Wu Ming à Paris avril 17 2008
Publié par cultureitalienne in : Rencontres , ajouter 1 commentaireVous avez peut-être déjà entendu ce nom qui signifie “anonyme” en chinois. Wu Ming est un collectif de cinq jeunes auteurs italiens, né il y a huit ans. Chantres de la contre-culture dans leur pays, ils se sont fait connaître grâce à plusieurs best-sellers, mais aussi des canulars médiatiques.
Lundi 21 avril, ils viennent présenter leurs deux derniers romans à l’Institut culturel italien : “New Thing” de Wu Ming 1 et “Guerre aux humains” de Wu Ming 2, en présence de leur traducteur, Serge Quadruppani. (éditions Métailié).
S’ils ont publié plusieurs livres sous le pseudonyme “Wu Ming”, ils écrivent également individuellement, gardant leur signature assortie d’un numéro.
- Rencontre avec Wu Ming, lundi 21 avril à 18h30.
Institut culturel italien, 73 rue Grenelle, 75007 PARIS.
Réservations au 01 44 39 49 39. Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Monicelli par Monicelli mars 23 2008
Publié par cultureitalienne in : Rencontres , ajouter 1 commentaireLe doyen du cinéma italien, Mario Monicelli, 93 ans, a livré samedi 22 mars la traditionnelle “leçon de cinéma” à la Cinémathèque française, qui lui rend hommage pendant deux mois.
14h30. Salle Henri Langlois de la Cinémathèque française. Mario Monicelli monte sur la scène, ému, et remercie le public d’être encore une fois nombreux pour l’accueillir. Pendant une heure et demie environ, il commente des extraits de ses films, parle de ses tournages, raconte son travail avec les scénaristes et acteurs de l’époque et répond aux questions du public.
La leçon de cinéma de Mario Monicelli est animée par Bernard Benoliel de la Cinémathèque et par Sergio Toffetti, ancien responsable de la section film du Musée du Cinéma de Turin et directeur adjoint de la Cineteca Nazionale de Rome.
Le tournage du “Pigeon”. “Ce fut très amusant. Les acteurs étaient très amis entre eux, ils formaient une bande. Il y avait des acteurs professionnels, Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman, et les autres : le sicilien (Tiberio Murgia) était garçon de restaurant, le petit vieux (Carlo Pisacane) était jongleur de rue, et puis Claudia Cardinale, une Tunisienne de 19 ans qui ne parlait pas un mot d’italien… Le tournage fut vraiment sympathique”, dit en se remémorant Mario Monicelli.
“On a eu du mal à démarrer le film. La production ne voulait pas de Gassman, parce qu’il venait du théâtre, jouait dans des films très classiques ou le rôle de vilain. Il ne pouvait donc pas jouer le rôle de comique. Moi, je savais qu’il était amusant, spirituel, plein d’ironie. Pour l’imposer, j’ai dû lui changer son visage et le faire bégayer pour l’abaisser de ton et lui enlever son air d’intellectuel. Et puis le film a marché, tout a marché, et moi-même j’ai été lancé!”.
Monicelli scénariste. “Le Pigeon” est écrit avec Age Scarpelli et Suso Cecchi D’Amico, un couple de scénaristes qui a duré 40 ans. “Nous avons travaillé ensemble sur plusieurs films. On écrivait aussi dans des journaux politico-humoristiques. On se retrouvait le matin et on parlait pendant deux heures de politique, des rumeurs qui couraient. Puis enfin on se mettait au travail. On discutait uniquement des notes prises sur le début du film, sur un rôle… Chacun écrivait sa petite idée du sujet et on choisissait ensemble la meilleure. Cela a duré six mois. Mais c’était tellement amusant que cela aurait pu durer deux ans”.
Rencontre avec Stefano Benni et Daniel Pennac mars 18 2008
Publié par cultureitalienne in : Rencontres , 1 commentaire seulementL’écrivain et journaliste italien Stefano Benni présentera son dernier roman, “Margherita Dolcevita” (Actes sud), jeudi 20 mars à 19h à l’Institut culturel italien, en présence de sa traductrice, Marguerite Pozzoli, et de Daniel Pennac.
Institut culturel italien, 73, rue de Grenelle, 75007 PARIS.
Réservation au 01 44 39 49 39.
