A Paris, Ayan Hirsi Ali demande l’aide et la protection des Européens février 10 2008
Publié par emma in : pouvoir politique , 1 commentaire seulementUn meeting de soutien à Ayan Hirsi Ali se tient ce soir, dimanche 10 février 2007, à l’école Normale Supérieure, en présence de nombreuses personnalités, à l’initiative d’intellectuels et de Charlie-Hebdo, Libération, SOS Racisme, la revue ProChoix et La Règle du jeu.
Alors qu’elle est menacée de mort par une fatwa depuis 2004, l’intellectuelle Ayan Hirsi Ali ne bénéficie plus de la protection du gouvernement néerlandais, qui y a mis fin en novembre. « Une lâcheté inacceptable », pour Bernard Henry Lévy, à l’origine de ce meeting de soutien, qui considère sa consoeur comme “le nouveau Salman Rushdie”.
A 22 ans, cette Somalienne d’origine profite d’une escale en Allemagne pour fuir un mariage forcé. Réfugiée aux Pays-Bas, devenue citoyenne néerlandaise, elle s’engage en politique et devient députée du parti libéral VVD, en 2003. Elle parvient à faire adopter une loi extrêmement répressive contre l’excision, dont elle a été elle-même victime à 5 ans, et qui l’ont poussé à militer ardemment dans le monde contre sa pratique.
Le 11 septembre la fait rompre avec l’islam. Engagée depuis dans un combat pour la défense de la laïcité et l’émancipation des femmes musulmanes, la surnommée « Voltaire noire » est extrêmement virulente envers cette religion, qualifiant le prophète de « pervers » et de « tyran », et l’islam de « culture rétrograde » et de « nouveau fascisme ».
Menacée de mort depuis sa participation au film Submission, traitant des femmes et de l’islam - dont le réalisateur Theo Van Gogh a été assassiné en 2004-, elle vit depuis mai 2006 aux Etats-Unis, sous haute protection policière, et travaille pour un think tank néo-conservateur, American Enterprise Institute.
Elle sera jeudi à Bruxelles, où une soixantaine de députés cherchent à récolter les 393 signatures nécessaires au dépôt d’un texte devant le Parlement, visant le financement européen de sa protection rapprochée – aujourd’hui à ses frais.
Avant de rejoindre la capitale belge, Ayan Hirsi Ali recevra à Paris le prix Simone de Beauvoir pour son combat pour la liberté des femmes, un prix qui serai également attribué à l’écrivain bangladaise Taslima Nasreen.
Marie-Agnès Suquet
Marielle de Sarnez : « La politique a besoin de femmes » février 5 2008
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Députée européenne, conseillère de Paris, élue du XIVème arrondissement, candidate du Mouvement Démocrate à la mairie de Paris
Pourquoi briguez-vous la mairie de Paris ?
Je veux changer les choses. Je veux faire de Paris une ville plus humaine.
Deux femmes en course, c’est une nouveauté !
C’est une bonne chose ! La France est très en retard sur la présence des femmes en politique. Nous somme au 88ème rang mondial en ce qui concerne la présence de femmes à l’Assemblée Nationale, ce n’est pas brillant !
La politique a besoin de femmes. Pour une question de représentativité, avant tout. Les Français ne se reconnaissent pas dans leurs responsables politiques. Il y a un fossé entre eux et la société. Et la politique doit représenter la diversité de la société ! Mais aussi car la grande majorité des femmes fait de la politique différemment. Les femmes cherchent plus à faire qu’à paraître. Elles ne sont pas là pour faire semblant, elles ont une réelle envie d’agir.
Pensez-vous que le temps des femmes en politique est venu ?
Oui ! Il est plus que temps d’ailleurs ! Enfin, j’espère qu’il est venu.
Votre liste compte 12 femmes sur 20. Une volonté assumée d’assurer la parité ?
J’en suis très heureuse. Je voulais arriver à la parité, à dix minimum. Au final, il y en a douze car ce sont des femmes qui présentent de bons profils et les compétences requises.
Je ne suis pas pour les quotas mais pour la prise en compte de la diversité. Je veux un monde politique rajeuni, féminisé, diversifié.
Que pensez-vous de la loi sur la parité ?
