aller à la navigation

Jazz et classique s’accordent janvier 16 2008

Publié par raisa in : les environs de la ligne 2 , ajouter 1 commentaire

sp_18463_g.jpgJeudi soir 20H30. Salle pleine à craquer. Deux demies-queues face à face, prêtes à servir deux virtuoses. Mikhaïl Rudy un pianiste russe exilé de renommée mondiale et Misha Alperin, compositeur et jazzman russe vivant en Norvège, donnaient un concert unique au Théâtre le Trianon situé à la sortie du métro Anvers. Rien de superflu sur cette scène aux rideaux rouges. Les deux artistes saluent leur public : l’un en costume mao, classique, chevelure bouclée de circonstance, l’autre, vêtu d’un T-shirt noir, apparence typique de jazzman. Les regards sont différents: ils se jaugent, se toisent, se mettent au défi. L’un ferme souvent les yeux en savourant la musique qu’il joue, alors que l’autre les laisse ouverts en fredonnant. Du croisement de ces deux personnages étonnants qui improvisent ensemble sur une même scène sort un dialogue musical extraordinaire et original. Comme deux joueurs de ping-pong, les pianistes se répondent, jusqu’à l’affolement, personne ne voulant perdre la partie… Ils partent de Chopin, Prokofiev, Bach déjà entendus de milliers de fois dans le monde et enchaînent sur leurs propres interprétations, subtil mélange de classique et de jazz.
Deux grands écrans suspendus sur le mur, projètent chaque mouvement des doigts sur les touches, chaque mimique du visage des artistes. «C’est incroyable!» murmure ma voisine.

Un melange hétérogène?

L’idée d’un mélange du jazz avec du classique n’est pas venue par hasard. Les deux pianistes ont à leur actif de nombreuses années d’expérience, l’un dans l’interprétation classique et l’autre dans le jazz. D’une manière à la fois dynamique, passionnée, humoristique.
Selon les musiciens, ils se sont posés beaucoup de questions sur l’évolution de l’interprétation aujourd’hui du fait que le jazz est pratiquement le seul domaine réservé à l’improvisation. «Nous avons discuté de l’époque où tous les musiciens improvisaient et nous nous sommes dit «pourquoi pas nous»? Le but est très simple – de sortir du cadre ordinaire et de mélanger deux genres de deux époques différentes. Mais pour y arriver c’est toujours difficile» s’explique Mikhaïl Rudy, en parlant de la période préparatoire.
Pendant ce «duel» musical, il est parfois difficile de comprendre qui joue quoi? L’un commence par une musique classique et l’autre met du jazz mais parfois c’est le contraire qui se passe : «On aime bien faire des surprises» sourit le virtuose.
«Le désir de la liberté révèle une expérience très stimulante autant pour le musicien que pour le public».
Et bien sûr le public n’est pas en reste. Enchanté par ce concert d’une heure et demie, les artistes ont été frénétiquement applaudis à plusieurs reprises.

Belleville à tout prix décembre 3 2007

Publié par raisa in : les environs de la ligne 2 , 1 commentaire seulement

«Yallah, yallah!» (Venez, venez! en arabe) le premier mot, qu’on entend à la sortie du métro Belleville sur la ligne 2. Pour attirer les visiteurs, les vendeurs cherchent à crier plus fort que le voisin. De Belleville à Ménilmontant cette grande artère située au cœur de Paris se transforme au marché oriental. Les odeurs prégnantes: épices, olives, poissons, produits de beauté… Tout ce mélange frappe au nez. Une impression: on n’est plus à Paris- plutôt au Marrakech.
La foule grouille sur cette avenue bordée des stands couverts de légumes, de fruits, des poissons… La politesse parisienne celle comme «Pardon!» disparait dans cet espace. Les gens se marchent sur les pieds, ils se poussent, s’engueulent parfois, parfois ils sont gentils. Attirés par les prix (deux, trois fois mois chers qu’au supermarché) les gens s’agglutinent autour des échoppes: toucher d’abord, demander le prix, marchander et enfin acheter.
« J’aime bien ce bazar, on peut acheter tout ce qu’on veut: la nourriture, les produits de beauté, les vêtements pas cher» sourie Yasmina, jeune algérienne voilée.
«Un soutien-gorge pour cinq euros!» crie une grosse femme avec son accent arabe. Les objets de lingerie féminine sont entassés sur le stand.
«Ne touchez pas madame, ils n’ont pas besoin d’un massage!» perd patience un volailler en s’adressant à une dame âgée qui n’arrête pas de palper le poulet.
« Cling, cling» sonnent des pièces de monnaie. La carte bleue est hors service sur ce marché.
Les gens de toute origine sont là. Ils se bousculent: arabes et juifs, africains et européens, chinois et indiens. Les vieux habitants du quartier sont très à l’aise dans ce marché : « Je viens toujours vers 13h30 avant la fermeture parce que les prix sont plus abordables» s’exclame une vielle Française un cabas à la main.
Le petit monde temporaire dans un grand espace. Le monde avec ses propres règles, le mixage des cultures dont on voit à travers ce marché.
Vers 15h les camions de la Propriété de Paris arrivent pour ramasser les déchets et redonner une image habituelle à cet ancien quartier de la ville.

Petite histoire des musiciens du Métro novembre 19 2007

Publié par raisa in : musiciens du métro , 2commentaires

dsc06963.JPG Le crissement des roues sur les rails, la voix des incarnés, la vanité humaine, et de la musique classique pour réintroduire de l’émotion dans le quotidien ! Dimitri Konstantin est un « Musicien du Métro ». Après avoir joué 30 ans dans un orchestre philharmonique de Bucarest, et 10 ans d’errances dans les bars et restaurants de l’Europe, ce roumain de 50 ans, retrouve une scène sur les quais du métro parisien. Cela fait trois ans qu’il joue de la flûte de Pan, chaque soir, pour son “public” éclairé.
«Je suis un musicien autorisé», déclare-t-il, montrant son badge de RATP .

Comment devenir le musicien du métro

Pour avoir une autorisation d’exercer leur métier dans les couloirs du métro, les musiciens doivent passer le casting de l’EMA (Espace Métro Accords). Cette structure sélectionne des artistes deux fois par an (au printemps et à l’automne). Au moins de 1000 artistes auditionnent devant un jury composé notamment d’agents de la RATP, selon la direction de l’EMA.
« Notre comité d’écoute accorde environ 350 accréditations par un» explique Antoine Naso, le directeur de l’EMA. «La sélection s’opère sur les critères de qualité musicale, de présentation et de motivation de l’artiste. En plus les candidats ne sont pas obligés d’avoir une éducation musicale» ajoute-il.

En cas de succès, l’artiste reçoit un badge et une autorisation de se produire dans l’enceinte du métro et du RER sans contrainte de temps et de lieu.

Le passage vers la grande scène

Le métro parisien devient une des plus grandes salles de concert. De nombreux musiciens ont débuté dans le métro et y ont parfois rencontré la célébrité comme Alain Souchon, Laâm, Khezia Jones, Manu Di Bango, Dany Brillant…

Si vous avez du talent et envie de jouer pour le public “underground”, n’hésiter pas à les contacter au Département métro, espaces et services 102 ter, rue de Charonne 75011 Paris où les joindre par téléphone au 01 58 77 40 74