Changer d’horizon

Un regard sino-francais

Archive for January, 2008

BAR-TABAC chinois, ça marche ?

Posted in ECONOMIE, BAR-TABAC chinois, ça marche ?, PARIS on January 27th, 2008

Fei HUANG, 37 ans, buraliste. Première génération d’immigrés en provenance de la Chine, il est le sympathique patron d’un bar-tabac traditionnel français, situé à coté de la gare Saint-Lazare (8ème arr.).

Tabac chinois, rue Amsterdam, Saint-Lazzar 

« Je vous avoue que je ne parle plus correctement le chinois. Je fais pas mal de fautes maintenant, » s’excuse-t-il d’un ton fripon. Pull-over gris, les cheveux coupés court, père de deux enfants, époux d’une Chinoise, patron d’un bar-tabac d’une centaine de mètres carrés, ce Chinois semble se débrouiller dans La métropole parisienne.  

Comme les autres immigrants chinois, M. Huang a entamé son business dans les domaines de prédilection de ses compatriotes. « Des Chinois ont ouvert leurs commerces à proximité depuis longtemps. En fait, la plupart des peaussiers, des confectionneurs et des restaurateurs étrangers sont Chinois raconte-t-il. Ayant participé la Légion étrangère, il est devenu français peu de temps après son installation à Paris en 1989. Il est devenu épicier après sa démobilisation en 1997.

« Avant, j’avais deux épiceries. Malheureusement, j’ai quitté le métier à cause de la concurrence de plus en plus intense dans la communauté chinoise. Par contre, c’est l’inverse qui se passe chez les buralistesprécise-t-il. Selon les conditions d’installation de tabagisme, les tabacs sont installés en fonction de ses compatriotes de ses compatriotes d’une commune. C’est à dire « moins de risques, moins de stress, plus de confort, le support de l’Etat rend ce métier vraiment intéressant. » ajoute-t-il. Le tabac corresponde parfaitement à l’esprit de M.Huang, paisible et attentif.    Chez le buralistePrès de la gare Saint Lazazre, M.Huang accueille environ 350 personnes par jour y compris les habitués et les occasionnels qui font la navette entre Paris et la province. « Certains clients habitués à l’ancien patron ainsi que son équipe ont arrêté de venir chez nous, » révèle-t-il. Ce sujet semble le laisser perplexe. Il a l’air de chercher la réponse à : le tabac, imprégné de culture française, supportera –t-il un tel patron, un original chinois? « Pour moi, le fait que la nationalité du patron change importe peu. Je fréquente ce tabac comme avant, » déclare Akim Prot, un client régulier de ce bureau tabac. « En revanche, le patron actuel est quand même différent. Par exemple, il est moins bavard, plus sérieux. Les nouvelles équipes sont plus travailleuses, » souligne-t-il. 

M. Huang travaille du jour en jour avec discipline en se levant à quatre heures du matin et en se couchant à minuit tous les jours. Il espère, comme les autres, une stabilité solide et profonde sur le sol français.

Xiao HAN

Atelier du théâtre, oasis des amateurs

Posted in PARIS, Atelier du théâtre, oasis des amateurs, CULTURE on January 11th, 2008

Dans une ambiance chaleureuse et conviviale, le bilan de l’atelier de théâtre d’Adac Paris 2007 se déroule au pavillon National (13ème arr.). Près de 200 amateurs de théâtre se réunissent pour partager ensemble des instants dramaturgiques.

    Depuis plusieurs années, cet atelier animé par l’artiste Françoise Kever est ouvert à toute personne motivée pour pratiquer l’art dramatique. L’objectif est de permettre à chacun de faire du théâtre, dans une rencontre avec l’autre, et le plaisir du jeu. En 2007, ils ont travaillé à partir de textes contemporains ainsi que classiques. Il ne s’agit pas d’aller vers une performance mais vers une exploration. La relaxation, l’improvisation, l’écoute et l’échange sont les outils qui  permettent d’accéder à la représentation théâtrale.

    Durant le premier semestre 2007, deux chinois y ont participé :l’auteur et une étudiante en journalisme chinoise, Jing au CFJ Paris. Ils ont encore du mal à prononcer le vieux français. Mais, ils ont survécu…

« Le mariage de Figaro » par Jing et Xiao

Un an après, si on est mieux? lol, à vous de juger…

Xiao HAN

Les Bleus et le peril jaune

Posted in Les Bleus et le peril jaune, SPORT, INTERVIEW on January 5th, 2008

  

Interview exclusive avec PI hongyan, cinquième joueuse mondiale et incontestable leader du badminton français

PI hongyan

Dans 8 mois (le 8.08.2008) débuteront les épreuves des Jeux olympiques de Pékin. Pensez-vous que le 8, signe de richesse en Chine, portera chance aux français ? 