Je pense que la loi sur la parité pour les municipales est une très bonne chose, mais celle pour l’Assemblée Nationale, hypocrite. Le système actuel favorise les sortants. Pour permettre l’émergence d’une Assemblée composée à 50% de femmes, il faut changer de mode de scrutin, et adopter la proportionnelle.
Vous ne pensez pas que cette loi dessert les femmes ?
Non, au contraire, cette loi sert les femmes. Je suis heureuse qu’elle existe. Si on n’avait pas voté ces lois, il n’y aurait que 10% de femmes - contre les 50% actuels – au sein des conseils municipaux. C’est déjà une progression. C’est vrai que les femmes occupent majoritairement des postes de conseillers, et non ceux de maires. Mais au plus il y a des femmes conseillères municipales, au plus il y aura des femmes maires !
Avez-vous le sentiment d’avoir une responsabilité en tant que femme ?
Oui, c’est sûr, je me sens investie d’une responsabilité particulière. Essayer de favoriser l’implication des femmes en politique, faire de la politique autrement. Une politique moins caricaturale, moins sectaire, moins archaïque et partisane. Avec une approche plus féminine, peut-être.
Vous avez été la première femme non énarque à avoir été chef de cabinet ministériel (Education Nationale, 1993-1997). Au cours de votre carrière, avez-vous souffert du machisme vivace dans le monde politique ?
Mes compétences ont été remises en cause. Je suis une femme et en plus, je ne suis pas énarque ! François Bayrou m’a fait confiance. Il a toujours favorisé l’accès des femmes aux responsabilité. Mais si je n’en avais pas été capable, il ne m’aurait pas nommé à ce poste.
Je baigne dans la vie politique depuis toujours et j’y ai fait mes armes. J’ai une sorte d’expérience qui fait que je suis plus blindée que les autres, même si je ne le suis pas complètement. Mais ça aide !
C’est un métier difficile, encore plus quand on est une femme. En politique, on ne fait pas de cadeaux, on est exposé à la caricature, à la violence verbale. Quand on voit que certains hommes politiques traitent leurs consoeurs de « salope », c’est terrifiant ! C’est un feu vert donné à la violence.
Si vous remportez la mairie de Paris, comptez-vous mettre en place des mesures en faveur des femmes ?
Je veux vraiment aider les femmes. Pour les femmes qui travaillent, je veux mettre en place des horaires plus adaptés, développer les microcrèches, proches de chez elles, favoriser l’apparition d’une vie dans la ville avec la multiplication des espaces verts, des conservatoires de musique ou des centres pour enfants, mais aussi adapter les transports, pour les poussettes par exemple. Il s’agit de travailler sur les conditions de travail. Pourquoi pas favoriser les partenariats avec les entreprises qui respectent la parité ? Je suis pour la pénalisation financière de celles qui ne le font pas.
Si je suis élue, mon équipe sera au minimum composée de 50% de femmes. J’assurerais la parité également dans l’importance de la fonction. Ça va sans dire !
Propos recueillis par Marie-Agnès Suquet
Lucien Neuwirth : « Quelle bataille ! » décembre 26 2007
Publié par emma in : pouvoir politique , 2commentairesLucien Neuwirth, ancien député gaulliste et membre du Comité Consultatif sur l’Ethique.
On a fêté mercredi les 40 ans de votre loi. Que ressentez-vous ?
Ça me fait plaisir de voir que la bataille que j’ai mené n’a pas été inutile. Ça a évité bien des drames et des malheurs.
Qu’est-ce qui vous a poussé à présenter ce projet de loi ?
Quand j’étais en Angleterre avec les Forces Françaises Libres, j’ai rencontré une Irlandaise. Les choses allant, elle m’a glissé dans la main une pilule. C’était la première fois que j’en voyais. J’ai trouvé ça formidable ! Je suis rentré, lors de ma première permission en France, avec cinq gynomine (pilule contraceptive effervescente) dans chaque poche. La guerre finie, j’ai été élu maire adjoint de St Etienne, à 23 ans. Un jour où j’évoquais avec le maire la loi de 1920 interdisant la contraception, il m’a dit en rigolant, « Celui qui fera voter une loi qui annulera celle de 1920 n’est pas encore né ! ». J’ai pris ça comme un challenge.
