La mafia loin d’Hollywood March 3, 2008
Posted by maud in : Uncategorized , 1 comment so farA lire: un article du Monde sur le dernier livre de la chercheuse Clotilde Champeyrache sur les mafias. Qui rappelle, alors que ce blog le fait trop peu, que la mafia dure et perdure en Italie. Et ailleurs. Malgré les initiatives et les arrestations.
Bonne lecture.
Libération du fils de Riina: les anti-mafia fulminent February 29, 2008
Posted by maud in : Sicile, politique , add a comment“Salvuccio” est libre. Emprisonné depuis 2002 pour association mafieuse, Giuseppe Salvatore Riina, fils du célèbre mafieux Toto Riina (arrêté en 1993 et condamné à perpétuité), a été libéré jeudi 28 février 2008. Pour un défaut de procédure: trop de temps s’est écoulé depuis sa dernière condamnation en appel (à 8 ans et 10 mois de prison), qui aurait du être confirmée en cassation depuis plus d’un an. Riina Jr pourra donc tranquillement attendre à Corleone cette confirmation. Une disposition qui ne plait pas à tout le monde.
“Nous n’en voulons pas”, a déclaré Antonino Iannazzo, maire de Corleone. La justice assigne pourtant Riina à rester à résidence dans la petite ville, fief des grands dirigeants de la mafia sicilienne. Un retour qui fait craindre à l’édile une réorganisation de Cosa Nostra sur son territoire, déjà opéré par Giuseppe Riina après le départ de son père en prison il y a 15 ans.
“Nous, magistrats, sommes devenus socialement inutiles”.
Mais le maire de Corleone, farouchement anti-mafia, n’est pas seul. Pour Piero Grasso, procureur national anti-mafia, le problème de la lenteur de la justice, dont les boss profitent, est devenu chronique. Les mafieux utilisent également sans complexe toutes les procédures leur permettant de réduire leurs peines et le procureur voudrait une réforme du droit italien, notamment avec la disparition de la Cour d’appel. Grasso, qui insiste sur le sentiment d’inutilité ressenti par les magistrats, en appelle aux partis politiques pour améliorer la situation de la justice en Italie, “parce qu’une justice qui fonctionne aide aussi à résoudre de nombreux problèmes sociaux”.
Arrestation du chef de la mafia calabraise February 19, 2008
Posted by maud in : 'ndrangheta , add a commentPasquale Condello, 57 ans, leader historique de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, a été arrêté lundi 18 février à Reggio de Calabre, alors qu’il était en fuite depuis 1997. Surnommé “il Supremo”, il figurait parmi les plus dangereux criminels recherchés d’Italie.
“Pour la Calabre et pour la lutte contre les organisations mafieuses, c’est un grand jour”, a affirmé le ministre de l’intérieur Giuliano Amato.
Pour Piero Grasso, procureur national anti-mafia, l’arrestation de Condello “est un signal important pour la lutte contre la ‘Ndrangheta et démontre que même les grands boss en fuite finissent un jour en cellule”, faisant référence à Bernardo Provenzano, tête dirigeante de Cosa Nostra, considéré comme fugitif depuis 1963 et finalement arrêté en avril 2006.
La mort de Michele Greco, le “pape” de Cosa Nostra February 13, 2008
Posted by maud in : Sicile , add a commentMichele Greco, un boss historique de la mafia sicilienne, est mort mercredi 13 février 2007 à Rome. Condamné à plusieurs peines de prison à vie, il avait été désigné, pendant ses années de pouvoir, comme le “pape de la mafia” par les affiliés corléanais.
A 84 ans, il avait quitté depuis plusieurs semaines la prison romaine de Rebibbia.
Greco avait été une figure majeure du “maxi-procès”, ouvert en 1986 à Palerme. II y avait été condamné à perpétuité pour son rôle dans la mort du général Dalla Chiesa en 1982 dans la capitale sicilienne.
