En 2010, si t’as pas la parité, faudra payer ! novembre 27 2007
Publié par emma in : pouvoir politique , 1 commentaire seulement
Le cycle des conférences sociales sur l’égalité salariale hommes-femmes dans l’entreprise s’est achevé lundi à Paris au ministère du Travail et des Relations sociales. Résultat : si les entreprises n’ont pas, d’ici 2010, engagé des mesures visant à réduire les inégalités de salaires seront sanctionnées financièrement. Une amende proportionnelle à la masse salariale de l’entreprise et reversée à celles modèles en terme d’égalité salariale.
Les lois existent mais ne sont pas appliquées
Trois lois en France ont été votées afin de garantir l’égalité salariale. Loi Roudy de 1983, loi Génisson de 2001 et loi Ameline de 2006. Mais les entreprises rechignent toujours à les appliquer. Par exemple, seulement 30% d’entre elles rédigent le rapport de situation comparé, imposé par la loi de 1983, évaluant les inégalités hommes-femmes.En attendant, les inégalités de salaires sont bien réelles ! L’écart pour les salaires moyens en 2002 était de 25%. En 2004, une femme cadre gagnait – à fonction égale - 25% de moins que son homologue masculin. Plus on tend vers des postes moins qualifiés, plus l’écart diminue, estimé alors à 10%. Mais il faut également ajouter les discriminations rencontrées par les femmes pour les promotions internes ainsi qu’un temps partiel largement subi.
Des orientations bien accueillies
Le ministre a clairement affirmé sa volonté de « changer de registre ». « Quand rien ne se passe, il faut franchir une nouvelle étape ». Ce qui réjouit les syndicats. Laurence Laigo, de la CFDT, estime qu’ils ont « besoin d’une démarche volontariste car le patronat ne propose pas grand-chose. Avec ce texte, les entreprises auront deux ans pour se préparer (…) et celles qui n’auront rien fait se verront infliger des sanctions financières importantes en 2009 ».
Un enjeu culturel
Pour Laurence Parisot, ce n’est « pas seulement une question propre aux entreprises, c’est un enjeu culturel ». Elle propose donc aux syndicats, au patronat et au gouvernement de lancer « une grande campagne de communication avec des spots télé impactants pour faire comprendre à quel point les esprits doivent évoluer ».
Dans la même démarche, Xavier Bertrand a également abordé la question des congés parentaux, dont les bénéficiaires sont aujourd’hui à 98% des femmes. Il souhaite s’inspirer du modèle suédois ou allemand pour aménager ce congé, créé en 1985. Le premier exemple divise le congé entre le père et la mère. Si l’un ne le prend pas, le congé est perdu. Le second modèle, qui reçoit les faveurs du ministre, prévoit une bonification en temps si le père en assume une partie. A suivre dans les prochains mois…
Chiffres :
Précarité. 11% des femmes, contre 6% des hommes, occupent des emplois temporaires (CDD, stages…). 2/3 des emplois non qualifiés sont occupés par des femmes. Les temps partiels sont également majoritairement le fait des femmes, à plus de 80%, et1/3 aimerait travailler plus.
Salaires. En 2002, 76,8% des travailleurs à bas salaires étaient des femmes, et le salaire des femmes cadres était inférieur de 18,1% à celui des hommes dans le public, à 22,9% dans le privé.
Pour en savoir plus :
Une étude de Catherine Lévi, intitulée « Disparités sur la parité », faisant une comparaison des différentes situations en Europe, est publiée ce mois-ci dans Courrier Cadre. Pour écouter l’interview de la journaliste sur France Info et avoir plus d’informations sur les disparités européennes en matière de parité, cliquer ici.
Rencontre avec Marie Ducastel, PDG d’EFE et du CFPJ novembre 27 2007
Publié par emma in : pouvoir politique , ajouter 1 commentaire
Son parcours est atypique. Pour occuper son poste de PDG du Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes (CFPJ) et d’Editions Formation Entreprises (EFE), Marie Ducastel n’a pas eu à se battre contre les préjugés machistes ou les réticences d’un patron à nommer des femmes à des fonctions de haute responsabilité.
Un parcours brillant
Issue d’un milieu plutôt aisé, elle est l’aînée de 3 filles, d’un père chirurgien et directeur de clinique, et d’une mère gérante de société. Diplômée de Science Po Paris, détentrice d’un master de droit public obtenu à Assas et d’un DESS de défense, elle intègre rapidement EFE en tant que responsable de la formation du secteur public. Très vite, Patrice Bougon, le créateur de l’entreprise, lui fait confiance. Elle gère le département éditions, puis celui de la formation avant de devenir Directrice Générale en 2000, à 32 ans.
Une entreprise avant-gardiste
Si elle doit sa place à ses compétences et à son travail, elle reconnaît que Patrice Bougon n’y est pas pour rien. « C’est un patron qui fait confiance aux jeunes et qui mise sur des profils. En ça, il est un peu avant-gardiste ». Les qualités requises par le poste favorisent également un public féminin, selon elle : création, rigueur, relations publiques, organisation… Quand beaucoup de ses collègues masculins ne voient qu’une partie du métier, les femmes s’investissent davantage et témoignent d’une plus grande volonté.. D’où le nombre élevé de ces dernières à des postes de responsabilités.
Une expérience atypique
Au cours de sa carrière, Marie Ducastel n’a jamais eu à se battre pour voir ses compétences reconnues, toucher un salaire équivalent à celui de ses homologues masculins ou à subir de réflexions machistes. EFE est une entreprise qui emploit beaucoup de femmes, notamment dans le management. Ce qu’elle apprécie. « J’aime beaucoup travailler avec les femmes ». Cela ne l’amène pas pour autant à ne recruter que des femmes. Elle a d’ailleurs recruté dernièrement que des hommes ! A la question de savoir si elle se sent une responsabilité envers la gent féminine pour l’aider à accéder à de hautes fonctions, elle affirme « qu’elle se sent la responsabilité de promouvoir les bons, hommes ou femmes ».
Une réussite personnelle et professionnelle
Famille et carrière, Marie Ducastel « voulait tout ». Mariée, mère de deux petites filles, elle parvient à mener de front vie professionnelle et vie personnelle. Enceinte, elle est restée jusqu’au bout. Toujours disponible pendant son congé maternité, elle a été heureuse de retourner travailler. Elle le sait, elle « n’est pas faîte pour être mère au foyer ». Si elle ne se sent pas coupable de déserter la vie familiale pour son travail, elle avoue être parfois « en manque ».
Une femme de pouvoir ?
« Je fais du management donc j’exerce du pouvoir. Mais je ne me vois comme une femme de pouvoir, au sens d’une femme qui recherche le pouvoir pour le pouvoir. Ce qui me booste, c’est ce qui peut m’enrichir intellectuellement. Tout ce qui est visibilité du pouvoir, ça ne m’intéresse pas ».
Devant tant de détermination et de réussite, on se demande si elle n’a jamais douté, si le « plafond de verre » lui est inconnu. « Je me suis dit : je le vaux sûrement mais est-ce que je vais y arriver ? J’ai besoin de m’amuser et le challenge est un moteur. Cela dit, c’est vrai, on doute plus que les hommes».
Est-ce la seule différence avec les hommes ? Existe-t-il une façon féminine d’exercer le pouvoir ? « J’imagine que oui. On est peut-être plus dans le détail, dans la planification. Mais je ne crois pas que cela détermine totalement la manière d’exercer le pouvoir. Je pense que c’est bien plus lié aux personnalités ». Et de la personnalité, Marie Ducastel en a.