Comment en êtes-vous venu à mener un combat qu’on aurait plutôt pensé féminin ?
Je n’ai jamais trouvé normal que ce soit la femme seule qui porte la maternité et ses conséquences. Il faut être deux pour faire un enfant, on est donc responsable à deux. Beaucoup de femmes se retrouvaient abandonnées une fois enceintes. Elles avaient besoin d’une bouée de secours, la pilule. C’est un problème de conscience qui ne se discute pas.
Au départ, De Gaulle n’était pas favorable à cette loi. L’opposition a été très virulente. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ? N’avez-vous jamais douté ?
De Gaulle m’a convoqué dans son bureau. Ses grandes jambes se pliaient et se dépliaient. J’ai parlé 40mn sans interruption. Je n’avais pas un poil de sec ! Il a fini par me répondre « C’est vrai. Transmettre la vie, c’est important. Il faut que ce soit un acte lucide. Continuez ! ». Heureusement que le chef d’Etat s’appelait De Gaulle. Sous d’autres présidents, ça n’aurait pas marché. L’opposition a été très forte. J’ai tout entendu. On m’a dit que j’étais fou. « Tous les cardinaux à Rome vont mettre la pilule à l’index ! », « Les petites filles de 13 ans ½ vont faire le tapin ! ». D’autres annonçaient la fin de ma carrière politique. J’ai même retrouvé mon portail goudronné d’un « Assassin d’enfant ». J’en ai pris plein dans la gueule pour pas un rond. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’hypocrisie de ceux qui ne pensaient qu’à leur clientèle électorale. Mais j’étais déterminé à aller jusqu’au bout. J’ai reçu environ 1500 lettres de femmes de toute la France. Elles me remerciaient, m’encourageaient à continuer. C’est auprès d’elles, de ma mère, de mon épouse, qui me certifiaient que j’avais raison, que j’ai trouvé mon soutien le plus fort.
Vous avez changé la vie de millions de Françaises. Est-ce que votre loi a changé la vôtre ?
La loi n’a pas été le summum de ma vie politique mais l’un des moments les plus discutés. Je me suis toujours intéressé à la vie des individus, hommes et femmes. C’est pour ça que je me suis battu pour rendre les soins palliatifs obligatoires dans les établissements de santé publics et privés.
Comment expliquez-vous aujourd’hui le nombre élevé de grossesses non désirées et d’avortements ? Avez-vous le sentiment que votre loi n’a pas été suivie de la mise en place d’une politique volontariste de contraception ?
Quand je vois qu’il y a encore des avortements, ça me met hors de moi ! L’éducation sexuelle est une révolution. Mais beaucoup d’établissements scolaires refusent d’en parler. Il y a toujours une pression morale et une hypocrisie monstrueuse. Beaucoup de machos sont encore au pouvoir, et ne se rendent pas compte. S’ils aimaient les femmes, ils voudraient qu’elles soient protégées et donc, informées. Plus qu’un enjeu de santé publique, c’est un enjeu de solidarité, d’égalité entre les hommes et les femmes.
Quels sont vos espoirs, vos attentes pour demain ?
Toutes les lois nécessaires pour permettre l’enseignement et la diffusion de la pilule ont été sabotées. Aujourd’hui, tout est en place, mais il faut que ça fonctionne. C’est bien beau de faire des lois, encore faut-il les appliquer.
Propos recueillis par Marie-Agnès Suquet
Confidences de femmes au pouvoir décembre 6 2007
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Vingt femmes de pouvoir, d’exception parlent. MAM, Anne-Marie Idrac, Laurence Parisot, Fadela Amara, Anne Lauvergeon, Eva Joly ou Elisabeth Guigou. Pour la première fois, elles livrent, au cours d’entretiens individualisés dans Femmes au pouvoir, d’Hervé Gattegno et Anne-Cécile Sarfati, le récit de leurs parcours. De leurs combats aussi Car pour s’imposer dans un monde d’homme, elles ont dû se battre.
