Interview Fidèle Toé février 3 2008
Publié par anto in : Interviews , ajouter 1 commentaire
Fidèle Toé est un ami d’enfance de Thomas Sankara. Après avoir été son directeur de cabinet à plusieurs reprises, il devient ministre de la Fonction Publique et du Travail en 1983, poste qu’il occupera jusqu’à la fin de la révolution burkinabè. Il nous livre son expérience et ses réflexions sur les hommes et le pouvoir.Sa rencontre avec Thomas Sankara
Ses débuts en politique
Les avancées réalisées
L’échec de la révolution
Compaoré et Sankara
La mort de Thomas Sankara
Sa relation avec Blaise Compaoré
Le sankarisme aujourd’hui
La politique de Blaise Compaoré
Une révolution au Burkina ?
L’opinion publique burkinabè
Etre dans l’opposition au Burkina
Interview Issaka Traoré janvier 26 2008
Publié par anto in : Interviews , ajouter 1 commentaire
Issaka Herman Traoré est protéïforme : journaliste indépendant au Burkina Faso, analyste politique, écrivain, membre fondateur de la Coalition pour la Défense de la Dignité Africaine, spécialiste du développement et de la coopération internationale, membre de plusieurs réseaux nationaux, continentaux et internationaux et organisateur de l’Etrange Rencontre. Sankariste et membre du comité d’organisation de la célébration du 20ème anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara, il a accepté de répondre à nos questions.
Pourquoi et comment vous êtes vous intéressé à Thomas Sankara?
Je suis un ancien pionnier de la révolution d’Août 1983. Et comme on disait dans le temps: “Qu’est ce qu’un pionnier? Réponse: Le pionnier est le plus jeune militant organisé de la révolution! Qu’est ce que le pionnier aime le plus? Réponse: Le pionnier aime sa patrie, et qui aime sa patrie, aime les autres! Pionnier: Osez lutter, Savoir vaincre! Vivre en révolutionnaire, mourir en révolutionnaire, les Armes à la main! La patrie ou la mort nous vaincrons!”
Je m’intéresse donc à Thomas Sankara en tant qu’ancien pionnier, et les pionniers étaient les continuateurs de la Révolution. Même si le camarade président a été assassiné par l’impérialisme, il est de notre devoir militant de continuer la lutte pour laquelle il a été assassiné. Depuis Août 1983, je me suis, comme tous les jeunes Burkinabè de mon époque, intéressé à Thomas Sankara à travers la RDP (Révolution Démocratique et Populaire). Aujourd’hui je le fais à travers le Sankarisme.
Quels sont les grandes avancées réalisées par Thomas Sankara? Et quelles sont ses erreurs?
La première et de loin la plus importante est l’éveil des consciences du peuple Burkinabè, des peuples d’Afrique et de tous les laissés pour compte de cette planète. A travers ses actions et ses paroles, le capitaine Thomas Sankara a montré à tout ce monde que leur avenir et bien être dépendaient d’eux mêmes et de personne d’autre. Comme il le disait lui même: ” L’esclave qui ne peut pas assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort….”
Au plan agricole, social et économique, il a réalisé de grandes œuvres que je ne pourrais finir de citer ici.
Des erreurs, toute oeuvre humaine en comportent. La plus importante et la plus fatale pour lui aura été de croire en l’amitié humaine. Cela lui a coûté la vie et anéanti l’élan de développement de tout un peuple. La seconde, et politique, aura été le fait d’avoir voulu démocratiser une révolution avec plusieurs partis de gauche. La lutte de leadership des responsables civils politiques a grandement contribué à son assassinat.
Et enfin, il était trop rapide et visionnaire alors que la masse populaire ne percevait pas tout le temps le sens de son combat. Ce petit fossé de compréhension et de mise en phase avec le peuple, il l’a compris à mon avis tardivement. Les ennemis du peuple avaient déjà exploité cette situation pour intoxiquer une partie du peuple.
En quoi Thomas Sankara est-il différent des autres hommes politiques?
Les différences sont énormes : sa formation politique et idéologique, sa probité morale, son souci du bien être du peuple et des opprimés de toute la planète, sa bonne gestion des affaires et biens publics, son panafricanisme et son sens pratique de la solidarité internationale révolutionnaire. Et enfin sa capacité à mobiliser tout un peuple autour de ses intérêts sans démagogie.
