Arrestations au sein de Calcestruzzi: liens présumés des dirigeants avec Cosa Nostra January 31, 2008
Posted by maud in : Sicile , comments closedL’administrateur délégué de la Calcestruzzi, Mario Colombini, a été arrêté mercredi 30 janvier 2008 pour relations présumées avec Cosa Nostra. Comme deux autres dirigeants de l’entreprise, Colombini est poursuivi pour fraude, non-exécution de contrats publics, faux et usage de faux au profit de la mafia, une cause aggravante selon le droit italien.
Depuis décembre 2007, l’entreprise avait réduit au minimum l’activité de ses implantations en Sicile après les premiers progrès de l’enquête de la direction antimafia de la circonscription de Caltanissetta, lancée en 2006. Le groupe Italicementi, qui contrôle l’entreprise et avait demandé la fermeture des sites siciliens, a offert une collaboration décisive à l’enquête.
Calcestruzzi est la première entreprise en Italie à être mise en accusation pour liens avec la mafia.
Le président de la région Sicile Cuffaro démissionne January 27, 2008
Posted by maud in : Sicile, politique , comments closedLe président de la région Sicile Salvatore Cuffaro a décidé de démissionner, une semaine après sa condamnation à cinq ans de prison pour collaboration simple avec la mafia, malgré le soutien de députés de sa formation (UDC centre droit). « Je démissionne pour ne pas trahir les idéaux qui m’ont été inculqués. Je le fais pour ma famille et je le fais comme acte ultime de respect envers les Siciliens », a-t-il expliqué hier, samedi 26 janvier 2007, à la presse. Il revient ainsi sur ses premières déclarations, où il se félicitait du verdict et affirmait sa volonté de rester en poste, ce qui avait créé une polémique.
Il faut dire que cette condamnation intervient dans une atmosphère très tendue entre la justice et la classe politique italiennes, alors que certains hommes politiques se demandent si la chute du gouvernement Prodi, jeudi 24 janvier, n’aurait pas pu être évitée par la clémence des juges envers Clemente Mastella, ex-ministre de la jusctice. Et que les autres dénoncent violemment le pouvoir “démesuré” de la justice en Italie.
Cependant, Cuffaro était vivement critiqué par la gauche, les associations anti-mafia et la Cofindustria, qui a récemment décidé d’offrir tout son soutien aux commerçants et aux industriels victimes de la mafia.
«Pendant que les entrepreneurs siciliens combattent avec courage le pizzo, le gouverneur de la Sicile est condamné à cinq ans de prison et décide de rester à son poste. Cet instantané résume bien les deux visages de notre pays et la distance toujours plus grande de cette classe politique dirigeante avec le pays réel, des problèmes et des citoyens », avait déclaré Luca Cordero di Montezemolo, président de l’organisation patronale, vendredi 25 janvier au journal Il sole 24 ore.
Cette prise de position était intervenue le lendemain du rejet de la motion de défiance introduite par le centre-gauche à l’Assemblée régionale sicilienne et proposée par Rita Borsellino, sœur du juge Paolo Borsellino tué en 1992.
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La semaine dernière, Walter Veltroni, secrétaire du Parti Démocrate, s’était étonné qu’on puisse « fêter une condamnation à plusieurs années de prison avec des cannoli (dessert traditionnel sicilien) », que Cuffaro avait offert à ses partisans à la sortie du tribunal, accusation reprise dans une affiche du parti Rifondazione Comunista. La gauche espère désormais que le camp de l’amateur de pâtisserie Cuffaro perdra les prochaines élections législatives, qui devraient avoir lieu dans quelques mois.
400 ans de prison pour les boss siciliens January 22, 2008
Posted by maud in : Sicile , comments closedLe tribunal de Palerme a condamné, lundi 21 janvier 2007, 38 mafieux à un total de plus de 400 ans de prison. La grande majorité des condamnés sont des anciens lieutenants de Bernardo Provenzano, le chef de Cosa Nostra arrêté en avril 2006 à Corleone.
L’arrestation des boss avaient suivi la capture de Provenzano. L’opération, appelée « Gotha ,» avait visé 52 supposés mafieux dont « les dirigeants de 13 familles mafieuses de Sicile », selon les termes de Piero Grasso, procureur national antimafia. Le déchiffrage des « pizzini », ces messages secrets transmis sous la forme de boulettes de papier et saisis après la capture de Provenzano, avait permis de nombreuses arrestations parmi ses affiliés.
