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Pippo Delbono: “L’art, un parcours pour se déconnaître, se déconstruire” janvier 31 2008

Publié par cultureitalienne in : Rencontres , rétrolien

Le metteur en scène italien Pippo Delbono, venu présenter à l’Institut culturel italien son “Obra Maestra”, opéra lyrique en hommage à Frank Zappa, a livré sa conception du théâtre et de l’opéra, “monde malade” et “bourgeois” selon lui.

Pippo Delbono dédicace son opéra lyrique “Obra Maestra” à Frank Zappa, “qui n’a pas vu comment le monde a empiré, plus que lui-même ne l’aurait pu imaginer” (”che non ha visto come il mondo è andato molto peggio che lui l’aveva potuto immaginare“). A charge l’opéra, “une bureaucratie totale”, “une bourgeoisie du théâtre”. Son explication? “L’opéra a d’inombrables règles. J’ai l’habitude d’arriver en retard, de ne pas avoir d’heure. J’ai dû me frotter aux horaires de bureau, comme à la Sécurité sociale, avec un syndicaliste qui me disait chaque matin, “hier on a fait deux minutes de plus que prévu, on en fera deux de moins aujourd’hui“…”. Cette arrivée dans ce lieu “horrible”, dans la “mafia des opéras”, lui a donné encore plus l’envie de se battre contre le système.

extrait d’”Obra Maestra”Obra Maestra parle donc de ce sentiment de révolte, de ce besoin de se révolter. Son opéra lyrique, il le présente comme un opéra en déconstruction. L’art est un lieu de révolte, et ainsi de totale liberté. “J’ai aucun ami qui va à l’opéra”. Il nous donne comme exemple La Traviata de Verdi, un opéra qu’on connaît, parce qu’on connaît la chanteuse, on l’écoutait au lycée… “L’art, ce n’est pas se reconnaître. C’est un parcours pour se déconnaître”.

Dans les extraits de son opéra “expérimental”, on le voit s’agiter comme un chien fou, tel un chaman exhortant à la transe, débraillé, la voix devenant un murmure, une voix qui s’essoufle. Son spectacle, il le dit lui-même, s’est construit dans le chaos, comme un voyage dans la possibilité de l’absurde.
Le théâtre pour lui c’est de la musique. Un comédien ne joue pas un personnage, il n’interprète pas quelqu’un. Le comédien joue une partition physique. Il chante, il danse, il bouge en rythme.

Pippo DelbonoPersonnage attachant mais provocateur, Pippo Delbono, surnommé au cours de la rencontre, le 30 janvier, ”le bonhomme” - ce qui ne lui plaît guère - a suscité dans l’assemblée rires (quand il évoque sa maman), applaudissements mais aussi une totale incompréhension. Quand il déclare “l’Italie aujourd’hui est devenu un pays de mafia culturelle et de snobisme culturel”, tout le monde suit. Mais lorsqu’on trouve que son oeuvre se construit beaucoup et qu’elle peut apparaître classique, “le bonhomme” ne vous écoute plus. Pour lui, vous aimez alors Pavarotti, un artiste “inutile” parce qu’il ne se révolte pas et qu’une belle voix ne suffit pas à émouvoir. Applaudissements ou indignation devant des spectateurs qui finalement sont des “petits bourgeois” comme il ne les aime pas, puisqu’ils vont au théâtre en en ont les moyens et dans un lieu très bourgeois, à la mise en scène “bizarre”, comme il l’évoquait lui-même, puisque deux publics se font face, l’intervenant au milieu. La question est de savoir si nous devons seulement y voir de la provocation.

Le dernier spectacle de Pippo Delbono, Questo buio feroce (”Cette obscurité féroce”), est actuellement en scène au Théâtre du Rond-Point, et ce jusqu’au 2 février. Réservation(s) au 01 44 95 98 21.

Commentaires»

1. Francesco Traniello - 1 février 2008

Pippo Delbono è un povero imbecille, un totale incapace, buffone e sfruttatore. I suoi spettacoli sono l’espressione più agghicciante di un teatro iber-banale, fintamente contro corrente. Il culo lui ce l’ha iper parato, appoggiato da masse di critici lobotomizzati che lo applaudono al solo sentire il suo nome.
Delbono è un vero e proprio peso per il mondo dell’arte. Vada a studiare. Poi, se ha voglia, venga a raccontarci pure qualcosa.

F.T

2. cultureitalienne - 4 février 2008

Je ne connais pas suffisamment l’oeuvre de Pippo Delbono pour la juger. Mon travail, c’est de rendre compte d’une rencontre, de présenter son oeuvre. Lui ne m’a pas paru très sympathique, j’émets d’ailleurs des réserves dans mon dernier paragraphe. Il est dans la diabolisation et semble contradictoire mais il a aussi, je trouve, des réflexions intéressantes.
Voilà. Que cela ne vous empêche pas de revenir sur le blog!