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Florence Raut : “La Libreria a créé une vraie dynamique de quartier” décembre 15 2007

Publié par cultureitalienne in : Littérature , rétrolien

Florence Raut, co-propriétaire de La Libreria, est devenue libraire sur le tard. À 43 ans, elle ne semble pas regretter ce choix. Simple et ouverte, à l’image de cette librairie franco-italienne du IX°arrondissement de Paris, elle transmet sa passion pour les livres et cultive sa différence. Florence Raut

Elle aurait pu ne jamais se retrouver derrière le comptoir de cette librairie de quartier, située dans le IXe arrondissement de Paris. Quand Gennaro Capuano lui propose de s’occuper de son café-librairie, Leggere per 2, Florence Raut fait la moue. Ce n’est pas son métier, et rester coincée derrière un bureau ne l’emballe guère. Cette expérience agit pourtant comme un déclic. « J’ai adoré ce contact avec les gens ! », glisse-t-elle timidement, passant la main dans ses cheveux. Quand la librairie ferme, elle n’a qu’une envie : replonger. Un an et demi plus tard, en mai 2006, La Libreria ouvre ses portes.

S’imposer sur le marché s’est révélé finalement chose assez aisée. Beaucoup d’anciens clients du café-librairie l’ont suivie. Le bouche-à-oreille a fait le reste. Autre avantage : le quartier n’avait pas de librairie généraliste. Peu à peu, la clientèle s’est fidélisée. « Dans le quartier, on ne trouve pas de boutiques agréables. Quand nous avons ouvert, les habitants nous étaient vraiment reconnaissants ». Cet emplacement privilégié ne fait pas tout. Florence manifeste une grande attention pour ses visiteurs. Elle salue par leurs noms ceux qu’elle reconnaît et se montre toujours disponible. Une formule newsletter permet de tenir au courant les nouveaux arrivants des rencontres, des livres conseillés. « J’adore le contact avec les clients. Ils viennent chercher un livre, je les conseille. Mais c’est donnant-donnant. Parfois, ils me parlent d’un livre qu’ils ont aimé ».

La LibreriaLa librairie existe grâce à une amitié entre deux femmes, à l’image de leur librairie : Florence Raut est française, d’origine bretonne ; Marina Zingraff est italienne. Ce qui les rapproche ? L’Italie, mais avec des trajectoires inversées. Florence a quitté la France pour Rome, son ex-mari étant italien. Marina a rejoint son mari français à Paris. Toutes deux ont exercé des métiers à mille lieux de celui de libraire avant de monter ce projet. Leurs routes ont fini par se croiser. « Florence se ressent certainement comme une Française romaine. Et elle parle l’italien comme une vraie romaine ! », explique Marina. Elles sont la preuve vivante qu’on peut prendre des virages, changer de voie et s’épanouir. « Sur le terrain, on a quand même dû se coltiner la réalité économique, le travail avec les maisons d’édition… », lance Florence, réaliste et humble.

Débarquer dans le métier ne s’avère pourtant pas toujours évident. D’autant que la concurrence peut sembler rude. La Tour de Babel, ouverte depuis 1984, reste pendant longtemps l’unique librairie italienne de Paris. « Il y a de la place pour deux. Et puis, on apporte un enthousiasme, une nouvelle énergie, plus féminine. On a aussi l’avantage de l’âge : comme on dit, on a le feu sacré ! ».Les Italiens ne manquent pas à Paris et les institutions culturelles forment une grande famille avec les librairies et Radio Aligre. Ce réseau déjà constitué a été d’une grande aide au début pour faire connaître La Libreria.
La Libreria devait devenir un espace exclusivement franco-italien. « En faisant ce choix, on se coupait à une certaine clientèle », assure-t-elle. En littérature française comme italienne, tous les genres sont proposés, classiques comme contemporains, des livres historiques, de gastronomie, de voyages, jusqu’aux livres pour enfants. Pour que les visiteurs se sentent bien. « Ce que je déteste par-dessus tout, ce sont les endroits élitistes, où tu es jaugé parce que tu demandes un livre qui ne rentre pas dans leurs critères », remarque-t-elle, énergique.

En novembre dernier, La Libreria accueillait Giovanni Brizzi, un grand historien italien, auteur d’une biographie intitulée Moi, Hannibal. Florence l’a reçu, accompagné de son traducteur et du préfacier, avec une certaine appréhension. « J’étais extrêmement intimidée. Je déteste parler en public », se remémore-t-elle. « Ce n’était pas le fait qu’ils soient historiens, car j’adore l’Histoire, mais on se prépare souvent à ce genre d’épreuve et ce qui sort de notre bouche n’est jamais ce qu’on voulait ».

Florence Raut

La Libreria découle d’une passion pour les livres, pour le contact humain. Une fois par semaine, des auteurs très divers viennent présenter leurs livres. Certains sont reconnus et ont du succès, d’autres obtiendront une moins grande audience. Peu importe. La librairie cultive cette diversité. En pleine préparation pour une rencontre, Florence Raut continue à paraître disponible, à l’écoute. Elle sort régulièrement de derrière son comptoir, conseille ses visiteurs, compose la vitrine. Une cliente est là depuis un bout de temps. Devant l’empressement d’une amie, qui l’attend devant la porte, elle lâche : « C’est qu’on aurait envie d’y rester… ». Florence est fière d’avoir réussi en peu de temps à fidéliser sa clientèle et de parvenir à émerveiller les passants curieux.

Commentaires»

1. fabien - 19 janvier 2008

ca donne envie de venir visiter le lieu! lors d’un prochain séjour à la “capitale” peut-être.