Pippo Delbono: “L’art, un parcours pour se déconnaître, se déconstruire” janvier 31 2008
Publié par cultureitalienne in : Rencontres , 2commentairesLe metteur en scène italien Pippo Delbono, venu présenter à l’Institut culturel italien son “Obra Maestra”, opéra lyrique en hommage à Frank Zappa, a livré sa conception du théâtre et de l’opéra, “monde malade” et “bourgeois” selon lui.
Pippo Delbono dédicace son opéra lyrique “Obra Maestra” à Frank Zappa, “qui n’a pas vu comment le monde a empiré, plus que lui-même ne l’aurait pu imaginer” (”che non ha visto come il mondo è andato molto peggio che lui l’aveva potuto immaginare“). A charge l’opéra, “une bureaucratie totale”, “une bourgeoisie du théâtre”. Son explication? “L’opéra a d’inombrables règles. J’ai l’habitude d’arriver en retard, de ne pas avoir d’heure. J’ai dû me frotter aux horaires de bureau, comme à la Sécurité sociale, avec un syndicaliste qui me disait chaque matin, “hier on a fait deux minutes de plus que prévu, on en fera deux de moins aujourd’hui“…”. Cette arrivée dans ce lieu “horrible”, dans la “mafia des opéras”, lui a donné encore plus l’envie de se battre contre le système.
Obra Maestra parle donc de ce sentiment de révolte, de ce besoin de se révolter. Son opéra lyrique, il le présente comme un opéra en déconstruction. L’art est un lieu de révolte, et ainsi de totale liberté. “J’ai aucun ami qui va à l’opéra”. Il nous donne comme exemple La Traviata de Verdi, un opéra qu’on connaît, parce qu’on connaît la chanteuse, on l’écoutait au lycée… “L’art, ce n’est pas se reconnaître. C’est un parcours pour se déconnaître”.
Dans les extraits de son opéra “expérimental”, on le voit s’agiter comme un chien fou, tel un chaman exhortant à la transe, débraillé, la voix devenant un murmure, une voix qui s’essoufle. Son spectacle, il le dit lui-même, s’est construit dans le chaos, comme un voyage dans la possibilité de l’absurde.
Le théâtre pour lui c’est de la musique. Un comédien ne joue pas un personnage, il n’interprète pas quelqu’un. Le comédien joue une partition physique. Il chante, il danse, il bouge en rythme.
“Poussière” de Carlo Bordini janvier 22 2008
Publié par cultureitalienne in : Rencontres , ajouter 1 commentaireEn ce début d’année 2008, le poète romain Carlo Bordini participe à plusieurs rencontres pour présenter son poème Poussière/Polvere, publié une première fois en 1992 et réédité par les éditions Alidades en version bilingue (français/italien).
Poète, romancier, essayiste, Carlo Bordini est tout cela à la fois. Enfin, lui préfère dire qu’il n’écrit pas mais qu’il est écrit, qu’il ne crée pas mais qu’il est créé… L’auteur romain a donné une première lecture à La Libreria vendredi 18 janvier 2008 à 19h, en compagnie de son traducteur Olivier Favier pour les passages en français, devant un public nombreux, presque trop nombreux pour le sous-sol de cette librairie du IXè arrondissement.
Ecoutez un extrait de Poussière/Polvere (en italien puis en français), qui a été suivi de La Simplicité, un essai sur Luigi Ghirri, ami photographe de Carlo Bordini, mort en 1992, l’année également de la parution de Poussière.
extrait de “Polvere” (en italien)
Vous pouvez également lire un extrait de Poussière/Polvere, ici.
Pour ceux qui voudraient en profiter en direct, d’autres lectures sont prévues : les samedi et dimanche 9 et 10 mars au café-littéraire L’Ogre à plumes, 49/51 rue Jean-Pierre Timbaud (11 ème) . Plus de renseignements sur leur site : www.logreaplumes.com.
Et pour les non Parisiens, Carlo Bordini et Olivier Favier se rendront à la Maison de la poésie de Dieppe, puis à celle de Namur (Belgique).
Carlo BORDINI est né le 2 septembre 1938 à Rome. Il a publié plusieurs recueils de poèmes, un roman, Gustavo, une maladie mentale (2006, en attente de publication en France). Ancien enseignant-chercheur au département d’Histoire de l’université La Sapienza à Rome, il s’était spécialisé dans l’histoire de l’amour et de la famille au XVIII° siècle.
Carlo BORDINI, Poussière/Polvere, suivi de La Simplicité, Editions Alidades, collection “bilingues”, 5,50 €.