Tout à tour et sans tabous, elles évoquent les efforts, les doutes, les blessures, les sacrifices qu’elles ont dû faire pour gravir les marches du pouvoir. Celui de la maternité pour certaines, comme Nicole Notat ou MAM. Le sujet est délicat, douloureux parfois. D’autres ont réussi à « tout avoir ». Mais il faut ensuite réussir à tout gérer, gros contrats et devoirs, mécontentement des clients et chagrins des enfants. Fortes de leurs propres expériences et de leurs caractères, leurs avis diffèrent, sur la parité par exemple. Il y a les “pro-loi”, les “anti” et celles qui s’y sont converties par dépit.
Vous l’aurez compris. Elles sont vingt et très différentes : issues du milieu politique ou financier, d’origine immigrée ou aisée, révoltées contre le modèle familial ou bien laissées portées par l’ambition parentale, célibataires, mariées, divorcées, avec ou sans enfants. Mais elles ont en commun des capacités impressionnantes, un goût profond pour les défis, une volonté farouche de réussir.
Elles l’avouent. Etre une femme a été, jusqu’à un certain stade, un handicap au cours de leurs carrières. « Pour faire nos preuves, on nous en a toujours plus demandé qu’à un homme ». Au final, elles en tirent une certaine fierté.
Marie-Agnès Suquet
Femmes au pouvoir, récits et confidences, de Hervé Gattegno et Anne-Cécile Sarfati, Editions Stock, 20€.
En 2010, si t’as pas la parité, faudra payer ! novembre 27 2007
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Le cycle des conférences sociales sur l’égalité salariale hommes-femmes dans l’entreprise s’est achevé lundi à Paris au ministère du Travail et des Relations sociales. Résultat : si les entreprises n’ont pas, d’ici 2010, engagé des mesures visant à réduire les inégalités de salaires seront sanctionnées financièrement. Une amende proportionnelle à la masse salariale de l’entreprise et reversée à celles modèles en terme d’égalité salariale.
Les lois existent mais ne sont pas appliquées
Trois lois en France ont été votées afin de garantir l’égalité salariale. Loi Roudy de 1983, loi Génisson de 2001 et loi Ameline de 2006. Mais les entreprises rechignent toujours à les appliquer. Par exemple, seulement 30% d’entre elles rédigent le rapport de situation comparé, imposé par la loi de 1983, évaluant les inégalités hommes-femmes.En attendant, les inégalités de salaires sont bien réelles ! L’écart pour les salaires moyens en 2002 était de 25%. En 2004, une femme cadre gagnait – à fonction égale - 25% de moins que son homologue masculin. Plus on tend vers des postes moins qualifiés, plus l’écart diminue, estimé alors à 10%. Mais il faut également ajouter les discriminations rencontrées par les femmes pour les promotions internes ainsi qu’un temps partiel largement subi.
Des orientations bien accueillies
Le ministre a clairement affirmé sa volonté de « changer de registre ». « Quand rien ne se passe, il faut franchir une nouvelle étape ». Ce qui réjouit les syndicats. Laurence Laigo, de la CFDT, estime qu’ils ont « besoin d’une démarche volontariste car le patronat ne propose pas grand-chose. Avec ce texte, les entreprises auront deux ans pour se préparer (…) et celles qui n’auront rien fait se verront infliger des sanctions financières importantes en 2009 ».
Un enjeu culturel
Pour Laurence Parisot, ce n’est « pas seulement une question propre aux entreprises, c’est un enjeu culturel ». Elle propose donc aux syndicats, au patronat et au gouvernement de lancer « une grande campagne de communication avec des spots télé impactants pour faire comprendre à quel point les esprits doivent évoluer ».
Dans la même démarche, Xavier Bertrand a également abordé la question des congés parentaux, dont les bénéficiaires sont aujourd’hui à 98% des femmes. Il souhaite s’inspirer du modèle suédois ou allemand pour aménager ce congé, créé en 1985. Le premier exemple divise le congé entre le père et la mère. Si l’un ne le prend pas, le congé est perdu. Le second modèle, qui reçoit les faveurs du ministre, prévoit une bonification en temps si le père en assume une partie. A suivre dans les prochains mois…
Chiffres :
Précarité. 11% des femmes, contre 6% des hommes, occupent des emplois temporaires (CDD, stages…). 2/3 des emplois non qualifiés sont occupés par des femmes. Les temps partiels sont également majoritairement le fait des femmes, à plus de 80%, et1/3 aimerait travailler plus.
