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S.O.S. d’une Sécu en détresse novembre 5 2007

Publié par olivier in : général , rétrolien

Un gouffre financier. Un puit sans fond. Telles sont, en règle générale, les définitions qui viennent le plus rapidement à l’esprit, à l’évocation de la situation dans laquelle se trouve plongé notre système de santé. A bientôt 63 ans, la Sécurité sociale souffre d’hémorragies multiples. Diagnostic: 11,8 milliards d’euros de déficit, dont près de la moitié à mettre au crédit de la branche Assurance maladie. A la fin de l’année, le fameux “trou de la Sécu” atteindra sans peine 12 milliards d’euros. Les champions du relativisme peuvent toujours mettre en avant l’aspect dérisoire de la chose en comparaison de l’énormité de la dette publique (quelque 1200 milliards d’euros à l’heure actuelle). Il n’empêche que le caractère endémique du phénomène reste inquiétant.

Les causes du mal sont pourtant bien connues. Le vieillissement de la population tout d’abord. La France compte aujourd’hui 10,2 millions de personnes de plus de 65 ans, soit 16,2% de la population totale du pays. Le troisième âge étant un grand consommateur de médicaments et de soins médicaux, on comprend mieux qu’avec de tels effectifs, le plafond des dépenses ait tendance à exploser. Chaque année, les enfants du Baby Boom viennent grossir les rangs du Papy Boom. Les actifs peinent à suivre. Autre facteur souvent mis en avant: les récents progrès de la technique. I.R.M., scanners et autres lasers ont certes bouleversé les cadres de la médecine classique et contribué à améliorer la prise en charge des malades, on ne peut pas négliger que tout cela a un coût. La note est salée.

Difficile de se contenter d’analyses aussi conjoncturelles. Alors, répondant à un réflexe aussi pavlovien que français, la traque de responsables plus à même de prêter le flanc à la critique s’amorce. Les coupables semblent tout désignés. Les médecins, d’abord. Les blouses blanches ont la main lourde quand il s’agit de prescrire. Peut-on cautionner le recours à de tels clichés? Probablement pas. Dans certains cas pourtant, il semble difficile de nier l’évidence. Comment, par exemple, passer sous silence le fait que la France soit la championne européenne dans le domaine de la prescription d’antibiotiques? Evidemment, les patients ne sont pas en reste. Leur tendance à la surconsommation est également montrée du doigt. En 2002, la moyenne annuelle des dépenses de santé par habitant avoisinait 2300 euros. En 2006, elle était proche de 3200 euros. Incriminer le poids de la démographie ne semble plus suffisant.

Un tel bilan a de quoi décourager. Hors de question pourtant de céder aux sirènes du fatalisme. En tous sens, on s’agite. On s’affaire autour du lit du patient. La Sécu est malade, alors on se retrousse les manches. Pour le gouvernement, le credo est simple. L’heure est à la responsabilisation. La mise en place d’une franchise médicale (sur laquelle nous reviendrons ultérieurement) est là pour en témoigner. Pour d’autres, l’accent doit être mis sur la prévention. Mieux informer les gens aujourd’hui pour ne pas les revoir à l’hôpital demain en somme. Certains enfin osent le blasphème en parlant de privatisation partielle du système de santé.

Si les approches diffèrent, l’objectif reste globalement le même: répondre au S.O.S d’une institution qui fait partie intégrante de notre héritage. Ils veulent sauver le navire du naufrage. Nous verrons prochainement comment.

Commentaires»

1. Nico - 7 novembre 2007

ça à l’air d’être grave, docteur… tout le monde sait que la sécu est un gros problème, mais c’est vrai qu’on n’en connait pas forcément les tenants et les aboutissants. Sujet passionnant en tout cas, pour peu qu’on prenne la peine de s’y intéresser.

2. olivier - 7 novembre 2007

Effectivement m’sieur. Notre système de santé bat de l’aile. Au menu du prochain post, un décryptage du projet de loi de financement de la Sécu pour 2008. Ca peut t’intéresser je pense

3. Victor - 8 novembre 2007

Save Our Sécu ! Merci pour ce petit compte-rendu. J’espère que les gens réalisent enfin que le petit navire “Sécu” dérive de plus en plus. Pourtant il en a utilisé des fusées de détresse, mais caché par les yachts de ceux qui n’ont besoin ni Sécu ni d’aide publique, “Sécu” va vraisemblablement échouer sur la côte américaine. Là-bas, les pilleurs sont armés de carnets de chèque et d’assurances privées. Les pirates de la santé se frottent déjà les mains.
Espérons que l’on arrivera à sauver ce navire qui avait déjà navigué….

4. olivier - 11 novembre 2007

De rien Victor. Content de voir que le problème de la Sècurité sociale mobilise encore les consciences des flibustiers du net pour poursuivre la métaphore que tu as su filer avec bonheur. A plus moussaillon!