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Libération du fils de Riina: les anti-mafia fulminent February 29, 2008

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“Salvuccio” est libre. Emprisonné depuis 2002 pour association mafieuse, Giuseppe Salvatore Riina, fils du célèbre mafieux Toto Riina (arrêté en 1993 et condamné à perpétuité), a été libéré jeudi 28 février 2008. Pour un défaut de procédure: trop de temps s’est écoulé depuis sa dernière condamnation en appel (à 8 ans et 10 mois de prison), qui aurait du être confirmée en cassation depuis plus d’un an. Riina Jr pourra donc tranquillement attendre à Corleone cette confirmation. Une disposition qui ne plait pas à tout le monde.

“Nous n’en voulons pas”, a déclaré Antonino Iannazzo, maire de Corleone. La justice assigne pourtant Riina à rester à résidence dans la petite ville, fief des grands dirigeants de la mafia sicilienne. Un retour qui fait craindre à l’édile une réorganisation de Cosa Nostra sur son territoire, déjà opéré par Giuseppe Riina après le départ de son père en prison il y a 15 ans.

“Nous, magistrats, sommes devenus socialement inutiles”.

Mais le maire de Corleone, farouchement anti-mafia, n’est pas seul. Pour Piero Grasso, procureur national anti-mafia, le problème de la lenteur de la justice, dont les boss profitent, est devenu chronique. Les mafieux utilisent également sans complexe toutes les procédures leur permettant de réduire leurs peines et le procureur voudrait une réforme du droit italien, notamment avec la disparition de la Cour d’appel. Grasso, qui insiste sur le sentiment d’inutilité ressenti par les magistrats, en appelle aux partis politiques pour améliorer la situation de la justice en Italie, “parce qu’une justice qui fonctionne aide aussi à résoudre de nombreux problèmes sociaux”.

 

Arrestation du chef de la mafia calabraise February 19, 2008

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Pasquale Condello, 57 ans, leader historique de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, a été arrêté lundi 18 février à Reggio de Calabre, alors qu’il était en fuite depuis 1997. Surnommé “il Supremo”, il figurait parmi les plus dangereux criminels recherchés d’Italie.

“Pour la Calabre et pour la lutte contre les organisations mafieuses, c’est un grand jour”, a affirmé le ministre de l’intérieur Giuliano Amato.

Pour Piero Grasso, procureur national anti-mafia, l’arrestation de Condello “est un signal important pour la lutte contre la ‘Ndrangheta et démontre que même les grands boss en fuite finissent un jour en cellule”, faisant référence à Bernardo Provenzano, tête dirigeante de Cosa Nostra, considéré comme fugitif depuis 1963 et finalement arrêté en avril 2006.

La mort de Michele Greco, le “pape” de Cosa Nostra February 13, 2008

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Michele Greco, un boss historique de la mafia sicilienne, est mort mercredi 13 février 2007 à Rome. Condamné à plusieurs peines de prison à vie, il avait été désigné, pendant ses années de pouvoir, comme le “pape de la mafia” par les affiliés corléanais.

A 84 ans, il avait quitté depuis plusieurs semaines la prison romaine de Rebibbia.

Greco avait été une figure majeure du “maxi-procès”, ouvert en 1986 à Palerme. II y avait été condamné à perpétuité pour son rôle dans la mort du général Dalla Chiesa en 1982 dans la capitale sicilienne.

Cosa Nostra: le retour des “cousins” américains compromis February 10, 2008

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Jeudi 7 février 2008, 90 mandats ont été émis de part et d’autre de l’Altlantique, visant Cosa Nostra et ses ramifications.

77 personnes ont été arrêtées en Sicile et à New York au cours de l’opération baptisée “Old Bridge”. Parmi eux, Francesco Paolo Augusto Cali, ou Frank “Boy” Cali, jeune parrain de Brooklyn, considéré comme l’ambassadeur de la Cosa Nostra américaine.

