Protestations de l’opposition burkinabè mars 5 2008
Publié par anto in : Actualité sankariste au Burkina Faso , rétrolien
Suites aux arrestations de 184 personnes après la manifestation contre la vie chère à Ouagadougou le 28 février, quelques voix ont osé protester contre les pratiques d’un gouvernement “démocratique”.
Philippe Ouédraogo, leader de la coalition “G14″ qui regroupe des partis politiques d’opposition, dont celui de Nana Thibaut, arrêté lui aussi, a dénoncé le traitement réservé aux prévenus. “Il y a des témoignages selon lesquels certains [détenus] auraient été torturés, et certains auraient été envoyés en prison sans avoir été entendus par un juge d’instruction”, a-t-il déclaré. Il a également rappelé que les droits constitutionnels devaient être respectés, surtout par l’Etat : “certains ont été emprisonnés sans être auditionnés par un juge, la constitution donne des droits aux gens.”
Jean-Chrizogone Zougmonré, président du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP), principale association de défense des droits humains du Burkina, a pour sa part déclaré que certaines personnes arrêtées avaient été soumises à de « graves violences » par les services de sécurité. “Nous avons été alertés depuis quelque temps que parmi les personnes arrêtées suite aux casses du 28 février, il y aurait eu des cas de torture”.
De son côté, le porte-parole du gouvernement, Philippe Sawadogo, a assuré que le gouvernement allait “respecter les règles de la justice qui va suivre son cours normal.” Le gouvernement a par ailleurs récusé tout acte de torture ou de violences policières.
Enfin, signalons que le Burkina Faso continue de souffrir de la flambée des prix, qui va, semble-t-il, en s’aggravant. Une pénurie en eau s’est récemment déclarée à Niangoloko. La barrique d’eau s’y négocie autour de 1750 francs CFA, bien trop pour les petites bourses. En attendant que les services de l’Etat chargés de la distribution d’eau trouvent une solution…

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