Un citoyen italien vivant à Paris : « je m’intéresse à la politique de mon quartier » mars 5 2008
Publié par italiensaparis in : Actualité , rétrolienLe 9 mars a lieu le premier tour des élections municipales françaises. Angelo Laudisa, citoyen italien, se présente en 9e position sur la liste PS de Romain Lévy, dans le VIe arrondissement de Paris. Depuis les élections de 2001, les citoyens européens peuvent voter et être éligibles pour les municipales. Angelo Laudisa vient de Lecce dans les Pouilles et a longtemps habité à Milan. Il débarque à Paris en 1996 pour travailler dans la mode, le design ou encore la publicité. A 43 ans, il dirige aujourd’hui une société d’images. Rencontre avec ce chef d’entreprise italien, dans un café de Saint-Germain-des-Prés, pas loin de son domicile.
Pourquoi avez-vous décidé de vous engager sur la liste de Romain Lévy dans le VIe arrondissement de Paris ?
Angelo Laudisa : « En tant que citoyen, il est de notre devoir de s’intéresser à la politique. C’est un moyen de contrôler l’action du gouvernement. Déjà en Italie, j’étais engagé comme militant. Je m’intéresse à la politique de la ville, à mon quartier, le VIe. Le maire sortant UMP, Jean-Yves Lecoq, n’a pas assez valorisé Saint-Germain, le centre culturel de Paris. Il ne faut pas négliger le côté culturel et remplacer un cinéma par une boutique de mode. J’ai été séduit par le projet de Romain Lévy. Il se centre sur la mixité, la solidarité et la qualité de vie du quartier, entre autres la place de la culture et le réaménagement de la rue de Rennes.
Que pouvez-vous apporter à la liste de Romain Lévy en tant que citoyen italien ?
A.L. : Je suis Italien, Français d’accueil et européen, c’est génial. Je le vis comme une grande opportunité. Il existe une culture européenne, c’est un atout. Mais il est important de construire un pensée européenne en partant de notre propre culture. Je ne veux pas oublier mes racines. Je peux donner plus à la France en conservant mon identité italienne. Ma culture apporte un point de vue différent, plus de fantaisie et de créativité.
Tentez-vous de sensibiliser la communauté italienne aux élections municipales?
A.L. : Oui. Un de mes rôles est d’inciter les Italiens à voter et à s’inscrire sur les listes. Ce n’est pas facile car beaucoup d’entre eux ne restent que quelques années à Paris pour travailler, et reviennent ensuite en Italie. Les Italiens ont pourtant un rôle important à jouer sur le plan local. Ils forment la deuxième communauté étrangère à Paris. Le VIe est un des quartiers préférés des Européens, en particulier des Italiens.
Quels sont les grandes étapes de votre engagement politique ?
A.L. : Dès mes 22 ans, je me suis investi en politique et je suis devenu un des dirigeants de la gauche italienne. Au départ je militais à l’ancien parti des Démocrates de gauche (DS). En 1997, un an après mon arrivée en France, Lionel Jospin a gagné les élections. Des militants de gauche m’ont alors contacté. Ils m’ont proposé de rentrer dans le Forum de la gauche italienne qui a pour rôle de sensibiliser les Italiens en France à la politique en Italie. J’en suis devenu le président mais il a été dissous depuis quelques années. En 2000, je me suis inscrit au parti socialiste français et je suis actuellement militant au nouveau Parti démocrate (PD) en Italie [ndlr il est né en octobre 2007 de la fusion des héritiers du parti communiste avec ceux du parti populaire]. Récemment, on m’a demandé de m’investir plus, pour l’instant j’y réfléchis.
L’Italie est en situation de crise politique, depuis la démission du gouvernement de Romano Prodi. Selon vous, comment se présente les élections législatives qui auront lieu le 13 et 14 février 2008 ?
A.L. : Le bilan de Romano Prodi est positif, il a entre autres assainit les finances publiques. Pourtant je pense qu’on va perdre, car la gauche n’est pas assez unie face à la droite. Mais je suis d’accord avec le choix de Walter Veltroni, leader du Parti démocrate, de ne pas constituer d’alliances pour les élections législatives. La priorité c’est avant tout de changer la loi électorale actuelle [ndlr elle date de 2005, élection à la proportionnelle ] qui empêche l’émergence d’une majorité stable. Le parti qui gagne doit gouverner, la barrière doit être à 5%. Il faut qu’il se crée un système bipartite comme dans toutes les démocraties mûres. »
Pour voter ou être éligible, en France, les citoyens européens doivent :avoir 18 ans + être domiciliés dans la commune où ils vont voter, ou résider en France depuis au moins 6 mois, ou être inscrit au rôle d’une contribution directe communale depuis au moins 5 ans + s’inscrire sur les listes électorales dites complémentaires de leur lieu de résidence + fournir, à la mairie de leur lieu de résidence, une déclaration écrite mentionnant : leur nationalité, leur adresse sur le territoire français et leur droit au vote dans l’Etat où ils sont ressortissants.
Ils reçoivent, ensuite, une carte d’électeur spécifique. Les 11 et 18 mars 2001, les citoyens des pays de l’Union européenne résidant en France ont pu, pour la première fois, participer aux élections municipales.
Commentaires»
Plus que trois jours avant les législatives 2008 italiennes…
Le chanteur franco-italien du groupe TROIS FOIS RIEN nous le rappelle avec cette superbe chanson “silvio mon amour” sur youtube, une vraie trouvaille sur internet