Salaires. En 2002, 76,8% des travailleurs à bas salaires étaient des femmes, et le salaire des femmes cadres était inférieur de 18,1% à celui des hommes dans le public, à 22,9% dans le privé.
Pour en savoir plus :
Une étude de Catherine Lévi, intitulée « Disparités sur la parité », faisant une comparaison des différentes situations en Europe, est publiée ce mois-ci dans Courrier Cadre. Pour écouter l’interview de la journaliste sur France Info et avoir plus d’informations sur les disparités européennes en matière de parité, cliquer ici.
Rencontre avec Marie Ducastel, PDG d’EFE et du CFPJ novembre 27 2007
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Son parcours est atypique. Pour occuper son poste de PDG du Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes (CFPJ) et d’Editions Formation Entreprises (EFE), Marie Ducastel n’a pas eu à se battre contre les préjugés machistes ou les réticences d’un patron à nommer des femmes à des fonctions de haute responsabilité.
Un parcours brillant
Issue d’un milieu plutôt aisé, elle est l’aînée de 3 filles, d’un père chirurgien et directeur de clinique, et d’une mère gérante de société. Diplômée de Science Po Paris, détentrice d’un master de droit public obtenu à Assas et d’un DESS de défense, elle intègre rapidement EFE en tant que responsable de la formation du secteur public. Très vite, Patrice Bougon, le créateur de l’entreprise, lui fait confiance. Elle gère le département éditions, puis celui de la formation avant de devenir Directrice Générale en 2000, à 32 ans.
Une entreprise avant-gardiste
Si elle doit sa place à ses compétences et à son travail, elle reconnaît que Patrice Bougon n’y est pas pour rien. « C’est un patron qui fait confiance aux jeunes et qui mise sur des profils. En ça, il est un peu avant-gardiste ». Les qualités requises par le poste favorisent également un public féminin, selon elle : création, rigueur, relations publiques, organisation… Quand beaucoup de ses collègues masculins ne voient qu’une partie du métier, les femmes s’investissent davantage et témoignent d’une plus grande volonté.. D’où le nombre élevé de ces dernières à des postes de responsabilités.
Une expérience atypique
Au cours de sa carrière, Marie Ducastel n’a jamais eu à se battre pour voir ses compétences reconnues, toucher un salaire équivalent à celui de ses homologues masculins ou à subir de réflexions machistes. EFE est une entreprise qui emploit beaucoup de femmes, notamment dans le management. Ce qu’elle apprécie. « J’aime beaucoup travailler avec les femmes ». Cela ne l’amène pas pour autant à ne recruter que des femmes. Elle a d’ailleurs recruté dernièrement que des hommes ! A la question de savoir si elle se sent une responsabilité envers la gent féminine pour l’aider à accéder à de hautes fonctions, elle affirme « qu’elle se sent la responsabilité de promouvoir les bons, hommes ou femmes ».
Une réussite personnelle et professionnelle
Famille et carrière, Marie Ducastel « voulait tout ». Mariée, mère de deux petites filles, elle parvient à mener de front vie professionnelle et vie personnelle. Enceinte, elle est restée jusqu’au bout. Toujours disponible pendant son congé maternité, elle a été heureuse de retourner travailler. Elle le sait, elle « n’est pas faîte pour être mère au foyer ». Si elle ne se sent pas coupable de déserter la vie familiale pour son travail, elle avoue être parfois « en manque ».
Une femme de pouvoir ?
« Je fais du management donc j’exerce du pouvoir. Mais je ne me vois comme une femme de pouvoir, au sens d’une femme qui recherche le pouvoir pour le pouvoir. Ce qui me booste, c’est ce qui peut m’enrichir intellectuellement. Tout ce qui est visibilité du pouvoir, ça ne m’intéresse pas ».
Devant tant de détermination et de réussite, on se demande si elle n’a jamais douté, si le « plafond de verre » lui est inconnu. « Je me suis dit : je le vaux sûrement mais est-ce que je vais y arriver ? J’ai besoin de m’amuser et le challenge est un moteur. Cela dit, c’est vrai, on doute plus que les hommes».