Les quatre meilleures joueuses mondiales sont des Chinoises. Je n’espère pas les rencontrer avant les huitièmes de finale … Selon le proverbe chinois, « le ciel, le temps, la terre, les peuples » leur sont favorables. Cela dit, les JO peuvent nous réserver des surprises. L’équipe chinoise aura plus de supporters…

Où en est l’équipe française de badminton ?  

On ne connaît pas encore la composition de l’équipe. En ce qui me concerne, je suis confiante. Rien n’est encore acquis pour la sélection, mais si tout se déroule normalement il y a de fortes chances pour que je participe à ces JO de Pékin. Je suis moins optimiste pour le reste de mon équipe, surtout en double. Peut-être ne participeront-ils même pas aux JO.

L’entraînement chinois est-il différent de l’entraînement en France ? 

Il y a une énorme différence. Les Chinois commencent très petits, vers 12 ans. Dès cet âge-là, ils travaillent leur jeu toute la journée. Pour les plus grands, les entraînements intensifs durent 40 à 50 minutes, sans interruption. Il y a celui du matin, celui de l’après-midi, et on travaille la technique le soir. En France, les 12-16 ans ne s’entraînent que deux fois par semaines. L’entraînement devient plus consistant vers 18 ans. Mais ici, on continue les études en parallèle : le badminton n’est pas un sport très rémunérateur et les athlètes français suivent presque tous des formations parallèles. Moi le matin, je suis des cours de français et des cours pour devenir entraîneur. Je ne m’entraîne que l’après-midi.

En Chine ils n’ont rien d’autre à faire.. En France c’est donc plus dissolu et je trouve que les Français tiennent moins la durée.

Comment vous préparez-vous ? 

Je suis plutôt sereine parce que qu’il me reste huit mois pour me préparer. Je serai sûrement moins calme à un mois du début de la compétition. Pour l’instant, l’entraînement est flexible. C’est moi qui choisis de travailler là où je me sens plus faible. Je joue le plus possible, pas forcément de manière intensive mais juste pour pratiquer.

Vous allez porter le maillot français en Chine, votre pays d’origine. Allez-vous vous sentir pleinement française ? 

Je suis en France depuis cinq ans. Je regrette de ne pas porter les couleurs de la Chine, mais maintenant je me suis faite à l’idée de jouer pour la France. J’ai eu beaucoup de chance d’être acceptée par l’équipe française : cela m’a permis de participer à de nombreuses compétitions, ce que je n’aurais pas pu faire en Chine car je n’avais pas le niveau. Avec toutes ces opportunités que l’équipe de France m’a offerte, j’ai pu progresser très vite.

Comment percevez vous l’avenir du badminton en Chine et en France ? 


La Chine forme de nombreux athlètes de très haut niveau. L’Etat et les provinces mettent d’énormes moyens financiers au service du développement de ce sport. En France, le badminton est un sport qui est très pratiqué mais il y a peu de professionnels. Ce manque de joueurs qualifiés ne permet pas une progression très rapide du niveau du badminton français.

Pensez vous retourner un jour en Chine pour y jouer en haut niveau ? 

Je ne suis pas sûre car en Chine, il n’y a pas de tournois entre les clubs. C’est l’Etat qui organise des compétitions entre les provinces. Il y a peu de chance que retourne en Chine car il y a de très bons joueurs là bas, beaucoup plus qu’en France. Et comme mon petit ami est ici en France, je ne pense pas repartir.  

Xiao HAN

Marthe Henry

JO 2008 : les rats pris au piège ?

Posted in JO 2008 : les rats pris au piège ?, PARIS, CULTURE on January 5th, 2008
singe chinoise ‘rat’

Les athlètes nés en 1984 feraient mieux de porter du rouge aux jeux olympiques de Pékin. Car ce sont des rats.

les douze singes chinoiseLa nouvelle année chinoise, qui commencera le 7 février 2008, est placée sous le signe du rat selon l’astrologie locale. Pour les sportifs français de 24 ans, ce sera donc une année de seuil. Celle-ci est considérée comme une année mélancolique dans la tradition chinoise, car franchir la porte de cette nouvelle année est comme dépasser un seuil de sa propre vie. Pour chaque année de seuil survenant tous les 12 ans dans chaque signe (rat, le buffle en 2009, puis en suivant tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, chèvre, singe, coq, chien et cochon et rat à nouveau), les Chinois se prémunissent contre le mauvais œil en portant du rouge, ceintures, maillots et sous-vêtements compris. 

