-Unis. Aujourd’hui, Lisa Doby met un point d’honneur à élargir le combat de son aînée : « Notre lutte n’est pas seulement celle d’une ou de deux couleurs, d’une ou de deux religions, mais embrasse tout à chacun, notre lutte est universelle ».


Joss Stone, pierre précieuse de la soul

Joss Stone

A seulement 20 ans, Joss Stone est sans conteste la plus talentueuse des artistes de la nouvelle génération de la soul music. Elle est la seule, avec une autre artiste britannique Amy Winehouse, à s’être hissé régulièrement dans les Tops des ventes d’album tout autour du monde. Joss Stone a déjà vendu plus de 7 millions de disques en seulement quatre années de carrière.

C’est en 2003 que sortait son premier opus The Souls Sessions, suivi en 2004 de Mind, Body & Soul et en 2007 son troisième album Introducing Joss Stone. La Britannique a réussi l’exploit d’adapter le style et le son de la soul de années 70 aux canons musicaux des années 2000, fortement influencés par le rap et le R’nB. Voilà probablement la clé de son succès international.

Petit parcours musical autour des succès de Joss Stone :

Fell In Love With A Boy (2003). La chanson qui l’a fait connaître à seulement 16 ans. Funky à souhait :

You Had Me (2004). Titre très efficace, issu de Mind, Body & Soul, son album le plus vendu à ce jour. Il allie la diction du R’nb à une ligne musicale à la Stevie Wonder. A retrouver (à droite) une sympathique reprise de L.O.V.E. de Nat King Cole :

Tell me ‘Bout it (2007). Un de ces derniers tubes, exemplaire de ce mélange entre les racines soul et la production résolument R’nB de l’artiste britannique:

A retrouver le site officiel et le Myspace de Joss Stone.


Lisa en Doby surround

Interview vidéo. A l’occasion de son passage à Paris au New Morning le 11 décembre dernier, voici l’interview de Lisa Doby et des extraits du concert qui a réuni, outre Lisa Doby et son groupe, Marcel Loeffler, John Simms, l’American Gospel Singers et Jim Grandcamp.

Retrouvez ici le post la concernant


Joy Denalane, African roots of soul music

Joy Denalane

Entre soul et folk africaine, Joy Denalane est une chanteuse dont la culture se partage entre l’Allemagne et l’Afrique du Sud. Ses premiers passages sur scène remontent à ses 16 ans avec le groupe Culture Roots and Family Affair. A l’âge de 19 ans, elle co-écrit le tube house Music et commence à chanter avec le groupe de Hip-Hop Freundeskreis. En 1999, elle interpréte en duo Mit Dir avec Max Herre, qui intègre le Top 10 en Allemagne, en Autriche et en Suisse.

Elle travaille ensuite sur son premier album solo Mamani , qui sort en juin 2002. Cet opus inspiré de ses racines africaines atteint la 8ème place au Top album en Allemagne. En 2006, Joy sort son second album Born & Raised, entièrement interprété en anglais, qui atteint la deuxième place des charts en Allemagne. Deux single sont tirés de cet opus, Change et Let Go :

On peut déplorer que ce dernier album soit très formaté en comparaison au groove et à l’authenticité de Mamani, bien qu’il fût chanté en allemand… Un extrait, Sag’s Mir :

Pour finir, sa page myspace et son site perso


Lisa Doby, voix gospel, musique rock

Lisa Doby

Originaire de Columbia en Caroline du Sud, Lisa Doby est installée en Europe depuis 1995. Son talent, c’est sa voix. Une voix gospel énergique qui a fait son succès. Lisa Doby a commencé à chanter à l’église dans sa jeunesse, puis pendant ses études dans la chorale gospel de son université. C’est lorsqu’elle part pour un semestre en France qu’elle est repérée par Patricia Kaas au Lionel Hampton Jazz Club à Paris.

