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Sankara et l’économie du Burkina janvier 29 2008

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Reportage d’Antenne 2 sur la façon dont Thomas Sankara a bouleversé l’économie du Burkina. A noter le changement dans le train de vie des (hauts) fonctionnaires et la volonté de mettre fin au détournement de l’aide internationale…

Regardez le reportage, ici

Interview Issaka Traoré janvier 26 2008

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Issaka Herman Traoré est protéïforme : journaliste indépendant au Burkina Faso, analyste politique, écrivain, membre fondateur de la Coalition pour la Défense de la Dignité Africaine, spécialiste du développement et de la coopération internationale, membre de plusieurs réseaux nationaux, continentaux et internationaux et organisateur de l’Etrange Rencontre. Sankariste et membre du comité d’organisation de la célébration du 20ème anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara, il a accepté de répondre à nos questions.

Pourquoi et comment vous êtes vous intéressé à Thomas Sankara?

Je suis un ancien pionnier de la révolution d’Août 1983. Et comme on disait dans le temps: “Qu’est ce qu’un pionnier? Réponse: Le pionnier est le plus jeune militant organisé de la révolution! Qu’est ce que le pionnier aime le plus? Réponse: Le pionnier aime sa patrie, et qui aime sa patrie, aime les autres! Pionnier: Osez lutter, Savoir vaincre! Vivre en révolutionnaire, mourir en révolutionnaire, les Armes à la main! La patrie ou la mort nous vaincrons!”
Je m’intéresse donc à Thomas Sankara en tant qu’ancien pionnier, et les pionniers étaient les continuateurs de la Révolution. Même si le camarade président a été assassiné par l’impérialisme, il est de notre devoir militant de continuer la lutte pour laquelle il a été assassiné. Depuis Août 1983, je me suis, comme tous les jeunes Burkinabè de mon époque, intéressé à Thomas Sankara à travers la RDP (Révolution Démocratique et Populaire). Aujourd’hui je le fais à travers le Sankarisme.

Quels sont les grandes avancées réalisées par Thomas Sankara? Et quelles sont ses erreurs?

La première et de loin la plus importante est l’éveil des consciences du peuple Burkinabè, des peuples d’Afrique et de tous les laissés pour compte de cette planète. A travers ses actions et ses paroles, le capitaine Thomas Sankara a montré à tout ce monde que leur avenir et bien être dépendaient d’eux mêmes et de personne d’autre. Comme il le disait lui même: ” L’esclave qui ne peut pas assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort….”
Au plan agricole, social et économique, il a réalisé de grandes œuvres que je ne pourrais finir de citer ici.
Des erreurs, toute oeuvre humaine en comportent. La plus importante et la plus fatale pour lui aura été de croire en l’amitié humaine. Cela lui a coûté la vie et anéanti l’élan de développement de tout un peuple. La seconde, et politique, aura été le fait d’avoir voulu démocratiser une révolution avec plusieurs partis de gauche. La lutte de leadership des responsables civils politiques a grandement contribué à son assassinat.
Et enfin, il était trop rapide et visionnaire alors que la masse populaire ne percevait pas tout le temps le sens de son combat. Ce petit fossé de compréhension et de mise en phase avec le peuple, il l’a compris à mon avis tardivement. Les ennemis du peuple avaient déjà exploité cette situation pour intoxiquer une partie du peuple.

En quoi Thomas Sankara est-il différent des autres hommes politiques?

Les différences sont énormes : sa formation politique et idéologique, sa probité morale, son souci du bien être du peuple et des opprimés de toute la planète, sa bonne gestion des affaires et biens publics, son panafricanisme et son sens pratique de la solidarité internationale révolutionnaire. Et enfin sa capacité à mobiliser tout un peuple autour de ses intérêts sans démagogie.

(more…)

Thomas Sankara et la condition féminine janvier 23 2008

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Seconde vidéo en partenariat avec l’Ina : la question des femmes au Burkina. Thomas Sankara a été l’un des premiers présidents africains à se préoccuper de la condition féminine, nommant des femmes ministres et préfets. Un reportage d’Antenne 2 au Burkina Faso.

Pour regarder ce court reportage , c’est ici.

Soirée-débat Thomas Sankara à Sciences Po janvier 21 2008

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Quelques images de la soirée Sankara organisée le 9 janvier 2008 à Sciences Po. Des images (de mauvaise qualité) du débat très intéressant avec Bruno Jaffré, biographe de Sankara, et Gauz, cinéaste ivoirien.

En vrac :

Thomas Sankara, un exemple ?

Les erreurs sankaristes

La symbolique du changement de nom du Burkina Faso (ex Haute-Volta)

La mort de Sankara

Les partis politiques sankaristes aujourd’hui

La démocratie en France et en Afrique

Petit bonus. Bolloré, Sarkozy et l’Afrique

A la sortie, le responsable de l’Association Sciences Po pour l’Afrique explique ses motivations :

Thomas Sankara et l’INA janvier 18 2008

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Inauguration d’une série de vidéos en partenariat avec l’INA. Mais devant l’impossibilité technique de mettre directement sur le blog les vidéos de l’INA, elles ont été installées sur des pages externes. Merci à l’INA pour leur aimable accord et leurs conseils. Reportages et interviews à venir…

Pour voir le portrait A NE PAS MANQUER de Thomas Sankara, c’est ici.