Est-ce la seule différence avec les hommes ? Existe-t-il une façon féminine d’exercer le pouvoir ? « J’imagine que oui. On est peut-être plus dans le détail, dans la planification. Mais je ne crois pas que cela détermine totalement la manière d’exercer le pouvoir. Je pense que c’est bien plus lié aux personnalités ». Et de la personnalité, Marie Ducastel en a.
Pour Poutine, les femmes sont au pouvoir “là où les mecs se débinent” novembre 18 2007
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Lors de sa conférence de presse annuelle du 1er février 2007 ( je sais, ce n’est pas très d’actu mais je ne pouvais pas passer à côté ! ), Vladimir Poutine, interrogé sur l’émergence de femmes politiques comme Ségolène Royal ou Hillary Clinton, a répondu qu’elles arrivaient au pouvoir “là où les mecs se débinent”. Devant des centaines de journalistes réunis dans le grand auditorium du Kremlin, il a ajouté : “Les mecs se débinent, ils ne veulent plus travailler”.
Se reprenant, il a nuancé et déclaré que la participation des femmes à la politique était “le signe d’une société mûre”. Elle rend le “pouvoir plus équilibré et efficace”.
Il semblerait que le pouvoir russe ne soit pas en tête question d’efficacité… Alors que les femmes représentent 53% de la population, aucune n’occupe un poste de ministre. Seulement 9,5% sont députées à la Douma, 5% à la Chambre Haute du Parlement russe, selon le Fonds des Nations Unies pour la Population pour la Russie (UNFPA).
S’il regrette le manque de présence de femmes à la tête de grandes entreprises et en politique, notamment à la tête des régions, il refuse la mise en place d’une politique de quotas, estimant que cela “pouvait faire du mal en entraînant une discrimination sexuelle”.
Quel homme ce Vladimir… En voilà un qui ne se débine pas !
“Les femmes prennent le pouvoir” C dans l’air novembre 18 2007
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“Les femmes prennent le pouvoir”. Yves Calvi est revenu, le 30 octobre dernier dans son émission C dans l’air, sur cette vague médiatisée de femmes qui briguent le pouvoir politique. Christina Kirchner, nouvelle présidente de l’Argentine, Hillary Clinton, candidate démocrate aux Etats-Unis, Benazir Bhutto, l’ex-Premier ministre du Pakistan revenue au pays, ont été les exemples les plus développés.
Assiste-t-on à « un temps des femmes » ? L’arrivée des femmes en politique n’est-elle rendue possible qu’aux femmes « femme de » ou « fille de » ? Comment faire pour que la féminité de ces personnages politiques ne deviennent ni un argument de campagne ni une réalité qu’il faudrait faire oublier ?
La présidente argentine, Christina Fernandez de Kirchner, très féminine, surnommée « la patronne » pour son autorité et sa rigidité, s’est appuyée sur le bilan économique positif de son mari pour mener sa campagne, pas très intensément. Opposée à une autre femme, la députée libérale chrétienne Elisa Carrio, elle a remporté la présidentielle dès le 1er tour, avec 44,8% des voix.
Hillary Clinton, continuellement en pantalon, soutenue par Bill « à 200% et à 200km », apparaît comme la plus à même de remporter la candidature démocrate aux primaires, voire la présidentielle. Si elle sait jouer la carte des femmes quand elle en a beosin, elle précise qu’ « elle ne se présente pas parce qu’elle est une femme – même si elle aurait du mal à se présenter autrement -, mais parce qu’elle pense être la plus qualifiée et la plus expérimentée pour remporter la victoire ».
Benazir Bhutto, première femme à avoir dirigée la République Islamique du Pakistan, est revenue pour se présenter aux élections législatives de janvier. Visée par un attentat le jour de son retour qui a fait plus de 140 morts, menacée par les islamistes radicaux, elle est, plus que jamais, déterminée à se battre pour reprendre le pouvoir et instaurer la démocratie.
Angela Merkel en Allemagne, Michèle Bachelet au Chili, Tarja Halonen en Finlande, Ellen Johnson Sirleaf au Libéria… Si ces exemples sont très médiatisés et très emblématiques, ils sont loin d’être représentatifs d’une réalité. Sur les 192 pays présents à l’ONU, seuls huit sont présidés par une femme et six gouvernés par une chef de gouvernement. Au total, elles représentent moins de 10% des chefs d’Etat.
