“Raconte-moi la Terre” : l’Afrique en tandems novembre 17 2007
Publié par Thomas in : Ils sont partis , rétrolienA travers l’Afrique en tandems, guidés par des non-voyants. Du Sahara au Kilimandjaro, 13 500 km d’échanges et de “sens en partage”.
Le projet “Raconte-moi la Terre” est né dans
l’esprit de deux étudiants en commerce : Jean-Christophe Perrot et Diego Audemard. En 2003, au sortir de leur deuxième année, un désir de voyager. Mais ça ne suffit pas : ils veulent donner du sens à ce voyage…
Questions à Jean-Christophe
Pourquoi à vélo ?
Le vélo permet de prendre son temps. Et surtout, il facilite le contact.
Pourquoi avec des non-voyants ?
J’avais déjà participé à une sortie avec des non-voyants, dans un cadre associatif. L’expérience était enrichissante. Ce voyage était l’occasion de la renouveller, de créer un échange réel. On voyageait avec des “locaux”. Nous, on apportait la mobilité. Eux nous apportaient la connaissance du pays. Grâce à eux, on a été introduits auprès des populations locales.
Pourquoi l’Afrique ?
C’était pratique au niveau de la langue : l’anglais et le français sont très répandus là-bas. La forte tradition orale nous a également semblé intéressante, pour un voyage avec des personnes aveugles. Enfin, ça préservait une certaine unité au projet. On ne voulait pas faire des sauts de puce pendant un an entre différents continents.
Les deux garçons ont tenu un carnet de voyage sonore. Celui-ci a inspiré ce court métrage, réalisé par Jeanne Paturle, étudiante à l’ENSAD.
C’est un projet ample, comment s’est passée la préparation ?
Nous l’avons préparé pendant un an. D’abord, nous avons rédigé un dossier. Ca nous permettait de le formuler clairement, de se mettre d’accord. Ensuite, on a pu le présenter pour commencer à prendre des contacts, à chercher des soutiens. On a trouvé des financements (environ 30 000 euros), il ne restait plus que la logistique.
Vous aviez l’expérience de ce type de voyage?
Aucune ! C’était notre premier périple à tous les deux. Concernant le vélo, Diego est monté sur un tandem pour la première fois à l’occasion du test de nos machines. C’était moins d’un an avant le départ. Quant à la mécanique, j’ai travaillé pendant six mois chez un réparateur lyonnais qui m’a tout appris…
Faire du vélo avec un non-voyant, c’est plus compliqué ?
Paradoxalement, pas tant que ça. Sur un tandem, après que la confiance s’est installée, l’équilibre est assez facile à trouver. La progression est fluide, car il n’y a pas de contradiction entre les deux cyclistes. Seul celui de devant anticipe les bosses et les creux. Mais parfois, ce sont nos compagnons qui ont pris le relai. Par exemple à Nouakchott, les rues étaient si compliquées qu’ils s’y retrouvaient mieux que nous, même sans voir !
Comment votre périple était-il organisé ?
Nous avions pris contact avec des associations de non-voyants locales, avant notre départ. Il y avait 12 pays, sur le principe d’un pays par mois pendant 1 an. Dans chacun d’entre eux, on dessinait des boucles autour de la capitale, de 15 à 20 jours. Cela permettait de raccompagner facilement nos compagnons.
Quels sont vos souvenirs les plus marquants ?
L’ascension des différents sommets (Djebel Toubkal, Kili, etc). C’était l’aboutissement de notre travail d’équipe. Soit on arrivait tous ensemble soit on n’y arrivait pas. Quelle fierté une fois là-haut ! Les adieux étaient difficiles. Après avoir passé 24 heures sur 24 pendant 20 jours avec quelqu’un, difficile de se séparer et de se réinvestir dans une nouvelle relation, avec un autre compagnon de route.
De cette aventure sont également sortis ont un livre et un cd. Enfin, un film qui fait l’objet de projections.

Commentaires»
Salut Thomas,
A travers ton blog j’apprends beaucoup des choses sur le cyclo- voyage. Cette interview est très intéressante. Quand je le lisais, j’avais envie de prendre mon vélo et partir à nul part, même si en réalité j’oserai jamais de le faire.
On attend tes nouveaux articles…
Biz
R
P.S Tu étais brillant aujourd’hui…Bravo!
[…] Perrot et Diégo Audemard, dont je vous ai déjà parlé, seront de la partie avec leur […]