Elle est, pendant 18 mois, une des choristes de la chanteuse en tournée mondiale. Elle décide alors de s’installer en France et entame une carrière solo. Avec ses musiciens, elle chante sur de nombreuses scènes et se produit dans des festivals prestigieux. Elle fait également les premières parties d’artistes comme Ray Charles, Joe Cocker, Lucky Peterson ou encore Paul Young.

Après avoir auto-produit trois albums, elle signe en 2006 son premier contrat avec une maison de disque, Jazzhause Records, et sort l’album Free To Be. La force de Lisa Doby est d’avoir su combiner l’émotion de la soul avec le dynamisme du rock et du blues. Energie et intensité sont les mots qui décrivent le mieux sa musique.

Voici une petite sélection d’extraits de son dernier album :

- Glad, une chanson soul très énergique
- If Only, une ballade pleine d’émotion
- Free 2 Be, un bon exemple de la modernité de Lisa Doby
- Hold On, un titre à la croisée du rock et de la soul

Glad en live :

Si ces quelques extraits vous ont plu, vous pouvez retrouver Lisa Doby en live et en intégrale le 10 décembre à 21h au New Morning à Paris

Rendez-vous enfin sur son site perso et sa page MySpace.


Corinne Bailey Rae, décontractée, acoustique et pleine de soul

Corinne Bailey Rae

Chanteuse anglaise née en 1979, Corinne Bailey Rae a été la révélation soul de l’année 2006. Elle a obtenu un certain succès en France, où ses deux titres phares Like a Star et Put Your Records On sont passés de nombreuses fois à la radio.

Comme de nombreux artistes soul, Corinne a commencé à chanter sur les bancs des chorales d’églises. Elle s’essaie d’abord au rock indépendant, mais elle est rapidement attirée par la composition et s’aventure sur le territoire de la soul. Dix ans de scène lui permettent de peaufiner son style entre folk, jazz et soul.

Explications de l’intéressée : “Je suis une fan de jazz mais pas pour la ramener. Je n’aime pas le côté improvisation et préfère les chansons classiques qui sont pures et succinctes. C’est ce que j’essaye de faire avec mes propres chansons. Elles sont courtes, douces et vont droit au but. J’aime l’idée que les gens aient envie d’un peu plus, pas d’un peu moins.”

Les clips de Like a Star et Put Your Records On :

Ce qu’en dit la presse :

- Bailey Rae fait tout fondre sur son passage, Sunday Times.

- Elle a l’aplomb et la stature d’Erykah Badu, tandis que sa voix est plus proche de celle de Billie Holiday, Q.

- Sa voix ardente a été comparée à celle de Billie Holiday mais elle doit autant à Lauryn Hill ou Macy Gray. Elle est si chaleureuse et son style si intime… C’est une authentique star, The Guardian.

- Elle possède une voix qui déborde de verve et de cœur… elle a tout le potentiel pour devenir quelqu’un de très spécial, Metro.

Découvrez pour finir sa page My space et sa page perso (en français)


Anthony Hamilton, la valeur sûre de la néosoul

Anthony Hamilton

Après 10 ans de galère, c’est en 2003 qu’Anthony Hamilton a rencontré le succès avec la sortie de “Coming from Where I’m From“, qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires. L’Américain, originaire de Charlotte, a transformé l’essai en 2005 avec son second succès “Ain’t Nobody Worrying“.

Hamilton, c’est un mélange entre Ben Harper, Stevie Wonder, Bill Withers, Soloman Burke, etc. Il est bien difficile de décrire son style, tant il jongle entre soul, funk, pop et R’nB d’une chanson à l’autre. A vous de juger avec ces quelques extraits.

- Son meilleur titre Can’t Let Go:

- Son premier succès Comin’ from Where I’m From, dans un style plus R’nB:

- Un titre plutôt amusant issu de “Ain’t Nobody Worrying”, Sista Big Bones. On dirait un best-of de Stevie Wonder réuni en une seule chanson:

Son dernier album “Southern Comfort“, sorti en 2007, est un peu plus faible que les deux précédents. Si on y retrouve la patte d’Anthony Hamilton, cet opus souffre d’un manque certain d’inspiration…

On saura avec “Me“, prévu pour 2008, s’il est capable de tenir la distance.

