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Histoires d’It : le nouveau documentaire italien mars 31 2008

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A deux semaines des élections législatives italiennes, ce festival du nouveau documentaire italien tombe à point pour mieux connaître l’Italie d’aujourd’hui. Au programme, plus de trente documentaires, inédits en France, réalisés par des cinéastes contemporains : Francesca Comencini, Mimmo Calopresti, Marco Bellocchio…

Le festival Histoires d’It-Le nouveau documentaire italien sera inauguré lundi 31 mars à 20h, à la Cinémathèque française. L’Institut culturel italien, organisateur de l’événement, présentera le documentaire de Marco Bellocchio, “Sorelle”, en présence du réalisateur, du directeur de la Cinémathèque, Serge Toubiana, et de Valeria Bruni-Tedeschi, la marraine du festival.

L’ouverture officielle du festival aura lieu lundi 7 avril à 19h à l’Institut culturel italien, avec la projection de deux documentaires, en présence de leurs réalisateurs, Jean-Louis Comolli et Pietro Marcello, et de Rossana Rummo, la directrice de l’Institut.
Le festival est divisé en plusieurs sections thématiques : Ritratti e storie di vita (Portraits et histoires de vie), Il bel paese (Le Beau pays), Lo sguardo altrove (Le regard ailleurs), Crimini e misfatti (Crimes et méfaits), Adesso musica! (Et maintenant, musique!).

Histoires d’It. Le nouveau documentaire italien
Du 7 avril au 28 mai 2008

Soirée d’inauguration : Cinémathèque française - Musée du Cinéma, 51 rue de Bercy, 75012 Paris.
Entrée libre et sans réservation dans la limite des places disponibles.

Festival : Institut culturel italien, 73 rue de Grenelle, 75007 Paris.

Monicelli par Monicelli mars 23 2008

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Le doyen du cinéma italien, Mario Monicelli, 93 ans, a livré samedi 22 mars la traditionnelle “leçon de cinéma” à la Cinémathèque française, qui lui rend hommage pendant deux mois.

14h30. Salle Henri Langlois de la Cinémathèque française. Mario Monicelli monte sur la scène, ému, et remercie le public d’être encore une fois nombreux pour l’accueillir. Pendant une heure et demie environ, il commente des extraits de ses films, parle de ses tournages, raconte son travail avec les scénaristes et acteurs de l’époque et répond aux questions du public.
La leçon de cinéma de Mario Monicelli est animée par Bernard Benoliel de la Cinémathèque et par Sergio Toffetti, ancien responsable de la section film du Musée du Cinéma de Turin et directeur adjoint de la Cineteca Nazionale de Rome.

“Leçon de cinéma”: Sergio Toffetti, Mario Monicelli, Bernard Benoliel

Le tournage du “Pigeon”. “Ce fut très amusant. Les acteurs étaient très amis entre eux, ils formaient une bande. Il y avait des acteurs professionnels, Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman, et les autres : le sicilien (Tiberio Murgia) était garçon de restaurant, le petit vieux (Carlo Pisacane) était jongleur de rue, et puis Claudia Cardinale, une Tunisienne de 19 ans qui ne parlait pas un mot d’italien… Le tournage fut vraiment sympathique”, dit en se remémorant Mario Monicelli.
“On a eu du mal à démarrer le film. La production ne voulait pas de Gassman, parce qu’il venait du théâtre, jouait dans des films très classiques ou le rôle de vilain. Il ne pouvait donc pas jouer le rôle de comique. Moi, je savais qu’il était amusant, spirituel, plein d’ironie. Pour l’imposer, j’ai dû lui changer son visage et le faire bégayer pour l’abaisser de ton et lui enlever son air d’intellectuel. Et puis le film a marché, tout a marché, et moi-même j’ai été lancé!”.