Cosa Nostra: le retour des “cousins” américains compromis February 10, 2008
Posted by maud in : Sicile , add a commentJeudi 7 février 2008, 90 mandats ont été émis de part et d’autre de l’Altlantique, visant Cosa Nostra et ses ramifications.
77 personnes ont été arrêtées en Sicile et à New York au cours de l’opération baptisée “Old Bridge”. Parmi eux, Francesco Paolo Augusto Cali, ou Frank “Boy” Cali, jeune parrain de Brooklyn, considéré comme l’ambassadeur de la Cosa Nostra américaine.
Ces arrestations, notamment au sein des clans Gambino et Inzerillo, montrent le retour en puissance des “exilés”, les mafieux qui avaient quitté la Sicile au début des années 80 après la victoire sanglante des Corléonais de Toto Riina, puis de Bernardo Provenzano. Ces derniers ayant été capturés et non remplacés, les “cousins” américains désiraient de plus en plus revenir en Sicile, afin d’y récupérer le juteux marché de la drogue.
Une ambition mise à mal après cette vague d’arrestations que la Repubblica qualifie de “plus gros coup de filet anti-mafia depuis le temps de la “Pizza connection”“(un gigantesque réseau de drogue des années 70-80).
Santé publique en Calabre: quand la ‘Ndrangheta tue February 8, 2008
Posted by maud in : 'ndrangheta, politique , 1 comment so farLe 28 janvier 2008, 18 personnes sont arrêtées à Reggio de Calabre, dans le cadre de l’opération “Onorata Sanità” (santé honorée), pour association de malfaiteurs à caractère mafieux. En tout, ils seraient 44, hommes politiques et affiliés à la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, à avoir profité de la Santé publique régionale. L’objectif: un enrichissement personnel sans limites. Au détriment des patients de toute la Calabre (les régions ayant, en Italie, de larges attributions en termes de santé publique).
Parmi les personnes arrêtées, un homme retient l’attention: Domenico Crea, conseiller régional. En octobre 2006, il avait accédé à ce poste après la mort de Francesco Fortugno, vice-président du Conseil régional, tué par balles pendant les primaires de l’Unione (la coalition de Prodi, jusqu’à récemment en poste).
A l’époque, le meurtre avait créé la stupeur. Cet assassinat, qui portait clairement le sceau de la ‘Ndrangheta, représentait une attaque directe aux représentants locaux. Mais laissait sceptique quant à son motif. Aujourd’hui, il n’y aurait plus de doute: la mafia aurait tué Fortugno, suspecté de vouloir faire de l’ordre au sein de la Santé publique, pour que Crea reprenne son poste.
Comme l’explique le juge en charge de l’enquête, “des organisations criminelles (…) ont coalisé leurs forces pour créer (…) une structure unitaire de soutien à la candidature de Domenico Crea”, considéré comme le plus adapté “à garantire les intérêts des organisations et à assurer les avantages liés à l’usage détourné d’une charge publique”
Depuis des années, le secteur de la Santé en Calabre serait une vache à lait pour les mafieux et les politiques. Ils se répartiraient les hôpitaux, s’entretueraient pour obtenir les postes, du chef de service au brancardier. Car le budget est alléchant: plus de 3 milliards d’euros par an, dont peu arrive jusqu’aux soins. Dans un seul hôpital, celui de Vibo, 12 enquêtes ont été ouvertes en dix-huit mois pour morts suspectes. Pour une appendicite, on peut encore mourir en Calabre. Une autre clinique, réservée aux personnes agées, “Villa Anya”, arrosée de subventions et gérée par Crea, son fils et sa belle-fille, serait un véritable mouroir, comme le raconte l’enquête d’Attilio Bolzoni dans la Repubblica.
Le gouverneur Agazio Loiero affirme: “La Santé peut encore tuer. Après l’homicide de Francesco Fortugno, ils peuvent en tuer un autre.”