L’écrivain fantôme décembre 6 2007
Publié par cultureitalienne in : Rencontres , ajouter 1 commentaireL’écrivain italien Filippo Tuena est venu présenter deux de ses livres, Ultimo parallelo et Le variazioni Reinach, jeudi 6 décembre, à La Libreria, devant un petit public conquis.
Dans le sous-sol de La Libreria, espace dédié aux livres en italien et aux rencontres avec les écrivains, un petit comité composé uniquement de Français et d’Italiens écoute captivé Filippo Tuena parler de ses deux derniers romans, Ultimo parallelo et Le Variazioni Reinach. L’auteur s’exprime dans un français imprégné d’une gestuelle très italienne quand il ne communique pas en italien tout court pour mieux faire passer son message.
”Filippo Tuena est un écrivain atypique dans la littérature italienne”, débute Marina Zingraff, co-propriétaire de La Libreria. Ses livres ressemblent à des enquêtes. L’auteur italien choisit une histoire qui l’a touché et la retranscrit. Il devient lui-même un personnage de son roman.
Dans Le Variazioni Reinach, il s’inspire de la vie de cette famille disparue à Auschwitz. Lors d’une visite au Musée Nissim de Camondo, à Paris, il y a cinq ans environ, Filippo Tuena tombe sur les photos de Bertrand et Fanny Reinach, âgés de 11 et 12 ans. A côté de leur portrait, figure la date de leur mort : 1944. Leur mère, Béatrice, est la fille du comte Moïse de Camondo (1860-1935), un grand collectionneur et grand banquier juif qui a quitté Constantinople pour Paris en 1869. Les derniers descendants de la famille Camondo, Béatrice et son mari Léon Reinach, connurent une vie faste avant de mourir tragiquement dans les camps de concentration. Filippo Tuena décide de retrouver l’histoire de cette famille.
Le Variazioni Reinach conte l’histoire d’un écrivain poussé à la recherche de la vérité sur cette famille, après sa rencontre avec le fantôme de Béatrice Reinach, alors qu’il visite le musée. Filippo Tuena se met en scène dans ce roman, transposant son histoire dans le Paris du début du XXè siècle. Pour écrire cette saga, il a été aidé dans son enquête par Marie-Noëlle de Gary, conservatrice générale du Musée Nissim de Camondo, présente à la rencontre.
Après ce roman, Filippo Tuena avoue n’avoir plus su quoi écrire. “Après Auschwitz, tout ce qu’on écrit apparaît superficiel”, explique-t-il.
Il retrouvera tout de même l’inspiration pour Ultimo parallelo, paru en Italie en mars 2007. Après une “traversée du désert”, il décide de raconter une histoire qui va vers le rien. Le rien, c’est le voyage accompli par des explorateurs anglais conduits par Robert Scott, entre 1911 et 1912, à la découverte de l’Antarctique et du Pôle Sud. “Cet endroit est très intéressant pour un écrivain. C’est un lieu inexistant, métaphysique, où les distances ne sont plus les mêmes”, nous explique Filippo Tuena. Ce voyage impossible nous laisse entrevoir ce qui a motivé ces hommes à entreprendre ce qui finira comme un échec. Une fois arrivés au Pôle Sud, les explorateurs découvriront qu’un Norvégien y est parvenu 33 jours avant eux. Ils voulaient être les premiers, mais ne seront que seconds. Et leur malheur ne finit pas là…
“Au fond, l’histoire de Scott est un prétexte. J’ai voulu raconter une histoire de fantômes. Dans l’Antarctique, les explorateurs ressentent un besoin de présence humaine, qu’elle soit réelle ou fantasmagorique”, révèle Filippo Tuena. L’auteur prend donc le parti de narrer l’histoire de ces explorateurs comme s’il était le fantôme, l’apparition que rencontrent les explorateurs.
Ultimo Parallelo a remporté le Prix Viareggio en 2007.
Le Variazioni Reinach et Ultimo Parallelo ont été tous deux publiés aux éditions Rizzoli. Ils n’ont malheureusement pas encore été traduits en français.

- Filippo Tuena est né en 1953. Diplômé d’Histoire de l’Art, il est également passionné de jazz classique et joue lui-même de la trompette. Il est l’auteur de nombreux romans dont La grande ombra (2001), Le Variazioni Reinach (2005) et Ultimo parallelo (2007).