Monicelli scénariste. “Le Pigeon” est écrit avec Age Scarpelli et Suso Cecchi D’Amico, un couple de scénaristes qui a duré 40 ans. “Nous avons travaillé ensemble sur plusieurs films. On écrivait aussi dans des journaux politico-humoristiques. On se retrouvait le matin et on parlait pendant deux heures de politique, des rumeurs qui couraient. Puis enfin on se mettait au travail. On discutait uniquement des notes prises sur le début du film, sur un rôle… Chacun écrivait sa petite idée du sujet et on choisissait ensemble la meilleure. Cela a duré six mois. Mais c’était tellement amusant que cela aurait pu durer deux ans”.

(more…)

La Cinémathèque rend hommage à Mario Monicelli mars 23 2008

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43 films, une leçon de cinéma, des conférences sur la comédie à l’italienne… La Cinémathèque française rend hommage pendant deux mois à un grand cinéaste italien : Mario Monicelli.

Cinémathèque

Moins connu en France que Fellini, Rossellini, Visconti ou Antonioni, Mario Monicelli, qui, à 93 ans, est le doyen des cinéastes italiens, tourne depuis l’après-guerre et a réalisé plus de 65 films. Son film le plus connu, “Le Pigeon” (1958), est le film pivot de la comédie à l’italienne. Il a dirigé les plus grands comédiens italiens (Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Alberto Sordi, Toto, Ugo Tognazzi, Gian Maria Volontè), comédiennes (Claudia Cardinale, Monica Vitti, Anna Magnani, Sophia Loren), ainsi que certains acteurs français (Bernard Blier, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu…).  

La soirée d’ouverture du cycle Mario Monicelli a eu lieu mercredi 19 mars à 20h, en présence du réalisateur italien et avec la projection de “Un bourgeois tout petit, petit” (Un borghese piccolo piccolo, 1977).

Jean Toubiana, le directeur de la Cinémathèque, a dédié la rétrospective Monicelli à Pierre Todeschini, (décédé en août 2007), le fondateur du Festival du cinéma italien d’Annecy en 1983, où il a reçu à plusieurs reprises Mario Monicelli.
Claudia Cardinale, qui était dans la salle, est montée sur scène pour saluer celui qui lui a donné son premier rôle, celui de Carmela, une jeune sicilienne, dans “Le Pigeon” (I soliti ignoti, 1958).
L’invité surprise de la soirée était Vincenzo Cerami, l’auteur du livre”Un bourgeois tout petit, petit”, adapté au cinéma par Mario Monicelli.

Affiche du film. ”Un bourgeois tout petit, petit”. Giovanni Vivaldi (Alberto Sordi) est un petit fonctionnaire, employé d’un ministère à Rome. Petit bourgeois, c’est l’Italien moyen. Il a une femme, Amalia, mais l’amour de sa vie, c’est son fils unique, Mario. Quand celui-ci obtient son diplôme de comptabilité, Giovanni fait tout pour que Mario trouve un travail au ministère. De magouilles en magouilles, il entre même dans la franc-maçonnerie, où on lui donnera le sujet de l’épreuve.
Truculente satire, “Un bourgeois tout petit, petit” épingle tour à tour la religion, le machisme, les fonctionnaires, la maçonnerie, la société moderne individualiste et corrompue par l’argent. Puis, Mario meurt alors qu’il se rendait à son examen. Les vies de Giovanni et Amalia se retrouvent bouleversées. Giovanni erre dans les rues de Rome, espérant trouver l’assassin de son fils et se transforme lui-même en tueur…  

“Margherita Dolcevita” de Stefano Benni mars 21 2008

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couverture romanMargherita a presque 15 ans et quelques kilos en trop. Elle veut être poétesse et recommence sans arrêt le même roman. Son père aime réparer les vieilles bicyclettes, sa mère fume des cigarettes virtuelles, son grand-père ne sort qu’une fois par semaine pour aller au supermarché et mange des yaourts périmés. Son frère aîné, Giacinto, est un crétin qui a deux passions: le foot et le ballon. Son petit frère, Erminnio, surnommé “Eraclito”, est un petit génie amoureux de sa prof de maths. Et puis, il y a son chien, Roupillon.

