LE PORTRAIT DE LA SEMAINE : Michelle, l’autre Obama mars 19 2008
Publié par Pierrick Leurent in : Portraits de campagne, Démocrates , rétrolienAprès John McCain, voici le deuxième portrait de cette série consacrée aux protagonistes de la campagne. Michelle Obama, la femme de Barack, le candidat à l’investiture démocrate, est encore méconnue en France. Pourtant, celle qui pourrait devenir la première first-lady noire à entrer à la Maison Blanche, a eu un rôle important depuis le début de la campagne. Vous allez voir que ce personnage se révèle passionnant…
Michelle Obama a un trait de caractère que tout le monde lui reconnaît : la franchise. Et, au début de la campagne des primaires, elle en a - semble-t-il - fait un peu trop, en racontant l’incapacité de son mari à mettre les chaussettes sales dans le panier à linge… Ni une, ni deux, les médias s’en sont emparé pour faire de Michelle une femme castratrice, qui coupe les possibilités de son mari.
Une femme franche et directe
Or, il semble plutôt que Michelle Obama ait simplement une tendance à dire les choses comme elle les sent. Elle souhaite aussi montrer à l’Amérique qu’un président n’est pas quelqu’un d’infaillible, mais plutôt quelqu’un comme tout le monde. Cette volonté d’être franche, elle a cependant appris à la mettre en sourdine quand c’est nécessaire. Lauren Collins, reporter pour The New Yorker et auteur d’un portrait très fouillé de la femme de Barack, raconte une anecdote significative. Dans le Wisconsin, Lauren a demandé à Michelle si elle était choquée de l’utilisation par Bill Clinton du terme “conte de fée” pour parler de la position de Barack sur la guerre en Irak. “Non”, a d’abord répondu Michelle, avant de prendre une drôle de voix quelques secondes plus tard : “J’ai envie de lui arracher les yeux!” L’un des conseillers lui envoya un regard nerveux. “Je déconne”, dit alors Michelle. “Tu vois! C’est ça qui m’apporte des ennuis”, confie-t-elle alors à la journaliste.
Une belle carrière
Qu’on se le dise : Michelle Obama est une femme brillante. Née en 1964 et issue d’une famille modeste de Chicago, elle passe par l’Université de Princeton, où elle réussit fort bien en sociologie. Sa thèse sur la communauté noire de l’université, qu’elle a placé sous scellé jusqu’en novembre 2008, a finalement été publiée sur le site Politico. Michelle Obama passe ensuite par l’école d’avocat de Harvard, tout comme son futur mari. Elle ne rencontre Barack qu’après avoir “gradué”, alors qu’elle travaille à Sidley & Austin, une entreprise de Chicago où elle est en charge des questions de propriété intellectuelle. Barack vient y faire un passage pour un travail d’été. Elle est chargée de superviser son travail, mais tous deux commencent à sortir ensemble. Il l’emmène un jour voir “Do the right thing”, de Spike Lee. Quelques années plus tard, lorsque Barack rencontrera le réalisateur, il lui glissera : “Je vous dois beaucoup”.
Le couple se marrie en octobre 1992 et aura deux filles. Malia, l’aînée, a aujourd’hui neuf ans. Sa soeur, Sasha, en a six. Cette vie de famille passionne Michelle, pour qui les problèmes qu’une mère rencontre pour pouvoir travailler et s’occuper de ses enfants sont fondamentaux. Michelle travaille maintenant comme vice-présidente en charge des relations extérieures à l’hôpital de Chicago. Un boulot qu’elle a partiellement arrêté pour se consacrer à la campagne. Mais elle ne résiste pas à y retourner une journée par semaine.
La campagne, justement, elle la vit avec passion. En Caroline du Sud, un état clé pour Obama, elle a longuement fait campagne. Lauren Collins raconte une de ses interventions à la Pee Dee Union Baptist Church, quarante huit heures avant la primaire de l’état : “Michelle Obama a commencé avec son passé. “Mes origines sont en Caroline du Sud,” a-t-elle déclaré. “Je ne sais pas si vous êtes tous au courant mais, en fait, mon frère et moi sommes venus la semaine dernière pour une petite réunion de famille à l’église de mes grands-parents, parce qu’ils ont pris leur retraire ici, et qu’ils ont vécu ici avant de mourir.”
Pour David Axelrod, le directeur de campagne d’Obama, Michelle est “fondamentalement honnête. Elle va quelque part, parle avec son coeur, blague. Elle ne choisit pas ses mots selon un plan politique.” Et cela fonctionne. Bien souvent, Michelle Obama a fait jeu égal avec son mari dans l’éloquence et l’art de soulever les foules. Elle parle aux Américains de leurs problèmes : le système de santé (”Je préfère vous le dire, ne tombez pas malade aux Etats-Unis!”), l’université beaucoup trop chère… Des conseillers l’ont poussée à prendre un ton plus léger, mais sans succès.
Sincère mais brillante, elle n’évite pas les faux pas
Femme brillante, Michelle Obama souhaite aussi continuer à mener une vie simple. Lorsque son mari a été élu au Sénat américain, ils ont décidé que la famille continuerait à habiter à Chicago, plutôt que de s’exiler à New York. “Nos vies sont tellement proches de la normale, autant qu’on puisse le dire lorsqu’on veut participe à une campagne présidentielle,” explique Michelle Obama.
Et pourtant, il y a récemment eu des faux pas. Le 18 février dernier, un petite phrase qu’elle prononce dans le Wisconsin lance la polémique. “Pour la première fois dans ma vie d’adulte, dit-elle, je suis vraiment fière de mon pays, et pas seulement parce que Barack réussit, mais parce que je pense que les gens ont soif de changement.”
Mal tournée, la phrase est immédiatement récupérée, et Cindy McCain, la femme du candidat républicain, rétorque peu après, lors d’un meeting : “Je ne sais pas pour vous - si vous avez entendu ces mots un peu plus tôt - mais moi je suis très fière de mon pays”. Michelle Obama doit revenir sur ses propos et s’expliquer :
Michelle Obama se dit prête pour la Maison Blanche. Elle pourrait bien rentrer dans l’histoire américaine. Cela lui fait-il peur? “Oh non, je ne pense pas en ces termes,” répond-elle à Lauren Collins. “Pour moi, c’est un pas après l’autre. Vous savez, on n’y est pas. Nous devons gagner des tas d’états et de délégués, et vous savez, c’est un processus compliqué. Et ensuite, il y a encore l’électin générale. Je suis si loin de l’Histoire que je me dis : “pourquoi être prisonnier de ce genre de choses quand il y a tellement devant nous à faire ?”


Commentaires»
Alors l’aînée de leurs fille à six ans et la petite a six ans aussi ???
Merci Marika d’avoir remarqué l’erreur! C’est corrigé!
je veux que obama soit le president de l amerique
president obama vivre en amerique ,nous sommes deriere toi .