jump to navigation

Soupçons autour des élections April 12, 2008

Posted by maud in : 'ndrangheta, politique , add a comment

Les bureaux de vote n’ouvriront que dimanche 13 avril en Italie, mais des soupçons planent déjà autour de ces nouvelles élections. Mis en cause: les bulletins de vote des Italiens de l’étranger et la mafia calabraise, la ‘ndrangheta.

Le système politique transalpin permet à trois millions d’Italiens résidant à l’étranger d’élire 12 députés et 6 sénateurs, répartis sur les cinq continents. Mais pas de vote dans les consulats ou les ambassades, tout se fait par courrier. Ce qui permettrait de graves dérives.

Vendredi 11 avril, le parquet antimafia de Reggio de Calabre a confirmé avoir ouvert une enquête sur ces fraudes présumées. Premier suspecté: Marcello dell’Utri, politique proche de Berlusconi, déjà condamné pour des liens avec la mafia. Le sénateur aurait accepté la proposition d’Aldo Micciché, un homme d’affaires sicilien vivant au Venezuela, dans le but de transformer 50 000 bulletins blancs en votes en faveur du Popolo delle libertà, le parti de Berlusconi. Une combine qui aurait été assurée par la ‘ndrangheta, la mafia calabraise.

La ‘ndrangheta aussi forte qu’Al Qaida March 12, 2008

Posted by maud in : 'ndrangheta, politique , add a comment

Jusqu’à peu, la ‘ndrangheta, la mafia calabraise, se faisait discrète. Face aux décharges béantes de la Camorra en Campanie et aux arrestations en série au sein de la Cosa Nostra sicilienne, la cousine calabraise se laissait régulièrement oublier des médias et des politiques transalpins. Pourtant, depuis l’homicide du conseiller régional Francesco Fortugno en 2005 et le massacre de six hommes à Duisbourg en Allemagne l’été dernier, la donne a quelque peu changé.

La publication, fin février, de deux importants rapports démontre que, désormais, la mafia de Calabre se trouve au sommet des préoccupations des magistrats et des politiques.

Composante la plus dangereuse du paysage mafieux italien selon les services de renseignement italiens, la ‘ndrangheta est même décrite comme «une des grandes holdings économico-criminelles de la mondialisation » par la Commission nationale antimafia. Le rapport annuel de cette commission, publié le 19 février dernier, compare même son organisation à celle d’Al-Qaida : dépourvue de direction effective, la ‘ndrangheta contrôle «de façon obsessionnelle et maniaque» le territoire grâce à sa structure «liquide» qui s’infiltre partout.

Une emprise de la Calabre qui serait financée par le trafic de drogue, l’impôt mafieux et le détournement de fonds européens, activité qui aurait rapporté, pendant le premier semestre 2006, plus de 10,8 millions d’euros. Des fonds considérables qui assureraient aux mafieux un contrôle incontesté sur le grand port de containers de Gioia Tauro, le plus grand d’Europe, et sur l’autoroute Salerne- Reggio de Calabre. L’infiltration est totale et on est loin des anciens trafics, peu visibles, de la ‘ndrangheta. 

Arrestation du chef de la mafia calabraise February 19, 2008

Posted by maud in : 'ndrangheta , add a comment

Pasquale Condello, 57 ans, leader historique de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, a été arrêté lundi 18 février à Reggio de Calabre, alors qu’il était en fuite depuis 1997. Surnommé “il Supremo”, il figurait parmi les plus dangereux criminels recherchés d’Italie.

“Pour la Calabre et pour la lutte contre les organisations mafieuses, c’est un grand jour”, a affirmé le ministre de l’intérieur Giuliano Amato.

Pour Piero Grasso, procureur national anti-mafia, l’arrestation de Condello “est un signal important pour la lutte contre la ‘Ndrangheta et démontre que même les grands boss en fuite finissent un jour en cellule”, faisant référence à Bernardo Provenzano, tête dirigeante de Cosa Nostra, considéré comme fugitif depuis 1963 et finalement arrêté en avril 2006.

Santé publique en Calabre: quand la ‘Ndrangheta tue February 8, 2008

Posted by maud in : 'ndrangheta, politique , 1 comment so far

Le 28 janvier 2008, 18 personnes sont arrêtées à Reggio de Calabre, dans le cadre de l’opération “Onorata Sanità” (santé honorée), pour association de malfaiteurs à caractère mafieux. En tout, ils seraient 44, hommes politiques et affiliés à la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, à avoir profité de la Santé publique régionale. L’objectif: un enrichissement personnel sans limites. Au détriment des patients de toute la Calabre (les régions ayant, en Italie, de larges attributions en termes de santé publique).

Parmi les personnes arrêtées, un homme retient l’attention: Domenico Crea, conseiller régional. En octobre 2006, il avait accédé à ce poste après la mort de Francesco Fortugno, vice-président du Conseil régional, tué par balles pendant les primaires de l’Unione (la coalition de Prodi, jusqu’à récemment en poste).

Francesco Fortugno, tué le 16 octobre 2005A l’époque, le meurtre avait créé la stupeur. Cet assassinat, qui portait clairement le sceau de la ‘Ndrangheta, représentait une attaque directe aux représentants locaux. Mais laissait sceptique quant à son motif. Aujourd’hui, il n’y aurait plus de doute: la mafia aurait tué Fortugno, suspecté de vouloir faire de l’ordre au sein de la Santé publique, pour que Crea reprenne son poste.

Comme l’explique le juge en charge de l’enquête, “des organisations criminelles (…) ont coalisé leurs forces pour créer (…) une structure unitaire de soutien à la candidature de Domenico Crea”, considéré comme le plus adapté “à garantire les intérêts des organisations et à assurer les avantages liés à l’usage détourné d’une charge publique”

Depuis des années, le secteur de la Santé en Calabre serait une vache à lait pour les mafieux et les politiques. Ils se répartiraient les hôpitaux, s’entretueraient pour obtenir les postes, du chef de service au brancardier. Car le budget est alléchant: plus de 3 milliards d’euros par an, dont peu arrive jusqu’aux soins. Dans un seul hôpital, celui de Vibo, 12 enquêtes ont été ouvertes en dix-huit mois pour morts suspectes. Pour une appendicite, on peut encore mourir en Calabre. Une autre clinique, réservée aux personnes agées, “Villa Anya”, arrosée de subventions et gérée par Crea, son fils et sa belle-fille, serait un véritable mouroir, comme le raconte l’enquête d’Attilio Bolzoni dans la Repubblica.

Le gouverneur Agazio Loiero affirme: “La Santé peut encore tuer. Après l’homicide de Francesco Fortugno, ils peuvent en tuer un autre.”

Ces arrestations interviennent alors que le rapport annuel de la Direction nationale antimafia, fraîchement publié, insiste sur l’infiltration de la Mafia dans l’administration publique du sud de l’Italie, dont la Calabre. Piero Grasso, procureur national anti-mafia, y souligne en particulier l’impossibilité de cette région de sortir d’une logique criminelle et mafieuse. “La sensation diffuse que la phase de renouvellement et de changement qui semblait avoir commencé après l’assassinat de Fortugno (dont était l’emblème le mouvement des jeunes de Locri, l’association “E adesso ammazzateci tutti“- Et maintenant tuez-nous tous) se soit rapidement conclue sans qu’aucun résultat ne soit obtenu“, a-t-il déclaré.