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Sankara versus Compaoré sur la toile mars 12 2008

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Une partie des luttes politiques se jouent aujourd’hui Internet. Grâce à la toile, les débats et opinions parcourent désormais le monde, sans tenir compte des distances. Et sur ce terrain, une étude chiffrée montre la victoire de Thomas Sankara sur Blaise Compaoré. Une lutte d’influence qui en dit long sur la popularité du dirigeant burkinabè disparu il y a plus de vingt ans.

Le graphique ci-contre représente le volume des résultats des moteurs de recherche. En rouge, le nombre de propositions concernant Compaoré, en bleu celui pour Sankara. A chaque fois, l’analyse a été effectuée sur différents thèmes.

Sans surprise, l’actualité politique donne un avantage à Blaise Compaoré. Pas étonnant pour un président encore au pouvoir. Une recherche dans Wikio, qui regroupe l’actualité en provenance des principaux médias francophones, confirme d’ailleurs cette tendance.

Mais, dans tous les autres domaines ou “indicateurs socio-sémantiques” (cf. graphique ci-contre), Thomas Sankara l’emporte haut la main, largement en tête sur tous les autres types de recherches : interviews, discours, forums ou encore biographies.

D’une façon générale, sur Google, Thomas Sankara totalise plus de résultats que Blaise Compaoré. Au 08/03/08, il y en avait 178 000 contre 156 000 pour l’actuel président burkinabè. Une avance qui illustre parfaitement la popularité de Thomas Sankara et son empreinte sur notre époque.

Merci à O.S. et à son blog pour l’information.

La crise au Burkina Faso mars 1 2008

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Un billet avec 3 infos, trois infos à l’arrière-goût sankariste. Trois infos sur le Burkina Faso d’aujourd’hui, qui aurait pu ne pas devenir ce qu’il est devenu.

1) Les manifestations contre “la vie chère” continuent d’agiter le pays. La capitale, Ouagadougou, avait été déclarée ville morte jeudi, à l’initiative du Rassemblement démocratique populaire, un parti sankariste, afin de protester contre des augmentations des prix allant jusqu’à 60% de certains produits de première nécessité. Mais des affrontements ont éclaté, faisant un mort et de nombreux blessés. Depuis, le calme (temporaire) est revenu. Le gouvernement a annoncé la suspension des droits de douane sur les produits de grande consommation. Affaire à suivre.

2) L’économie va mal, le domaine de la santé également. Une épidémie de méningite sévit en ce moment au Burkina. Depuis janvier, 308 personnes sont mortes sur plus de 2500 cas déclarés. “Le taux de létalité est de 12,28%” a déclaré le docteur Ousmane Badolo, responsable de la surveillance épidémiologique au ministère de la Santé. Seize districts du pays sont désormais affectés par la maladie, dont sept en état d’épidémie. Il y a fort à penser que les chiffres vont aller en grossissant, eu égard à l’état déplorable du système de santé burkinabè, laissé à l’abandon depuis 20 ans.


3) Signalons la tenue le 12 mars à 19h au CICP à Paris de la première réunion de présentation de “l’Etrange Rencontre”, évènement qui se tiendra fin août à Ouagadougou. La précédente édition de ce Forum Social Alternatif, à Cotonou, avait rassemblé des milliers de personnes, réunis autour de la même envie d’agir pour l’Afrique. Plus d’infos, ici.

Norbert Zongo, neuf ans après décembre 13 2007

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Norbert Zongo

Il y a neuf ans, jour pour jour, mourait Norbert Zongo, directeur de l’Indépendant. Un procès a conclu à un non-lieu le 19 juillet 2006.

Assassiné le 13 décembre 1998 en compagnie de Blaise Ilboudo, Ablassé Nikiéma et Ernest Zongo, Norbert Zongo était l’un des journalistes les plus influents, et les plus engagés, du Burkina Faso. Directeur de l’Indépendant, il enquêtait alors sur la mort suspecte de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, le frère du président burkinabé.

Très vite, des protestations s’élevèrent partout dans le pays, forçant Blaise Compaoré à ouvrir une enquête. Un seul suspect fut inquiété, un membre de la garde présidentielle, avant d’être relâché suite à la rétractation d’un témoin. Un non-lieu vient enfin clore “l’Affaire Zongo” le 19 juillet 2006.

Notons que dans l’affaire du chauffeur torturé, François Compaoré a été inculpé en janvier 1999, avant qu’un tribunal militaire n’abandonne les charges. 5 membres de la garde présidentielle furent eux condamnés.

