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Faites entrer l’accusé… Jean-Bernard Compaoré répond aux accusations novembre 12 2007

Publié par anto in : Actualité sankariste au Burkina Faso , rétrolien

Démonstration du pouvoir au Burkina Faso

Dans un précédent billet (”Retour sur le 20ème anniversaire de la mort de Thomas Sankara”), nous évoquions les accusations de l’opposition sankariste concernant les manifestations officielles organisées par le pouvoir, soupçonnées de n’être que des simulacres démocratiques. Parole à l’accusation.

Jean-Bernard Compaoré, secrétaire chargé des grandes consultations électorales du CDP (Congrès pour la Démocratie et le Progrès) et président du comité d’organisation des “20 ans de renaissance démocratique avec Blaise Compaoré”, s’explique dans une interview publiée dans “Le Pays” du 6 novembre.

Argent. Concernant le financement de la manifestation, “l’organisation a été faite en dehors de l’Etat”, a-t-il annoncé. Cela aurait pu relever de l’Etat, précise-t-il, car “20 ans de démocratie, c’est n’est pas une affaire d’individu”. Cependant, ils ont préféré utiliser les deniers de proches du pouvoir ou de personnes ayant “espoir dans la conduite du programme du président Blaise Compaoré”. Aucune mention des noms de ces généreux sponsors. D’ici à croire qu’ils n’existent pas et que les fonds étaient publics ou illégaux, il n’y a qu’un pas…

“On ne peut parler de Thomas Sankara sans évoquer Blaise Compaoré”, Jean-Bernard Compaoré

Concurrence. Accusés d’avoir voulu faire oublier les commémorations à la mémoire de Thomas Sankara, le haut responsable explique qu’ils n’ont voulu “noyer personne”. Ils leur semblaient simplement nécessaire de “rappeler aux Burkinabè la nécessité de renforcer la démocratie”. Et ce même si ces manifestations étaient aussi -et surtout- une ôde à Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 20 ans. Evoquant le leader assassiné de la révolution burkinabée, il ajoute d’ailleurs qu’il ne faut pas opposer les deux anciens “frères”, puisqu’on “ne peut pas parler de Thomas Sankara sans évoquer Blaise Compaoré.”

Obstacles. Répondant aux attaques sankaristes, il prétend également que rien n’a été fait pour les gêner dans l’organisation ou empêcher le retour de Mariam Sankara, comme l’avait dénoncé sa fille. Et lorsque le journaliste évoque la grande médiatisation, à l’étranger, des manifestations pro-Sankara, Jean-Bernard Compaoré ne s’en plaint pas. “Nous, on a voulu une action dirigée vers les populations”.

Conclusion. Et il en rajoute une dernière couche, en dépeignant une image apocalyptique de l’épopée sankariste. “Angoisse”, “au bord de l’explosion”, “guerre civile”, voilà ce qu’il retient. “Il y a donc une action de grâce qu’il faut faire à Dieu, pour sa protection, pour avoir gardé le Burkina dans le calme et la paix jusqu’à ce jour”. Et c’est comme si on l’entendait prier pour son président bien-aimé, Blaise Compaoré…

Retrouvez l’interview intégral :

http://fr.allafrica.com/stories/200711060381.html?page=4

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