“Margherita Dolcevita” de Stefano Benni mars 21 2008
Publié par cultureitalienne in : Littérature , ajouter 1 commentaire
Margherita a presque 15 ans et quelques kilos en trop. Elle veut être poétesse et recommence sans arrêt le même roman. Son père aime réparer les vieilles bicyclettes, sa mère fume des cigarettes virtuelles, son grand-père ne sort qu’une fois par semaine pour aller au supermarché et mange des yaourts périmés. Son frère aîné, Giacinto, est un crétin qui a deux passions: le foot et le ballon. Son petit frère, Erminnio, surnommé “Eraclito”, est un petit génie amoureux de sa prof de maths. Et puis, il y a son chien, Roupillon.
Bref, sa famille est bizarre mais sa vie est tranquille et joyeuse, dans un bout de campagne à la périphérie d’une ville comme les autres. Jusqu’au jour où les nouveaux voisins, les Del Bene, arrivent… Leur maison ressemble à un grand cube noir et menaçant. Ils apportent avec eux tous les symboles de richesse et de modernité que Margherita abhorrent. Les Del Bene écrasent peu à peu la famille de l’adolescente, avec leur argent, leur folie de la technologie hyper-moderne et leur vulgarité. Seul Angelo, le beau fils des voisins, semble échapper à l’hypocrisie qui caractérise les Del Bene.
Regard lucide sur la société moderne, écrit avec les yeux d’une adolescente anti-conformiste, “Margherita Dolcevita” dénonce les méfaits de la société moderne, qui ont pris le pas sur l’intelligence, la beauté de la vie et l’imagination. Le roman de Stefano Benni, paru récemment chez Actes Sud, commence comme une satire sociale, pour se transformer peu à peu en roman policier, avec Margherita dans le rôle d’une détective privée. Parce qu’au fond, ces vulgaires Del Bene doivent cacher quelque chose de louche…
Stefano Benni a présenté “Margherita Dolcevita” jeudi 20 mars à l’Institut culturel italien, en présence de sa traductrice, Marguerite Pozzoli, et de Daniel Pennac, un de ses amis. Lors de la rencontre, Daniel Pennac a mis en exergue une des phrases du roman de Stefano Benni : “Il avait le sourire de quelqu’un qui avait l’habitude qu’on le croît”, le portrait-type du menteur. “C’est le manque d’imagination qui nous accule au mensonge”, a ajouté l’auteur de “Chagrin d’école”, remarquant que dans chacun de ses romans, nouvelles ou chroniques, Stefano Benni dénonce le mensonge.
Les deux écrivains ont débuté la rencontre en plaisantant sur leur relation amicale. “Nous sommes provisoirement amis depuis quelques années. Stefano ne m’a pas enseigné l’italien et son français est très mauvais. Nous nous limitons donc au langage articulé, aux gestes. Pour ne pas nous mentir”, a dit en s’amusant Daniel Pennac.
“J’écris toujours pour un lecteur aventureux. Si je suis aimé des jeunes, c’est peut-être parce qu’ils sont les plus aventureux”, a tenté d’expliquer Stefano Benni à propos de l’engouement qu’il suscite auprès du jeune lectorat. “J’ai écrit beaucoup de livres, peut-être trop. Mais je ne suis pas un auteur instinctif. J’ai dû réécrire Margherita 11 ou 12 fois. Ca m’a pris trois ans”, a-t-il ajouté.
Sa traductrice dit de Stefano Benni qu’il est un “homme-orchestre”. Auteur de chansons, de poèmes, de nouvelles et de romans, Stefano Benni est également acteur et écrit des chroniques pour le quotidien “Libération”. Sept de ses romans et deux recueils de nouvelles ont paru en français, dont “Le Bar sous la mer” (1989), “La Dernière larme” (1996), “Hélianthe” (1997), “Bar 2000″ (1999), “Spiriti” (2002), “Saltatempo” (2003), “Achille au pied léger” (2005) et “La compagnie des célestins” (2006).
- “Margherita Dolcevita” de Stefano Benni, chez Actes Sud (20,80 €).