Magistrats et enquêteurs se sont félicités à l’issue du procès : « Cosa Nostra n’a plus de chef ou de cadre dirigeant en liberté ».
Les accusés ont bénéficié d’une procédure abrégée qui réserve des peines moins lourdes à ceux qui reconnaissent leur culpabilité. Parmi eux, les boss Antonio Rotolo et Franco Bonura ont été condamnés à 20 ans de prison chacun.
Outre des commerçants et des fédérations, le comité Addiopizzo s’était porté partie civile dans ce procès. Tous obtiendront des compensations financières de la part des boss.
Le président de la Région Sicile condamné à cinq ans de prison January 20, 2008
Posted by maud in : Sicile, politique , comments closedSalvatore Cuffaro, président de la région Sicile, a été condamné le 18 janvier 2007 à cinq ans de prison ferme pour avoir « favorisé » la mafia et pour avoir transmis des documents administratifs réservés. 
La condamnation est d’autant plus commentée en Italie que le président Cuffaro a contesté ceux qui y voyaient un coup porté aux ententes entre politique et mafia. En effet, le tribunal de Palerme ne le reconnaît pas coupable de collaboration directe avec Cosa Nostra, la mafia sicilienne. « Je me sens conforté par cette sentence, a-t-il déclaré, parce que j’ai toujours su que je n’ai jamais aidé la mafia .» Piero Grasso, magistrat national anti-mafia, a toutefois précisé : « il a avantagé les boss de façon individuelle».
Salvatore Cuffaro ne démissionnera pas. « Demain je recommence à travailler pour la Sicile », a-t-il clamé. Cuffaro, qui félicite avec chaleur sur son site les initiatives de la lutte contre la mafia et y vante les beautés de sa région, pourrait cependant être condamné à l’interdiction d’exercer des charges publiques.

Une autre affaire retentissante concerne Clemente Mastella, ministre de la justice démissionnaire, président du parti Udeur (Union des démocrates pour l’Europe) et ami de Cuffaro. Sa femme, Sandra Lonardo Mastella, présidente du Conseil Régional de la Campanie, est accusée de tentative de concussion. L’ancien garde des sceaux, qui s’indigne de la « méchanceté judiciaire » serait également dans la ligne de mire des juges. Son départ du gouvernement met en péril la survie du gouvernement Prodi.
Ces deux affaires interviennent après la sortie d’un livre dérangeant en février 2007. « I complici » (les complices), des journalistes Lirio Abbate et Peter Gomez, racontait que Salvatore Cuffaro et Clemente Mastella étaient les témoins de mariage de Francesco Campanella, un des complices de Bernardo Provenzano, le boss de Cosa Nostra arrêté en avril 2006.
Une amitié politique et personnelle qui n’augurait rien de bon pour les deux hommes.
Une nouvelle association anti-racket en Sicile January 15, 2008
Posted by maud in : Sicile , comments closedUne nouvelle association contre le racket et l’usure est née, le 10 janvier dernier, à Trapani (Ouest de la Sicile). Elle regroupe vingt organisations du travail, syndicats et ordres professionnels de la région.
Son président, le chef d’entreprise Paolo Salerno, reste prudent. “Avant de faire des déclarations, je préfère évaluer les premières actions concrètes à entreprendre“, a-t-il déclaré au quotidien La Sicilia.
Des rencontres avec les autres associations siciliennes de lutte à la mafia sont d’ores et déjà prévues.
Saviano repart en croisade contre le scandale des déchets en Campanie January 7, 2008
Posted by maud in : Camorra , comments closedRoberto Saviano, auteur de “Gomorra”, roman- enquête qui dénonce l’emprise de la Camorra sur l’économie napolitaine, revient sur le devant de la scène avec l’urgence des déchets à Naples.
Rues jonchées de sacs poubelle, odeurs pestilentielles et risques de pollution aggravés : le visage offert par Naples en ce début 2008 n’a rien de très festif. Mais, le problème n’est pas nouveau. L’été dernier, Naples s’était couverte de détritus pendant plusieurs semaines, avant qu’une solution, provisoire, ne soit trouvée.
L’urgence est réapparue et ces derniers jours, le président de la République, le Premier Ministre, l’opposition et les dirigeants locaux se sont renvoyés la balle à propos du scandale de la gestion des déchets en Campanie. Sans résultat.
