« Maintenant, ma vie a le goût de l’eau plate, je me lève, je travaille, je mange, je dors et c’est tout »
Monsieur HE Yuejia (pseudonyme) loue une chambre de 14m2, peu meublée, à Villejuif (Hauts-de-Seine). Dans son coin cuisine, il prépare ses repas et mange tout seul. Il a du mal à tenir une casserole avec sa main gauche, parce qu’il était un cuisinier qui faisait sauter les repas avec cette main durant plusieurs heures tous les jours pendant 5 ans. « Maintenant, ma vie a le goût de l’eau plate, je me lève, je travaille, je mange, je dors et c’est tout » soupire-t-il.

Ce Chinois sans-papiers, divorcé, qui a une bonne trentaine d’années est à Paris depuis 9 ans. Ces jours, il se lève à 6h et il va la blanchisserie où il travaille comme d’habitude. De 8h à 17h, il manipule le lave-linge tous les jours sauf le dimanche. Il gagne 750 euros par mois au lieu de 1,200 euros s’il était en situation régulière. Il dépense 400 euros pour le logement et la nourriture ; il ne lui reste pas grand-chose pour les loisirs. « Mon loisir, c’est la télé, si vous voulez. Tous les dimanches, j’ai l’habitude de me promener dans le quartier, de regarder les belles maisons et de rêver d’en avoir une un jour » poursuit-il.
Il ne manque pas de nourriture, ni de logement, mais c’est tout ce qu’il possède. Il y a pas mal d’étrangers qui vivent de cette manière à Paris. Comment s’en sortir? Il faut des papiers.
Xiao HAN