Archive for novembre, 2007

Qui a dit que l’accès à la culture devait passer uniquement l’image ? L’exposition « Explorateurs des mers », présentée depuis mercredi 21 novembre dans les jardins du Trocadéro à Paris, invite à découvrir la mer en faisant appel à tous les sens. L’entrée est gratuite alors n’hésitez pas à venir toucher des algues gluantes, sentir des embruns iodés, ou écouter des vagues mélodieuses…

Calcium+algues=gelée Les 5 sens sont sollicités pour découvrir la mer dans toute sa richesse. Des maquettes, des photos, des projections de film ou encore des débats ou des conférences sont au programme de cette exposition très interactive. L’atelier de découverte des propriétés gélifiantes des algues invite à créer soi même de la gelée en faisant réagir des extraits d’algues avec du calcium. Se crée alors une sorte de capsule mole… Ca vous rappelle quelque chose ? Et oui, les algues brunes servent à fabriquer les capsules entourant les médicaments. Les algues rouges sont, elles, utilisées dans m’industrie agroalimentaires. On les retrouve dans les préparations de flan par exemple.
Découverte de l’écosystème marin de Roscoff Réalisée par le CNRS en partenariat avec la mairie de Paris, L’exposition a pour ambition de faire découvrir au grand public les recherches actuelles sur l’univers de la mer et des océans. Les différentes disciplines scientifiques impliquées dans l’exploration et la connaissance du milieu marin sont donc représentées dans toute leur diversité. Selon, les organisateurs, le but de l’expo est de « comprendre les océans pour mieux protéger notre planète ». En effet, prendre conscience de l’incroyable biodiversité sous marine nous rendra, peut être, un peu plus responsables et respectueux de l’environnement…
L’exposition « Explorateurs des mers » c’est dans les jardins du Trocadéro à Paris, jusqu’au 2 décembre.

Plus d’infos sur le site internet du CNRS

La Baleine Blanche tire sa révérence, au moins pour quelque temps. L’association nantaise créée en 1983 a permis à près de 200 enfants de parcourir les océans, les yeux grand ouverts sur le monde. Pendant plus de 20 ans, des expéditions de 9 mois ont été organisées dans l’esprit des grands navigateurs naturalistes du 18ème siècle.

La Baleine BlancheL’association

« L’éducation par la mer et le voyage », c’est le slogan que c’était donné la Baleine Blanche pendant toutes ces années. Une utopie ? Certainement, mais une utopie concrète qui a permis à la plupart de ces enfants de s’épanouir et de témoigner de leurs expériences.
Le témoignage est l’autre face du voyage. Chaque année, un livre était publié ou une exposition créée. Parmi ces livres, on peut citer Si j’étais un enfant, recueil de portraits croisés d’enfants français, sénégalais ou haïtiens rencontrés par les marins reporters durant leur voyage sur la route de l’esclavage.
Malheureusement, plusieurs soucis à la fois judiciaires et organisationnels forcent l’association à se mettre en stand by pour un petit moment au moins. Aucun voyage n’est parti cette année donc il n’y aura pas de rentrées d’argent dans les caisses. La Baleine Blanche est en train de vendre ses livres et ses expositions pour payer le licenciement de ses salariés. On ne peut que regretter que les expositions, très riches et originales soient dispersées en fonction de ces rachats.

La polémique
Au-delà, on ne peut que regretter qu’une telle aventure s’arrête. Je ne souhaite pas parler ici de la mise en examen du directeur pour attouchements sur mineures qui n’est pas directement liée à l’arrêt de l’association. Il avait été licencié plusieurs mois auparavant.

La fin de l’aventure vient d’une mesure d’interdiction ponctuelle du stage de juillet-août 2007 préparatoire à l’expédition prévue pour 2007-2008, émise par le Préfet de Loire-Atlantique. Cette mesure fait suite aux témoignages que trois encadrants qui ont participé aux expéditions en 2001 et en 2007 ont apportés aux services départementaux de la Jeunesse et des Sports. Ils affirmaient que les enfants prennaient des risques et étaient mal nourris. Ces témoignages ont été réfutés par beaucoup d’enfants. Mais le débat est lancé.