Car le problème ne se résume pas aux détritus abandonnés dans les rues de Naples. La Campanie toute entière est le terrain de jeux de la Camorra, qui y a multiplié les décharges illégales de produits toxiques sans être inquiétée. Pour Roberto Saviano, un nouveau péril se profile: « Naples est en train de se résoudre à être empoisonnée ».
Dans une tribune publiée samedi 5 janvier 2008 dans la Repubblica, le jeune auteur cite une étude publiée par l’Organisation Mondiale de la Santé : le taux de cancer est 12% plus élevé en Campanie par rapport à la moyenne nationale. « Mourir dévoré par un cancer devient quelque chose qui ressemble à un destin partagé et inévitable», conclut-t-il. (more…)
Compensation record pour la famille du juge Borsellino January 7, 2008
Posted by maud in : Sicile , comments closedLe tribunal civil de Palerme a tranché : les boss Toto Riina et Salvatore Biondino devront verser plus de trois millions d’euros à la famille du juge Paolo Borsellino, tué en 1992. L’argent ne sera pas versé directement par les boss siciliens, mais par le Fonds pour les victimes de la Mafia, créé grâce aux biens confisqués à Cosa Nostra.
Samedi 5 janvier, le tribunal a retenu que la réparation était nécessaire à cause du « dommage biologique et moral subi par le magistrat et sa famille », sans que l’argent ne puisse jamais “compenser la perte d’un mari et d’un père”.
Dans ses vœux, le président Napolitano n’oublie pas la mafia January 6, 2008
Posted by maud in : politique , comments closed
Le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, n’a pas manqué, dans ses vœux de fin d’année, de mentionner les résultats obtenus en 2007 dans la lutte anti-mafia. «L’insécurité et la criminalité nous préoccupent, a t-il déclaré. Nous ne pouvons toutefois pas ignorer les résultats obtenus contre les dirigeants des organisations mafieuses, (…) résultats dont le mérite revient à la magistrature et aux forces de l’ordre.»
Napolitano a ajouté que “pour que chacun puisse participer (à cet effort), nous devons nous libérer des peurs qui empêchent de réfléchir et des particularismes qui empêchent de décider ». Il a également donné en exemple le « courageux engagement des entrepreneurs siciliens contre le pizzo et la mafia ».
Addiopizzo: “Aujourd’hui, chez les jeunes, il y a quelque chose qui change” January 4, 2008
Posted by maud in : Sicile , 1 comment so farPalermitain de 22 ans, Carlo Tomaselli est un étudiant en droit pas comme les autres. Depuis un an et demi, il participe aux actions d’Addiopizzo, l’association anti-mafia fondée en 2004 dans la capitale sicilienne. Entretien avec un engagé contre la mafia.
Avant d’entrer à Addiopizzo, tu avais déjà participé à la lutte anti-mafia ?
Pas vraiment. J’avais participé à des manifestations contre la mafia, comme celles pour les juges Falcone et Borsellino (tués en 1992). Mais, jusqu’à mes 19 ans, je n’ai jamais vraiment eu envie de m’engager. Mais, quand j’ai quitté le lycée, j’ai voulu moi aussi faire quelque chose.
Pourquoi avoir choisi Addiopizzo ?
Son fonctionnement me plait particulièrement: tous les membres peuvent confronter leurs idées, nous sommes en quelque sorte tous égaux. C’est un peu compliqué car chaque fois que nous devons prendre une décision, nous en parlons tous ensemble. J’ai aussi choisi d’Addiopizzo pour sa particularité, ce qui lui donne le plus de force à Palerme, le « consumo critico », le commerce responsable.
De quoi s’agit exactement le « consumo critico » ?
Nous mettons en place un réseau de commerçants de Palerme, qui ont dénoncé le racket ou refusé de payer le pizzo. Et nous faisons connaître ces commerçants : la liste est disponible sur notre site Internet et nous éditons un petit livre, pour les faire connaître aux consommateurs. A mon sens, c’est une action très importante, car si tu vas faire tes courses dans un magasin qui paie le pizzo, indirectement tu paies aussi le pizzo.
D’une certaine façon, nous cherchons à travailler comme la mafia. La mafia isole ceux qui ne veulent pas payer le pizzo. Nous nous voulons mettre à part ceux qui payent.