Retrouvez la page MySpace et la page perso d’Anthony Hamilton.


Timmy McNealy, c’est vieux, c’est inconnu, mais c’est si bon


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Timmy McNealy

Tim McNealy a-t-il sa place sur un blog consacré aux nouveautés de la soul ? Son 45 tours est, en effet, sorti en 1972. Mais il a fallu attendre 2007 avant qu’il ne soit réedité et que le (grand) public puisse découvrire les deux magnifiques titres de son single. Alors, osons parler de lui.

Si on évoque Tim McNealy, il faut signaler le travail de sa maison de disque, Truth and Soul, qui s’est spécialisée dans la réedition de titres tombés dans l’oubli. Elle produit également des titres nouveaux, à l’instar de Daptones Records.

Les deux chansons du disque de McNealy sont des reprises particulièrement réussies de deux énormes classiques de la soul, What’s Going On de Marvin Gaye et I’m Glad You’re Mine du révérant Al Green. Plus groovy, plus chaude que les originales, McNealy a adapté les chansons en changeant la partie instrumentale et en y ajoutant des voix féminines :

- I’m glad you’re mine

- What’s going on

Voici, en vidéo, les chansons originales, Al Green à gauche, Marvin Gaye à droite :

Grâce à Internet, il est heureusement facile de se procurer ces deux titres sur le site de la maison de disque et de quelques revendeurs spécialisés.

Retrouvez la page My Space de Trouth & Soul, sur laquelle on peut écouter plus longuement les chansons de Timmy McNealy.

Impossible malheureusement de trouver des éléments biographiques à son sujet sur le net… avis aux spécialistes.


A côté de Sharon Jones, James Brown est un enfant de choeur


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Sharon Jones, c’est la révélation soul de ces dernières années. Elle ne cache pas ses inspirations, mais elle s’est réaproprié la musique de ses aînés et a su accoucher d’un son nouveau, résolument moderne, qui a séduit tous les amoureux de la soul.

Grâce aux Dap-Kings qui l’accompagnent, et à sa maison de disque Daptones, qui s’est spécialisée dans la réactualisation des classiques de la soul, Sharon Jones a sorti deux albums devenus des classiques du genre.

Née à Augusta en Géorgie, la ville natale de James Brown, Sharon Jones a repris le flambeau du « Parrain » de la soul, disparu l’hiver dernier.

Petite démonstration en vidéo. A gauche l’original, à droite la copie :

Après Naturally, sortie en 2004, Sharon Jones & The Dap-Kings ont réitéré leur exploit musical avec la sortie il y a quelques semaines de 100 Days, 100 Nights. Actuellement en tournée en France et en Europe (les dates ici) la notoriété de Sharon Jones est en plein essor.

Voici trois extraits de son dernier album :

- 100 days, 100 Nights, le meilleur titre de l’album, le plus original aussi.

- Nobody’s Baby, pour les connaisseurs la ligne de basse de cette chanson ressemble beaucoup à celle du mythique Little Green Bag, popularisé dans l’excellent Reservoir Dogs.

- Let Them Knock, on apprécie le petit côté Nino Ferrer (le plus grand chanteur de soul français, sérieusement) de cette chanson : l’intro est honteusement proche de celle de Mirza !

Les réactions de la presse spécialisée sont éloquentes :

- Rollig Stones : « L’album de Sharon Jones est peut être le truc le plus bouillant, incandescent et hystérique entendu depuis un moment. A côté de cette native d’Augusta, Géorgie, et de son groupe, James Brown est un enfant de choeur »

- Longeur d’Ondes : « Pour présenter Sharon Jones, les noms d’Aretha Franklin et du parrain de la funk reviennent à juste titre. Mais n’y voyez pas une pâle imitation, Sharon Jones est une véritable “soul sister” »

Retrouvez aussi la page MySpace de Sharon Jones & the Dap-Kings et leur page perso