Aujourd’hui, les opposants politiques burkinabé, tout particulièrement sankaristes, réclament la réouverture du dossier. Soutenus par le journal “l’Indépendant” et s’appuyant sur un rapport de RSF (à lire sur leur site) -qui met en cause François Compaoré, ils réclament qu’enfin, neuf après, toute la lumière soit faite sur ce qui s’est passé le 13 décembre sur une route de Sapouy à une centaine de kilomètres au sud de Ouagadougou.

Pour l’instant, rien n’est prévu.

Un extrait de “Borry Bana”, film sur la vie de Norbert Zongo :

L’arche de Zoé, “l’Afrique de Papa” et Thomas Sankara décembre 10 2007

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Manifestation anti-sarko au Tchad

L’arche de Zoé, dont les membres ont été arrêtés au Tchad le 25 octobre dernier, était une association humanitaire comme les autres. Mais en jouant la carte de l’illégalité, elle est devenue un symbole. Celui de la relation de la France à l’Afrique, qui n’a pas beaucoup changé depuis cinquante ans.

Cinq enfants sur 103, seulement, étaient soudanais. Les bandages et le sang sur leurs têtes étaient factices. Tout le monde autour de l’association, présidée par Eric Breteau, ignorait leurs véritables intentions, sauf peut-être les autorités françaises. Mais au-delà des détails sordides, ce qui compte vraiment, c’est la charge symbolique portée par l’affaire de l’Arche de Zoé.

Les pays africains sont-ils encore des colonies françaises ? C’est en tout cas le sentiment qui a parcouru les populations africaines en voyant débarquer, sur leur sol, une bande de sauveteurs déterminés à faire sortir des enfants pour les “enlever” en France. Les réactions, et manifestations, ont d’ailleurs été vives.

Des enfants dont l’origine réelle importait moins que l’origine supposée. Pour la plupart, ils n’étaient pas des enfants soudanais en danger de mort mais des enfants comme il y en a des millions sur le continent africain. Des enfants que des parents bien intentionnés ont laissés partir, “pour leur offrir une vie meilleure” en France, selon Amely James Koh Bela, présidente de l’association Mayina. “Ils croient au mythe de l’homme blanc qui va les sauver.” Elle rajoute que ce phénomène n’est pas nouveau et ne s’arrête pas à l’Arche de Zoé. “Cela fait plusieurs années que je vois, en Afrique, les ONG agir sans précautions et avoir affaire à des intermédiaires locaux douteux”.

La colère populaire a d’ailleurs été accentuée par certaines déclarations de Nicolas Sarkozy, promettant de ramener les accusés français “quoi qu’ils aient fait”, faisant peu de cas de la justice indépendante d’un pays souverrain. Malgré la clarté des accords judicaires franco-tchadiens qui expliquent que “l’extradiction est refusée si les infractions ont été commises en tout ou partie sur le territoire de l’Etat requis”…

Certaines pressions auraient même été exercées par le président tchadien Idriss Deby, grand ami de la France, sur la justice de son pays, plus précisement sur un procureur trop pointilleux…

Reliquat colonial. Au-delà de l’Arche de Zoé, dont le but était manifestement de venir en aide à des populations en souffrance, cette affaire est révélatrice d’un subconscient collectif encore marqué par l’héritage colonial. L’Afrique n’aurait-elle pas complètement gagné son indépendance? Peut-on imaginer des français tentant de faire sortir illégalement cent enfants d’un pays ailleurs qu’en Afrique?

L’état de l’Afrique. Même si “l’Afrique de Papa”, c’est à dire la Françafrique, n’existe plus selon les mots de Rama Yade, l’affaire de l’Arche de Zoé met en lumière quelques-unes de ses survivances. Ce système d’influence a pu subsister grâce à la volonté française, bien sûr, mais aussi grâce à celle de quelques dirigeants africains. Et c’est là qu’entre en scène Thomas Sankara, lui qui s’était battu pour un vrai panafricanisme et la fin de la subordination de l’Afrique à la France. Vingt ans après sa mort, rien n’a vraiment changé. Les hommes politiques africains qui ont oeuvré contre lui sont pour la plupart encore au pouvoir ou y ont placé leurs progénitures. Il y a comme un écho sankariste dans l’affaire de l’Arche de Zoé. Elle n’a pu avoir lieu que parce que des hommes comme Thomas Sankara ont disparu.

Petit bonus vidéo. L’avis d’Eric Zemmour, qui n’est pas vraiment un gauchiste…

Quelques articles de la presse africaine:

http://www.afrik.com/article12822.html

http://www.afrik.com/article12842.htmlle12822.html

http://www.afrik.com/article12845.html

Petit match Sarkozy/Sankara novembre 24 2007

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Nicolas Sarkozy, Thomas Sankara. Deux présidents que tout semble opposer. Le premier accède au pouvoir vingt ans après l’assassinat du second lors d’un coup d’état. Une date comme un clin d’oeil. Petite comparaison, à travers le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar et de Thomas Sankara à Addis Abeba.

