“Un passeport pour étudiant francophone”
28 12 2007Un document administratif, dit passeport étudiant francophone, qui permettrait aux étudiants étrangers qui veulent étudier en français de pouvoir le faire dans de bonnes conditions de circulation et de dignité. Le document en question serait assorti d’un certain nombre d’obligations de résultats et de restitution des connaissances aux pays d’origine. Il s’agit de l’une des demandes émises par les associations francophones et proposée à plusieurs reprises à l’occasion de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage.
Les explications de Maurice Zinovieff, secrétaire général de l’Association Francophone de Liaison et d’Amitié (AFAL): ”C’est un projet qui a été porté à plusieurs reprises devant les membres des Sommets mais il n’a pas été adopté jusqu’à présent. Les Etats étaient réticents.”
Lafrancophratrie: “Pour quelles raisons les Etats étaient-ils réticents?”
Maurice Zinovieff: ”D’une part, cela pose des problèmes de discrimination positive. D’autre part, des problèmes d’ordre juridique. La discrimination n’est pas toujours facile à établir: qu’est-ce qu’un francophone? Est-ce un professeur d’université qui enseigne la littérature française alors qu’il est totalement étranger, anglophone ou africain, par exemple? Et quel est le rapport entre l’Africain qui viendrait du Mali qui est illettré et qui parle un peu le français?
Lafrancophratrie: Il aurait fallu définir ce qu’est un francophone, au départ?
Maurice Zinovieff: Pour l’obtention d’un visa d’étude, il existe déjà, dans un certain nombre de pays, des examens de français. Ce sont les prémices. Toutefois, cela a des effets qui ne sont pas toujours concluants car dans certains pays se développent des cours privés de français. Donc, cela favorise certains au détriment d’autres. En même temps, un étudiant qui ne maîtrise pas bien le français ne sera pas pris, on ne lui donnera pas de visa alors que finalement il aurait très bien pu s’adapter en France: apprendre le français, etcetera. Dans son cas, le français aurait pu avoir une grande utilité pour l’avenir mais il sera écarté. Cela à des effets pervers parfois d’où notre proposition d’un passeport étudiant francophone.
Lafrancophratrie: Les pays membres de l’organisation internationale de la francophonie sont des pays francophones alors pourquoi ne pas les privilégier?
Maurice Zinovieff: Cela n’existe pas juridiquement.
Vraisemblablement, les frontières de la francophonie ne sont pas définies, même pour ses protagonistes. Alors, pour l’instant et jusqu’à nouvel ordre, disons adieu au passeport étudiant francophone.






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