Ces arrestations interviennent alors que le rapport annuel de la Direction nationale antimafia, fraîchement publié, insiste sur l’infiltration de la Mafia dans l’administration publique du sud de l’Italie, dont la Calabre. Piero Grasso, procureur national anti-mafia, y souligne en particulier l’impossibilité de cette région de sortir d’une logique criminelle et mafieuse. “La sensation diffuse que la phase de renouvellement et de changement qui semblait avoir commencé après l’assassinat de Fortugno (dont était l’emblème le mouvement des jeunes de Locri, l’association “E adesso ammazzateci tutti“- Et maintenant tuez-nous tous) se soit rapidement conclue sans qu’aucun résultat ne soit obtenu“, a-t-il déclaré.
Arrestations au sein de Calcestruzzi: liens présumés des dirigeants avec Cosa Nostra January 31, 2008
Posted by maud in : Sicile , add a commentL’administrateur délégué de la Calcestruzzi, Mario Colombini, a été arrêté mercredi 30 janvier 2008 pour relations présumées avec Cosa Nostra. Comme deux autres dirigeants de l’entreprise, Colombini est poursuivi pour fraude, non-exécution de contrats publics, faux et usage de faux au profit de la mafia, une cause aggravante selon le droit italien.
Depuis décembre 2007, l’entreprise avait réduit au minimum l’activité de ses implantations en Sicile après les premiers progrès de l’enquête de la direction antimafia de la circonscription de Caltanissetta, lancée en 2006. Le groupe Italicementi, qui contrôle l’entreprise et avait demandé la fermeture des sites siciliens, a offert une collaboration décisive à l’enquête.
Calcestruzzi est la première entreprise en Italie à être mise en accusation pour liens avec la mafia.
Le président de la région Sicile Cuffaro démissionne January 27, 2008
Posted by maud in : Sicile, politique , 1 comment so farLe président de la région Sicile Salvatore Cuffaro a décidé de démissionner, une semaine après sa condamnation à cinq ans de prison pour collaboration simple avec la mafia, malgré le soutien de députés de sa formation (UDC centre droit). « Je démissionne pour ne pas trahir les idéaux qui m’ont été inculqués. Je le fais pour ma famille et je le fais comme acte ultime de respect envers les Siciliens », a-t-il expliqué hier, samedi 26 janvier 2007, à la presse. Il revient ainsi sur ses premières déclarations, où il se félicitait du verdict et affirmait sa volonté de rester en poste, ce qui avait créé une polémique.
Il faut dire que cette condamnation intervient dans une atmosphère très tendue entre la justice et la classe politique italiennes, alors que certains hommes politiques se demandent si la chute du gouvernement Prodi, jeudi 24 janvier, n’aurait pas pu être évitée par la clémence des juges envers Clemente Mastella, ex-ministre de la jusctice. Et que les autres dénoncent violemment le pouvoir “démesuré” de la justice en Italie.
Cependant, Cuffaro était vivement critiqué par la gauche, les associations anti-mafia et la Cofindustria, qui a récemment décidé d’offrir tout son soutien aux commerçants et aux industriels victimes de la mafia.
«Pendant que les entrepreneurs siciliens combattent avec courage le pizzo, le gouverneur de la Sicile est condamné à cinq ans de prison et décide de rester à son poste. Cet instantané résume bien les deux visages de notre pays et la distance toujours plus grande de cette classe politique dirigeante avec le pays réel, des problèmes et des citoyens », avait déclaré Luca Cordero di Montezemolo, président de l’organisation patronale, vendredi 25 janvier au journal Il sole 24 ore.
Cette prise de position était intervenue le lendemain du rejet de la motion de défiance introduite par le centre-gauche à l’Assemblée régionale sicilienne et proposée par Rita Borsellino, sœur du juge Paolo Borsellino tué en 1992.