Nicolas Sarkozy à Dakar, version courte (pour ceux qui n’ont qu’une minute et 34 secondes)

Bis repetita, version longue (pour ceux qui ont 16 min 55 secondes)

Ces vidéos sont à comparer avec les discours et les initiatives de Thomas Sankara. A Addis Abeba, en 1987, le président burkinabè donnait tort, avec vingt ans d’avance, au discours stéréotypé de Nicolas Sarkozy. Il y expliquait, avec humour et éloquence, comment l’Afrique peut, et doit, prendre son destin en main et comment elle a aussi contribuer à sauver l’Europe du nazisme…

Lisez également son célèbre discours à la 39ème session de l’ONU en 1984. Un autre “vrai moment” d”universalisme et d’humanisme…

http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=260

Enfin, regardez les reportages de France 2, France 3 et Canal Plus à propos du voyage sénégalais de Nicolas Sarkozy, qui ne disent mot sur ses envolées “lyriques” sur “l’Homme Africain” qui “n’est pas assez entré dans l’histoire”…

France 2:

France 3:

Canal plus

Alpha Blondy et Thomas Sankara novembre 23 2007

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 Alpha Blondy

Le célèbre rasta ivoirien a sorti un nouvel album, “Jah Victory”, le 29 octobre 2007 . Parmi ses nouvelles chansons, l’une d’elles est consacrée à Thomas Sankara. Mais pas forcément comme on l’attend…

Alpha Blondy entend dans ce morceau vacciner l’Afrique contre les coups d’état. Il ne s’agit donc pas de lancer des fleurs au capitaine Sankara. “Les militaires sont les garants de la République, ils ne sont pas là pour s’imposer en tant que politiques, parce qu’ils ne le sont pas”, confie-t-il à l’agence de presse sénégalaise.

Revirement étonnant de la part du chanteur qui avait chanté la chanson “Les imbéciles” au stade du 4-août à Ouagadougou lors de l’ouverture d’une édition du FESPACO et qui avait dû s’interrompre avec l’arrivée du chef de l’état. Revirement étonnant de la part de celui qui avait été l’un des premiers à dénoncer l’assassinat de Thomas Sankara. Revirement étonnant qui n’a pas manqué de créer une polémique.

“Blaise est un beau-frère”, Alpha Blondy

Aujourd’hui, il renvoie dos à dos les deux anciens meilleurs amis. “De toute façon, entre les deux, c’était un duel. C’était ou Blaise ou Thomas. On ne va pas reprocher à Blaise Compaoré d’avoir survécu”, explique-t-il à “L’observateur Paalga”. Et selon son raisonnement, le coupable est le coup d’état du 4 août 1983, véritable faute originelle, ”puisqu’un coup d’Etat en entraîne toujours un autre, et tôt au tard les frères d’armes deviennent ennemis”. Il fait ainsi l’impasse sur l’absence totale de preuves montrant que Sankara voulait tuer Compaoré. Au contraire, de nombreux témoins prétendent que Sankara a toujours refusé d’agir contre Compaoré, malgré l’insistance de ses conseillers.

Depuis, Blaise Compaoré est devenu “le facilitateur”qui a permis de mettre fin à la guerre civile en Côte d’Ivoire. Marié à une ivoirienne, il est, pour Blondy, “un homme de paix”.

Et quand on lui parle de l’assassinat de Norbert Zongo, journaliste burkinabé à qui il a dédié une chanson, il précise qu”‘il ne faut pas confondre François (frère cadet du président burkinabé et principal accusé) avec Blaise Compaoré.” Rappelons que François Compaoré est sous les ordres de son frère…

Comment expliquer un tel revirement ? Certains évoquent le rôle joué par le président du Faso dans la résolution du conflit ivoirien, d’autres expliquent que Blondy attend toujours l’autorisation de construire une grande salle de spectacle à Ouagadougou. Toujours est-il que de nombreux fans ont déjà fait part de leur incompréhension…

Pour les curieux, Alpha Blondy sera à Grenoble le 24 novembre et à Toulouse le 5 décembre, après avoir chanté au Zénith de Paris le 16 novembre.

Ecoutez la chanson d’Alpha Blondy sur Thomas Sankara (cliquez sur lecture dans le petit lecteur) :

http://www.bassamfm.com/audio_plus.php?idnews=23