Prochaine vidéo : Thomas Sankara et la condition féminine.

Thomas Sankara au théâtre janvier 14 2008

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Une pièce de théâtre, “Sankara et Mitterrand” de Jacques Jouet, met en scène la relation aigre-doux du président français et burkinabè. Ca commence le 18 janvier, au théâtre des Amandiers à Nanterre.

Créée en 1998 à Ouagadougou, la pièce s’installe à Paris pour un mois, après un premier passage dans la capitale en 2002. Elle met en scène, dans une conversation fictive mais librement inspirée de la réalité, deux chefs d’Etats qui se sont souvent opposés.

Mise en scène Jean-Louis Martinelli, avec Pierre Hiessler, Odile Sankara et Moussa Sanou.
Tous les jours à 21h sauf le dimanche à 16h (relâche le lundi)

Lieu : Théatre des Amandiers 7 av. Pablo-Picasso 92022 Nanterre Cedex

Contact Théatre des amandiers : th@amandiers.com /Tél : 01.46.14.70.00

Un peu de musique sankariste… janvier 10 2008

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Musique sankaristeTout les chanteurs ne sussurent pas à propos de quelqu’un qui leur aurait dit que quelqu’un les aimait encore. Certains essayent aussi de porter de vrais messages politiques. Coup de projecteur, bien sûr, sur la musique “sankariste”.

La figure de proue en est le chanteur de raggae ivoirien Tiken Jah Fakoly. Chantre de la dignité africaine et de la démocratie, il expliquait le 15 octobre 2007 dans “l’Intelligent d’Abidjan” que “Thomas Sankara était la nouvelle espèce de Chef d’Etat dont l’Afrique a besoin aujourd’hui. […]. Thomas Sankara a dit que l’Afrique ne devait rien au FMI et à la Banque mondiale. Il a pris la parole pour le dire à l’Onu. Il a posé d’autres actes majeurs dans son pays dont la lutte de l’excision. C’est un homme politique exemplaire pour moi.”

Regardez Tiken et Didier Awadi, autre rappeur “sankariste” en concert, avec ”Quitte le pouvoir”, demande explicite adressée aux dirigeants africains corrompus :

Autre raggaeman sankariste, Sam’s K. Le Jah (son site ici). Egalement animateur radio, ce burkinabè a récemment été menacé de mort et sa voiture brûlée. Son dernier disque est un Cd 4 titres, intitulé “Une bougie pour Thomas Sankara”, dans lequel il rend hommage à l’ancien président du Burkina.

Regardez un extrait d’un de ses lives à Genève, ici .

Bonus des bonus. Un peu de slam sankariste avec Apkass :

Un peu de live de musique africaine, avec le chanteur Koulsy Lamko :

Un peu de rap avec Smockey, rappeur burkinabè (sa page myspace ici)

Le tableau n’est pas exhaustif. Bien d’autres mériteraient aussi d’être cités. A travers leur musique, ils rendent hommage à celui qui, malgré ses défauts et ses erreurs politiques, reste pour une partie de la jeunesse africaine un exemple.

La “Françafrique” janvier 7 2008

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FrançafriquePour mieux comprendre l’environnement dans lequel a dû évoluer Thomas Sankara, petit retour sur la Françafrique. Ce système, mis en place après la décolonisation, permettait -permet?- à la France de conserver son influence dans ses anciennes colonies, au niveau politique internationale mais aussi intérêts financiers. Reposant sur quelques “grands” dirigeants africains, amis de Paris, elle est accusée par certains d’avoir soutenu Blaise Compaoré contre Thomas Sankara. Le pari de la compromission et de la corruption contre celui de l’avant-gardisme et de l’intégrité.

Survie, association très engagée, a réalisé ce documentaire explicatif :

Petit montage vidéo sur des propos de François-Xavier Verschave, auteur de “La Françafrique”, livre polémique :

Courte interview de cet auteur, disparu le 29 juin 2005 :

Plus spécifique, les commentaires de Françis-Xavier Verschave sur la Françafrique au Burkina Faso sur le site de Survie :

Pour télécharger la brochure des renseingements généreux (sic) sur la Françafrique , cliquez ici

L’existence, ou la survivance, de la Françafrique, n’est pas reconnu par tout le monde, y compris par certains spécialistes. Des “africanistes”, tel Stephen Smith, journaliste et auteur de “Négrologie”, tendent à minimiser la part de responsabilité de la Françafrique dans les différents maux du continent. Si cette analyse n’est totalement à disqualifier, force est de constater que l’influence française en Afrique ne semble pas avoir disparu. Héritage colonial, elle est une structure de pensée encore à l’oeuvre dans les relations internationales, comme cela a pu être le cas lors de l’affaire de l’Arche de Zoé. Mais au-delà des débats idéologiques sur la force des réseaux français en Afrique, il semble inévitable qu’un jour ou l’autre, de gré ou de force, ils disparaissent totalement. Remplacés par ceux de la Chine, qui commence à s’implanter fortement, ou poussés dehors par la volonté des peuples africains.

