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Les Italiens à la cité de l’immigration de Paris novembre 4 2007

Publié par italiensaparis in : Immigration , rétrolien

Jusqu’en 1961 les Italiens occupent le rang de première nationalité étrangère en France. La toute nouvelle cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), située au Palais de la porte dorée à Paris, accorde logiquement une grande place à l’immigration italienne.

« Elle les voyait comme des pauvres. Elle les appelait les immigrés dans un sens péjoratif ». Une nantaise Anne 45 ans, venu visiter le CNHI, se rappelle les mots de sa grand-mère qui a côtoyé à Grenoble beaucoup d’immigrés italiens. “Elle adore l’Italie mais encore aujourd’hui les voit comme des étrangers fuyant la pauvreté” souligne Anne. Des raisons économiques plus que politiques motivaient en effet la plupart des immigrés italiens. L’intégration des Italiens n’a pas été sans difficulté comme le prouve l’exemple de la grand-mère d’Anne. « C’est vrai je suis un étranger on me l’a assez répété » chantait Claude Barzotti en 1983. Cette chanson Le Rital et celle de Serge Reggianni l’Italien (1970) ont été sélectionnés par la CNHI pour illustrer l’immigration italienne. Les écouter offre une vision plutôt négative de l’exil. L’Italien raconte le triste retour d’un immigré. Une caricature de G. De Champo paru dans L’Humanité du 12 décembre 1924 témoigne aussi du regard sur les “Ritals”.

Les visiteurs du CNHI sont pour leur grande majorité convaincus de l’intérêt de la mixité sociale. Rare sont ceux qui parlent des problèmes d’assimilation des Italiens. Mais il faut reconnaître que la situation a évolué. Anne au contraire de sa grand-mère se sent proche de la culture italienne. Dominique 49 ans souligne que les Italiens sont plus vite assimilés grâce leur appartenance à la communauté européenne. De plus « leurs origines ne se voient pas sur leur visage », ce qui entraîne moins de discriminations. De nombreux Français sont en contact régulier avec la culture italienne. Dominique a l’impression d’avoir baigné dedans avec sa mère qui admirait « les sacrés danseurs Italiens » nombreux dans sa ville de Thionville et son frère marié à une italienne.

Le CNHI est un lieu qui mélange les témoignages d’immigrants de nombreuses nationalités. Une valise fabriquée par Maddalena Rapetti une italienne trône dans une vitrine. Elle lui a servi lors de son voyage de Gênes à Nantes dans les années 20. A côté est exposé son mortier pour préparer le « pesto alla genovese ». Marguerite 59 ans se sent interpellée par le témoignage de ces objets qui lui rappelle son enfance. Ses parents sont des immigrés espagnols et non Italiens. L’Italie c’est une langue proche, une culture qui lui semble commune. Cest tout l’intérêt du CNHI de rapprocher l’histoire des exilés de différentes nationalités.

Caricature de Champo

Caricature de G. De Champo, l’Humanité, 1924.

Légende en haut :« L’ordre est sauf ». En bas : « On a expulsé 50 italiens ». Dans le dos du prêtre : « appels à la révolte » « appels au fascisme ».

CNHI, Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

Palais de la Porte Dorée. 293 avenue Daumesnil 75012 Paris.

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