Ces arrestations, notamment au sein des clans Gambino et Inzerillo, montrent le retour en puissance des “exilés”, les mafieux qui avaient quitté la Sicile au début des années 80 après la victoire sanglante des Corléonais de Toto Riina, puis de Bernardo Provenzano. Ces derniers ayant été capturés et non remplacés, les “cousins” américains désiraient de plus en plus revenir en Sicile, afin d’y récupérer le juteux marché de la drogue.

Une ambition mise à mal après cette vague d’arrestations que la Repubblica qualifie de “plus gros coup de filet anti-mafia depuis le temps de la “Pizza connection”“(un gigantesque réseau de drogue des années 70-80).

Santé publique en Calabre: quand la ‘Ndrangheta tue February 8, 2008

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Le 28 janvier 2008, 18 personnes sont arrêtées à Reggio de Calabre, dans le cadre de l’opération “Onorata Sanità” (santé honorée), pour association de malfaiteurs à caractère mafieux. En tout, ils seraient 44, hommes politiques et affiliés à la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, à avoir profité de la Santé publique régionale. L’objectif: un enrichissement personnel sans limites. Au détriment des patients de toute la Calabre (les régions ayant, en Italie, de larges attributions en termes de santé publique).

Parmi les personnes arrêtées, un homme retient l’attention: Domenico Crea, conseiller régional. En octobre 2006, il avait accédé à ce poste après la mort de Francesco Fortugno, vice-président du Conseil régional, tué par balles pendant les primaires de l’Unione (la coalition de Prodi, jusqu’à récemment en poste).

Francesco Fortugno, tué le 16 octobre 2005A l’époque, le meurtre avait créé la stupeur. Cet assassinat, qui portait clairement le sceau de la ‘Ndrangheta, représentait une attaque directe aux représentants locaux. Mais laissait sceptique quant à son motif. Aujourd’hui, il n’y aurait plus de doute: la mafia aurait tué Fortugno, suspecté de vouloir faire de l’ordre au sein de la Santé publique, pour que Crea reprenne son poste.

Comme l’explique le juge en charge de l’enquête, “des organisations criminelles (…) ont coalisé leurs forces pour créer (…) une structure unitaire de soutien à la candidature de Domenico Crea”, considéré comme le plus adapté “à garantire les intérêts des organisations et à assurer les avantages liés à l’usage détourné d’une charge publique”

Depuis des années, le secteur de la Santé en Calabre serait une vache à lait pour les mafieux et les politiques. Ils se répartiraient les hôpitaux, s’entretueraient pour obtenir les postes, du chef de service au brancardier. Car le budget est alléchant: plus de 3 milliards d’euros par an, dont peu arrive jusqu’aux soins. Dans un seul hôpital, celui de Vibo, 12 enquêtes ont été ouvertes en dix-huit mois pour morts suspectes. Pour une appendicite, on peut encore mourir en Calabre. Une autre clinique, réservée aux personnes agées, “Villa Anya”, arrosée de subventions et gérée par Crea, son fils et sa belle-fille, serait un véritable mouroir, comme le raconte l’enquête d’Attilio Bolzoni dans la Repubblica.

Le gouverneur Agazio Loiero affirme: “La Santé peut encore tuer. Après l’homicide de Francesco Fortugno, ils peuvent en tuer un autre.”

Ces arrestations interviennent alors que le rapport annuel de la Direction nationale antimafia, fraîchement publié, insiste sur l’infiltration de la Mafia dans l’administration publique du sud de l’Italie, dont la Calabre. Piero Grasso, procureur national anti-mafia, y souligne en particulier l’impossibilité de cette région de sortir d’une logique criminelle et mafieuse. “La sensation diffuse que la phase de renouvellement et de changement qui semblait avoir commencé après l’assassinat de Fortugno (dont était l’emblème le mouvement des jeunes de Locri, l’association “E adesso ammazzateci tutti“- Et maintenant tuez-nous tous) se soit rapidement conclue sans qu’aucun résultat ne soit obtenu“, a-t-il déclaré.