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Rencontre avec Marie Ducastel, PDG d’EFE et du CFPJ novembre 27 2007

Publié par emma in : pouvoir politique , rétrolien

Marie Ducastel, PDG du CFPJ et d’EFESon parcours est atypique. Pour occuper son poste de PDG du Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes (CFPJ) et d’Editions Formation Entreprises (EFE), Marie Ducastel n’a pas eu à se battre contre les préjugés machistes ou les réticences d’un patron à nommer des femmes à des fonctions de haute responsabilité.

Un parcours brillant
Issue d’un milieu plutôt aisé, elle est l’aînée de 3 filles, d’un père chirurgien et directeur de clinique, et d’une mère gérante de société. Diplômée de Science Po Paris, détentrice d’un master de droit public obtenu à Assas et d’un DESS de défense, elle intègre rapidement EFE en tant que responsable de la formation du secteur public. Très vite, Patrice Bougon, le créateur de l’entreprise, lui fait confiance. Elle gère le département éditions, puis celui de la formation avant de devenir Directrice Générale en 2000, à 32 ans.

Une entreprise avant-gardiste
Si elle doit sa place à ses compétences et à son travail, elle reconnaît que Patrice Bougon n’y est pas pour rien. « C’est un patron qui fait confiance aux jeunes et qui mise sur des profils. En ça, il est un peu avant-gardiste ». Les qualités requises par le poste favorisent également un public féminin, selon elle : création, rigueur, relations publiques, organisation… Quand beaucoup de ses collègues masculins ne voient qu’une partie du métier, les femmes s’investissent davantage et témoignent d’une plus grande volonté.. D’où le nombre élevé de ces dernières à des postes de responsabilités.

Une expérience atypique
Au cours de sa carrière, Marie Ducastel n’a jamais eu à se battre pour voir ses compétences reconnues, toucher un salaire équivalent à celui de ses homologues masculins ou à subir de réflexions machistes. EFE est une entreprise qui emploit beaucoup de femmes, notamment dans le management. Ce qu’elle apprécie. « J’aime beaucoup travailler avec les femmes ». Cela ne l’amène pas pour autant à ne recruter que des femmes. Elle a d’ailleurs recruté dernièrement que des hommes ! A la question de savoir si elle se sent une responsabilité envers la gent féminine pour l’aider à accéder à de hautes fonctions, elle affirme « qu’elle se sent la responsabilité de promouvoir les bons, hommes ou femmes ».

Une réussite personnelle et professionnelle
Famille et carrière, Marie Ducastel « voulait tout ». Mariée, mère de deux petites filles, elle parvient à mener de front vie professionnelle et vie personnelle. Enceinte, elle est restée jusqu’au bout. Toujours disponible pendant son congé maternité, elle a été heureuse de retourner travailler. Elle le sait, elle « n’est pas faîte pour être mère au foyer ». Si elle ne se sent pas coupable de déserter la vie familiale pour son travail, elle avoue être parfois « en manque ».

Une femme de pouvoir ?
« Je fais du management donc j’exerce du pouvoir. Mais je ne me vois comme une femme de pouvoir, au sens d’une femme qui recherche le pouvoir pour le pouvoir. Ce qui me booste, c’est ce qui peut m’enrichir intellectuellement. Tout ce qui est visibilité du pouvoir, ça ne m’intéresse pas ».
Devant tant de détermination et de réussite, on se demande si elle n’a jamais douté, si le « plafond de verre » lui est inconnu. « Je me suis dit : je le vaux sûrement mais est-ce que je vais y arriver ? J’ai besoin de m’amuser et le challenge est un moteur. Cela dit, c’est vrai, on doute plus que les hommes».
Est-ce la seule différence avec les hommes ? Existe-t-il une façon féminine d’exercer le pouvoir ? « J’imagine que oui. On est peut-être plus dans le détail, dans la planification. Mais je ne crois pas que cela détermine totalement la manière d’exercer le pouvoir. Je pense que c’est bien plus lié aux personnalités ». Et de la personnalité, Marie Ducastel en a.

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