« Je suis née en 1984, l’année prochaine est donc bien mon année de seuil. D’après mes parents, je vais devoir être plutôt calme. Il vaut mieux ne pas trop bouger, rester réservé pour passer 2008 tranquillement au lieu de penser à quelque victoire que ce soit ou à une promotion dans la carrière», raconte une jeune « rate », JIAN lin, professeur d’une école de tai-ji-quan (art martial). «D ‘ailleurs, mes parents m’ont déjà envoyé des choses rouges à porter», souligne-t-elle, en baissant les yeux, forcément rouge de confusion.  

rat

Comme les JO 2008 auront lieu à Pékin,  les « rats » athlètes français seront-ils perturbés par cette ambiance mystérieuse ?  L’avenir le dira. 

Xiao HAN

Comment les Tai-Chi-Chuanist survivre-t-ils Paris aux JO Pékin 2008 ?

Posted in SPORT, Comment les Tai-Chi-Chuanist survivre-t-ils Paris aux J on January 5th, 2008

« Nous avons envie d’assister aux jeux olympiques qui déroulent le 8 août prochain. Je pense à organiser un groupe des Français pour aller participer aux spectacles des JO Pékin 2008, bien qu’il coûte cher à cette occasion très chaude. En fait, J’ai même invité un maître chinois à venir pour nous préparer,» déclare joyeusement le directeur et enseigneur, JIAN Yijun, original de Chine, qui a 50 ans mais avec un regard d’un quarantaine.  

Professeur de Tai Ji, M. JIAN 

L’école parisienne de tai-ji-quan, envie d’assister aux JO 2008 

Une dizaine de débutants de tai-ji-quan sont debout dans une salle de 90 m2 à l’Institut du QUIMETAO, un grand tapis vert avec un blason énorme de Ba-Gua qui s’appuie sur la philosophie taoïste fondée sur le Yin et le Yang : la force et la faiblesse. Ils écoutent à leur professeur JIAN « Le tai-ji-quan, c’est un sport aussi une philosophie du cops et de l’esprit. On est tellement concentré qu’on se retrouve en harmonie avec soi-même. Scientifiquement, cela fait du bien à la santé aussi aide à former les vertus comme la patience et la persévérance.»  Les élèves suivent le professeur JIAN en faisant des formes du style de Chen. Ils sont tous très attentifs et le font doucement. « Si cette discipline n’est pas correctement enseignée, les élèves peuvent avoir de sérieux problèmes, notamment au dos,» explique après professeur JIAN. « J’espère venir tous les jours, sinon je me ressens sans tout un manque. J’aimerais aller à Pékin pour voir et explorer la tradition et la culture,» explique une élève, Christelle AUDORIC, 47 ans.

La classe de Tai Ji a l’institut du DUIMETAO 

S’efforcer de rendre tai-ji-quan à une épreuve des JO 

James KOU, 88ans, le président de la Fédération Française de Tai Chi Chuan

À la rencontre avec James KOU, le président de la Fédération Française de Tai Chi Chuan, le vieillard de 88 ans raconte un rêve lointain. « Je suis content de surtout voir les élèves européennes de nationalités différentes venir ici pour étudier. Cela me confirme que nous sommes encore un peu plus proche du but lointaine de rendre le tai-ji-quan à une épreuve des JO. Depuis 36 ans, avec l’équipe de professeurs qualifiés, notre école est devenue aujourd’hui la plus ancienne de Paris, se tâchant à populariser le Tai-ji-quan en France, même en Europe, » la détermination se lit au fond de ses yeux noirs. 

« Il y a de moins en moins de chinois francophone qui pratiquent ce sport aujourd’hui en France, car ils pensent que cela n’est plus à la mode. Ils préfèrent plutôt la danse ou bien d’autres activités sportives. En revanche, cette discipline est, selon les estimations, pratiquée régulièrement par plus de 60.000 français,» explique-t-il la situation de tai-ji-quan aujourd’hui en France.  

« En fait, l’objectif de Tai-ji-quan consiste à effectuer des mouvements ondulatoires très précis afin de libérer une force qui peut être  spectaculaire. Les gestes lents ne correspondent pas à une danse comique mais à des mouvements d’attaque et de défense, » ajoute-t-il volontairement.

Xiao HAN