Archive for janvier, 2008

On a marché sous la merCe week end une nouvelle animation ouvre ses portes à la cité de la Mer de Cherbourg.
Vous pourrez découvrir « On a marché sous la mer » jusqu’à la fin de l’année.
Après la visite du sous marin « Le redoutable » et l’installation de l’aquarium Abyssal de Cherbourg ; la cité de la mer vous propose de découvrir les profondeurs d’une autre façon, tout aussi ludique. L’idée, c’est de faire partager aux visiteurs les sensations des premiers explorateurs des fonds sous-marins, il y a un peu plus de 50 ans.
Pour cela, La Cité de la Mer a demandé au Capitaine Glass, digne descendant du Capitaine Nemo, de vous conduire dans les profondeurs à bord de l’Hadalys, un sous-marin qui n’a rien à envier au Nautilus. Vous pourrez revêtir un équipement propice à cette descente abyssale. Puis vous serez initiés aux problèmes qui se posent sous l’eau : l’équilibre ou l’obscurité. L’ambition de la cité de la mer est d’offrir aux visiteurs une aventure « irréelle ». Un simulateur dynamique vous permettra pendant une heure d’avoir l’illusion d’être descendu au plus profond de l’océan.
Vous pourrez découvrir l’activité volcanique sous marine, les paysages abyssaux ou encore les espèces qui peuplent les profondeurs.
« On a marché sous la mer », la nouvelle animation de la cité de la Mer de Cherbourg c’est à partir du 2 février. Pour l’inauguration officielle, rendez vous le 11 février 2008.

Pour plus d’infos, vous pouvez visiter la page web de la Cité de la Mer

Voici l’agenda culturel de la Radio de la Mer, diffusé le 17 janvier.

A partir de maintenant, j’essaierai de vous mettre en ligne chaque semaine ma chronique après sa diffusion.

Bonne écoute

Depuis le 24 décembre et jusqu’au 8 mars, la maison du littoral de Perros-Guirec vous propose l’exposition « 20 lieux sous la Mer », une sélection des photos de Katell Henry. Cette jeune photographe, océanographe de formation nous donne sa vision des fonds colorés, de la mer trégoise à la mer d’iroise.

Katell HenryEnfant, les voiliers la faisaient rêver, mais par manque de moyens, elle ne pratiquait pas de sports nautiques. « Par contre, dès que je le pouvais, j’enfourchais mon vélo et j’allais me baigner dans la mer, » confie Katell Henry. Depuis, elle a fait du chemin. Docteur en océanographie, elle consacre une bonne partie de son temps libre à la photo. Une trentaine de ses clichés est exposée en ce moment à la maison du littoral de Perros-Guirec.
Vers 25 ans, peu après sa thèse, des amis l’ont amené faire son baptême de plongée. « Ca a été la révélation, » s’exclame t-elle. Katell faisait de l’apnée depuis longtemps. « Avec les bouteilles, je n’avais pas à remonter, j’ai eu une grande sensation de liberté. » Les plongées se sont multipliées mais ce sentiment est resté. « A chaque plongée, je découvre de nouvelles choses, et j’ai gardé cette impression de calme et d’apesanteur. »
« Je plonge les yeux grands ouverts »
Sa curiosité lui a donné envie de prolonger la plongée une fois rentrée sur la terre ferme. Elle prenait des photos pour en discuter avec des amis et savoir ce qu’elle avait vu sous l’eau. Katell Henry souhaitait aussi faire partager ses découvertes avec ses amis qui souvent lui disaient que les fonds marins bretons devaient être froids et tristes. Au contraire… « La couleur est souvent associée aux mers chaudes alors que les fonds bretons sont aussi très colorés » explique-t-elle. Ses premières photos plaisaient, mais en plus, des photographes expérimentés lui ont dit qu’elle avait « un œil ». Elle a donc essayé d’exposer des photos, d’abord dans le petit village de ses grands parents puis en organisant des conférences en partenariat avec l’aquarium de Trégastel. Les photos permettaient à Katell de faire partager ses connaissances de la faune et la flore sous marine « sans trop gonfler les gens. »
Pour prendre ses photos, Katell se laisse aller à son « feeling ». Cela semble si simple… « Je plonge les yeux grands ouverts, je me laisse aller à la sensation. » Même sans avoir un matériel de pro, cette « méthode » lui permet de réaliser ses clichés. Le résultat est là puisque sa dernière exposition a été saluée par la presse locale.
« Toutes les pollutions arrivent en mer »
L’expo « 20 lieux sous la Mer », Katell en est fière, « c’est la plus belle » de toutes celles qu’elle a déjà réalisé, affirme-t-elle. Et puis, « le lieu est magique. » La maison du littoral de Perros-Guirec, c’est une bâtisse en pierres, installée sur le chemin des douaniers. Elle se situe juste à côté de la plage de Ploumanac’h, le long de la côte de granit rose, non loin du phare. Ca tombe bien, beaucoup de photos ont été prises au pied du phare. La proximité entre le lieu d’exposition et le lieu de prise de vue devrait encourager les visiteurs à s’essayer à la plongée. Et puis qui sait, aimer, c’est souvent protéger. « Je veux expliquer aux gens que toutes les pollutions arrivent en mer et y restent. » En découvrant que de tels trésors vivent juste à côté de chez eux, les visiteurs de Perros-Guirec, et les autres, pourraient peut-être avoir envie de changer leur comportement.