Comment peut-on encore organiser des voyages alternatifs pour des enfants ? De tels projets sont-ils toujours réalisables dans une société aussi encadrée et policée que la nôtre ? Non, les enfants n’avaient pas de gilets de sauvetage sur le bateau… Non, les enfants ne mangeaient pas de viande toutes les semaines. Oui, ils allaient se balader tous seuls à Rufisque, dans la banlieue de Dakar, ou à Port au Prince en Haïti… Oui le mode de vie à bord tranchait avec une petite vie aseptisée d’ado choyé… Pour autant le “risque” encouru n’en valait-il pas la chandelle ?
Cette association était née d’un rêve : celui d’enfants libres, perdus au milieu du bleu de l’océan, nageants avec les baleines… Un rêve risqué que la société n’est, semble-t-il, plus capable d’assumer.

Plus d’infos sur l’histoire de l’association sur le site de la Baleine Blanche

Les 10 et 11 novembre, la Cité de la Mer de Cherbourg a ouvert au public les portes du Terminal Croisière de sa Gare Maritime Transatlantique. Le Terminal Croisière, inauguré le 8 décembre 2006 servira à accueillir les passagers des plus beaux paquebots du monde. Le plus célèbre d’entre eux, le Queen Mary 2 est attendu à Cherbourg le 15 juillet 2008. La cité normande essaie par ce biais de renouer avec sa tradition de port d’escale des grands paquebots transatlantiques.
Embarquement immédiat ! Le Terminal Croisière a été réaménagé afin d’offrir aux futurs passagers une salle d’embarquement moderne aux normes en vigueur. Mais les concepteurs du projet ont eu également à cœur de respecter le cadre originel de la salle. Construite dans le style Art Déco, la Gare Maritime de Cherbourg a, par chance, échappé aux bombes de la Seconde Guerre Mondiale ce qui lui a permis de conserver un cachet particulier.
Pour plonger dans l’histoire maritime de la ville, les visiteurs peuvent découvrir la salle Sous Douane, ancienne salle d’embarquement, transformé en 2004 en salle de musée. Les visiteurs pourront ainsi marcher dans les pas de Charlie Chaplin, Liz Taylor ou encore Salvador Dali, artistes qui avaient, en leur temps, embarqué à Cherbourg.

Un lieu d’histoire marine

Jusqu’au 6 janvier 2008, la Cité de la Mer de Cherbourg est ouverte de 10 heures à 18 heures.
Plus d’infos pratiques (tarifs et plan d’accès) sur le site de la Cité de la Mer de Cherbourg.

L’exposition « L’atelier voyageur d’Emmelene LANDON » au musée portuaire de Dunkerque devait fermer ses portes dimanche 11 novembre. Elle est finalement prolongée jusqu’au 6 janvier prochain. Pour les infos pratiques, vous pouvez consulter le site du musée portuaire de Dunkerque.

L’exposition

Cette artiste d’origine australienne a effectué entre 2001 et 2002 un tour du monde très particulier. À bord du porte-conteneurs Le Manet, elle a bourlingué plusieurs mois traînant dans son sac pinceaux, pellicules photos, bandes-son et vidéo. De son périple elle a tiré un journal de bord où elle se fait à la fois peintre, d’écrivain, photographe de cinéaste.

Les photographies et les vidéos permettent aux visiteurs de découvrir les ports et la vie maritime à travers ses yeux. Les mois passés à bord du Manet ont permis à l’artiste d’installer un climat de confiance entre elle et les marins. Elle a ainsi pu recueillir leurs témoignages et nous faire partager le quotidien de ces hommes sans le mythifier ni tomber dans le pathos. Son exposition nous fait découvrir des horizons lointains, parfois durs, le plus souvent poétiques. C’est également l’occasion de découvrir ces hommes de mer, leur amour du métier mais aussi leur grande solitude.

