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LE PORTRAIT DE LA SEMAINE : John McCain, le retour du vétéran mars 10 2008

Publié par Pierrick Leurent in : Portraits de campagne, Républicains , rétrolien

John McCain 

Chaque lundi, je vous propose désormais un portrait assez fouillé d’un personnalité de la campagne pour la présidentielle américaine. On commence avec John McCain, le candidat officiel du parti républicain. Qui est celui qui, malgré le désastreux bilan des années Bush, veut succéder à la Maison Blanche ?

A 71 ans, John McCain revient de loin. Et pas seulement en politique. Commençons par cette vidéo, la dernière en date mais la première en tant que candidat officiel du parti républicain, qui constitue une bonne intro au personnage. On y voit John McCain se positionner comme un candidat soldat dans une Amérique en guerre :

Une carrière militaire
Né le 29 août 1936 dans une base militaire américaine du Panama, John Sidney McCain a d’abord fait une importante carrière militaire. Fils et petit-fils d’Amiral, il intègre l’Académie navale d’Annapolis et est envoyé en 1958 dans une base américaine en Floride. A cette époque, le jeune homme multiplie les conquêtes féminines. Devenu aviateur dans la Navy, McCain s’engage dans le conflit vietnamien.
En 1967, lors de sa 23e mission de combat, son chasseur est abattu par un missile, au-dessus du Vietnam. A 31 ans, blessé aux bras et à la jambe, il est récupéré par les soldats du Viêt-Cong, et gardé comme prisonnier. Il reste plus de cinq ans dans les geôles vietnamiennes, dont deux en isolation complète. Torturé par les Vietnamiens, McCain reste aujourd’hui opposé à l’usage de la torture aux Etats-Unis (Bush vient d’opposer son veto à un nouveau texte légiférant contre la torture), et marqué à vie par cette expérience. Il ne peut pas lever ses bras plus haut qu’au niveau de ses épaules.

Une longue carrière politique, mais l’échec de l’ambition présidentielle
A son retour aux USA, en 1973, John McCain est décoré par Richard Nixon en personne. Fortement marqué par sa captivité, il ne réussit pas à faire tenir son mariage, divorce et décide alors de se lancer en politique, en se tournant logiquement vers le parti républicain. En 1982, il gagne la première circonscription de l’Arizona, et, dès 1987, récupère l’un des deux sièges de sénateur de l’état, laissé vacant. En 1980, l’homme s’est remarié à Cindy Lou Hensley, avec laquelle il aura sept enfants, dont une fille adoptée au Bangladesh. Meghan, une autre de ses filles, aujourd’hui 23 ans, fait campagne pour son père via son blog.
Longtemps considéré comme un outsider, un peu en marge de son parti, McCain se lance néanmoins dans la campagne présidentielle de 2000, avec de bonnes chances de l’emporter. C’est sans compter sur l’appareil Bush qui s’est mis en marche. Le “Straight Talk Express” (l’Express du Franc-Parler), le bus qui emmène le candidat d’un état à l’autre, lui porte alors chance dans le New Hampshire, où il devance George W. Bush de 18 points. Mais le fils de l’ancien président mène une rude campagne de dénigrement contre McCain et remporte finalement l’investiture républicaine. Le vétéran du Vietnam doit quant à lui faire face à un cancer de la peau, dont il guérit.
Pas de place pour McCain en 2004, donc, en tout cas du côté républicain. Plutôt positionné dans le frange gauche du parti, il aurait envisagé un ticket avec John Kerry, candidat démocrate malheureux en 2004, pour devenir son vice-président. Il continue en tout cas à s’opposer régulièrement au président Bush, votant contre les réductions d’impôts, proposant une oi contre l’usage de la torture ou critiquant sa stratégie en Irak.

Le Come Back inattendu de 2008
De l’Irak justement, il fait son cheval de bataille lorsqu’il décide de se présenter à nouveau à la présidence en 2008, alors qu’il est désormais un oublié de la politique. Sa stratégie s’avère payante : il ne quittera pas l’Irak tant que la victoire est assurée. Lors d’un meeting en janvier, il déclare même que “y rester même 100 ans, cela me va“, dans cette vidéo maintes fois reprise par ses adversaires :

En quelques semaines après le début des primaires, McCain balaie un à un ses adversaires, qui ont tous un défaut qui ne plait pas à l’électorat républicain : Giuliani a une vie privée trop mouvementée, Romney est mormon, Mike Huckabee trop fondamentaliste. McCain a cependant également son point faible : il serait le président le plus âgé à entrer en fonction (à 72 ans). Le 5 mars dernier, il remporte l’Ohio, le Texas, le Rhode Island et le Vermont, atteignant le nombre de délégués nécessaires pour remporter l’investiture de son parti. Belle revanche sur le président Bush, qui s’empresse de l’adouber, en prenant soin de ne pas en faire son fils spirituel, vue l’impopulariré de l’actuel président :

Désormais candidat républicain pour devenir le 44e président américain, McCain a un atout important : il entame la dernière ligne droite, qui mènera à novembre 2008, avec une grande avance sur ses consurrents démocrates, encore occupés à s’entre déchirer. Mais il sait aussi qu’il doit, pour espérer l’emporter, convaincre la frange la plus conservatrice de son électorat, qui a largement voté pour Huckabee, et qui ne lui pardonne toujours pas certaines prises de positions, et des amitiés parfois affichées avec des démocrates. Quoi qu’il en soit, “The Mac is back”!

Commentaires»

1. maud - 11 mars 2008

Avec des positions proches des démocrates et une position assez obstinée par rapport à la guerre en Irak, McCain n’est-il pas un républicain très atypique?
Comment va-t-il conquérir les électeurs de Bush à ton avis?
Merci

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