« 20 lieux sous la Mer », l’expo des photos de Katell Henry, c’est à la maison du littoral de Perros-Guirec, dans les côtes d’Armor jusqu’au 8 mars 2008.

Plus d’infos sur le site internet de Katell Henry

Pour écouter l’interview sonore de Grégory, c’est ici !

Quelques nouvelles du bord…

Grégory et un de ses amis Sébastien Marsset se lancent dans la grande aventure de la course en double sur des Class 40. Visitez leur site ici !

En 2007, Gregory Magne a participé à la Mini Transat’, course transatlantique en solitaire. A 31 ans, sur son bateau de 6,5 mètres, Upian.com, il a mis 35 jours, 10 heures, 48 minutes et 34 secondes pour traverser l’Atlantique avec une escale obligatoire à Madère. Cette course, considérée comme la première étape de toute carrière de skipper demande une maîtrise de soi et une volonté à toute épreuve. Retour sur cette aventure hors du commun.

Crédit : Stéphane ViardQu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’aventure ?
Je me souviens assez précisément de la nuit, où sur un petit bateau au milieu du golfe de Gascogne, je me suis dit « Je suis bien ici, je suis bien au large et j’ai envie de passer du temps ici ». Il y aurait eu 10 000 manières de passer du temps ici mais, j’avais envie de me fixer une certaine exigence technique, sportive. La Mini Transat’ m’apparaissait vraiment comme quelque chose de compliqué, exigeant un certain niveau et les types qui faisaient la mini, c’étaient pour moi des héros.
Ce qui m’a attiré, c’était vraiment ce goût d’impossible, de défit, dans tous les sens du terme.

Pourriez vous nous parler d’un moment qui vous a particulièrement marqué ?
Il y a un moment au cours de la seconde étape (la plus longue, entre Madère et Bahia) où j’ai senti très clairement pourquoi j’avais eu envie d’être là, pourquoi pendant deux ans je m’étais donné la peine pour être là. J’ai compris pourquoi j’avais démissionné de mon boulot, bouleversé ma vie, cherché de l’argent, passé du temps à naviguer… Y a un moment précis où je me suis dit : « Là c’est bon et c’est pour ça que j’ai fait tout ça ».

D’où est venu ce moment, était-ce une question d’ambiance, de lumières ?
Oui, c’est ça. C’était une fin de journée, c’était une belle lumière, c’était un bateau qui n’avançait pas très vite mais paisiblement, avec un peu de vent. Mon bateau marchait bien, était régulier. Il faisait chaud. Et je me disais : « je suis dans le plus beau des mondes qu’on puisse trouver sur terre ».

Qu’évoque pour vous la vie en mer : l’eau qui glisse sous le bateau, l’horizon qui semble lointain ?
La vie en mer et en solitaire, puisque c’est ce que je connais le plus, c’est avant tout des sons. On est entouré d’un bruit un peu grave, presque rassurant, paternel. Il y a ce mélange des vagues qui rattrapent le tableau arrière du bateau un peu comme le bruit qu’on a sur le bord d’une plage, et puis on a ce ronflement permanent sous la coque, ces petites chatouilles des vagues le long de la coque. C’est aussi bien sûr le souffle du vent, un peu grave dans les oreilles. Et puis c’est des lumières, un champ de vision forcément énorme. Et sur les Minis, comme on est très très très près de l’eau, il y a cette humidité permanente, ce sel omniprésent, et le fait d’être tout mouillé tout le temps, qu’on soit dehors ou dedans.

À l’arrivée, qu’avez-vous ressenti ?
Le moment des retrouvailles avec les proches n’est pas simple car on ne sait pas quoi dire pour être malin. Et en revanche, le moment très précis du franchissement de la ligne d’arrivée, le moment où on te dit « Terminé » à la VHF (la radio qu’utilisent les marins), là c’est une délivrance énorme. J’ai poussé un cri de bête. (rires) Je ne l’ai pas réalisé sur le coup mais ce que j’ai ressenti à ce moment-là, ça m’a fait penser à un mec qui plante un drapeau sur l’Everest ou sur un sommet. C’est-à-dire que humblement, à ma manière, avec le temps que j’ai mis pour le faire, je suis venu ajouter mon petit nom en bas de la grande liste de ces mecs que j’admirais tant il y a 2 ou 3 ans.