Pour finir en beauté, Tiken Jah Fakoly en live qui chante “Françafrique” :

Thomas Sankara à Sciences-Po Paris janvier 5 2008

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Sankara à Sciences Po

L’esprit sankariste souffle sur Sciences-Po Paris. L’association “Sciences-Po pour l’Afrique” et l’ONG ”Nabrabogo” organisent une soirée consacrée à Thomas Sankara le 9 janvier à 18h. Au menu : projections et débats. 
 

Ces deux associations vous invitent à découvrir “le patriote panafricain, le militaire pacifiste, le démocrate universaliste.” La soirée commencera par la projection de “Quand Sankara”, court métrage d’Armand Gauz et du film “Fratricide au Burkina : Thomas Sankara et la Françafrique”, de Thuy Tien Ho. Un débat avec Bruno Jaffré, biographe de Thomas Sankara (voir son interview ici et ) et Armand Gauz permettra ensuite au public d’échanger et de poser des questions.

L’entrée est libre. Rendez-vous nombreux à l’Amphithéâtre Jean Moulin, IEP Paris, 13 rue de l’Université (métro Rue du Bac, ligne 12).

Un compte-rendu vidéo, comprenant extraits des débats et interviews, sera bientôt mis en ligne.

Contact : aspa@sciences-po.org et nabrabogo@sciences-po.org

Interview de Ramata Soré janvier 2 2008

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RamataRamata Soré est journaliste au quotidien “L’Indépendant” au Burkina. Lauréate du prix CNN 2006 dans la catégorie informations générales francophones, elle tient un blog, ici, où elle diffuse son travail indépendant (sans mauvais jeu de mots). Elle nous parle de Thomas Sankara.

Avez-vous des souvenirs de “l’époque Sankara” ? 

Je suis né et j’ai grandi en Côte d’Ivoire, où beaucoup de burkinabè vivent et travaillent. Ces derniers étaient assez mal considérés et avaient honte de leur origine. Houphouët, le président ivoirien, avait une ascendence sur les présidents du Burkina et cela devait ressurgir au niveau des peuples. Mais avec l’arrivée de Thomas Sankara, il y a eu un changement. Les burkinabè se sont mis à être fiers et à revendiquer leur nationalité. Preuve ultime de ce renversement, nombre d’ivoiriens sont allés finir leurs études ou s’installer au Burkina.

Quel est votre avis sur Thomas Sankara ?

Je pense qu’il a été une personne unique, un chef d’état authentique. Il a su porter un message de fierté qui n’existait pas encore chez les burkinabè. Il a éduqué, illuminé, éclairé et projeté la population vers l’avenir. Il a voulu tracer la route, malgré les difficultés et les obstacles, vers un but commun. Enfin, chose qui n’est pas courante, Thomas Sankara est toujours resté un homme de conviction, fidèle à ses idéaux.

Quelle est l’opinion publique burkinabè à propos de Thomas Sankara ?

Très nombreuses sont les personnes qui gardent de bons souvenirs de lui. Surtout lorsqu’elles comparent l’ère Sankara et l’ère Compaoré, faite de corruption, de gabegies, d’arrivisme et d’incivisme. Néanmoins, il ne faut pas oublier l’action négative des CDR (ndlr, Comités de Défense de la Révolution) et des TPR (ndlr, Tribunaux Populaires de la Révolution). Mais reconnaître en même temps les énormes effors et les réalisations acquises sous Thomas Sankara. Eradiquation de maladies, fin de la famine, réalisation de grands ouvrages (barrages, chemins de fer). Et ce sans les aides étrangères.

Quel est aujourd’hui l’état de la liberté de la presse au Burkina ?

En progrès, notamment depuis l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et la pression populaire mis sur le gouvernement. Mais il existe encore une certaine autocensure. Les journalistes craignent encore de publier des articles qui risquent de déplaire. Il y aussi le problème des sources : les gens ont peur de parler. Des pressions subsistent néanmoins : j’ai déjà été agressé par des militaires parce que je devais couvrir une de leurs manifestations. Des journalistes ont été convoqués pour qu’ils délivrent leurs sources et une descente de police, pendant laquelle un journaliste a été embarqué, a eu lieu dans une rédaction l’année dernière pour confisquer du matériel utilisé lors d’une interview.

D’une façon générale, comment jugez-vous les 20 ans écoulés ?

Avant toute chose, je te tiens à souligner qu’on ne peut pas parler de démocratie quand un seul homme a régné sur un pays pendant 20 ans. Dans quel pays démocratique, une même personne converse le pouvoir durant 20 ans pendant que des journalistes sont assassinées, que des gens s’enrichissent en détournant des fonds et que la population meure de faim ? Tout cela se passe au Burkina. Est-ce que c’est ça, un ”état de droit” ?