Et si la nouveauté, c’était que ces femmes qui accèdent aujourd’hui au pouvoir, élues au suffrage universel et dotées d’une carrière politique, ne soient pas les descendantes d’une dynastie mais bien des self-made women ?
Hillary Clinton cherche à séduire l’électorat féminin novembre 16 2007
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Le 16 octobre, dans le cadre se son offensive sur le thème “Les femmes vont changer l’Amérique”, Hillary Clinton a présenté son programme destiné à aider les femmes à concilier vie professionnelle et vie familiale. La candidate les a appellé « à assumer leur part pour reprendre la Maison Blanche et changer ce pays, à conduire ce changement pour lequel l’Amérique est prête ».
Oser briser le plafond de verre. C’est ainsi que la candidate démocrate aux élections présidentielles américaines, qui doivent avoir lieu en novembre 2008, a appelé les femmes américaines à voter pour elle. Partie à la conquête du pouvoir de l’Etat le plus puissant du monde, Hillary Clinton cherche à se rallier l’électorat féminin, qui a joué un rôle primordial lors des trois dernières élections.
Des mesures de son programme en faveur des femmes
Dans son discours, elle a présenté les points forts de son programme : extansion du congé maternité à tous les Etats d’ici 2016, augmentation du financement de la protection de l’enfance et lutte contre la discrimination que subisse les femmes enceintes. Il s’agit également d’encourager l’aménagement des lieux de travail, un système de récompense pour les “entreprises modèles”, et des mesures destinées à développer le travail à domicile dans les administrations fédérales.
User de sa féminité sans en abuser
Si l’ancienne First Lady aspire et réclame être jugée sur ses seules compétences, elle semble néanmoins faire de sa féminité un argument de campagne. Alors que Ségolène Royal, lors des présidentielles françaises, avait mis en avant cette singularité de manière parfois grossière, Hillary Clinton joue cette carte avec plus de mesure et de finesse.
Pas de jupes, tant aimées pourtant par son homologue française, mais des tailleurs pantalons. Depuis l’affaire surréaliste du décolleté - « indéniable » pour le Washington Post - qu’elle portait à un débat télévisé cet été, Hillary Clinton fuit tout vêtement qui pourrait mettre en valeur une quelconque once de féminité. Stricte et sobre. Essayer de faire oublier son genre, mais pas trop.
Une majorité de femmes prêtes à voter pour elle
Ça serait dommage de s’en priver. Avec cette vague de femmes briguant ou étant au pouvoir dans le monde, il semblerait que les politiques au féminin aient le vent en poupe et que leur citoyens soient prêts au changement. Tout est donc fait pour récupérer l’électorat féminin, qui constitue, pour Mark Penn, un des plus importants conseillers de Clinton, « une forte puissance politique pour l’élection présidentielle ».
Si les plus jeunes et les plus défavorisées - 68% des femmes noires lui donnent leur vote -, les électrices de la classe moyenne blanche sont plus sceptiques. Depuis l’annonce de ses mesures en faveur des femmes, les électrices démocrates ou indépendantes sont désormais prêtes à 57% à voter pour elle, alors même qu’auparavant les reproches sur ses ambitions dévorantes, son manque de sincérité politique et ses tendances conservatrices la privaient des voix des démocrates progressistes et intellectuelles.
Selon un sondage organisé par l’équipe de Mme Clinton, 94% de cet électorat serait plus enclin à se rendre aux urnes si un des candidats est une femme. Dans les autres sondages, elle est toujours en tête de course, devançant à chaque fois ces sept adversaires démocrates aux primaires, et également le favori républicain, Rudoph Giuliani, avec 57% des voix.
Un argument de campagne à manier avec prudence. Si ça n’en demeure pas moins une étape importante et un symbole percutant, il ne s’agit pas de faire de l’élection un combat féministe. On parle de présidence, de politique. Même si, comme le dit Hillary, le « monde doit s’adapter », il ne s’agit pas non plus de se tromper d’objectif. Ni de vote, ni d’argument de campagne.