Pendant le voyage, avez vous découvert des aspects de votre personnalité que vous ne connaissiez pas ?
La voile ça t’oblige à être calme, et à avoir du sang froid, ce qui n’était pas ma qualité première. Maintenant, je ne sais pas si le tempérament que j’ai en mer - serein, hyper confiant et calme - je le ramène à terre. Si la question c’est : « Est-ce que ça change le bonhomme ? », on peut dire que ça change sa façon de voir, d’organiser sa vie, de réagir aux choses. Ça change ses envies, mais ce n’est pas une garantie d’être moins con de faire un transat’ en solitaire. La preuve : on croise plein de cons qui ont fait une transat’ à la voile.

Grégory Magne et Stéphane Viard préparent actuellement un film retraçant la course, tourné en partie en mer. En attendant la sortie du film, vous pouvez revivre la course de Grégory sur son blog.

Crédit photo : Stéphane Viard

A ne pas rater pour les parisiens : la Boudeuse a jeté l’ancre sur le quai de Bercy jusqu’en août prochain.

Pour plus d’infos, allez lire l’article consacré à l’escale de la Boudeuse à Paris sur le blog d’un collègue du CFJ en cliquant ici.

Ce week end, comme chaque année, a lieu un des événements incontournables des passionnés de mer : le Salon de la plongée sous-marine.
Henri Eskenazi, plongeur et photographe sera présent pour dédicacer son livre Plongée sans Frontières et pour présenter une exposition de ces clichés.
Entretien avec un serial-plongeur

Henri Eskenazi, plongeur et photographeChirurgien dentiste de profession, Henri Eskenazi enseigne la photo sous-marine à la Fédération Française de plongée et est un infatigable globe trotteur. Depuis des années, il a acquis une certaine expérience dans les domaines du voyage et de la photo. Pensez donc : depuis 1978, il a parcouru plus de 140 pays, sur les 5 continents, presque toujours sous l’eau et un appareil photo à la main… Sa photothèque compte plus de 50 000 clichés.

Sa passion pour la plongée est née presque par hasard. Adepte de sports de hauts niveaux, il se casse la jambe suite à un saut en parachute, et décide d’essayer un nouveau sport, moins casse cou, la plongée.
« En remontant de mes plongées, les gens voulaient que je leur raconte ce que j’avais vu. » Il s’est mis à la photo sous-marine et a vite réalisé que ses images faisaient rêver.
La photo l’a amené à l’écriture. Il part tous les mois réaliser un reportage pour des magazines spécialisés et il plonge dès que l’occasion le lui permet.

« Ma plus belle plongée, c’est celle que je n’ai jamais faite. » Répond-t-il si vous lui demandez quel est son meilleur souvenir. Sinon, à quoi bon continuer ? « La réussite d’une plongée dépend des personnes qui vous entourent, de la météo, de la visibilité sous l’eau etc. Et souvent, si les gens sont déçus, c’est qu’ils n’ont pas choisi la bonne destination par rapport à leurs attentes. Ce qui compte avant tout, c’est le choix du bon spot et la préparation. »

« Plus je plonge, moins je suis blasé »
Plus ses plongées s’accumulent, plus Henri Eskenazi découvre de nouvelles sensations. « Les débutants ne font appel qu’à la vue, plus on plonge, plus on fait attention à des petits détails sous l’eau. Et petit à petit, on fait appel aux autres sens qu’à la vue. »
« Sous la glace, les images sont très belles, les rayons de lumière filtrent. Mais ce qui est très fort dans les eaux gelées, c’est ce que l’on ressent. » À travers ses photos, il essaie de faire passer ces sensations.. « J’aime faire partager ma passion. Le plus beau compliment que l’on puisse me faire c’est me dire qu’une de mes photos a donné envie à un non-plongeur d’essayer la plongée. »

Une mer si belle mais si fragile
« Je plonge parce que j’aime la nature. La mer représente encore la nature sauvage et si elle ne la représentait plus, j’arrêterais de plonger. » Écolo ? Henri Eskenazi l’est un peu, bien sûr. Plonger donne envie de protéger la mer. Mais loin de lui l’idée de faire passer un message catastrophiste. « Je veux montrer que c’est parce que la mer est belle mais extrêmement fragile qu’il faut la protéger. » La plupart de ses photos montrent une mer pure et pleine de vie. Pas de sacs plastiques sur les coraux, de dauphins pris dans les filets de thoniers ou d’oiseaux mazoutés. « Je montre une mer belle. Mais cela doit alerter. Ce que vous voyez aujourd’hui, demain vous pouvez ne plus le voir. » Il pratique une sensibilisation plus douce aux problèmes environnementaux que ce que les campagnes choc de certaines associations écolo. En écoutant Henri Eskenazi, attirer l’attention du grand public sur l’environnement paraît simple et limpide. « On aime ce que l’on connaît et l’on protège ce qu’on aime. Si on donne aux gens les moyens de voir ce qu’est un requin, un dauphin ou du corail, peut-être seront-ils plus à même de protéger leur habitat. »

Le Salon de la Plongée sous-marine, c’est au 11 au 14 janvier, au parc des expo de la porte de Versailles.
Plongée Sans Frontières d’Henri Eskenazi, est publié par les éditions GAP. Prix indicatif : 39 euros.
Plus d’infos sur le travail d’Henri Eskenazi sur son site internet.