Navire dans un paysage glacéL’idée d’un tel voyage vient de loin. Petite, elle a quitté l’Australie avec ses parents. Pour partir ils auraient pu faire plus rapide… Ils avaient choisi comme mode de transport le bateau et le train. « J’avais l’impression qu’on n’avait plus de maison, que le bateau était devenu ma maison, » explique-t-elle. Plus tard, Emmelene a installé son atelier une ancienne gare maritime… Tous les jours, elle voyait les bateaux et surtout les mais surtout les marins. « Ce qui m’attirait, c’étaient les homme, la réalité de la vie des marins. J’avais envie de savoir ce qui se passe à bord.»

Pour partir, rien de plus simple, elle a payé sa place. Elle n’aurait de toute façon pas pu être invitée. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la compagnie propriétaire du Manet ne la porte pas dans son cœur. Elle l’avoue : « moi, je suis plutôt du côté des marins. Je crois qu’après cette année, je pouvais sentir un peu leurs difficultés, leurs vies. » L’émission télévisée Thalassa a souhaité venir la filmer pendant son périple. Les dirigeants de la compagnie ont refusé. Emmelene a eu sa revanche lorsque Thalassa a réalisé son portrait il y a quelques mois.

Les Marins

A travers l’exposition, elle a avant tout voulu témoigner de la dureté de la vie de marins… Ces hommes travaillent de nombreuses heures par jours. Certains comme les marins philippins du Manet ne voient pas leur famille pendant deux ans. Lorsque elle avait des coups de blues, ça la faisait relativiser… Pour se faire accepter par l’équipage, elle se mettait au travail tous les jours dès 8 heures et laissait la porte de son atelier ouverte. « Ca me donnait un rythme, c’était aussi une question de respect. Je me serais sentie très mal si je m’étais contentée de rester les doigts de pied en éventail. Et à force de cohabiter comme ça plusieurs mois, des choses se passent, pas besoin de parler. » Parfois, les relations humaines passent au-delà des mots. Emmelene parle d’une « famille, une école, une confrérie. »

La Mer

Le Katie

Pour cette rubrique, mieux vaut laisser parler Emmelene Landon…

« Au début de mon voyage, les marins me disaient : « Le monde à terre et le monde en mer sont deux mondes différents. » Au début, je n’étais pas d’accord avec eux, mais à la fin de mon voyage, j’étais de leur avis. La mer, on peut la concevoir, picturalement ou intellectuellement. Mais il y a le fait d’être en mer qui est une chose totalement différente. »

« On est comme dans une autre réalité. Même de retour à terre, on n’arrête pas d’y penser. Il y a cette intensité, ce mystère. Le fait de flotter nous plonge dans un désert aérien et pourtant on a toujours conscience de cette vie en dessous de nous. »

« Tous les marins ont un rapport intime avec la mer, elle devient une obsession secrète. Chacune de mes œuvres d’art est une tentative d’exprimer mon rapport à l’océan. Bien sûr, je suis plus à ma place sur la terre mais la mer est toujours en moi, c’est comme ces histoires d’amour étranges lorsqu’on ne peut vivre avec la personne qu’on aime et qu’en même temps, on ne peut vivre sans. »

Un vent d’évasion et de culture a balayé la cité corse de Calvi entre le 31 octobre et le 4 novembre à l’occasion de l’édition 2007 du Festival du Vent

Depuis 15 ans, l’association les Amis du vent organise cette manifestation dédiée à la culture et au développement durable. Anita Conti et Isabelle Autisser étaient les deux marraines de l’association.

Côté terre, de nombreuses manifestations culturelles ont eu lieu tous les jours. Se sont succédés conférences, concerts et débats dans un esprit d’utopie joyeuse et concrête.

Et côté mer, les visiteurs ont pu s’initier à différentes activités sportives faisant appel à la fois à Eole et à Neptune… Les plus branchés ont pu essayer le Kite-surf, les plus romantiques ont pu tenter de faire voler des marionnettes grâce à des cerfs-volants expérimentaux.