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La semaine dernière, Walter Veltroni, secrétaire du Parti Démocrate, s’était étonné qu’on puisse « fêter une condamnation à plusieurs années de prison avec des cannoli (dessert traditionnel sicilien) », que Cuffaro avait offert à ses partisans à la sortie du tribunal, accusation reprise dans une affiche du parti Rifondazione Comunista. La gauche espère désormais que le camp de l’amateur de pâtisserie Cuffaro perdra les prochaines élections législatives, qui devraient avoir lieu dans quelques mois.
400 ans de prison pour les boss siciliens January 22, 2008
Posted by maud in : Sicile , add a commentLe tribunal de Palerme a condamné, lundi 21 janvier 2007, 38 mafieux à un total de plus de 400 ans de prison. La grande majorité des condamnés sont des anciens lieutenants de Bernardo Provenzano, le chef de Cosa Nostra arrêté en avril 2006 à Corleone.
L’arrestation des boss avaient suivi la capture de Provenzano. L’opération, appelée « Gotha ,» avait visé 52 supposés mafieux dont « les dirigeants de 13 familles mafieuses de Sicile », selon les termes de Piero Grasso, procureur national antimafia. Le déchiffrage des « pizzini », ces messages secrets transmis sous la forme de boulettes de papier et saisis après la capture de Provenzano, avait permis de nombreuses arrestations parmi ses affiliés.
Magistrats et enquêteurs se sont félicités à l’issue du procès : « Cosa Nostra n’a plus de chef ou de cadre dirigeant en liberté ».
Les accusés ont bénéficié d’une procédure abrégée qui réserve des peines moins lourdes à ceux qui reconnaissent leur culpabilité. Parmi eux, les boss Antonio Rotolo et Franco Bonura ont été condamnés à 20 ans de prison chacun.
Outre des commerçants et des fédérations, le comité Addiopizzo s’était porté partie civile dans ce procès. Tous obtiendront des compensations financières de la part des boss.
Le président de la Région Sicile condamné à cinq ans de prison January 20, 2008
Posted by maud in : Sicile, politique , 2commentsSalvatore Cuffaro, président de la région Sicile, a été condamné le 18 janvier 2007 à cinq ans de prison ferme pour avoir « favorisé » la mafia et pour avoir transmis des documents administratifs réservés. 
La condamnation est d’autant plus commentée en Italie que le président Cuffaro a contesté ceux qui y voyaient un coup porté aux ententes entre politique et mafia. En effet, le tribunal de Palerme ne le reconnaît pas coupable de collaboration directe avec Cosa Nostra, la mafia sicilienne. « Je me sens conforté par cette sentence, a-t-il déclaré, parce que j’ai toujours su que je n’ai jamais aidé la mafia .» Piero Grasso, magistrat national anti-mafia, a toutefois précisé : « il a avantagé les boss de façon individuelle».
Salvatore Cuffaro ne démissionnera pas. « Demain je recommence à travailler pour la Sicile », a-t-il clamé. Cuffaro, qui félicite avec chaleur sur son site les initiatives de la lutte contre la mafia et y vante les beautés de sa région, pourrait cependant être condamné à l’interdiction d’exercer des charges publiques.

Une autre affaire retentissante concerne Clemente Mastella, ministre de la justice démissionnaire, président du parti Udeur (Union des démocrates pour l’Europe) et ami de Cuffaro. Sa femme, Sandra Lonardo Mastella, présidente du Conseil Régional de la Campanie, est accusée de tentative de concussion. L’ancien garde des sceaux, qui s’indigne de la « méchanceté judiciaire » serait également dans la ligne de mire des juges. Son départ du gouvernement met en péril la survie du gouvernement Prodi.
Ces deux affaires interviennent après la sortie d’un livre dérangeant en février 2007. « I complici » (les complices), des journalistes Lirio Abbate et Peter Gomez, racontait que Salvatore Cuffaro et Clemente Mastella étaient les témoins de mariage de Francesco Campanella, un des complices de Bernardo Provenzano, le boss de Cosa Nostra arrêté en avril 2006.
Une amitié politique et personnelle qui n’augurait rien de bon pour les deux hommes.

