FIAP Jean Monnet: un bouillon de culture à la sauce francophone ?

28 01 2008

Des ouvriers à l’entrée, devant l’ascenseur, sur les escaliers, dans tous les coins. De grandes couvertures en plastique sur le sol, une odeur de peinture dans l’air. Un jeune homme souriant à l’accueil. Quelques personnes dans le périmètre du hall d’entrée, d’autres assises, sur le côté. Pas de doute possible, l’enseigne annonce : FIAP Jean Monnet. Il s’agit bien du numéro 30 de la rue Cabannis, dans le XIVème arrondissement parisien.

Depuis trois semaines, le FIAP Jean Monnet est en travaux pour rénovation. Le bâtiment date de 1968, année d’ouverture du FIAP (foyer international d’accueil de Paris). Le hall d’entrée est spacieux, les plafonds sont très hauts, en face de l’entrée un bar désert, à droite des ascenseurs et sur la gauche un large escalier en colimaçon, direction le premier étage. Planqué derrière les marches, un autre escalier direction le sous-sol.

Lisbonne, Berlin, Ankara, Athènes, Copenhague, Paris langue, façon originale pour désigner les salles de réunions. Paris-langue, par contre, c’est pour indiquer les bureaux de l’association du même nom, hébergée dans les locaux du FIAP Jean Monnet. L’idée de proposer des cours de français à domicile, à donner naissance à ce partenariat qui, à en voir la liste des participants, attire les visiteurs, désireux d’apprendre le français. Les salles de cours sont étroites, tout en longueur, avec un matériel rudimentaire : chaises et tables.

Mélange de culture dans un bain linguistique  francophone

« Ils sont fascinés par la rencontrer d’autres personnes, d’autres cultures. Ils se posent beaucoup de questions en général sur le mode de vie », confie Sandrine Andrade, française d’origine capverdienne, qui s’apprête à dispenser un cours de français pour des élèves de niveau intermédiaire. Sandrine est une jeune femme de 26 ans, grande, noir, tout de noir vêtu, les cheveux tirés en queue de cheval. C’est elle qui m’accueille dans la salle de cours. « C’est vrai qu’ils ont tendance, au départ, à se regrouper par nationalité mais ça dépend beaucoup des personnalités», poursuit-elle.

Les participants se méfient de ma présence, ils préfèrent rester dans le couloir, pendant que je m’entretiens avec leur enseignante. Cinq minutes après le début du cours, certains commencent à rentrer. Un grand jeune homme athlétique, aux cheveux bruns, d’une vingtaine d’année prend place ; il vient du Brésil. Une jeune femme, petite, aux cheveux noirs, coupés au carré, avec une frange, le teint pale, en provenance de Corée s’installe à son tour. Une macédoine, à la chevelure châtain clair, souriante s’assied également. D’autres jeunes gens rejoignent le cours de français de la salle numéro 16. Au total, ils sont onze et représentent sept pays (l’Angleterre, le Brésil, l’Argentine, l’Australie, le Japon et la Corée du sud et la Chine).

          La découverte et le mélange des cultures

« J’avais jamais rencontré de brésilien avant. Aujourd’hui, je pense qu’ils sont plus ouverts que les japonais », explique une étudiante japonaise, du fond de la classe. « Par exemple, dans la façon de saluer, nous les japonais ou les coréens, on salue mais pas trop, on dit juste bonjour. Ici, on se fait des bisous, on se touche, nous ont a pas l’habitude », ajoute-t-elle en riant. La rencontre entre culture surprend, parfois, mais ne dissuade pas les étudiants. « Les conflits sont très rares », relate Sandrine, enseignante à Paris-langue.

Chacun d’entre eux reconnaît la diversité culturelle et l’appréhende différemment selon sa propre expérience. «J’ai habité avec une fille chinoise, pendant deux semaines. C’était vraiment bizarre, pour elle et pour moi, mais c’était vraiment bien ! Toutes les habitudes alimentaires sont vraiment différentes, elle buvait souvent de l’eau chaude. Je sais pas pourquoi », se rappelle la jeune femme de Macédoine, l’air amusé.

           Faciliter les rencontres et les échanges

Pour faciliter les contacts, tout en découvrant la culture française qui, à l’intérieur de ces locaux, prend une dimension universelle grâce à l’usage du français, Paris-langue organise des sorties tous les mercredis. « Certaines fêtes traditionnelles sont aussi l’occasion de discuter, autour d’une Galette des rois, par exemple », témoigne Brigitte Verpraet, directrice de l’association Paris-langue. Les activités extrascolaires servent aussi de prétexte pour réunir les étudiants pour qui la prise de contact n’est pas facile. « Certains jours vous êtes un petit peu découragée quand vous remarquez des clans », ajoute la directrice. Dans ce cas, il faut savoir passer le relais.

La programmation culturelle du FIAP Jean Monnet, géré par le service animation, au premier étage, propose une large palette d’activités : concerts (donné par la « Chorale Club Europe », les artiste du métro parisien, etc.), la diffusion de films, des expositions (« Couloirs Parisien », «Mangas de Ken Nyimura », etc.) et des soirées-débats. «On cherche à provoquer les rencontres en accord avec la Charte du FIAP », explique Elise Oudot responsable du service. Charte dont les principes fondamentaux sont : rencontre, échange, amitié et solidarité. Le FIAP Jean Monnet ou foyer international d’accueil a vocation de rassembler, en son sein, des personnes de cultures et d’horizons différents dans un bain linguistiques francophones mais, même au FIAP Jean Monnet, l’anglais détrône toujours le français.


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Une réponse à “FIAP Jean Monnet: un bouillon de culture à la sauce francophone ?”

29 01 2008
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