Interview de Ramata Soré janvier 2 2008
Publié par anto in : Interviews , ajouter 1 commentaire
Ramata Soré est journaliste au quotidien “L’Indépendant” au Burkina. Lauréate du prix CNN 2006 dans la catégorie informations générales francophones, elle tient un blog, ici, où elle diffuse son travail indépendant (sans mauvais jeu de mots). Elle nous parle de Thomas Sankara.
Avez-vous des souvenirs de “l’époque Sankara” ?
Je suis né et j’ai grandi en Côte d’Ivoire, où beaucoup de burkinabè vivent et travaillent. Ces derniers étaient assez mal considérés et avaient honte de leur origine. Houphouët, le président ivoirien, avait une ascendence sur les présidents du Burkina et cela devait ressurgir au niveau des peuples. Mais avec l’arrivée de Thomas Sankara, il y a eu un changement. Les burkinabè se sont mis à être fiers et à revendiquer leur nationalité. Preuve ultime de ce renversement, nombre d’ivoiriens sont allés finir leurs études ou s’installer au Burkina.
Quel est votre avis sur Thomas Sankara ?
Je pense qu’il a été une personne unique, un chef d’état authentique. Il a su porter un message de fierté qui n’existait pas encore chez les burkinabè. Il a éduqué, illuminé, éclairé et projeté la population vers l’avenir. Il a voulu tracer la route, malgré les difficultés et les obstacles, vers un but commun. Enfin, chose qui n’est pas courante, Thomas Sankara est toujours resté un homme de conviction, fidèle à ses idéaux.
Quelle est l’opinion publique burkinabè à propos de Thomas Sankara ?
Très nombreuses sont les personnes qui gardent de bons souvenirs de lui. Surtout lorsqu’elles comparent l’ère Sankara et l’ère Compaoré, faite de corruption, de gabegies, d’arrivisme et d’incivisme. Néanmoins, il ne faut pas oublier l’action négative des CDR (ndlr, Comités de Défense de la Révolution) et des TPR (ndlr, Tribunaux Populaires de la Révolution). Mais reconnaître en même temps les énormes effors et les réalisations acquises sous Thomas Sankara. Eradiquation de maladies, fin de la famine, réalisation de grands ouvrages (barrages, chemins de fer). Et ce sans les aides étrangères.
Quel est aujourd’hui l’état de la liberté de la presse au Burkina ?
En progrès, notamment depuis l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et la pression populaire mis sur le gouvernement. Mais il existe encore une certaine autocensure. Les journalistes craignent encore de publier des articles qui risquent de déplaire. Il y aussi le problème des sources : les gens ont peur de parler. Des pressions subsistent néanmoins : j’ai déjà été agressé par des militaires parce que je devais couvrir une de leurs manifestations. Des journalistes ont été convoqués pour qu’ils délivrent leurs sources et une descente de police, pendant laquelle un journaliste a été embarqué, a eu lieu dans une rédaction l’année dernière pour confisquer du matériel utilisé lors d’une interview.
D’une façon générale, comment jugez-vous les 20 ans écoulés ?
Avant toute chose, je te tiens à souligner qu’on ne peut pas parler de démocratie quand un seul homme a régné sur un pays pendant 20 ans. Dans quel pays démocratique, une même personne converse le pouvoir durant 20 ans pendant que des journalistes sont assassinées, que des gens s’enrichissent en détournant des fonds et que la population meure de faim ? Tout cela se passe au Burkina. Est-ce que c’est ça, un ”état de droit” ?
Interview de Bruno Jaffré, suite et fin décembre 15 2007
Publié par anto in : Interviews , 1 commentaire seulementSuite et fin de l’interview de Bruno Jaffré, biographe de Thomas Sankara et auteur de “La patrie ou la mort”, aux éditions “L’Harmattan”.
Il aborde ici certains points délicats, comme l’interdiction du droit de grève mis en place par Thomas Sankara ou les exactions des Comités de Défense de la Révolution. Enfin, il raconte comment Thomas Sankara a été renversé et qui pourrait être derrière ce coup d’Etat.
Interview de Bruno Jaffré, biographe de Sankara, 1ère partie décembre 5 2007
Publié par anto in : Interviews , 3commentaires
Bruno Jaffré a un parcours atypique. Ingénieur de formation, il rencontre Thomas Sankara en juillet 1983, quelques jours avant son arrivée au pouvoir. Depuis, multipliant les voyages et les initiatives, il essaye de relayer son message.
Dans cette première partie, Bruno Jaffré évoque sa rencontre avec Thomas Sankara et le caractère original de la révolution burkinabé. Il revient également sur les initiatives mises en place par l’ancien président du Burkina Faso, au niveau national et international.