Bref, sa famille est bizarre mais sa vie est tranquille et joyeuse, dans un bout de campagne à la périphérie d’une ville comme les autres. Jusqu’au jour où les nouveaux voisins, les Del Bene, arrivent… Leur maison ressemble à un grand cube noir et menaçant. Ils apportent avec eux tous les symboles de richesse et de modernité que Margherita abhorrent. Les Del Bene écrasent peu à peu la famille de l’adolescente, avec leur argent, leur folie de la technologie hyper-moderne et leur vulgarité. Seul Angelo, le beau fils des voisins, semble échapper à l’hypocrisie qui caractérise les Del Bene.

Regard lucide sur la société moderne, écrit avec les yeux d’une adolescente anti-conformiste, “Margherita Dolcevita” dénonce les méfaits de la société moderne, qui ont pris le pas sur l’intelligence, la beauté de la vie et l’imagination. Le roman de Stefano Benni, paru récemment chez Actes Sud, commence comme une satire sociale, pour se transformer peu à peu en roman policier, avec Margherita dans le rôle d’une détective privée. Parce qu’au fond, ces vulgaires Del Bene doivent cacher quelque chose de louche…

marguerite pozzoli, stefano benni, daniel pennac lors de la rencontreStefano Benni a présenté “Margherita Dolcevita” jeudi 20 mars à l’Institut culturel italien, en présence de sa traductrice, Marguerite Pozzoli, et de Daniel Pennac, un de ses amis. Lors de la rencontre, Daniel Pennac a mis en exergue une des phrases du roman de Stefano Benni : “Il avait le sourire de quelqu’un qui avait l’habitude qu’on le croît”, le portrait-type du menteur. “C’est le manque d’imagination qui nous accule au mensonge”, a ajouté l’auteur de “Chagrin d’école”, remarquant que dans chacun de ses romans, nouvelles ou chroniques, Stefano Benni dénonce le mensonge.

Les deux écrivains ont débuté la rencontre en plaisantant sur leur relation amicale. “Nous sommes provisoirement amis depuis quelques années. Stefano ne m’a pas enseigné l’italien et son français est très mauvais. Nous nous limitons donc au langage articulé, aux gestes. Pour ne pas nous mentir”, a dit en s’amusant Daniel Pennac.

“J’écris toujours pour un lecteur aventureux. Si je suis aimé des jeunes, c’est peut-être parce qu’ils sont les plus aventureux”, a tenté d’expliquer Stefano Benni à propos de l’engouement qu’il suscite auprès du jeune lectorat. “J’ai écrit beaucoup de livres, peut-être trop. Mais je ne suis pas un auteur instinctif. J’ai dû réécrire Margherita 11 ou 12 fois. Ca m’a pris trois ans”, a-t-il ajouté.

Sa traductrice dit de Stefano Benni qu’il est un “homme-orchestre”. Auteur de chansons, de poèmes, de nouvelles et de romans, Stefano Benni est également acteur et écrit des chroniques pour le quotidien “Libération”. Sept de ses romans et deux recueils de nouvelles ont paru en français, dont “Le Bar sous la mer” (1989), “La Dernière larme” (1996), “Hélianthe” (1997), “Bar 2000″ (1999), “Spiriti” (2002), “Saltatempo” (2003), “Achille au pied léger” (2005) et “La compagnie des célestins” (2006).

Mario Monicelli à La Libreria mars 19 2008

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Un hommage à la Cinémathèque française jusqu’au 19 mai, un livre sur sa collaboration cinématographique avec le comédien Toto, le doyen du cinéma italien, Mario Monicelli, est plus que présent ces jours-ci à Paris.

La Libreria l’accueille vendredi 21 mars à 19h pour la présentation du livre “L’espressione triste che fa ridere. Toto e Monicelli”, écrit par la journaliste Adriana Settuario, également présente.

Mario Monicelli et Toto ont fait sept films ensemble. Leur collaboration marque une période importante du cinéma italien, celle de la “comédie à l’italienne” et de la satire sociale.

