Le sauvetage de la Sécu vu par le gouvernement: le PLFSS novembre 11 2007
Publié par olivier in : général , rétrolienChose promise chose due. Il y a une semaine, j’ai rapidement évoqué les différentes voies explorées dans le but de sauver notre système de santé. Priorité est donnée cette semaine aux actions concrètes. Et quoi de plus concret que le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (ou PLFSS, pour les initiés)? Le projet élaboré par le gouvernement a été débattu à l’Assemblée nationale du 23 au 30 octobre, date de son vote solennel. Le PLFSS étant pour le moins indigeste aux yeux des humbles mortels que nous sommes (110 pages d’une aridité à faire passer le Sahara pour un océan de fertilité), j’ai pris le parti d’en exposer simplement les grandes lignes.
L’objectif général annoncé par le gouvernement est de revenir “dès 2008″ à un déficit inférieur à 9 milliards d’euros.
L’enfant malade de la Sécurité sociale étant la branche assurance maladie, une série de quatre mesures essentielles a été formulée, dont une a été tuée dans l’oeuf.
Faire en sorte, tout d’abord, que les dépenses d’assurance maladie n’augmentent pas de plus de 2,8%. Le recours à de larges économies (environ 2 milliards d’euros) constitue donc une priorité.
Mettre en place de nouveaux modes de rémunération et de contrats plus individualisés pour les médecins libéraux.
Instaurer des mécanismes de régulation permettant de suspendre les revalorisations tarifaires en cas d’alerte de dépassement de l’objectif de dépenses.
Le dernier grand volet du plan concernant l’assurance maladie devait modifier les modalités d’installation des médecins sur le territoire, de manière à réharmoniser la carte de la démographie médicale française. Le caractère coercitif du dispositif a provoqué la colère des internes en médecine. A l’occasion d’un mouvement de grève nationale lancé le 27 septembre, les futures blouses blanches ont dénoncé avec force un projet de loi qualifié d’arbitraire et laissant, selon eux, planer la menace d’une médecine à deux vitesses, partiellement privatisée. En cause: le déconventionnement auquel les médecins récalcitrants auraient été exposés en cas de refus de se plier aux exigences gouvernementales en matière d’installation. Face à la détermination des internes et à l’ampleur du mouvement, le gouvernement a fait machine arrière. Conclusion:en janvier 2008 se tiendront les Etats généraux de la médecine, rassemblant responsables politiques, représentants des syndicats de médecins, praticiens et internes. Le dialogue est donc rétabli, mais l’épineux problème de la géographie médicale n’est pas encore résolu.
Et enfin,last but not least (j’espère que les farouches défenseurs de la langue de Molière me pardonneront cette dérive angliciste), arrivent les deux dernières mesures phares défendues par le gouvernement. Elles ont pour nom “franchises médicales” et “taxation des stock-options“.
Eut égard aux nombreux commentaires dont elles ont fait l’objet, j’estime bon de les détailler ultérieurement. Chacune aura d’ailleurs droit à son post. Pas de jaloux.
Commentaires»
hi…
wonderful…