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Drew Buck : un cyclo déjanté janvier 26 2008

Publié par Thomas in : Ils sont partis , rétrolien

Pour tous les participants au Paris-Brest-Paris 2007, c’était «l’Anglais». Le 24 août dernier, il passait la ligne d’arrivée de l’épreuve reine du cyclotourisme français, au guidon d’un vélo un peu particulier.

Le champion lors de la remise des prix en janvier 2008Sur sa bicyclette qui a vu les deux guerres mondiales, vêtu d’un maillot blanc rayé de noir et rehaussé d’un foulard rouge, coiffé d’un béret noir, Drew Buck n’a pas l’air d’un Anglais en goguette. En août dernier, le Britannique participait à sa cinquième édition du fameux Paris-Brest-Paris, rallye organisé tous les quatre ans par l’Audax club parisien.

Rendez-vous incontournable de cyclotouristes du monde entier, l’épreuve est connue pour sa difficulté. Cette année, sous une pluie incessante, elle était particulièrement ardue : le nombre d’abandons a atteint des records. Ce qui n’a pas atteint le flegme de l’homme au béret: « il fallait le voir, quand tout le monde peinait sous le crachin breton, prendre sa pause sur le bas-côté, allongé dans l’herbe », raconte un de ses compagnons de galère.

“Je n’aime pas prendre le départ en sachant que je suis capable d’aller au bout”

Mais ne nous y trompons pas. À 58 ans, Drew n’est pas homme à rechercher la facilité : « je n’aime pas prendre le départ en sachant que je suis capable d’aller au bout. C’est le défi qui m’intéresse ». C’est pourquoi, après avoir réussi une première année à parcourir les 1 200 km de l’épreuve dans des conditions normales, il s’est attaché depuis à se mettre des bâtons dans les roues. En 1999, il s’était lancé sur un modèle à pignon fixe, qui l’obligeait à pédaler sans arrêt. Quatre ans plus tard, il s’alignait au départ avec un vélo à hamac. En 2003, il boucla le tour en triplette. Cette fois, il a jeté son dévolu sur une antiquité qu’il qualifie de « rigolote mais pas stupide ».

“L’avantage quand tu es original, c’est que tu n’es jamais seul”

Sur cette machine, dont la lourdeur le dispute à l’inconfort, la traversée des monts d’Arrée fut rude. Mais le pari est réussi, puisque le téméraire a terminé sous la barre fatidique des 90 heures. Avec en prime une popularité inégalée parmi les quelque 5 000 concurrents, si l’on en juge par la « standing ovation » qui lui a été réservée lors de la remise des prix, où il a reçu la palme de l’originalité. « J’aime faire rire les gens », s’amuse-t-il.

« C’est peut-être cet humour qui m’a aidé à finir l’épreuve, reconnaît-il : l’avantage quand tu es original, c’est que tu n’es jamais seul ». Il se souvient de cette voiture de police qui a ralenti à sa hauteur : « les policiers ont mis en marche leur gyrophare et ils m’ont suivi sur quelques mètres en me filmant ! » Sur la route, il était connu, encouragé, voire aidé dans certaines montées, concède-t-il avec malice. « Un tel périple se joue à moitié au physique. Le reste c’est du mental. C’était donc plus facile avec ce vélo bizarre », explique le sportif.

Le physique était aussi au rendez-vous : « quelle endurance il doit avoir pour boucler cette épreuve avec un tel engin », s’exclame l’un des participants au rallye avec admiration. Originaire du Somerset, Drew a très tôt pris l’habitude de parcourir la campagne anglaise sur sa bicyclette. Puis il a laissé son vélo de côté pendant un temps, avant de le reprendre, la trentaine bien sonnée. « Il fallait garder la ligne », explique-t-il en riant, montrant du doigt une bedaine inexistante.

Rendez-vous dans quatre ans, pour continuer à se maintenir en forme ? « Je serai là », assure l’intéressé…mais on n’en saura pas plus quant à la nature du futur équipage.

Commentaires»

1. Nico - 26 janvier, 2008

C’est vrai que tu dois avoir plus de motivation pour finir avec ce type de vélo, car c’est un exploit. Avec un vélo classique, c’est juste normal…
Sinon, pour dans 4 ans, faudrait penser au vélo avec parapluie et turbine qui transforme l’eau en energie. Pratique pour traverser la Bretagne …