Rencontre avec Stefano Benni et Daniel Pennac mars 18 2008

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L’écrivain et journaliste italien Stefano Benni présentera son dernier roman, “Margherita Dolcevita” (Actes sud), jeudi 20 mars à 19h à l’Institut culturel italien, en présence de sa traductrice, Marguerite Pozzoli, et de Daniel Pennac.

Institut culturel italien, 73, rue de Grenelle, 75007 PARIS. 
Réservation au 01 44 39 49 39.
 

Terra di Cinema mars 12 2008

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affiche festivalLa ville de Tremblay-en-France accueille sa 8e édition de “Terra di Cinema”, un festival représentatif du nouveau cinéma italien. Du 12 mars au 1er avril, 17 films seront projetés, dont 14 inédits.

On attend notamment le nouveau film de Mario Monicelli, “Le Rose del deserto”, avec Michele Placido. Un réalisateur confirmé qui recevra un hommage à la Cinémathèque de Paris dès le 19 mars prochain.

Au programme également, “Baciami piccina”(Prix du public au Festival d’Annecy 2007), “Notturno Bus” (Amilcar du Jury - Villerupt 2007), “Saturno contro” de Ferzan Ozpetek (Amilcar du jury) ou encore “Il vento fa il suo giro” (Grand Prix du jury - Annecy 2006).

“L’aria salata” d’Alessandro Angelini, un film sur la réinsertion des détenus, fera l‘ouverture du festival “Terra di cinema”, ce soir (mercredi 12 mars) à 20h30.

Festival Terra di Cinema. Du 12 mars au 1er avril au cinéma Jacques-Tati de Tremblay-en-France (93). Programmation et infos pratiques au 01 48 61 48 48 ou sur le site www.tremblay-en-france.fr

Davide Ferrario à l’Institut culturel italien mars 9 2008

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L’Institut culturel italien organise une rencontre avec le réalisateur Davide Ferrario le mardi 11 mars, à l’occasion de la sortie de son documentaire. “Le Voyage de Primo Levi” refait le parcours effectué par l’auteur de “Si c’est un homme” à sa sortie du camp d’Auschwitz en 1945. Durant 10 mois, Primo Levi avait traversé la Pologne, l’Ukraine, la Roumanie, l’Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne avant de rejoindre Turin. De ce périple était né son livre “La Trêve”.

Davide Ferrario est Turinois. Critique de cinéma et essayiste, il est l’auteur de plusieurs courts et longs-métrages.

Rencontre avec le cinéaste Davide Ferrario le 11 mars à 18h30.
Institut culturel italien,  50 rue de Varenne, 75007 PARIS.

Sortie du “Voyage de Primo Levi” le 12 mars.

A l’occasion de la sortie en salles du documentaire de Davide Ferrario, l’association Anteprima projettera “Dopo Mezzanotte” (2005), précédent film du réalisateur, dans le cadre de son ciné-club. Le 29 mars à 11h au Cinéma du Panthéon (Paris 5e).

“Liscio”: et la musique fût mars 8 2008

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Affiche du filmDans ce petit film sorti sur les écrans le 5 mars dernier, la musique se transmet de père en fille et de mère en fils.
Pour Raul, 12 ans, “la musique est belle et simple, sept notes, rien que sept, il suffit de les jouer les unes après les autres…”. La vie est bien plus difficile. A commencer par sa mère, Monica (Laura Morante), une chanteuse de bal populaire (le “liscio” en question), qui collectionne les amants sans jamais trouver le bon. Il se met en tête, lui, de trouver la personne parfaite pour sa mère. Et pourquoi pas son professeur de musique ?  

Les péripéties de Raul, la vie sentimentale de Monica, les scènes de l’école ne convainquent pas, elles multiplient d’ailleurs les clichés. Reste la musique, le “liscio” dont se passionne Raul, légué par son accordéoniste de grand-père maternel. Laura Morante, qui interprète elle-même les chansons, est une nouvelle fois parfaite dans son rôle. Mais parvient-elle à sauver le film ?
“Liscio” demeure agréable à regarder, pour le plaisir de la langue italienne, pour la musique et pour les acteurs, mais plus comme un bon téléfilm pour les soirées pluvieuses.

