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En France, le parti Démocrate est entré de plein pied dans la course à la Maison Blanche novembre 27 2007

Publié par Pierrick Leurent in : Démocrates , rétrolien

Joe Smallhoover est à la tête des Democrats Abroad en France, la branche du parti démocrate destinée à militer auprès des Américains de l’hexagone. A deux mois des élections primaires américaines, il revient sur son parcours personnel et sur les actions menées par les démocrates en France et à l’étranger.

Quels sont les événements qui vous ont donné envie de vous investir dans le parti démocrate ?

Je suis d’une famille démocrate très impliquée dans le parti. Mon grand-père était chairman à Pittsburg, syndicaliste, et il a été élu en Pennsylvanie, où il a siégé pendant plus de 30 ans. Mes parents et moi vivions avec lui et nous voyions donc passer de nombreux politiciens locaux et nationaux. J’ai ainsi rencontré Harry Truman lorsque j’avais deux ans et John Kennedy lorsque j’en avais cinq, avant qu’il soit président.

Mes parents étaient également très actifs : ma mère était syndicaliste, en charge des négociations avec le patronat et mon père, un entrepreneur, exigeait que les entreprises qui travaillaient avec lui soient syndicalisées. J’ai longtemps évité de m’investir davantage dans le parti démocrate car c’était une telle évidence que je voulais voir autre chose. A l’université je n’ai donc pas milité. Un jour, à Los Angeles, alors que je cherchais du travail, j’ai entendu à la radio une annonce expliquant que le vice-président Walter Mondale allait ouvrir sa campagne présidentielle à trois kilomètres de là ou j’habitais. Je m’y suis rendu et, en l’espace de trois heures, je suis devenu l’assistant du responsable de la campagne pour l’Etat de Californie. Depuis, j’ai toujours été engagé dans le parti démocrate.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consistent les Democrats Abroad ?

Les Democrats Abroad (Les Démocrates à l’étranger) regroupent, comme son nom l’indique,  les Américains expatriés qui souhaitent soutenir le parti démocrate. Democrats Abroad a officiellement été reconnu en 1976 comme l’équivalent d’un state party même si ses origines remontent à 1960. Aujourd’hui, nous sommes donc l’équivalent des groupes démocrates de chaque état américain, mais le nombre de représentants au sein du parti est proportionnel au nombre d’habitants. Democrats Abroad a ainsi huit personnes au National Comittee. Nous participons donc, à ce titre, à la nomination des candidats.

Comment les Democrats Abroad s’organisent-ils à l’échelle nationale ?

Il y a d’abord un comité exécutif qui a un certain nombre de représentants, dont les vice-présidents régionaux des trois grands territoires : Europe - Moyen-Orient - Afrique, Asie-Pacifique et les Amériques. A l’échelle nationale, des comités nationaux sont organisés dans environ 80 Etats dans le monde. A l’échelle nationale, il peut exister des « chapters », c’est-à-dire des comités locaux. Il en existe quatre en France à  Bordeaux, Toulouse, sur
la Côte d’Azur et en Alsace.

Quelles sont les actions principales des Democrats Abroad ?

Le but premier est de militer auprès des Américains habitant à l’étranger pour le parti démocrate afin de gagner les élections. Il y a environ 6 millions d’américains civils qui habitent à l’étranger. Or, les Américains ont l’obligation de payer des impôts aux Etats-Unis et le droit de voter, mais le vote est très complexe et la tâche est donc difficile pour les citoyens qui souhaitent exercer leur droit. Nous les aidons donc à s’inscrire sur les listes électorales, via un site web que nous avons mis en place et qui facilite les démarches. Il s’agit aussi de mobiliser les militants tous les deux ans pour les élections fédérales.

En France, les Democrats Abroad semblent particulièrement présents et actifs. Quelles sont les actions menées par les militants ?

Nous nous sommes rendu compte qu’il était fastidieux d’aller à la rencontre des Américains vivant en France tous les quatre ans pour les élections fédérales. Nous avons donc créé une structure permanente, avec des activités tout au long de l’année. Ainsi les démocrates organisent au moins une ou deux activités par semaine quelque part en France : des débats, des rencontres, des dîners, etc… Nous allons aussi à la rencontre des Américains dans les églises, les écoles, parfois les entreprises ou les associations d’américains en France.

Savez-vous combien d’Américains vivent en région parisienne ?

J’estime qu’il doit y avoir environ 50 000 américains en Ile de France. Aujourd’hui, les Democrats Abroad comptent plus de 3 000 membres (contre environ 300 pour les républicains).

A Paris, les élections américaines se dérouleront du 5 au 12 février. 

Avec les élections primaires pour les présidentielles qui approchent, le parti doit être en ébullition…

Democrats Abroad avait longtemps organisé des élections primaires, puis est passé à un système de caucus, c’est-à-dire un vote au terme d’un grand débat lors d’une réunion de tous les militants. Mais devant le succès trop grand pour être géré efficacement,  nous sommes revenus à un système de primaires. Les membres du parti pourront voter, en France, selon trois méthodes : par internet, par correspondance ou par fax, mais ils pourront également se présenter dans un « voting center » (centre de vote) organisé dans chaque chapter. A Paris, ces élections auront lieu les 5 et 12 février.

Participez-vous à l’élaboration du programme du parti pour les prochaines présidentielles ?

Nous organisons en France un certain nombre de meetings pour discuter du programme présidentiel ainsi que des décisions propres aux Democrats Abroad, avec l’espoir que le programme général du parti intègrera une ou deux demandes des Democrats Abroad, ce qui est généralement le cas. Notre vision est cependant un peu différente de celle du parti national. Par exemple, nous avons récemment voté d’une résolution contre la peine de mort, ce qui a peut de chance d’être suivi au niveau national.

Avez-vous déjà une préférence quant au futur candidat démocrate?

Je ne veux pas me prononcer tout de suite car je suis le conseiller international pour le parti national et le président pour la branche française. Je prends donc des décisions qui peuvent avoir un impact sur la campagne des candidats et je veux pouvoir le faire de la façon la plus détachée.

Commentaires»

1. Les élections américaines 2008 » SUPER TUESDAY, c’est parti! - 5 février 2008

[…] également à David Schuld, Eleanor Beardsley, Joe Smallhoover ou Eric Chaverou qui ont, chacun à leur façon contribué au succès de ce blog ! Bien sûr, ce […]

2. A.G.Landuyt - 24 avril 2008

Bonjour, faute de bien pratiquer l’anglais et de médias précis à ce sujet en France, j’aimerais vous poser une question :
On dit que H. Clinton a 134 délégués de retard sur Obama, j’aimerais savoir si ce décompte comprends les délégués élus en Floride et au Michigan, états importants en nombre, et qu’elle a gagné? Quel est le nombre de délégués de ces deux états? Si vous pensez qu’ils seront réintégrés ou non au final de la convention. Merci de votre réponse et du temps que vous y copnsacrerez.

PS. en français on dit mail et non mèl (çà ne vous étonnera pas…)