“Liscio, la musique de ma mère”. Un film de Claudio Antonini. Avec Laura Morante, Umberto Morelli, Antonio Catania… Durée : 1h17.
A Paris, au cinéma Le Latina.

Roberto Benigni, “le clown amoureux” mars 8 2008

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On se souvient tous du Festival de Cannes 1998. Roberto Benigni s’était jeté aux pieds de Martin Scorsese, qui lui remettait le Grand Prix du Jury pour “La Vie est belle”.la vie est belle

Vu parfois comme un saltimbanque excessif et le réalisateur de ce seul film, Benigni mérite pourtant plus que ces simples considérations. Dans leur livre, “Le Clown amoureux”, paru en novembre 2007, Christophe Mileschi et Oreste Sacchelli décryptent pour un public français l’oeuvre cinématographique de cette icône du cinéma italien.

Leur ouvrage se découpe en deux parties. La première propose un résumé très complet et une analyse de ses 9 films réalisés ou co-réalisés. De “Berlinguer ti voglio bene” en 1977 au “Tigre et la neige” en 2005, les films de Benigni révèlent une recherche artistique en perpétuelle progression. On peut seulement regretter le parti pris par les deux auteurs de raconter l’histoire de A à Z de chaque film. Difficile ensuite d’être surpris si on n’en a pas vu un.

La seconde partie analyse certains thèmes majeurs de l’oeuvre de Benigni. Dans chacun de ses films, le décor est par exemple presque toujours le même. L’acteur Roberto Benigni vit dans un petit appartement dans un grand immeuble en béton, moderne. C’est un univers “masculin“, “où les relations amoureuses ne peuvent aboutir“, selon Oreste Sacchelli. Au contraire, la femme (Nicoletta Braschi) habite toujours dans des lieux sublimes : une jolie villa ou un palais sicilien dans “Johnny Stecchino”.

Oreste Sacchelli lors de la présentation du livre à La Libreria

Autre thème majeur : la femme. La filmographie de Benigni constitue une histoire d’amour, d’où le terme “amoureux” dans le titre du livre. Dans “Le Petit Diable” (Il piccolo diavolo, 1988, début de sa collaboration avec l’écrivain Vincenzo Cerami), le quatrième film de Benigni, il découvre la femme, au sens premier du terme, puisque à peine venu au monde, il en découvre d’abord le sexe. “Le Petit Diable” débute une série de trois films, avec “Johnny Stecchino” (1991) et “Le Monstre” (Il Mostro, 1994), où Benigni joue un personnage naïf, qui ne comprend rien aux femmes. Celles-ci, toutes jouées par Nicoletta Braschi, sa compagne et sa productrice, sont manipulatrices et séductrices, elles se servent de lui pour ensuite le laisser tomber.
Dans “La Vie est belle” (La Vita è bella, 1997), la femme n’est plus manipulatrice mais se fait séduire par l’homme. “Pinocchio” (2002) reste un film un peu à part mais on retrouve cette progression dans le dernier film de Benigni, “Le Tigre et la neige” (La Tigre e la neve, 2005). La femme y est reconquise suite à une trahison. Pour les deux auteurs du “Clown amoureux”, ce film est une ode à la femme. L’amour prend le pas sur la clownerie, les gags étant beaucoup moins présents.

Roberto Benigni est amoureux. Mais est-il vraiment un clown ? “Dans la vie, il porte de grosses lunettes, ce qui change son visage. Il est cultivé, très sérieux et profondément religieux, dans le sens où il est toujours animé d’espérance. Le monde est sauvé par la beauté de la femme“, explique Oreste Sacchelli.

Le Clown amoureux. L’oeuvre cinématographique de Roberto Benigni, éditions La fosse aux ours, 18 euros.

Christophe MILESCHI est professeur de littérature italienne contemporaine à l’université Stendhal-Grenoble 3, traducteur et écrivain.
Oreste SACCHELLI est maître de conférences à l’université Nancy 2 et délégué artistique du Festival du film italien de Villerupt.